Le blog d'un Photoculteur

Culturez vous en regardant des photos !

Mois de la photographie à Paris – 10 – Galerie Magda Danysz – Mireille Loup

Pour le Mois de la photo, la galerie Magda Danysz a retenu Mireille Loup (ici).

Mireille Loup montre de grandes photos en couleur dans une ambiance feutrée, souvent à la nuit tombante, qui évoquent l’univers des contes mais ici, pas de princesses ni de grand méchant loup : le plus souvent un enfant, seul généralement, occupé à on ne sait quoi.

L’étrangeté et le caractère un peu inquiétant de ses photographies vient de ce curieux mélange : c’est “kawaï” vu de loin mais la mise en scène improbable amène à s’interroger. Cela m’a fait penser au travail de Polixeni Papapetrou (ici), en Australie, dont les photos sont également “mignonnes” et en format carré mais où, à  y regarder de plus près, les enfants sont perdus : il s’agit en fait d’une évocation des disparations d’enfants dans le bush australien au XIXème siècle (qui ont marqué les esprits).

A gauche, le travail de Polixeni (By the Yarra 1857, #4, 2006) et, à droite, celui de Mireille (Nocturnes ou les garçons perdus #19).

C’était jusqu’au 6 décembre mais si vous êtes intéressés, la galerie se fera un plaisir de vous renseigner et les sites des artistes et de la galerie sont très complets.

7 décembre 2008 Publié par | paris | , , , , , , , , | Commentaires Fermés

Mois de la photographie à Paris – 9 – Galerie Galerie Baumet Sultana – Walter Pfeiffer

Baumet Sultana présente Walter Pfeiffer jusqu’au 20 décembre.

Les cygnes montrés sur la photographie de couverture sont ironiques : ce qui nous est donné à voir est en effet particulièrement glauque. Le site de la galerie ne montre aussi que ce qui est le plus présentable  (ici) ce qui d’ailleurs n’est guère courageux : c’est un peu de la provocation au rabais. Quand on prétend représenter un artiste qui montre des pénis, il faut assumer et montrer cela aussi sur le web et pas seulement les photos édulcorées :  une paire de fesses, quelques portraits, rien de bien méchant.

Bref.

Tout cela pour dire que sur place, vous verrez essentiellement des types (et quelques femmes) en moyen format à poil et en couleur. En bleu ou en rouge en fait.  C’est photographié malproprement, un peu  à la manière d’un Larry Clark dans son Tulsa mais avec de la couleur.

7 décembre 2008 Publié par | paris | , , , , , , , | Commentaires Fermés

Enchères chez Christie’s au Rockefeller Center – 16 et 17 décembre 2008

C’est bientôt Noël alors pourquoi ne pas acheter une photo ? Les ventes aux enchères peuvent être une solution et vous permettent d’agir depuis chez vous, y compris pour des ventes à New-York ou Londres.

La prochaine vente chez Christie’s (titrée “Icons of Glamour and style”) offre des possibilités d’achat à des prix raisonnables puisque plusieurs lots sont estimés à 2 500 USD maximum (ce qui fait à peu près autant en euros compte tenu des des frais).

Le lien est ici.

On peut retenir quelques tirages de Jonvelle, Sieff, Booth, LaChapelle qui, bien sûr, à ce prix, ne seront pas tous des tirages vintage et /ou (très) limités signés et de grand format. A vous de voir donc si le jeu en vaut la chandelle.

Pour illustrer, ci-dessous, de gauche à droite, des tirages de Jonvelle, Leiter, et Elgort.

7 décembre 2008 Publié par | vente | , , , | Commentaires Fermés

Mois de la photographie à Paris – 8 – Galerie La Ferronnerie – Juha Nenonen et Jari Silomäki

La  Galerie La Ferronnerie, dans le cadre du Mois de la Photo, expose Laurent Fiévet, Juha Nenonen et Jari Silomäki jusqu’au 11 décembre.

Les deux derniers artistes présentent des photographies fort différentes. et sont finlandais (voir mon billet récent ici).

Juha Nenonen montrait un champ de courses (ci-dessous), une photo appelée “Obstacle”. La notice indiquait que Apparemment, il ne se passe rien dans ses photographies. Mais l’ambiguïté est bien présente sous la surface“. Bon. Je n’ai pas du creuser assez car même en regardant attentivement je n’ai rien remarqué. Cette photo, à mes yeux, n’a véritablement aucun intérêt ni esthétique, ni intellectuel ni émotionnel. Si quelqu’un voit quelque chose d’intéressant… Il y en avait d’autres du même genre : un type qui se repose avec un livre ouvert sur le visage pour se protéger et une femme enceinte qui arrose ses plantes. Pas mieux.Peut-être que cela fonctionne mieux en série : “motifs” dont étaient extraites les 3 images montrées compte 21 photos en tout, très diverses.

En revanche, j’aime bien les portraits qu’il réalise (non montrés à la galerie), chacun mimant une attitude comme “l’air absent” (ci-dessous : “Marjo pretending to be absent”) dans sa serie “states of mind”, visible, avec le reste de sa création, ici.

Jari Silomäki nous montre quant à lui une vaste série de toutes petites photos (30 cm de côté) qui couvre une bonne partie de mur. Il s’agit de photos moches (sous-exposées, bougées, avec du grain, pas nettes, mal cadrées) dignes d’un reporter de guerre au cœur de l’action (enfin, c’est ce qu’on suppose dans l’imaginaire collectif car maintenant même les photos de guerre sont “proprettes”). Évidemment, c’est fait exprès. Il s’agit de montrer des scènes ordinaires dans des villes et pays ordinaires comme s’il s’agissait de zones de conflits. D’ailleurs, la série s’appelleDes villes ordinaires, des jours ordinaires”. L’effet de masse produit par le nombre de photos présentées produit un effet un peu oppressant et d’urgence. Le résultat est plutôt convainquant. Maintenant, une seule photo sur un mur cela doit être complètement raté. Jari Silomäki a un site web mais en flash donc pas d’images (ici).

Si vous voulez allez sur place, et que habitez assez loin, sachez tout de même que le nombre de pièces exposées est très réduit. En revanche l’accueil est sympa : vous ne serez accueilli ni par un(e) gentil(le) stagiaire ni pas une gravure de mode branchouillée (ce qui est le pire). C’est jusqu’au 11 décembre.

7 décembre 2008 Publié par | paris | , , , , , , , , , | Commentaires Fermés

Mois de la photographie à Paris – 7 – Baudoin Lebon – Ecole d’Helsinki, Dialogue entre 4 générations

Quand on a des attentes fortes, la déception est souvent au rendez-vous (bis)

J’ai déjà dit tout le bien que je pensais de la Galerie Baudoin Lebon (ici) mais là, il faut bien avouer que j’ai été déçu par cette exposition montée par Taik, contraction de Taideteollinen korkeakoulu (Université d’art et design d’Helsinki). C’était hier le dernier jour pour visiter.

Les formats particulièrement généreux de trois des quatre artistes finlandais invités limitaient l’espace de chacun à une portion si réduite que cela confine au ridicule : ce n’est pas avec deux œuvres que l’on peut se faire opinion sur l’artiste et c’est tout juste si l’on peut se faire même une opinion sur chaque série aussi chichement illustrée.

Par ailleurs, aucune indication n’était donnée dans la galerie, hormis pour la vidéo montrée au sous-sol : l’obligation de fléchage permettait de citer le nom de l’artiste.

Quant au site web, hélas, il n’est guère bavard. Je suis tellement déçu que je viens de commander le bouquin réalisé par Taik (The Helsinki School: New Photography by TaiK – 26,40 EUR sur internet) , idée que j’avais en tête sans l’avoir concrétisée depuis mars, date à laquelle Photo Nouvelles avait consacré son numéro à la Finlande. Je rappelle pour mémoire que 2008 était l’année de la Finlande en France (j’en ai dit deux mots ici pour l’expo sur la photo finlandaise au musée Niepce).

On voyait donc, chez Baudoin Lebon, une série de Timo Kelaranta appelée “Quiets” : de petits formats intimistes très diversifiés dans les thèmes traités mais toujours intimistes dans le traitement, parfois en noir et blanc, parfois en couleur. Comme il s’agit de petites formats, il y a avait le nombre, a priori 40 si la série était bien complète (je n’ai pas compté). Timo Kelarantal a tiré un livre de cette série : si vous êtes bilingue français – finlandais, vous pouvez l’acheter à l’EMMA ici ;  le bouquin est en finlandais et en anglais (les deux images ci-dessous en sont extraites). L’EMMA c’est l’Espoo Museum of Modern Art et Timo Kelaranta vit justement à Espoo.

Hormis donc cette série dignement représentée et visible dans la petite pièce qui jouxte l’espace principal d’exposition, les oeuvres des  trois autres artistes devaient se contenter de peu.

Janne Lehtinen montrait d’intrigantes photos grand format couleur dans “le” style scandinave : des personnages bizarres seuls perdus dans des espaces naturels déserts, des paysages nordiques isolés. En l’espèce, ces héros sont équipés d’improbables et rudimentaires machines à voler. Parabole de l’homme qui tente de s’échapper de sa condition ? Ridicule de de ses efforts face à la puissance de la Nature ? Simple construction plastique entre géométrie des formes techniques et souplesse des lignes des paysages ? Des photos qui en tout cas ne laissent pas indifférents et ce d’autant que cette série, “sacred birds”, a été démarrée en 1997 ce qui témogne d’une certaine persévérance. Pour en voir plus, c’est par ici.

Ola Kolehmainen travaille essentiellement le thème de la photographie “d’architecture”. La (brève) sélection montrée dans la galerie privilégiait des travaux qui tendent vers l’abstraction. Le résultat est séduisant à l’oeil et ce d’autant que les tirages géants (200 x 180 cm en gros) sous Diasec produisent toujours leur petit effet. Ceci dit, on a quand même l’impression d’avoir déjà vu par centaines de photos de cette nature. Je n’ai pas trouvé les photos présentées sous forme importable mais pouvez les voir en Flash ici. Vous en verrez d’autres chez Dominique Fiat, son galériste en France, ici.

Ea Vasko est une toute jeune artiste (28 ans) dont les travaux présentés sont également abstraits. Ils représentent, pense-t-on, des lumières diffuses dans la nuit qui paraissent autant de taches de lumières colorées. Il y a aussi des portes à deviner avec des éclairages recherchés. Ce n’est pas vilain mais, là-aussi, les tirages Diasec sont un peu facile pour faire de l’effet et on a l’impression d’avoir vu cela quelque part.

Comme c’est une jeune artiste, elle dispose de son propre site web (la photo ci-dessous en est extraite) où est montré son travail plus en détail et présenté son “statement”, ici.

7 décembre 2008 Publié par | paris | , , , , , , , , , , | Commentaires Fermés

Mois de la photographie à Paris – 6 – Camera Obscura – Sarah Moon – Vive le marketing !

Quand on a des attentes fortes, la déception est souvent au rendez-vous.

Camera Obscura (ici) est une galerie parisienne spécialisée dans la photographie contemporaine d’artistes confirmés (même si elle donne sa chance à des plus “juniors”). On est pas chez Lumas ou Yellow Corner,  ici on fait surtout dans les grands noms et le tirage de luxe.

De fait, Sarah Moon, photographe célèbre au talent reconnu, correspond bien à l’esprit de la galerie était à l’honneur mors d’une exposition se terminant hier, 6 décembre.

Hélas, une foule se pressait dans la boutique, beaucoup de jeunes gens qui discutaient en connaisseurs, parfois le nez sur les images, sans doute à l’affût des techniques d’un “maître”. Mais il faut bien dire qu’outre les difficultés à s’approcher des photos convoitées et passée l’admiration d’un véritable univers graphique personnel, j’ai rapidement saturé et la plupart des photos m’ont rapidement paru de peu d’intérêt. Une fois encore, j’ai du mal avec le noir et blanc qui constituait l’essentiel du fond promotionnel présenté, question de génération peut-être.

Ce qui m’a gêné, vous l’aurez compris, c’est aussi le caractère marketing de l’accrochage car, certes, il s’agit d’une galerie faite pour vendre et non d’un musée destiné à l’instruction des masses laborieuses mais le coup du bouquin qui constitue l’objet à vendre et de l’exposition simultanée pour le promouvoir, c’est brillant. D’habitude, il y a une exposition et le livre ne fait qu’accompagner (et encore, pas toujours). Là, les termes de l’équation sont inversés et c’est remarquable. Pourquoi ?

D’abord, cela permet de vendre un livre fort cher en le faisant passer pour une pièce d’art. Ensuite, cela permet d’écouler des tirages en grand nombre avec un prix facial faible à l’approche de Noël auprès d’un public nombreux et pas obligatoirement familier des rouages de “l’Art”. Sauf que, le prix (1 850 euros notamment) est du genre psychologique (style 99 euros) avec un chipotage sur les 50 euros terminaux ridicule au regard du prix habituel des oeuvres de Sarah Moon (plus de 10 000 euros, dans la même galerie). Par ailleurs, que dire de la valeur de revente de ces tirages, au prix d’achat non négligeable, dont le petit format, inhabituel au regard des autres travaux présentés, rendra la revente difficile, sauf à un prix dérisoire (quelques centaine d’euros) ?

Bref.

A défaut de photo, un excellent cas pratique de marketing.

7 décembre 2008 Publié par | paris | , , , , , , | Commentaires Fermés