Le blog d'un Photoculteur

Culturez vous en regardant des photos !

Mois de la photographie à Paris – 14 – Galerie Dominique Fiat – John Goto

Dans le cadre du Mois de la photographie, la Galerie Dominique Fiat (ici) montre des photographie de John Goto (“Green and Pleasant Land”). Cette exposition est visible jusqu’au 20 décembre 2008. Le site de John Goto dont sont tirées les illustrations est ici.

La dernière fois, cette galerie présentait une exposition de photographies de dos de tableaux, une expérience amusante (ici). Cette fois, c’est un peu plus recherché comme travail.

John Goto présente deux séries. L’une, vue de loin, semble un ensemble de peintures romantiques de la campagne anglaise,  l’autre semble un capharnaüm bollywoodien.

La première s’appelle “High Summer” et est extraite d’un ensemble plus large baptisé “Ukania” qui compte deux autres séries (“capital arcade” et “gilt city”). Un commentaire (en anglais) de cet ensemble, Ukania, se trouve sur le site de l’auteur, ici. L’interprétation par l’auteur lui-même de sa série “High Summer” (en anglais) figure ici.

Chaque image présente quelque chose qui cloche : tous les éléments sont réalistes, à l’échelle et les palettes de couleurs sont cohérentes mais on se rend compte que l’assemblage ne peut être qu’un collage (numérique) tellement la composition est saugrenue.

Chaque œuvre est munie d’un sous-titre fort long (plusieurs lignes) expliquant à la manière d’un article d’almanach, ce que représente la scène ou la “leçon” qu’il faut en tirer. C”est amusant car le style un peu compassé renvoie assez bien à une Angleterre des 18ème ou 19ème siècle comme on peut l’imaginer (faute d’avoir vécu à cette époque et en ce lieu). Il s’agit également de formats raisonnables ce qui peut étonner en ces temps ou les professionnels de la photo numérique nous gratifient généralement de compositions géantes.

Les thèmes sont toujours un peu provocateur : la montée des eaux suite au réchauffment climatique, la violence, les eco-terroristes, etc. Tous ces sujets entrent naturellement en collision avec la forme et le cadre retenu.

La seconde série s’appelle “Dance to the Muzik of Time – A Peregrination Through the East Midlands “. Cette série, une commande de The Arts Council of England, East Midlands, avec le soutien de l’Université de Derby se présent de manière fort différente de la 1ère. Les photographies sont plus grandes, plus colorées et, de loin, ce ne sont que couleurs vives et agitation. Rien à voir avec la campagne britannique. Par ailleurs ces photographies sont décrites comme une “pérégrination” ce qui d’emblée les met en relation les unes avec les autres, dans un ensemble. Cette “pérégrination”  dans divers lieux est rattachée à des sites historiques datés de 1280 à 2008. Le titre de chaque photo est un monument : celle ci-dessous est intitulée “Pilgrims at St. Hugh’s Shrine, Lincoln Cathedral, 1280″ et bien évidemment on voit clairement que si la photo a un style “vintage” elle ne renvoie à 1280 que par la seule l’image tout au fond. Chaque image est d’ailleurs  constituée de nombreuses couches avec au 1er plan un décor de théâtre genre carton pâte. Les trois troupes de danseurs qui figurent dans la série sont, comme les monuments, tous originaires des East Midlands.

Des commentaires replaçant ce travail dans un perspective historique se trouvent ici (l’article a été publié dans Eyemazing, magazine recommandé) : vous y découvrirez notamment, si vous l’ignoriez, que le titre de la série est emprunté à une œuvre de Poussin (Danse de la musique du temps, 1640) visible ici.

Ce travail est remarquable en tout point et je vous invite à vous précipiter à la galerie la semaine prochaine (jusqu’au 20 décembre). La carte est .


13 décembre 2008 Publié par | paris | , , , , , , , , , , , , , | Commentaires Fermés

Mois de la photographie à Paris – 13 – Centre Wallonie Bruxelles – Photographie et architecture, L’Alibi documentaire

Dans le cadre du Mois de la photographie, le Centre Wallonie Bruxelles (ici) montre des photographie d’architecture et ce jusqu’au 1er février 2009.

Il faut bien avouer que c’est le hasard, le froid et la pluie qui m’ont fait entrer. Et comme en plus c’est gratuit.

Après, c’est vraiment une question de goût et à la réflexion je me suis dit que la photographie d’architecture ce n’est pas mon truc.

Ceci dit, si les immeubles, que ce soit les façades ou tout autre élément, vous séduisent, vous serez comblés. Dans certains cas, vous serez peut-être charmés par le caractère abstrait de certaines compositions, l’harmonie des masses et des couleurs.

Il y a une brochure, à 5 euros je crois, qui fait office de catalogue. Je ne l’ai pas achetée.

13 décembre 2008 Publié par | paris | , , , | Commentaires Fermés

Mois de la photographie à Paris – 12 – Espace univer – Thierry Cohen – Binary Kids

Espace univer (ici) présentait dans le cadre du Mois de la photo et jusqu’au 29 novembre, le travail de Thierry Cohen intitulé “Binary Kids”.

L’espace perdu au milieu de rien est immense et il fallait au moins cela pour présenter les grands formats (couleur sous diasec) de Thierry Cohen.

Ce travail consiste en des portraits d’enfants (cadrés sur le visage), généralement peu expressifs, sur lesquels des circuits imprimés ont été superposés, en blanc. Du fait de la taille et du diasec, l’effet esthétique est réussi mais il est bien difficile pour le coup d’aller au-delà. Les portraits sont en quelques sorte trop “beaux”, trop “parfaits”, trop “lisses” pour inviter à réflechir ou susciter une émotion. On peut gloser sur l’aspect cybernétique, ce mélange humain / informatique mais bof. Par ailleurs, si certaines photos peuvent témoigner d’une sorte de fusion entre la chait et l’électronique par le choix des motifs, bien souvent cela ne ressemble qu’à un placage sans profondeur, sans interaction entre le modèle et l’électronique. Un sentiment donc mitigé. L’illsutration ci-dessous vient du site mentioné plus haut.

Le travail de Tatiana Parcero (ici) illustré ci-dessous me semble plus profond et, de fait, davantage inviter à la réflexion.

D’autres artistes font des superpositions “pour de vrai”, comme Shirin Neshat, qui écrit sur ses photos (illustration ci-dessous extraite de ) dans un geste politique. En effet, ses photographies, réalisées lors de la première visite de l’artiste en Iran après la Révolution, donnent ainsi la parole aux femmes (analyse en anglais sur le site du MET, à New-York, ici).

13 décembre 2008 Publié par | paris | , , , , , , , , , | Commentaires Fermés

Mois de la photographie à Paris – 11 – Heartgalerie – Reiner Riedler

Dans le cadre du Mois de la photo, Heartgalerie (ici) a retenu Reiner Riedler pour sa série “Fake Holidays”. L’exposition est terminée depuis le 29 novembre.

Les photos de Reiner Riedler se présentent sous la forme de moyens formats aux couleurs éclatantes (on dirait du Brian Finkeici) mais les thèmes sont volontiers décalés (un peu à la Martin Parr ou à la Martin Kollarici).

Il réussit ce mélange difficile entre l’image qui intrigue et l’image qui fait sourire tout en laissant l’oeil se laisser séduire par les couleurs et les cadrages. Au-delà de cela, chacun pourra méditer sur la pertinence de ces lieux de divertissements implantés dans le monde entier qui, au lieu de s’enraciner dans la tradition locale, singent d’autres contrées. La fausse place rouge en Turquie ou encore les pistes de ski à Dubaï sont des exemples qu’illustrent les photos de Reiner Riedler.

Ce travail m’a beaucoup plus et vous pourrez le retrouver sur son site (ici) d’où proviennent les illustrations ci-dessous.

13 décembre 2008 Publié par | paris | , , , , , , , | Commentaires Fermés