Anniversaire – Yousuf KARSH (23 décembre 1908 – 13 juillet 2002)

Aujourd’hui 23 décembre 2008, Yousuf KARSH aurait 100 ans.

Yousuf KARSH est né le 23 décembre 1908 à Mardin en Turquie. Il apprend le métier de photographe chez son oncle en 1925 puis se perfectionne chez John H. Garo à Boston jusqu’en 1932 date à laquelle il créé son studio à Ottawa. Il est considéré comme l’un des plus grands portraitistes de son temps et est devenu fameux pour la photographie de Winston Churchill qui fera la couverture de Time en 1941 (ci-dessous). Yousuf KARSH peut discuter des heures avec son modèle afin de l’amener à projeter l’image qu’il juge conforme à sa personnalité. Parfois le modèle est invité à tenir en main un objet en rapport avec son activité afin de casser la convention de la pose ; Yousuf KARSH considérant par ailleurs que les mains complètent l’expression du visage.


Mois de la photographie à Paris – 25 – Galerie Pierre Brullé – Red Caballo, Augustus

Dans le cadre du Mois de la photographie qui, décidément, dure un très gros mois, la Galerie Pierre Brullé montrait jusqu’au 20 décembre 2008 les photographies de Red Caballo.

La galerie n’a pas jugé utile de se doter d’un site web. Vous serez accueilli sur place par un regard vide et un vague grognement répondra à votre salut. Bref.

Nous sommes ici rue de Tournon, quartier ultra-chic à deux pas de l’Odéon, en face de la Garde Républicaine. Pour autant, la galerie est modeste par sa taille et plus encore par le contenu présenté car là, très franchement, il y a de quoi rire (jaune).

Le duo catalan Red Caballo (Maria Cavaller et Marc Roig – 54 ans à eux deux) a fait des photos en Europe, durant cinq étés. Leur site est sommaire mais présente les photos visibles à la galerie, ici. Ils en ont fait un livre, Augustus.

Que dire ? Il ne faut pas décourager les bonnes volontés, surtout quand il s’agit de jeunes gens, à peine sortis des Beaux-Arts (de Marseille) mais là, le livre était largement suffisant. Vous me direz que Depardon aussi fait des reportages banaux et que tout le monde s’extasie. C’est vrai mais pas moi. On verra donc (ou pas) dans vingt ans si Maria et Marc ont fait leur trou. D’ici là vous pourrez voir de jolies photos de vacances.

Le web a relayé le communiqué de presse mais les blogs n’ont fait que le reproduire et nous ont gratifié de la photo de deux blondes ravissantes sur la plage. Lamentable. Blog et web ne sont pas, j’espère, respectivement synonymes de fainénatise et de photocopie. Quanr à la presse professionnelle, elle  n’a pas fait mieux (Télérama) ou à peine (Le Monde).

Mois de la photographie à Paris – 24 – Galerie Jérôme de Noirmont – Valérie Belin

Dans le cadre du Mois de la photographie qui, décidément, dure un très gros mois, la Galerie Jérôme de Noirmont (ici) montre jusqu’au 31 janvier 2009 les œuvres de Valérie Belin.

La galerie occupe un emplacement de prestige située avenue Matignon et compte de grands noms, outre Valérie Belin. Le  dernier accrochage consacré à un artiste photographe était celui de Bettina Rheims dont on fêtait l’anniversaire le 17 décembre (mon billet ici) et qui valait le déplacement. La galerie compte aussi Pierre et Gilles et Shirin Neshat pour ne citer que des photographes. Et si vous avez quelques millions de dollars, la galerie représente Jeff Koons, pas moins. Quel dommage de ne pas être fortuné, parfois, pour pouvoir admirer à sa guise de telles pièces dans un triplex rue Montaigne…

Fort heureusement, et là j’ouvre une parenthèse comme on dit, les galeries sont ouvertes au public et, bien que visant une clientèle disons, choisie, cette galerie là est tout en transparence si bien que les passants en profitent et la porte est toujours ouverte si bien que les curieux ne sont pas découragés. Remarquez, je pense que tout le monde peut laisser sa porte ouverte avenue Matignon, ce ne sont pas les forces de Police qui manquent. Ceci dit, l’esprit d’ouverture est quand même à souligner alors qu’un tel galériste pourrait confortablement se cacher dans un hôtel particulier et recevoir sur rendez-vous. Bien des galeries ô combien plus modestes seraient bien inspirées d’en prendre de la graine. Fin de la parenthèse.

Valérie Belin nous montre des bouquets, une danseuse et un magicien (ou un joueur de cartes). Les photos, en noir et blanc, sont peu abondantes car elles sont très grandes (162 x 130 cm) mais occupent parfaitement l’espace. L’éclairage est remarquable. Ici, on ne fait pas dans l’approximatif. Les photographies sont en noir et blanc, enfin, surtout en noirs en fin de compte car, si les éclairages du sujet sont particulièrement recherchés, il n’en reste pas moins qu’on est surtout dans la nuance des noirs qui apparaissent diversement selon la texture des différents vêtements, des cheveux et même de la peau.

Ce sont surtout les portraits qui m’ont impressionné tellement tout cela est travaillé.

Avec Valérie Belin, c’est le mariage réussi de Studio Harcourt et de Pierre Soulagès. Du noir et de la lumière.


C’est évidemment une exposition à ne rater sous aucun prétexte : vous avez jusqu’au 31 janvier 2009, c’est à Paris, métro Miromesnil (à 50 mètres de la station) et c’est gratuit.

Mois de la photographie à Paris – 23 – Galerie Thessa Herold – Gabriela Morawetz

Dans le cadre du Mois de la photographie qui, décidément, dure un très gros mois, la Galerie Thessa Herold (ici) montrait jusqu’au 19 décembre 2009 les œuvres de Gabriela Morawetz.

Le travail de Gabriela Morawetz s’appuie sur la technique photographique. Cela ne se voit nullement sur le site web de la galerie mais l’artiste recours souvent, par exemple, à une photographie recouverte d’un mince tissu de tulle lui-même imprimé d’une photographie ou bien encore on voit des photographies tirée sur des hémisphères. C’est là un travail surprenant, bien loin des photographies ordinaires.

Le thème de l’exposition, "le soi dormant", est illustré par des oreillers, lits et matelas et visages ensommeillés. Les hémisphères sont peut-être un clin d’œil lunaire et le tulle un renvoi à nos draps ou tentures… Quoi qu’il en soit il y a de la grâce, de la légèreté et du rêve là-dedans. Les tonalités, la palette de l’artiste, bien qu’il s’agisse de noirs et blancs, sont remarquablement travaillées et on trouve une grande cohérence dans ce travail et un style affirmé. Cela plait ou pas, mais en tout cas il y a là une vraie création. Je n’avais rien vu de semblable avant.

L’image ci-dessous et bien d’autres, en grand format, se trouvent sur le site de son attachée de presse (ici).

Mois de la photographie à Paris – 22 – Galerie Laurent Godin – Philippe Durand – Offshore

Dans le cadre du Mois de la photographie qui, décidément, dure un très gros mois, la Galerie Laurent Godin (ici) montre jusqu’au 3 janvier 2009 des photographies de Philippe Durand pour sa série "Offshore 3". Le site web de la galerie fait pitié ("new website coming soon !" est-il annoncé depuis bien longtemps) mais celui de l’artiste est heureusement plus à la hauteur (ici).

La précédente exposition dans cette galerie m’avait laissé dubitatif (ici) en dépit toutefois d’un concept sous-jacent, auquel on adhère ou pas mais qui a le mérite d’exister. Cette fois, je suis à nouveau dubitatif car je n’ai rien trouvé du tout, même pas de concept.

Philippe Durand nous montre des grand formats couleur présentant tous les signes extérieurs de richesse et de tropicalité : multiples vues de greens avec caddies, yacht, grosse voiture et, en contrepoint, colline naturelle verdoyante mais..à vendre.

Le titre, "Offshore", nous éclaire : on suppose qu’il s’agit là d’illustrer sous forme de reportage, ce qui se passe dans les paradis fiscaux tropicaux hébergeant les fonds offshore (rien à voir avec les forages du même nom).

Philippe Durand s’efforce d’adopter une approche aussi discrète que les fonds offshore : après tout, des golfeurs et des yachts, on en voit aussi en France. Pas de strass ni de paillettes, pas de banquiers, pas de limousine, pas de salles de marché. Il faut dire aussi que ontrer des flux financiers (immatériels)  n’est pas chose aisée.

Peu de choses nous indiquent finalement que nous sommes à Antigua et Barbuda, dans les Caraïbes, et le plus amusant est que cette île n’a pas été qualifiée par le FMI de "offshore financiel center" (ici) contrairement aux Antilles néerlandaises, aux Bahamas, aux  Bermudes et aux Îles Caïmans. De même, le FATF-GAFI a bien examiné ce pays mais il ne figure pas sur la liste (ici) des NCCT (non-cooperative countries and territories) de 2007.

Les deux illustrations proviennent du site de l’artiste : à droite "For sale" et à gauche "Jolly Harbour" (le panneau est dissimulé dans la verdure).

Mois de la photographie à Paris – 21 – Centre culturel suisse – Shirana Shahbazi

Dans le cadre du Mois de la photographie qui, décidément, dure un très gros mois, le centre culturel suisse à Paris (CCSP, ici) montre jusqu’au 4 janvier 2009 des photographies de Shirana Shahbazi.

Après la Suède (ici), nous restons en terrain neutre avec la Suisse. En plus, les deux centres culturels sont voisins.

Le lieu ne paie pas de mine vu de dehors, accessible au fonds d’une petite ruelle mal pavée (oui, pavée, ce n’est pas si fréquent à Paris). A l’intérieur, c’est tout propre, tout blanc et aéré. Les photos sont ainsi bien présentées et très bien éclairées ce qui n’est pas si facile pour une oeuvre souvent sur fonds noir et de grand format, donc sujette aux reflets, l’ennemi de l’exposition photo.

Shirana Shahbazi qui est d’origine iranienne et vit en Suisse a, par le passé, produit une oeuvre "connotée" (un peu comme sa compatriote Shirin Neshat, dont j’avais parlé ici) mais cette fois, il n’en est rien. Les oeuvres ont été produites dans divers pays mais aucun n’est identifiable dans le travail exposé.

Shirana Shahbazi montre surtout des natures mortes, des vanités et des monochromes ainsi que de rares paysages. Elle nous montre parfois le même objet à la fois en noir et blanc et en couleur (comme un magnifique papillon) et parfois aussi à la fois un plan large et une vue plus détaillée (comme une nature morte de gibier). Les fonds sont souvent noirs ou d’un dégradé monochrome : ceux-ci, comme ces monochromes jaunes ou rouge existent "en vrai", ce ne sont pas des créations numériques.

L’exposition vaut la peine d’être vue.


Mois de la photographie à Paris – 20 – Centre culturel suédois – Lars Tunbjork

Dans le cadre du Mois de la photographie qui, décidément, dure un très gros mois, le centre culturel suédois (le CCS, ici) montre jusqu’au 25 janvier 2009 des photographies de Lars Tunbjörk (le même qu’à la Galerie VU’ ici) sous le titre I love Borås.

Précisons d’emblée que Borås (riante bourgade suédoise disposant d’une statue de Pinocchio de 9 mètres) n’a rien à voir avec Borat (le reporter kazakh).

Alors cette exposition je ne l’ai pas vue. Je suis bien allé rue Payenne et j’ai bien trouvé le CCS ainsi qu’une petite salle à droite mais là je n’ai rien  vu sur Borås il y avait des photos sous la neige mais rien qui ressemble aux photos vues sur le web). Comme il était écrit que l’exposition se poursuivait en face je suis allé au café, en face, très animé d’ailleurs, qui montrait de petites photos mais ce n’était pas Borås. Par contre, je doit être un peu Borat.

La dernière fois c’était un peu pareil, je n’avais pas trouvé et il y avait la même fille dans la salle à droite : une jeune fille blonde se morfondant. La dernière fois elle tricotait, cette fois elle lisait. Bref.

Comme l’exposition dure encore, peut-être que je repasserai à l’occasion. Mais je ne verrais pas la fille dans la salle à droite. Dommage.