Galerie intemporel – Glenda Leon, Alexis Peskine, Cirenaica Moreira, Rene Pena, Benjamin Lapotre

La galerie Intemporel que j’ai découverte par hasard (37 rue Quincampoix et ici) est plutôt axée sur l’art de la diaspora africaine mais ne s’y limite pas. Le site web n’indique pas quand commence et surtout s’arrête l’exposition en cours donc du coup, il faudra tenter votre chance (ou pas).

Glenda Léon, artiste née à La Havane et vivant en Allemagne, déjà vue chez Dominique Fiat lors d’une exposition collective dédiée à Cuba, montre ici trois photographies de grand format mais je n’ai trouvé aucun visuel de ce travail ce qui est assez frustrant pour une artiste ayant déjà exposé dans plusieurs galeries internationales. En gros, il s’agissait de machine à écrire et de piano ornés de fleurs. Bref.

Cirenaica Moreira est dans la même situation : pas de site web et sa galerie aux Etats-Unis (ici) montre des photos qui ne sont pas celles visibles chez Intemporel. Dommage.

Alexis Peskine est plus visible avec son site web (ici) mais les photos présentées à la galerie ne sont pas visibles sur son site. Il s’agit de quelques visages africains dont un avec la cocarde tricolore et celui ci-dessous. Un travail vaguement militant ? Bof. Il sera en solo chez Nordine Zidoune (ici) du 25 avril au 29 mai.

Rene Pena n’a pas de site web mais est visible ici . Là encore, pas moyen de trouver des photos de ce que j’ai vu à la galerie mais ce qui était présenté était relativement convainquant et en tout cas le plus convainquant de la sélection présentée. Beaucoup d’élégance et de distinction dans ces photos d’hommes ou d’enfants noirs jouant sur les contrastes, dans de grands formats. Ceci dit, je n’ai rien vu d’autre que du décoratif là-dedans (ci-dessous, "white pillow").

Benjamin Lapotre est représenté par ses natures mortes et son fameux "triptyque au cochon" (2 200 euros – ci-dessous). Les petits tirages sont à 550 euros et les plus grands à 1 200. Son site (ici) est bien fait et vous y trouverez les autres photos exposées à la galerie.

The Box In Paris – Un corps contre un – Brigitte Massalve et Sylvie Tubiana

La galerie The Box in paris (6 cité du midi et ici) présentait les travaux de Brigitte Massalve et  Sylvie Tubiana jusqu’au 4 mars 2009. Cette galerie, que j’ai visitée pour la première fois à l’occasion de cette exposition, dispose aussi de chambres d’hôtes et peut servir de petits repas, un concept guère répandu.

Ajoutons que la galerie se situe dans un quartier chaud de Paris où, même à 15h00, des prostituées âgées, ridées et partiellement édentées, racolent activement en pleine rue. Je n’exagère pas puisque je l’ai vécu le jour de ma visite. On se croirait dans les bas fonds de Paris ou Londres tels que décrits par Zola ou Dickens mais non, cette misère là existe toujours, et à nos portes de surcroît.

Du coup, les activités hétéroclites de la galerie (avec ses fameuses chambres) m’ont paru a posteriori, sujettes à interrogation.

Quoi qu’il en soit, après avoir quitté l’artère la plus encombrée, vous devez vous engager dans un cul de sac pour trouver la galerie qui est en fait une maison de plain-pied avec une cave et un étage. Il n’y a pas de vitrine (vu le quartier, ça se comprend), juste une porte : il faut sonner. Un soir de vernissage, ça doit craindre. Enfin bref.

Sylvie Tubiana (site ici) présente des œuvres japonisantes qui ne donnent qu’un aperçu partiel de son travail. Tout d’abord, il s’agit de noir et blanc présentant des corps féminins rehaussés de dessins (2 000 euros).

Ensuite, au sous-sol, une vidéo et des light boxes (3 200 euros) ainsi qu’un grand format, tous de la série onsen (2 900 euros).

Brigitte Massalve nous montrait quant à elle 3 autoportraits énigmatiques (illustration ci-dessous) en noir et blanc à peine discernables dans le noir à 800 euros chacun ainsi qu’une série ("under") de trois photos noir et blanc avec des corps fantomatiques flottants dans l’espace à 950 euros pièce. Tout cela est plutôt inquiétant et intrigant. Ce n’est pas très joyeux. Cela m’évoque les films de fantômes japonais (yurei eiga) où l’on voit parfois sur les affiches, des visages féminins grimaçants ou déformés.  Sur son site (ici), l’artiste montre des travaux moins perturbants avec de la couleur.

Anniversaire – Edward Steichen (27 mars 1879 – 25 mars 1973)

Edward Steichen est né le 27 mars 1879 : il aurait donc 130 ans aujourd’hui.

Edward Steichen nait au Luxmbourg mais émigre aux Etats-Unis dès 1881. Son travil pictorialiste est remarqué lors d une exposition à Londres dès 1900 et da première exposition personnelle se tient à Paris en 1902. Il collabore alors avec A. Stieglitz  à la création de la revue Camera work et de la Galerie 291. Il cesse sa collaboration avec Stieglitz en 1914 et rejoint l’armée, comme photographe, en 1917. Il abandonne dès 1919 sa pratique pictorialiste et se tourne vers la photographie, presque abstraite, d’objets, puis travaille pour Vogue et Vanity Fair où il se spécialise dans le portrait et la photographie de mode. Célèbre, un ouvrage lui est consacré dès 1929. Il arrête ses travaux en 1947 pour diriger le département de photographie du MOMA où il monte en 1955 une exposition fameuse qui fera date : The family of Man. Il se retire en 1962 et publie sa biographie en 1963.

L’illustration ci-dessous en provenance du Musée de l’Elysée est l’une des plus célèbres photographie prise par Edward Steichen. Il s’agit de l’actrice Greta Garbo.

Anniversaire – Edward Weston (24 mars 1886 – 1er janvier 1958)

Edward Henry Weston est né le 24 mars 1886 : il aurait donc aujourd’hui 123 ans.

Henry Weston est un photographe américain qui débute à 14 ans et devient un professionnel à 20 ans en faisant du porte à porte. Il prend des cours pendant 3 ans puis ouvre son studio en Californie en 1911 pour devenir rapidement connu pour ses portraits pictorialistes et est distingué à Londres dès 1917. En 1922, en photographiant des usines dans l’Ohio, son style évolue vers la "straight photography" dont il deviednra un maître. Stieglitz l’encourage dans cette voie.

En 1923 il ouvre un studio à Mexixo et se tourne vers une photographie élémentaire et naturelle. Il rente en Californie en 1927 et montre ses travaux de studio, gros plans de légumes et de coquillages. En 1929, il photographie des vagues et, en 1934, des dunes. Il est le 1er photographe à obtenir la bourse de la Fondation Guggenheim en 1937 et sillone la Californie. Le MOMA organise une rétropective en 1946 où il réalise ses 1ers clichés en couleur. Il est frappé par la maladie de Parkinson e tréalise ses derniers clichés en 1948.

Galerie Odile Ouizeman – Le ciel est devenu noir – Laurent Pernot

La Galerie Odile Ouizeman (10 rue des coutures Saint Gervais et ici) est à  deux pas de la Galerie Susan Nielsen dont j’ai déjà parlé ici.

Il fallait un certain courage pour franchir la porte car la galerie fait impression par sa façade et par l’obscurité qui y régnait : c’est normal car s’y tenait, jusqu’au 6 mars l’exposition, "Le ciel est devenu noir" par Laurent Pernot.

Dans cette exposition il y a  des photographies de toute sorte et des installations vidéos et de la musique. Le tout est très cohérent, scénographie intelligemment et, pour tout dire, c’est assez rare de trouver un tel niveau dans une galerie tant l’habitude est de saupoudrer trois ou quatre trucs au petit bonheur la chance ou d’accrocher sur fond blanc des tableaux et photos de piètre intérêt, attendant que le visiteur fasse tout le travail et en particulier qu’il s’imagine être face à une œuvre. Alors que, peut-être, le regardeur n’est que dans une pièce blanche exigüe a regarder des choses moches, mal faites, n’appelant ni le cerveau ni le cœur à s’exprimer. Bref.

Laurent Pernot nous emmène donc dans sa vision de la nuit et on le suit volontiers, c’est tout juste si l’on regrette pas que la visite ne soit pas plus longue. Toutes les illustrations proviennent du site web de l’artiste (ici) qui nécessite de la patience lors de la navigation.

On voit ainsi "Sortir de la nuit", de petits portraits d’enfants dans la nuit.

On voit aussi deux photographies issues de la séries "le temps égaré", deux nuits bien sûr.

Il y avait aussi une robe posée au sol sur laquelle se superposait une vidéo et encore bien d’autres séries de photographies, toujours empreintes de mystère, de douceur et de nuit.

Laurent Pernot a seulement 28 ans.

Galerie Celal – Play loud. Please

La galerie Celal (45 rue saint Honoré et ici) montrait jusqu’au 3 mars une exposition collective réunissant notamment trois photographes, Janine Gordon, Thomas Parnet et Julien Taylor.

La galerie est bizarrement configurée avec deux niveaux en sous-sol qui ressemblent à des grottes mais au final l’espace est vaste et se prête bien à une scénographie.

Janine Gordon montrait "rebellion from Tyranny" et deux autres travaux comparables (son site ici),  trois panneaux de 9 photos (12 000 euros par panneau ou 1 500 euro par photo). Des sortes de monochromes colorés sur fond d’émeutes. Pas très convainquant. mais sn site web présente de nombreux autres travaux dont certains me semblent plus réussis (Boxers and Wrestlers ou Haiti par exemple, des noirs et blancs bruts et sans artifice).

Thomas Parnet montrait quelques tirages noir et blanc sans thème bien précis à 850 euros. On apprend en lisant son CV (ici) qu’il est  vaguement cadreur et un peu musicien, qu’il est venu à la photo en période de désouvrement et qu’il a rapporté les photos exposées de New York après les avoir faites en novembre dernier. Tout est dit.

Julien Taylor nous présente là un travail bien différent de ce qu’il montrait à la galerie Frédéric Moisan (mon billet ici). Il nous livre un travail en grand format sur boite lumineuse, dans le genre photo de mode à 6 000 et 7 000 euros. Il s’agit de photographies réagençant dans le temps et l’espace (comme Iosif Kiraly) des installations d’artistes.

J’avoue que j’ai toujours du mal à comprendre l’inflation dont souffrent certains jeunes photographes sachant que des artistes comme Becher ou Mapplerthorpe, qui ont déjà laissé leur trace dans l’histoire de l’art sont à peine plus cher que ce jeune homme qui n’a encore rien (ou peu) démontré. Ceci dit, la remarque vaut plus généralement pour "le contemporain" où l’échelle de la valeur est passablement malmenée tant il est vrai que n’importe quel ignorant fortuné pourra claquer 10 000 ou 15 000 euros pour une oeuvre colorée contemporaine d’un photographe passé de mode le lendemain. D’un autre côté c’est décoratif alors pourquoi se priver : il y a bien des amateurs de Rolex or et des amateurs de Patek vintage.

Galerie seine 51 – Mr NOBODY – Chantal Thomine Desmazures

La galerie Seine 51 (car située au 51 rue de Seine et ici aussi) montrait le travail de Chantal Thomine Desmazures jusqu’au 28 février dernier.

La galerie est immense et permettait ainsi un accrochage ambitieux avec une multitude de photographies colorées où l’on sent une même approche esthétique mais aussi une forte hétérogénéité, pour ne pas dire "pas de ligne directrice" dans les sujets montrés. Certes les images sont décoratives et un certain charme un peu suranné se dégage de l’ensemble, un peu comme pour de vieux films en Technicolor mais on reste un peu sur sa faim.

On s’interroge aussi quand même sur la portée de l’exercice. En effet, la photographe à travaillé sur le tournage du film de Jaco van Dormael, Mr. Nobody, dont la sortie est prévue le 27 mai 2009.  Est-ce donc alors une simple recopie, une "pure" création, une cocréation ou une recréation ? Difficile à dire.

Le Monde montre un très joli diaporama ici.