Musée d’art moderne de la ville de Paris – Objectivités – la photographie à Düsseldorf
Le musée d’art moderne de la ville de Paris consacre une exposition au thème de l’objectivité en photographie sous le titre “Objectivités – la photographie à Düsseldorf” jusqu’au 4 janvier 2009.
Je ne vais pas vous recopier le dossier de presse ni couper les cheveux en quatre sur la muséographie, le titre de l’exposition ou la logique de ceci ou cela, mais simplement vous dire une chose : allez-y !
En plus le catalogue est génial, c’est un vrai livre. Il est un peu cher (45 euros) et aujourd’hui ils ne prenanient pas les cartes bancaires pour payer en raison d’une panne mais bon.
Et puis du oup, comme j’ai le bouquin, pas besoin de faire un long billet pour garder le souvenir de la visite.
En gros, vous pourrez voir de vraies oeuvres des Becher que je n’avais vu que dans des livres et en lithographie, des Ruff, des Höfer, des Gursky, des Struth et tout un tas d’artistes dont j’ignorais l’existence. C’est rare de voir autant de photographes d’un tel niveau réunis en un seul lieu. Et en cadeau, ll y a une salle avec les oeuvres des débuts de Höfer et d’autres.
A ne rater sous aucun prétexte (et à cinq euros l’entrée, enfin je crois, franchement, il ne faut pas se priver).
Juste un conseil : si comme moi vous êtes sensible au bruit, prévoyez un casque car une vidéo particulièrement bruyante vous cassera les oreilles pendant un bon moment.
Mois de la photographie à Paris – 1- MEP – Sipahioglu, Weiss et McDermott & McGough
La Maison Européenne de la Photographie (MEP – M° Saint-Paul) offre depuis le 5 novembre un nouvel accrochage à l’occasion du Mois de la photographie à Paris.
Seule Marie-Paule Nègre subsiste du précédent accrochage (vor mon billet ici). Je passe rapidement sur les vidéos qui envahissent le sous-sol, n’étant pas amateur.
Göksin Sipahioglu, ça ne vous parle pas ? Moi non plus jusqu’à ce que j’apprenne que c’est le fondateur de SIPA (ici). Bah oui, a posteriori, j’aurais pu deviner… La MEP nous montre une toute petite partie de son travail (à 82 ans, il a une longue carrière derrière lui). Ce sont de bien jolies photos.
Sabine Weiss en revanche ça doit vous parler car j’en ai déjà parlé (ici) et ce n’était pas terrible. Cette fois-ci, il y a du progrès. Je ne sais pas s’il s’agit d’un choix ou si les enfants ont été son sujet de prédilection mais il faut bien reconnaître que ce sujet est central dans ce qui nous est donné à voir. Et c’est tant mieux. Les photographies en noir et blanc de Sabine Weiss qui comme Sipahioglu n’est pas une débutante couvrent plusieurs décennies mais, toujours, on ne peut que rester admiratif de la qualité du regard du photographe, de sa capacité à saisir, surtout dans les rues, la fraicheur de la jeunesse, même si elle est souvent, dans les photographie, une jeunesse crado avec la goutte au nez. Je ne cache pas mon enthousiasme. On tient notre Hellen Lewitt à nous (qui a été visible à la fondation HCB mais que j’ai ratée – ici - et que j’ai vue, hélas trop peu, à Sérignan – là).
Rien pour elle, allez à la MEP (vous avez le temps, c’est jusqu’au 25 janvier 2009).
Et d’ailleurs, oui, rien que pour elle. Car le duo McDermott & McGough qui nous est montré dans un nombre de salles considérable n’amène qu’une indifférence polie des visiteurs que j’ai observé, qui ne perdent pas de temps face à une telle mascarade. Ce duo est représenté par la Galerie Jerôme de Noirmont mais n’égale pas Pierre et Gilles, représentés par la même galerie (no comment). Ces photographes nous servent des cyanotypes (des photos bleues) et autres tirages “à l’ancienne” (papier salé, etc) de sujets “genre 19ème”. Singer le passé ne me plait pas. Et même si c’est messieurs vivent aussi en haut-de-forme pour faire genre, cela ne confère aucune valeur spécifique à leur travail. On peut juste saluer la performance technique et la persévérance (il semble qu’ils développent cette thématique depuis 20 ans).
Donc en résumé, la programmation ne s’arrange pas à la MEP.
Jeu de Paume – Lee Miller – Allez-y à demi-tarif
Le Jeu de Paume (place de la Condorde) rend hommage à Lee Miller jusqu’au 4 janvier dans une exposition titrée “L’art de Lee Miller”.
Les avis sont mitigés depuis un scepticisme mesuré (Lunettes Rouges, par exemple, ici) jusqu’au “bof” contenu (Louis Mesplé, dans Rue 89, ici). Rares sont les enthousiastes, m’a-t-il semblé, comme Catherine (l’article consacré à Lee Miller contient une impressionnante bibliographie, ici).
Je suis allé voir cette exposition aujourd’hui en début d’après-midi, pour me faire mon idée.
Disons le tout net, la vie de Lee Miller et sa plastique irréprochable valent mieux, à quelques exceptions près, que ses photographies. Je ne reviendrais pas sur son existence, digne d’un roman, ni sur LA photo qu’il faut avoir vue (celle du désert vu à travers une toile et que le sites mentionnés ci-dessus reproduisent).
Alors, quelles photographies valent la peine ? Celles où elle est modèle, indubitablement, en particulier quand Steichen est derrière l’objectif mais naturellement l’exposition étant consacrée à son art (à sa production quoi) il est logique de la voir peu (hormis les autoportraits évidemment).
Ci-dessous, Lee Miller à 20 ans photographiée par Arnold Genthe, extrait de Beaux Art Magazine d’octobre 2007, et visible à l’exposition.
Pour en savoir plus sa vie, inutile d’aller voir une exposition : lisez une biographie.
Et quoi d’autres ? Les portraits solarisés sont intéressants bien qu’un peu répétitifs, quelques photographies que l’on pourrait qualifier de “plasticiennes” ou “abstraites” retiennent aussi l’attention : un goudron, des vues de ponts.
Et puis voilà pour l’Art.
Le volet de photojournaliste est représenté en survol mais je ne partage nulement l’avis de ceux et celles qui voudraient dénaturer un travail en procédant à des agrandissements de “confort visuel”. A quand la colorisation de ses photos pour faire joli aussi ? Le Jeu de Paume, ce n’est pas le cirque Pinder ou Star Ac.
Et comme je resiste pas à Lee Miller photojournaliste dans la baignoire d’Hitler, voici la photographie (même source que la prcédente), réalisée par David E. Scherman.
Sans doute une exposition concentrée sur un seul volet de son travail aurait été plus dense et finalement moins injuste car, pour ce qui me concerne, je me suis dit que le travail d’une “dilettante” (même engagée, indépendante, courageuse, talentueuse, etc) ne peut égaler le travail d’un photographe qui, sa vie durant, défend une vision. Si j’osais, je dirais que Lee Miller est à la photographie ce que Carla Bruni est à la chanson.
Passer après Avedon (ici) et Steichen (ici) est cruel.
Au final, abonné à la MEP j’ai droit au demi-tarif au Jeu de Paume et je dois dire que pour 3 euros je n’ai pas été déçu.




