Galerie Hautefeuille – Sur l’herbe – Philippe Mazaud

La galerie Hautefeuille se résume à une petite pièce dans la non moins petite rue Hautefeuille (au 3 exactement – pas de site web).

Evidemment, il est un peu étonnant de voir des photographies dans un tel réduit et, au final, pas pratique du tout d’avoir à regarder des grands formats avec si peu de recul. Le corolaire c’est que quatre photos suffisent à remplir l’espace ce qui est un peu juste pour se faire une idée du photographe. En l’espèce il s’agissait de Philippe Mazaud et de sa série « Sur l’herbe », exposé jusqu’au 28 février (oui, je sais,  je suis très en retard sur mes visites).

Ce qui est donné à voir est assez étonnant. D’abord l’image est plutôt grise, peu contrastée et en noir et blanc, à l’inverse de ce que donne à voir en général la photo contemporaine : on croirait revenir aux débuts de la photographie et pourtant le format ne trompe pas, il s’agit bien d’images récentes

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Ensuite, le thème est surprenant.  Le titre est relativement explicite (« Sur l’herbe ») et on peut effectivement voir une relecture du Déjeuner sur l’herbe finalement aussi bizarre peut-être que le Déjeuner.

Il n’y a qu’un homme et une femme et l’un et l’autre sont aussi également habillés contrairement au Déjeuner mais ce qu’on voit là c’est une sorte de séquence de déshabillage d’une photo à l’autre tandis que simultanément le regardeur est transporté d’un lieu à l’autre.

Galerie Dialogos – Estelle Lagarde

La galerie Dialogos (1 place de Thorigny et ici) que je visitais pour la première fois,  présentait jusqu’au 11 avril le travail d’Estelle Lagarde dont je vous ai déjà dit du bien ici.

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Je n’ai pas changé d’avis et cette fois-ci il ne s’agissait pas d’une exposition collective mais d’un solo.

Trois séries étaient présentées : "Dames des songes" (que j’avais déjà vue la fois précédente), "Hôpital" et "Comtes sauvages".

Je vous avis parlé la fois dernière des cadres utilisés pour la série "Dames des songes". Vous me direz que les cadres c’est accessoire, oui mais non. Souvenez-vous du travail de Pierre et Gilles, par exemple, qui font eux-mêmes leurs cadres (ci-dessous).

Estelle Lagarde ne fabrique pas ses cadres mais les choisit elle-même et comme son site ne les montre pas, voici une illustration.

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La dernière série joue un registre fantastique tandis que les deux autres jouent sur l’évocation. La série "Hôpital", inquiétante  à souhait, pourrait illustrer le film de Lars Von Triers, L’hôpital et ses fantômes (ici) tant une ambiance aussi bizarre qu’étrange suinte des murs.

Et puis d’ailleurs, on est pas loin des fantômes également avec la série "Dames des songes".

Les illustrations viennent du site de la photographe (ici) sur lequel vous pourrez voir aussi, outre d’autres travaux, le "making of" de la série "Hôpital".

Galerie Jeune creation – Lucie Pastureau

La Galerie Jeune création (6 villa Guelma et ici)  se situe dans la Quartier de Pigalle mais heureusement à 50 mètres du métro, ce qui évite de trop trainer. En fait de galerie, il s’agit d’une maison dont une pièce est destinée à accueillir les photos : il faut sonner à la porte.

La photographe présentée, jusqu’à fin mars 2009, est Lucie Pastureau (27 ans – son site ici), qui a reçu le prix des lectures de portfolios lors du Mois de la Photo-OFF 2008. Ces tirages de petits formats au couleurs claires nous font partager le quotidien normal d’adolescents normaux, ce qui est finalement assez rare puisque le plus souvent nous avons droit aux ados malades (SIDA, anorexie, dépression, etc), aux drogués ou alors aux adolescents qui sont à 10 000 kilomètres.

L’exercice est donc une photographie de proximité, intimiste, peut-être trop faiblement distancié. Pour ce qui me concerne j’adhère assez peu tant à la thématique qu’au formalisme proche du photo-reportage : encore une fois, ces photographies, empreintes de sensibilité seraient certainement plus à leur aise dans un livre ou un magazine que dans le séjour d’un collectionneur ou aux murs d’une galerie. Il est bien dommage que la presse magazine préfère dans son ensemble nous abreuver de top models, d’images de guerre ou de jolis images photoshopées bien propres. Bref.

Souhaitons-lui en tout cas bonne chance pour la suite de sa carrière.

Galerie Magda Danysz – Ruud Van Empel

La Galerie Magda Danysz (ici et au 78 rue Amelot) , en partenariat avec avec la Flat Galerie, présente Ruud Van Empel jusqu’au 18 avril.

Les photo présentées couvrent trois types de travaux dont ceux qui ont fait la célébrité du photographe à savoir des images un peu sur-réalistes d’enfants noirs comme plaqués dans une luxuriance verte de végétaux, souvent dans un univers aquatique et parfois au mépris des règles d’échelle. Ces travaux étaient complétés de la série "dawn" qui présente à la fois des petites filles noires et des petites filles blanches, toujours insérées dans un décor de verdure. L’ensemble des illustrations ci-dessous provient du site web de la galerie, qui en contient de nombreuses autres.

La principale surprise vient d’une série en rupture totale avec ce qui fait le fond de commerce du photographe : des natures mortes de format réduit dans des tonalités un peu passées, évoquant des souvenirs (titre de la série d’ailleurs).

Une autre image m’a franchement étonnée par sa ressemblance avec le travail de Loretta Lux (ici) mais qui s’avère bel et bien être de Ruud Van Empel.

Galerie Esther Woerdehoff – Terriblement beau, terriblement faux

La Galerie Esther Woerdehoff (36 rue Falguière et ici) dont j’ai déjà parlé (ici) présentait jusqu’au 28 mars une exposition collective : Terriblement beau, terriblement faux. Je suis passé pendant le salon ArtParis (mon billet ici) que j’avais visité la veille si bien que quelques travaux manquaient mais rien de bien méchant.

Pascal Loubet (qui n’a pas de site web) nous montre de beaux gosses musclés trônant sur leur canapé, souvent avec de gros chiens. Je ne sais pas s’il s’agit de caricaturer, aux choix, les beaufs ou les homos ou s’il s’agit d’autre chose. Disons que ça peut faire sourire et que le charme des beaux garçons n’est pas de celui qui m’interpelle. Bref. Pour situer le contexte, rappelons que Pascal Loubet fut co-fondateur de Têtu, un magazine gay (en savoir plus: ici).

Arthur Tress (qui a un site web à la fois affreux et malcommode ici) nous montre des photos d’enfants bizarres, en noir et blanc, avec par exemple celui dont les mains sont des racines (pour rire). Son site montre un travail un peu dans la même veine de l’étrange, de situations bizarres. Sur le site de la galerie, on trouve aussi du nu masculin. Bref. Les photos sont proposées à 2 500 euros et d’après le site de la galerie il s’agit de séries de 50 ce qui est beaucoup trop à mes yeux.

Pierre Crocquet (son site assez déprimant ici) nous montre des pauvres, pris "en pied" souvent et avec des cochons. J’aime bien le cochon, j’en mange souvent et, du coup, j’ai un faible pour la photo ci-dessous, avec cette vieille dame tranquille sirotant son café à côté d’une tête de porc souriante dans sa bassine comme celle de Saint Jean-Baptiste et de Salomé (il est vrai que dans l’oeuvre du Caravage la tête ne se marre pas mais la comparaison osée tient quand même). Si vous voulez voir l’original, il faut aller visiter la National Gallery (ici par exemple).

Nikos Kontzialis montre de minuscules Polaroïds d’animaux (à 750 euros la bête si j’ose dire, quand même). Ce photographe ne figure nulle part sur le site de la galerie et n’a pas de site web à lui.

Gilles Berquet (qui a un site visuellement étonnant mais qui fait planter mon navigateur ici) nous montre de curieuses caravanes illuminées extraites de sa séries "fin provisoire d’autoroute" (ici) à 2 500 euros et quelques filles nues dont une couverte de boutons et aux veines bleutées colorant une peau blanchâtre (à 2 500 euros, extraite de la série "les grands travaux de Mirka" – ici). L’exposition dissimule toutefois prudemment ce qui semble faire l’essentiel du travail de Gilles Berquet, à savoir le nu féminin vaguement fétichiste (cf. sa déclaration de foi renvoyant à Molinier). Je ne mets de photo car le site est en Flash.

Enfin, pour finir sur une note plus gaie (après avoir commencé par une note gay), un travail de Herlinde Koelbl dont j’ai déjà parlé (ici et ) et dont j’ai acheté le bouquin (hair) au vu du prix pratiqué pour ses pièces les plus intéressantes (4 500 euros). Une double page ci-dessous pour illustrer son travail. Son site est ici.

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Très bref – Nobilis – Des trains et des souterrains

C’est en allant vers la Galerie photo 4 (mon billet ici) il y a quelques semaines que j’ai remarqué la galerie Nobilis (au 29 rue Bonaparte). Je croyais pouvoir en savoir plus sur l’artiste, une fois rentré à la maison, grâce à un site web, mais manque de chance la galerie n’a pas de site web si bien que le photographe qui exposait ses vues de gares et de souterrains SNCF restera définitivement un inconnu.

Je suppose que l’exposition est finie car une autre commence le 15 avril (qui n’est pas de la photographie).

Galerie Vu’ – Exposition très collective – derniers week-ends pour voir

La Galerie Vu’ (2 rue Jules Cousin et ici) je l’ai visitée bien souvent et j’en déjà parlé lors du Mois de la photo à Paris, en décembre dernier (ici). Il s’agit là de vous encourager à aller voir l’exposition (très) collective qui s’y déroule jusqu’au 18 avril, ce qui vous laisse encore seulement deux week-ends.

Je ne vais pas raconter ce qu’il y a à y voir vu que ce sont près de 30 auteurs photographes qui y sont présentés. J’ai relevé Engstrom, Botman, Ackerman, Castore, Terré, Broyer, Comment, Forsslund, Schuh, Dumas, Sriwanichpoom, Bizos, Stromholm, Tunbjork, Darzacq, Castro-prieto, Leblanc, Crespi, Bas, Blenkinsop, Silverthorne, Munoz, Zuili, Faucon, Wurstemberger, Pernot et Picard. Il semble que j’en ai oublié au vu de la liste sur le site de VU’ (ici).

Ce n’est pas tous les jours que vous aurez l’occasion de voir un tel nombre de photographes et de photographies dans des styles aussi variés et pour un coût de zéro euro.

Il y a dans le lot un certain nombre de photographes dont j’ai déjà parlé comme Tunbjork ainsi que Comment et Broyer (dans le billet déjà cité),  Darzacq (ici, les chutes, chez Les Filles du Calvaire),  Crespi et Silverthorne (ici - à Arles en 2008).

Courez-y vite.