Galerie Polka – Expo prolongée au 15 février 2009
La galerie Polka (ici) dont j’ai dit tout le bien que j’en pensais (ici) récidive à l’occasion de la sortie de son dernier numéro (Polka est aussi un magazine – site ici).
L’expo est prolongée jusqu’au 15 février 2009.
Cette sympathique galerie où il y a du monde, des murs pas blancs, et où il faut monter pour voir les œuvres présente cette fois un large assortiment d’auteurs. On y voit en effet Steven Achiam, Elliott Erwitt, Joakim Eskildsen, Stanley Greene, Laurence Leblanc, Ethan Levitas, Reza et Masayuki Yoshinaga.
Elliott Erwitt, on ne le présente plus, et à la galerie vous verrez notamment ses clichés, pleins d’humour, de chiens. Son site, d’un usage assez pénible est ici, sinon vous pouvez allez voir chez Magnum (ici). L’image ci-dessous vient du site de Polka et est donc taggée avec un petit chien ce qui colle bien avec le sujet sinon, je ne présente pas d’images ainsi défigurées.

Autre célébrité, Reza, un photographe iranien qui a quitté son pays en 1981, un photographe engagé comme on dit, dont certains clichés sont fameux. Ci-dessous, une de ses photos, visible à la galerie, illustre une affiche destinée à une vente aux enchères de soutien d’une juste cause.

Un autre photographe bien connu est Ethan Levitas. Mais, si rappelez-vous Arles : j’avais trouvé son travail sur le métro de New-York très intéressant (ici). A la galerie, on peut donc revoir ce travail plus une série sur le Japon, en noir et blanc. Autre travail consacré au Japon, et plus spécialement aux jeunes Sumotoris, celui de Steven Achiam, dans une veine plus documentaire et en noir et blanc quoi que ces photos sont très graphiques. Sa série est visible ici (d’où est tirée l’illustration ci-dessous).

Enfin, pour refermer la parenthèse japonaise, on peut voir également le travail documentaire, en multicolore, de Masayuki Yoshinaga qui s’est consacré à un phénomène très connu des ados français (à travers le manga, les jeux vidéos et le fameux salon Japan Expo) mais peut-être moins des générations plus âgées. Il s’agit de ces jeunes qui se singularisent par des vêtements, des chaussures, un maquillage, une coiffure et des accessoires pour le moins farfelus. Amis du Cosplay, bonjour. Vous trouverez une galerie présentant de nombreuses photos de Masayuki Yoshinaga ici (dont sont extraites les photos ci-dessous visibles à la galerie).


Joakim Eskilden présente un reportage sur les roms. J’ignore combien de photographes se sont consacrés à se sujet mais rien que dans ce blog on doit en dénombrer une bonne dizaine(au hasard, dans les plus récents, Mikko Savolainen, Denis Chouquet, Rip Hopkins). Le genre ne se renouvelle guère et j’en suis un peu las.
Stanley Greene montre les dégâts du cyclone Katrina à la Nouvelle Orléans dans le plus style du photojournaliste classique, sobre et empreint d’émotion dans un noir et blanc impeccable. Son travail est visible sur son site (ici) où j’ai bien retrouvé la série mais pas spécifiquement les photos présentées à la galerie. ATTENTION : le site de Stanley Greene présente aussi des séries montrant des scènes susceptibles de heurter les plus jeunes.
Enfin, Laurence Leblanc nous livre un reportage évanescent sur le Niger dont je ne garde guère de souvenirs à mon grand regret car Laurence Leblanc est photographe chez VU et s’est déjà vue récompensée. Quoi qu’il en soit, son site (ici) ne présente pas cette série mais d’autres, à mon sens plus réussies (Les nonnes et Rithy,Chéa, Kim Sour et les autres).
Vous avez jusqu’au 15 février pour vous précipiter.
Galerie Centre Iris – Prix CAFéPHOTO
Le Centre Iris (ici mais le site n’est pas à jour) présente les lauréats du prix CAféPHOTO (si j’ai bien compris). Photosapiens a fait un bon article sur ce prix et ses lauréats (ici) avec quelques illustrations de leur travail.
L’exposition est visible jusqu’au 27 février 2009.
La galerie ne paie pas de mine, c’est le moindre que l’on puisse dire et, une fois entré, on est plus ou moins dans une petite pièce avec quelques photos au mur et avec devant soi, au fond, une salle encombrée dans la pénombre. En fait, c’est en bas que cela se passe et là c’est déjà mieux.
Sehnaz Seker nous montre des paysages et portraits de son pays d’origine, la Turquie. Un travail intéressant où le cadrage est soigné, les flous étudiés et surtout les couleurs sont magnifiques, très douces. Sehnaz Seker dispose d’un site (ici) mais hélas, en Flash, ce qui interdit de montrer son travail ici. En regardant le site web, je me rends compte que ce qui est présenté au Centre Iris donne une fausse idée du travail de la photographe qui me semble globalement moins “plastique” et plus “documentaire” (en l’espèce sur son village en Turquie).
Danica Bijeljac dispose quant à elle d’un site web fort bien fait (ici) mais la série montrée à la galerie ne figure pas. Sa série, que l’on pourrait qualifier d’intimiste, comme plusieurs de ses séries, porte des scènes banales, en noir et blanc ou couleurs, de format modeste, faussement “instantannées”. Pour ma part, je ne suis pas trop fan de ce genre qui me semble mieux rendu par un livre, par exemple.
Sabrina Biancuzzi montre un travail très surprenant qui passionnera les amateurs de technique photographique (dont je ne suis pas). Un vaste espoace est consacré à sa production qui utilise de nombreuses techniques depuis la lomographie et le polaroïds jusqu’aux tirages lithographiques sur papier baryté (ne me demandez pas de quoi il s’agit). L’ensemble est généralement de petit voire très petit format, là-aussi dans le style intimiste. Par certains aspects, on dirait du Sarah Moon (si si). La série animus est peut-être celle qui m’a semblé la plus intéressante car justement on sort de l’intime. Son site web (ici) présente le double avantage de ne pas être en Flash et de montrer les séries visibles à la galerie mais pas spécifiquement celles de la galerie. Quoi qu’il en soit, c’est un travail à voir.
L’exposition est visible jusqu’au 27 février 2009, allez-y.
Galerie Zürcher – Sarah Dobaï
La Galerie Zürcher présentait jusqu’au 3 janvier les derniers travaux de Sarah Dobaï (site ici dont l’illustration ci-dessous est tirée).
L’espace d’exposition, totalement nu et blanc, relègue l’administration de la galerie derrière un mur vitré de telle sorte que l’espace est totalement libre et dégagé. J’étais seul lors de la visite ce qui ne faisait qu’ajouter à l’ambiance étrange des photos de Sarah Dobaï.
Celles-ci fonctionnent accrochées deux par deux, selon le même schéma, répété. D’un côté, une photographie d’un espace banal et désert extrait d’un centre commercial ; de l’autre, un personnage, souvent une jeune femme mais pas toujours, ni beau ni laid, peu apprêté, l’air triste et abandonné, un peu recroquevillé ou au moins dans une attitude fermée, et pieds nus.

La tension nait d’un espace vide, à droite, au caractère inquiétant car habituellement plein de monde : où sont passés les clients ? Est-ce la nuit ? Un jour de fermeture ? Plus grave encore ? Et cette tension renvoie aussi au personnage à gauche : que lui est-il arrivé ? Pourquoi cette mine triste, ce peu de vêtements, ces pieds nus comme ceux d’un naufragé ? Enfin, ce personnage est dans un monde improbable et irréel, uniformément gris (un décor de studio) ce qui tranche encore avec les couleurs vives d’un monde commercial.
C’était un travail intéressant qui était montré là, comme j’aime, qui amène à se poser des questions, comme toute oeuvre d’art, et dont l’interprétation est affaire personnelle.


