Le blog d'un Photoculteur

Culturez vous en regardant des photos !

Galerie Dominique Fiat – Philippe Gronon

Jusqu’au 31 octobre, Dominique Fiat (le site ) montre les versos de tableaux photographiés par Philippe Gronon. J’avais vu son travail auparavant, fin 2007 début 2008, au Centre Pompidou (photographies, nouvelles acquisitions 2003-2007) où l’on voyait des photos d’amplis.  C’est amusant cette idée de dos de tableaux car on voit toujours le devant du tableau mais jamais le dos. Il fallait y penser. Une sorte de documentaire, un reportage sur le dos des tableaux. La qualité des photos est si stupéfiante qu’on à l’impression de voir le dos du tableau pour de vrai. Étonnant. Maintenant, on ne va non plus y passer la nuit mais cela produit son petit effet. Le seul bémol concerne la nullité de l’accueil : comme je regardais une jeune personne encombrant le passage cherchant à voir si au-delà se trouvait d’autres pièces (mais ne disant rien) elle me dit (la potiche parlante), “oui, il y a une suite, j’attends juste que vous ayez fini”. Pour quoi faire ? On ne saura jamais (la galerie ferme à 19H00). Ce sentiment de déranger est particulièrement gonflant.

20 octobre 2008 Publié par | paris | , , , , , , | Commentaires Fermés

Fondation HCB – Henri Cartier-Bresson – Walker Evans

Après avoir dépensé 6 euros j’ai pénétré pour la seconde fois à la Fondation HCB (Henri Cartier-Bresson). La dernière fois, qui était aussi la première, c’était pour Saul Leiter. J’avais trouvé ça pas mal mais sans plus : je ne me voyais pas pousser des oh et des ah. A part pour deux ou trois photos particulièrement inspirées, et encore.  J’avais donc, il faut bien le dire, un a priori défavorable lors de ma visite de dimanche dernier et peut-être ai-je été victime des prophéties auto-réalisatrices. Une fois de plus et bien qu’on soit dimanche, il y avait du monde, rien d’insupportable mais c’était dense.

Et là, comme je le redoutais, des photos noir et blanc de petit format sans rien de spécial. En dépit de provenances prestigieuses et malgré mes efforts desespérés, je n’ai rien vu de génial dans le cadrage, la composition, la lumière. Je n’ai rien ressenti du tout (à part l’ennui et la frustration). Je n’ai rien compris non plus (s’il y avait quelque chose à comprendre).  Pour mémoire les lieux sont fort petits et en 20 minutes vous aurez fait le tour (ce qui dans mon cas a limité la perte de temps).  Je me suis dit en sortant que l’on ne m’y reprendrait plus et que c’était bien la dernière fois que je payais 6 euros pour ça (si peu).  A la place, achetez un livre de photos (ou d’autre chose) ou visitez la MEP et regardez des photographies de photographes vivants.

20 octobre 2008 Publié par | paris | , , , , , , , | Commentaires Fermés

Fondation Cartier – César par Jean Nouvel

C’est jusqu’au 26 octobre que l’on peut voir du César à la Fondation Cartier. C’est sympa ce lieu : au sec mais comme si on était dehors. Avec du monde (j’y suis allé dimanche dernier)  mais pas trop et sans bobos et sans chichis.Si vous aimez les (gros) tas de papier, la mousse qui coule, les (gros) pouces (et les petits aussi) et les (gros) seins vous trouverez votre bonheur. Blague à part, cette exposition est un plaisir du regard et une réjouissance pour le promeneur. En plus il y a des cartels didactiques. Je me suis senti requinqué en me baladant à la Fondation Cartier, en profitant des œuvres, de la verdure et du beau soleil, après la catastrophe de la Fondation Henri Cartier-Bresson que j’avais vue juste avant.

20 octobre 2008 Publié par | paris | , , , , , , , , | Commentaires Fermés

Galerie les filles du calvaire – Urbanités

Samedi dernier, je suis allé chez Les filles du calvaire. C’est toujours aussi pénible de devoir sonner pour qu’on vous ouvre : d’entrée de jeu vous voilà rabaissé en situation de demandeur. Mais au moins la porte cochère est-elle ouverte contrairement à d’autres galeries dont je ne franchis, du coup, même pas le seuil (exemple: Dix9, juste à côté). Cette galerie est remarquable car elle grande mais pas trop et les œuvres sont en nombre approprié : ce n’est pas l’entassement ni le vide cosmique (ce dernier guettant plus sûrement que le trop-plein dans nombre de galeries). En prime, ce qui est présenté vaut, en général, le déplacement. Cette fois le thème c’est “Urbanités”. C’est jusqu’au 25 octobre.  N’attendez pas la fin de ce billet pour aller voir. Courrez. D’ailleurs il y avait plein de monde samedi.

Quoi qu’il en soit, une fois de plus, on voit des choses intéressantes. Je ne vais pas m’appesantir sur Bourouissa et Darzacq dont les travaux sont bien connus. Ceci dit je n’avais jamais vu le travail du second “pour de vrai” : cela rend bien comme on dit. Ces chutes sont vraiment intrigantes.

Quant au premier, voici une illustration de la thématique qu’il aborde. Cette photo était visible chez Anne de Villepoix (billet ici).

Bill Owens nous montre des américains moyens des années 70 vaquant  à leurs occupations domestiques en petit format noir et blanc. Le “truc” c’est le commentaire que se veut amusant (?) ou provoquant (?) mais qu’on se rassure pas de gros mot ni de vacheries.  Juste un commentaire décalé. Bof.  Paul Graham quant à lui recourt au format monumental pour faire passer ses images : en l’espèce une seule photo d’une jeune noire de dos, dans la rue, avec le visage de profil éclairé. Seul le visage est éclairé. Une jolie photo mais rien d’exceptionnel là-dedans et le tirage exagérément grand est de trop.  A l’étage, c’est encore mieux.

Thibaut Cuisset nous montre des espaces urbains très structurés et déserts, aux couleurs pastel. Rien de bien nouveau mais au moins il n’y a pas de format géant, pas de prétention. Un grand format de Couturier est aussi visible mais il est désormais connu et j’ai la chance de pouvoir contempler, au travail, quand je veux, “Fenêtre Eastlake Greens, San Diego” (2,45 m x 1,90 m) une pièce plus impressionnante que celle présentée à la galerie. Franck Van Der Salm nous montre une photo d’une galerie entièrement rouge : on aimerait voir ses autres travaux et c’est possible sur son site web (ici) . Karen Knorr nous montre trois image issues de sa série “fables” (The Passage, The Shelf et The Stairs). Je n’avais d’ailleurs pas fait le rapprochement entre les photos et des fables… Il s’agit en l’espèce de deux oiseaux dans des maison désertes et design qui semblent des humains. Je n’avais pas pensé à une fable mais simplement à un scénario ou à une histoire : le fait que ces animaux soient dans des environnements humains tend à leur prêter immédiatement des comportements humains. Les titres sont neutres et ne disent pas une une histoire  (ils ne figuraient pas à la galerie) mais on en imagine spontanément en voyant les photos.

Ainsi, là, il m’a semblé voir une scène de rupture : les deux amants se tournent le dos, l’un reste là et l’autre a déjà pris son envol et s’en va à tire d’ailes. Ces photographies sont de surcroît magnifiquement composées et très agréables à regarder (ce qui nous change de la provoc à deux balles dont nous sommes souvent gratifiés sous couvert “d’Art”). Son site est .

Georges Rousse présente deux pièces symétriques par la couleur : Madrid 1 et 2 (2006).  J’avais raté son expo à la MEP et j’étais ravi de voir on travail en vrai ne l’ayant vu qu’à la télévision auparavant dans le cadre d’un reportage sur son travail. Cet artiste se livre à un minutieux travail d’intervention dans des espaces de son choix dans lesquels il créé, depuis un certain point de vue, une image. Sous Photoshop un graphiste mettrait moins d’une minute pour faire l’image, pour Brousse c’est un vrai travail sur le matériau avec peinture et pinceaux avant de déclencher. Il a un site web remarquable qui montre les deux pièces présentées ici : 1ère colonne en haut et en bas). Pour finir, dans un coin, on pouvait voir le travail de John Davies (des vues de bidonville en noir et blanc) et de Gilbert Fastenaekens (un coin d’immeuble sous une lumière lunaire, c’est sa spécialité).

Une belle exposition et en plus c’est gratuit.

20 octobre 2008 Publié par | paris | , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Commentaires Fermés