Le blog d'un Photoculteur

Culturez vous en regardant des photos !

Galerie Schumm Braunstein – Emilie Vialet

La Galerie Schumm Braunstein (ici et 9 rue de Montmorency) expose le travail d’Emilie Vialet, jeune photographe fraîchement diplômée de Louis Lumière. La galerie se résume à une pièce mais c’est clair et la modestie du lieu le rend sympatique.

Si on ne peut nier une qualité plastique certaine aux deux séries paysagères présentées (Baie et Les meulières), il faut bien reconnaitre également que ces thèmes sont hélas un peu éculés : c’est presque devenu un exercice de style que de photographier des pavillons. Au cours de l’année écoulée, je ne compte plus les travaux vus sur ce thème (à Lyon, à Sérignan, chez Esther Woederhoff, à la BNF), que ce soit le pavillon en construction ou fini, vu de face ou de profil, seul ou en grappe, parfois retravaillé numériquement, parfois en longue série ou en diptyques. Certes, les coloris des oeuvres d’Emilie Vialet sont soignés et la photographie attentionnée mais bon, et après ? Et après, il faut LIRE ce que raconte Emilie Vialet sur son site web (ici) dans la partie “théorie”. On comprend alors mieux son travail (voilà une artiste qui pense) mais je reste toujours avec plein (trop) de pavillons dans la tête.

Du coup, la série “Objets trouvés” (pardon, Left & found) m’a paru bien plus inventive mais hélàs peu montrée. Il s’agit de remettre en scène un vieux vêtement trouvé dans un site habité temporairement par des gens dépourvus de logement et de lui redonner ainsi une sorte de dignité. Emilie Vialet décrit sa démarche sur son site (ici) et c’est à n’en pas douter la meilleure des trois séries présentées (illustration ci-dessous tirée du site de l’artiste).

J’epère que la galerie pourra mieux montrer cette série (s’agit-il d’ailleurs de triptyques ou pas ?). Les prix sont par ailleurs raisonnables, de 550 à 1850 euros selon les tirages.

Je vous invite à profiter des derniers jours pour passer voir (cela se termine le 16 mai).

1 mai 2009 Posté par photoculteur | paris | , , , , , , , , , , , , | Pas encore de commentaires

Galerie de l’Europe – Paris sous la pluie – Christophe Jacrot

Je suis tombé par hasard fin mars (peu avant la fin de l’exposition Paris sous la pluie) sur la Galerie de l’Europe dont je découvre à l’instant le site web calamiteux (ici) qui fait contraste avec l’emplacement de rêve de cette galerie (angle de la rue Jacob et de la rue de Seine).

Je suis passé en coup de vent, intrigué par une exposition photo qui m’avait échappée. Il s’agissait du travail de Christophe Jacrot (son site ici).

Ce que j’ai éprouvé en regardant ce travail, c’est  un doute croissant, d’expo en expo (et je commence en avoir vu pas mal) sur la valeur des photographies exposés (en général mais cette expo sert, si j’ose dire, de révélateur).

La qualité technique des photographies est désormais impeccable pour qui veut veut se donner un peu de mal, même sans talent particulier :  il suffit de regarder la production amateur sur les sites spécialisés (comme Flickr) et les bases de données de photographies où s’achètent à vil prix des photos de qualité (au moins sur le plan technique). De fait, l’écart apparent se réduit entre pratique amateur et professionnelle et l’œil est, de surcroit, de plus en plus saturé de telles photos. Des photos propres mais de quel intérêt ?

J’en suis donc là en voyant Paris sous la pluie. Des photos propres, jolies, faciles à regarder et peut-être aussi faciles à vendre au touriste de pasage à Saint-Germain des près (so romantic !).

Qu’en tirer comme conclusion (temporaire) ?

Plus que jamais, le pédigree du photographe (formation initiale et parcours), son discours (ou raison d’être de son travail – cohérence, pertinence, engagement, etc) et la valeur de la galerie (sa réputation, sa connaissance du domaine photographique, la clarté de ses choix, sa capacité à défendre ses auteurs, son flair dans la découverte de talents ensuite confirmés) prennent une importance déterminante à mes yeux.

Au final, je me dis que les talents sur Flickr ne manquent pas et qu’après tout, pour celui qui recherche simplement un effet décoratif sans s’investir beaucoup, il n’est pas si bête de contacter un auteur sur Flickr (ou un site comparable) et de demander le tirage d’une belle image : ce sera sans prétention artistique mais 10 fois moins cher qu’en galerie.

Il y a là en tout cas deux options : l’achat direct à un inconnu sans prétention ou l’achat d’un artiste dans une galerie solide. L’un et l’autre se défendent …mais pas le mélange des genres.

Quoi qu’il en soit, je reviendrai sur le thème des galeries plus tard, notamment sur celles, souvent virtuelles, qui vendent des “posters” déguisés en “d’œuvres d’art”.

1 mai 2009 Posté par photoculteur | paris | , , , , , , , , , | Pas encore de commentaires

Galerie Seine 51 – 8 secondes – Nicolas Ruel

La Galerie Seine 51 (billet précédent ici) présente jusqu’à demain 2 mai 2009 le travail de Nicolas Ruel (son site en flash ici) baptisé 8 secondes en référence au temps de pose.

C’est très décoratif ces tirages sur inox de grand format et c’est bien vu quand il s’agit de refléter un univers technique comme des usines ou des trains. Dans d’autres cas l’effet tombe un peu à plat, surtout s’il n’y a pas de mouvement (et dans ce cas, le temps de pose ne donne pas grand chose comme bénéfice). A priori cela se vend pas mal : il y longtemps que je n’avais pas vu autant de pastilles rouges dans une galerie. Il faut avouer que dans un loft aux murs blancs ça doit en jeter : certaines images sont vraiment spectaculaires.

1 mai 2009 Posté par photoculteur | paris | , , , , , , | Pas encore de commentaires

Mains d’oeuvre – MARIE HENDRIKS – Magpie Mirabilia

Marie Hendriks est une jeune artiste néerlandaise (28 ans) qui utilise la photographie et d’autres moyens pour raconter ce qu’elle a à dire. L’exposition s’est achevée fin mars (!) et pour la voir il a fallu aller chez Mains d’Œuvres à Saint-Ouen (pour la 1ère fois de ma vie ;) et braver une pluie tenace.

Le lieu (au 1, rue Charles Garnier) est vraiment moche et assez loin du métro. J’ai l’impression que ça fait aussi resto (pas cher) et garderie. Bref.

Quand on rentre, c’est très sombre mais rapidement on voit les oeuvres, bien mises en lumière. Contrairement à Grand Tourisme (billet ici), il y a une vraie scénographie, la pénombre étudiée s’harmonise bien avec les pièces qui sont intrigantes mais jamais inquiétantes ou “désagréables” (pas de grincements ici). C’était une vraie expérience, plutôt agréable, de se promener dans cette exposition.

Ils ont mis des photos sur leur site (ici) mais ce sont hélàs des timbres-postes. Sur le blog d’une fan (ici), intéressant à parcourir, vous trouverez aussi des photos extérieures du site.

1 mai 2009 Posté par photoculteur | paris | , , , , , , , , , | Pas encore de commentaires

Galerie du jour–agnès b. – Grand tourisme

Galerie du jour–agnès b. (ici et 44 rue Quincampoix) présentait jusqu’à fin mars (je sais, je suis en retard) une exposition de Pierre Reimer baptisée Grand tourisme. C’était la première fois que je mettais les pieds dans cette galerie qui s’est avérée immense (je n’exagère pas, un vrai musée).

Pierre Reimer est un artiste qui utilise la photographie, entre autres supports et pour ma part je n’ai rien compris du tout à ses intentions. Entre photos de jouets et de périphéries urbaines, sons grincants du film en fond sonore et installations aux fontions indéfinies, difficile de comprendre ce que ces photos munies de bandes verticales noires signifient, pas plus que ces carrés de couleur occultant d’autres photographies. A défaut de comprendre, une émotion transparait-elle ? Non.

Il faudrait instaurer des médiateurs culturels dans les galeries aussi.

1 mai 2009 Posté par photoculteur | paris | , , , , , , , , | Pas encore de commentaires

Galerie Alexandre Cadain – Waterland

J’ai déjà parlé (ici) de la Galerie Alexandre Cadain (76 rue Quincampoix et ici) pour en dire du bien. Je vais recommencer pour cette exposition, terminée depuis hier et appelée Waterland. Par contre son site web n’est pas du tout à jour.

Cette exposition est valable car elle est, une fois encore, intelligente, en mettant en perspective des travaux d’auteurs variés (en terme de reconnaissance notamment) sur une thématique commune COMPREHENSIBLE par le visiteur. Ici, pas de théorie fumeuse et de discours à 10 cents mais, au contraire, un sujet que tout visiteur peur aborder sereinement et sans crainte de passer pour un inculte.

Au rez-de-chaussée, on est confronté d’entrée à un des fameux tirages géants de Massimo Vitali, une vue de plage, comme il se doit (sa galerie en Californie fournit de nombreuses images ici dont celle ci-dessous). Ces vues sont réalisées depuis une plate-forme en hauteur que le photographe installe sur la plage. Au cas où vous êtes intéressés, compter 20 000 euros.

Dans des registres plus modestes, moins connus aussi mais toujours à la lisière de l’eau, la galerie montrait le travail de Katrien Vermeire (qui est belge et dont le site est ici) et Aram Dervent (qui n’a pas de site web et qui est belge ou pas, je ne sais pas). Les prix demandés sont respectivement de 4 000 et 2 500 euros.

Katrien Vermeire nous montre, à la cave, de belles photographies carrées de cette frontière entre eau et ciel, presque des abstractions, très reposantes. Ceci dit, en dépit de sa séduction naturelle, ce type de paysage  a déjà été traité par d’autres (nombreux). Je ne sais pas trop si ce type d’oeuvres est vraiment vendable. Sur son site web, on trouve de nombreux autres travaux, des portraits notamment, qui méritent attention (ceci dit, je ne suis pas objectif car j’ai un faible pour la photographie belge et son art consommé du portrait).

Les paysages inversés de Aram Dervent sont moins reposants : ces paysages et leur reflet dans l’eau, avec le reflet en haut, ne manquent pas de titiller l’oeil et le cerveau tout en exerçant une séduction certaine.

Bref, une belle exposition.

1 mai 2009 Posté par photoculteur | paris | , , , , , , , , , , , | Pas encore de commentaires

Russian Tearoom (RTR) – Collectif – REGARDE-MOI DANS LES YEUX

La galerie Small&Co dite aussi Russian Tearoom s’appelle maintenant RTR afin de ne pas confondre avec euh, un salon de thé russe, quoi.

L’exposition collective s’est achevée le 6 avril dernier et s’intitulait “REGARDE-MOI DANS LES YEUX – Portrait photographique russe”. Il faut bien avouer que cette exposition m’a bien plu et, de surcroit, les prix pratiqués ne sont pas exorbitants. Commençons par ce sujet désagréable comme cela ce sera fait.

La seule exception tarifaire concerne Oleg Dou, notablement surfait (imho) à 6 000 euros. Ceci dit, s’il y a des acheteurs à ce prix (et il y en a), autant en profiter.

Pour le reste, Marina Lapina est à 450, Evgeny Mokhorev à 2000, Margo Ovcharenko à 700, Evgeny Petrushansky à 1000, Dasha Yastrebova à 700, Igor Savchenko à  1200, Sergey Maximishin à 3000.

Marina Lapina, ce sont de petits autoportraits presque carrés en noir et blanc, un peu énigmatiques, visage voilé, image floutée.

Evgeny Mokhorev (32 ans) livre ses photos d’enfants et d’adolescents qui semblent en perdition, un sujet qu’il avait présenté en 2002 à la Maison de la photographie à Moscou (ici). Margo Ovcharenko n’a que 20 ans et son travail est visible sur Flickr (et notamment ici) . Il s’agit de portraits très frais de la jeunesse russe.

Elle  a déjà exposé à la galerie du Beffroi à Namur en compagnie d’ailleurs notamment de Evgeni Mokhorev et Dasha Yastrebova. Cette dernière, 20 ans aussi, a déjà exposé à la galerie Pobeda à Moscou (ici, dans un style différent de ce qui était visible à Paris). Quelques mots en français sur son travail se trouvent ici.

Je n’ai pas vu le travail de Igor Savchenko à cette occasion mais sa série Mysteria avait déjà été montrée auparavant il me semble. Son travail est visible de manière détaillée sur son site web (un lien direct vers la série en question : ici).

Sergey Maximishin présentait une seule photo, ci-dessous, tirée de son site web remarquable (visible ici).

Il est à noter que Sergey Maximishin et Evgeny Mokhorev exposent à Bruxelles du 7 au 31 mai (vernissage le 6) à la galerie Espace Art 22 (au 22 rue Van aa). L’information n’est pas encore sur leur site web (ici).

1 mai 2009 Posté par photoculteur | paris | , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Pas encore de commentaires

Enchères – Yann Le Mouel – 6 mai 2009 – Paris

DLK Collector, un très bon blog (en anglais), a identifié une prochaine vente aux enchères consacrée à la photo à Paris, le 6 mai 2009. Leur article est et le catalogue ici.

Il s’agit très majoritairement de photos anciennes en noir et blanc même si quelques travaux en couleur et plus récent sont présentés. Les prix commencent très bas, à quelques centaines d’euros, et montent au-delà des 10 000 euros.

1 mai 2009 Posté par photoculteur | vente | , , , , | Pas encore de commentaires

Enchères – Swann – 14 mai 2009

La maison de vente aux enchères Swann a récemment envoyé à ses clients sa livraison de The Trumpet,le magazine présentant les prochaines ventes, pour la saison printemps-été 2009. La vente du 14 mai 2009 disperse 403 lots, livres de photo et tirages. Le catalogue est ici.

Une large part de la vente est consacrée aux livres de photographies et on pourra acquérir des classiques comme The Americans (R. Frank), Tulsa (L. Clark), Women (G. Winnogrand). Attention tout de même, de tels ouvrages se négocient autour de 1 000 – 1500 USD.

Pour le reste, on trouvera  des photos anciennes avec Curtis, Atget, Evans, Abott, etc dans des échelles de prix variées depuis 2 ou 3 000 USD jusqu’ plus de 10 000.

1 mai 2009 Posté par photoculteur | vente | , , , , , | Pas encore de commentaires