Galerie Esther Woederhoff – van de Puttelaar, Ogoro et Jacot

La Galerie Esther Woederhoff (ici) présente jusqu’au 7 juillet (il est temps de se presser) les travaux de Carla van de Puttelaar, Kumi Ogoro et Monique Jacot.

Carla van de Puttelaar (son site ici) commence à être connue (vous pouvez voir son travail dans Photos Nouvelles n°55 de janvier-février 2009) et, pour ma part je suis fan. Elle présentait trois travaux déjà vus en format carré ( 3 200 euros encadrés) mais surtout le clou de l’exposition, à savoir 9  petits formats verticaux (79*39) de sa série Cranach (2 250 euros non encadrés). Ces tirages existent aussi grandeur nature en 205 * 78. Regardez le type de modèle (sa conformation, sa carnation, etc), la tenue portée (ou son absence), le fond toujours noir, la position des pieds et des mains et regardez aussi le reste de la série. A côté, deux Vénus de Cranach.

Kumi Ogoro (son site ici) montrait de grands formats (100*100) sous Diasec (2 300 euros en éditions de  5). J’avais déjà vu son travail dans l’autre revue francophone de référence (en fait trilingue car belge), View Photography Magazine (leur site ici).

 

Ces deux photographes ont été publiés chez Le caillou Bleu, encore une référence belge à retenir (site ici). Chez eux j’ai acheté le bouquin de Frank Rothe, Running Through The Wind.Tant que j’y suis je mentionne aussi Husson comme éditeur belge de livres de photos (leur site ici). Chez eux, j’ai acheté  Rhizome oriental de Philippe Herbet. Je vous conseille naturellement ces deux bouquins.

Dans ce contexte, le travail de Monique Jacot (de petits noirs et blancs argentique en 30*40 à 900 euros) paraissait un peu décalé et, pour tout dire, la génération 1934 (Monique) semblait un peu dépassée ou, au moins, pas à sa place, aux côtés des générations 1967 (Carla) et 1972 (Kumi). Son parcours brièvement résumé se trouve ici.

Allez voir cette expo, c’est jusqu’au 7 juillet 2009.

Visite au Luxembourg – 4ème partie – Casino (suite)

Je me suis arrêté au rez-de chaussée du Casino Luxembourg (ici) pour ce mois de la photographie qui s’est achevé le 14 juin dernier. Il est temps de grimper à l’étage.

J’avais déjà vu le travail de Eric Baudelaire (son site ici)  dans une revue mais pas "en vrai". Il s’agit en l’espèce de deux panneaux géants (2  mètres par presque 4) reconstituant une scène de guerre avec une sorte de mise en abime puisque la scène inclut des reporters en train de la filmer (à gauche).

Adi Nes, qui est israélien, montrait trois photos de pauvres gens évoquant chacune des images familières comme celle ci-dessous (illustration en provenance de son galériste ici) qui fait immédiatement penser à Migrant mother de Dorothea Lange. Une autre évoque Les glaneuses de Millet.

Bruno Serralongue montrait trois photos "en off" de manif qui ne m’ont guère inspiré, de même que la série de Jules Spinatsch (son site ici)  8 photos de barrières dans des cadres institutionnels et buildings. Je passe rapidement aussi sur Suzane Opton que j’avais découverte à Lyon (billet ici), un travail remarquable complété cette fois de deux banderoles.

Opton---Casino-Luxembourg

Naço galerie – Daniel Tubio, Cassio Vasconcellos, Marcos Lopez

La Naço Gallery (ici et 38 rue de citeaux) revient sur le trois photographes jusqu’au 15 juillet 2009. La galerie est minuscule et dispose seulement d’un blog qui ne précise même pas l’adresse de la galerie, quant aux communiqués de presse, ils sont illisibles sur le blog (une image JPEG minuscule au lieu d’un PDF). Au vu de l’expo, et de la sonorité du nom de la galerie, on suppose que celle-ci mise surtout sur des artistes sud-américains mais est-ce la cas ? Bref.

Daniel Tubio (son site – en espagnol, ici) montre de petits noir et blanc (série visiones encontradas) flous pris muni d’une date et d’une heure. Je ne suis pas sûr d’avoir bien saisi le mode opératoire de la prise de vue qui constitue pourtant le seul (?) intérêt de son projet. Ce que j’en ai compris c’est le photographe utilise la technique du sténopé (article de vulgarisation ici et approfondissement ici) avec des objets trouvés dans la rue et qu’il superpose une photo réalisée avec ce dispositif improvisé et la photo du lieu où il l’a trouvé. Il est vraisemblable que ce travail conceptuel remporterait le succès s’il était présenté dans une galerie du Marais à 4 ou 5 000 euros : ici, je doute qu’il trouve son public. Son travail m’a fait penser à un croisement des travaux de Gonzalo Lebrija (billet ici) pour la répétition d’une procédure photographique codifiée conceptuelle et de Miroslav Tichy (dont j’ai parlé ici), quand on voit ses appareils bricolés ici.

Cassio Vasconcellos (son site très techno ici) se singularise également par son procédé de production. Il réalise ses photo de nuits avec un SX70 en éclairant ses sujets avec des gélatines colorées. Le résultat produit des coloris surprenants et les motifs géométriques qu’il met ainsi en lumière acquièrent une dimension abstraite.

Marcos Lopez (site ici) était représenté par deux malheureuses photos sous diasec : une fiat 500 verte, des baignoires bleue. On aurait pu s’en dispenser. Passons.

Galerie In Camera – Eva Rubinstein

Pour cette deuxième visite à la Galerie In Camera (site web vide donc 21 rue las cases uniquement), on découvrait le travail de Eva Rubinstein baptisé élégies (jusqu’au 25 juillet).

Le travail présenté, extrait de plusieurs décennies d’activité photographique (l’auteur est née en 1933), montre des visages très divers. On reste toujours dans de petits formats noirs et blancs très classiques mais on trouve aussi des portraits de célébrités comme Kertesz, des photos de rue dans le style humaniste, quelques scenes dignes d’un photoreportage, des intérieurs modestes et dépouillés dans le genre intimiste, des photos dans le genre géométrique entre ombre et lumière. Bref, un travail un peu décousu et finalement banal mais classique et propre sur lui, bourgeois pour tout dire : voilà qui sied parfaitement au quartier où est implanté la galerie, entre rue de Grenelle et rue Saint-Dominique.

Maison européenne de la photographie – Accrochage d’été

La Maison européenne de la photographie (ou MEP au 5-7 rue de Fourcy et ici), j’en parle à chaque nouvel accrochage.

L’accrochage Cartier-Bresson (qui date du printemps) se poursuit jusqu’au 15 août et ce n’est qu’après avoir vu quelques photos que je me suis souvenue l’avoir déjà vue… En passant, j’ai été étonné de voir autant de monde un dimanche alors qu’hier (jour de Gay Pride) Paris m’a semblé désert. Bref.

Pour le reste, avec Ferdinando Scianna, on a l’impression de voir un clone de Cartier-Bresson. Il est d’ailleurs membre de Magnum (comme HCB d’ailleurs, qui l’a fondée). Les amateurs de photo-reportages en noir et blanc, du plus pur classicisme apprécieront. Les autres risquent de bailler d’ennui (sauf peut-être devant les clichés d’Italie) et ce d’autant qu’un étage complet lui est réservé (comme HCB).

Gabriele Basilico est présent avec une série consacrée à la rénovation intérieure d’un théâtre italien, une sorte de reportage. C’est un travail de commande, en moyen format noir et blanc tiré de manière classique et ce n’est pas très réussi. Cerise sur le gâteau, les tirages présentent de larges aplats de noir et sont donc de vrais miroirs faute de verre anti-reflets; on se voit dedans plus qu’on ne voit les images, c’est à croire que le verre ImagePerfect de Spandex (ou son équivalent chez Tru Vue) n’est pas arrivé jusqu’à la MEP.

J’avais en souvenir le Basilico des vues monumentales extérieures (et non des tirages confinés), des tirages géants en Diasec colorés, par exemple sa série sur Beyrouth. Le travail présenté est atypique et "trompe" le visiteur non averti.

Au sous-sol, on pouvoir une proposition vidéo de Claude Lévêque qui a fait le pavillon français de la Biennale de Venise cette année. Il s’agit de deux vidéos côte à côte montrant chacune un œil ouvert. Je reste hermétique à ce genre de travail et reste désolé de ne pas pouvoir tomber en pâmoison devant cela. Accessoirement, je me demande ce que cela fait à la MEP vu qu’il ne s’agit pas de photo.

Alair Gomes, est-ce une référence à la Gay Pride que j’évoquais plus haut,  semble fasciné par les sexes masculins en marbre ce qui nous vaut une trop longue série de clichés de pénis de statues romaines en petit format noir et blanc. Le texte d’accompagnement, qui figure aussi sur le site de la MEP, indique "Ces photographies et ce texte font valoir sa vision du divin, dont le fondement se trouve dans l’Eros : jeune corps masculin, création suprême de Dieu. Ce corps masculin est l’idée fixe qui sous-tend son propos, en matière d’esthétique, de religion et d’éthique." Mouais.

De cet accrochage piteux, quelque chose surnage-t-il ?

Peut-être les récentes acquisitions de la MEP quoi que, la place qui leur était dévolue était mineure, voire homéopathique, ce qui gâchait un peu le spectacle. Je passe sur la vidéo qui était dans un coin (même question que pour Lévêque : est-ce le job de la MEP de consacrer des ressources à la vidéo et non strictement à la photographie ? A quand des estampes et des comics aussi ?). Les photographies présentée permettaient de voir Saul Leiter (exposé il n’y a pas si longtemps à la fondation HCB) et le jeune Mohammed Bourouissa (vu partout – billet ici).

On pouvait voir aussi trois auteurs que pour ma part je ne connaissais pas : Rob Hornstra, Christoph  Draeger et Masao Yamamoto.

Masao Yamamoto montre de minuscules photos noir et blanc, avec de beaux contrastes, de la nature, un oiseau ou une branche. C’est presque une caricature de ce qu’un occidental s’imagine de la photo japonaise (il ne reste plus qu’à comparer sa photographie à des haïkus et la coupe est pleine).

Christoph  Draeger (son site ici) montrait une photo des dégâts dus à un cyclone imprimé sur un puzzle : je n’avais jamais vu ça. Ceci dit, à part l’originalité du tirage rien d’extraordinaire. Il remploie des photos de presse dont il n’est pas l’auteur pour se livrer à ce travail. Il a fait semble-t-il toute une série sur le même thème (ici). Bof.

Rob Hornstra (son site ici) montrait deux portraits de communistes. Il est représenté par Flatland (une galerie pour qui j’ai un faible – ici) à qui je dois l’illustration ci-dessous.

On l’aura compris, la moisson est peu satisfaisante et il valait mieux, ce dimanche, allez voir révélation 3 (qui en plus était gratuit).

Révélation 3 – Petite visite :)

Je vous avais déjà dit (billet ici) que Révélation 3, au vu des sites web des photographes (pour ceux qui en ont un), ça faisait bonne impression donc je suis allé voir aujourd’hui, histoire de trouver un peu de fraicheur (de ce côté là c’est raté).

L’exposition qui se termine ce jour à 21 heures se tient au 80 quai de Jemmapes, sur les bords du canal Saint-Martin à Paris. Et aujourd’hui, en plus, il y a "voix sur berges" (leur site ici) donc des groupes chantent le long des berges. ceci dit il y a quand même des gros c*** qui s’exilent et klaxonnent dans leurs bagnoles, on est pas à Paris pour rien.

Le site d’exposition c’est le Comptoir Général (leur site ici). Sans vouloir être vachard, il surfe habilement sur la vague écolo-bobo (le canal Saint-Martin est l’un des temple du mouvement parait-il)  mais enfin mieux vaut encore ça que la vague beaufo-pollueur.

Quant à l’expo, il y avait plein de monde, ce qui m’a étonné et c’est un brin pénible. Chaque artiste avait sa chaise et son stand, ce qui faisait un peu bizarre aussi. Bon nombre avait l’air de s’ennuyer ferme, d’autres écoutaient les visiteurs leur raconter leur vie. Je n’ai pas vu beaucoup de pastilles rouges : il y avait apparemment beaucoup de badauds.

Quant aux photos, sans surprise, elles m’ont semblé très bon niveau : je n’ai pas été déçu. Les photographes sans site web que j’ai donc découvert sur place devraient se dépêcher d’en avoir un car eux aussi font un bon travail.

Dans la rubrique des regrets, je trouve vraiment dommage que l’étiquette qui accompagne chaque œuvre ne porte pas le prix demandé : certains photographes font cet effort mais trop peu. Les prix constatés allaient de 350 euros à 1 350 euros (sans surprise, il s’agissait de Richard Pak, et encore l’édition était-elle de 24 exemplaires ce qui est excessif à mon goût). J’ai aussi un doute quant aux 43 photographes annoncés : ou bien j’ai raté une partie de l’expo ou bien les photographes présents dans la projection (mais pas physiquement) étaient aussi comptés pour parvenir à ce total, non ? Bon, s’il y en avait vraiment 43 en chair et en os, au temps pour moi.

Du coup, je n’ai pas trouvé les prix des travaux (à part ceux de Richard Pak) que j’avais repéré sur les sites web (et comme je suis timide je n’ai pas demandé).

J’avais identifié Cynthia Cappe par son site web et avais hésité à la sélectionner dans mes favoris faute de trouver "la" photo mais, sur place, et alors même que j’avais oublié son nom, son travail m’a sauté aux yeux. Son site (ici) ne montre pas tout et l’agence qui la représente non plus (ici), c’est dommage. Sur place, elle proposait de petits diasec qui formaient comme un triptyque. L’illustration ci-dessous tirée de son site vous permettra de vous rafraichir ;)

L’autre découverte c’est Anthony Anciaux, pour ses portraits (à 490 euros mais l’édition ne figurait pas), mais alors même que sur son stand il était plongé dans son portable, il n’ a pas site web. A redécouvrir plus tard peut-être, dans un autre contexte.

Il vous reste deux heures pour aller voir alors pressez-vous.

Beaudoin Lebon – Prix HSBC 2009 – Mathieu Gafsou et Grégoire Alexandre

Visite de la Galerie Baudoin Lebon aujourd’hui dont j’ai déjà parlé (ici notamment), une institution parisienne.  Cette fois il s’agissait des deux prix HSBC, une autre institution (le site web de la galerie ici n’est pas encore à jour à la date de rédaction de ce billet).

Mathieu Gafsou (son site ici d’où est tirée l’illustration ci-dessous) montre des habitations au Maroc, souvent inachevées, des habitats collectifs clos, des maisons fermées. Aucun humain ici, quelques vestiges avec des voitures vides ici et là. Des habitats blancs, des couleurs délavées sous un ciel clair. Ses diasec de grand format préservent de larges bandes blanches tout autour du cadre. Prix HSBC ou pas, je suis peu convaincu par cette esthétique en vogue.

Grégoire Alexandre (son site ici)nous accueillait à l’entrée de la galerie avec une Fiat 500 surchargée puis on découvrait ses photos de mode.

Ce que j’en disait en les voyant pour la première fois à Arles en 2008 reste d’actualité (mon billet ici).  Des formats relativement modestes, des idées (beaucoup même) mais une très grande hétérogénéité qui laisse supposer des travaux de commandes. De fait, certaines photos sont remarquables, d’autres moins, dirons-nous. Les prix sont croissants avec l’édition de 2 600 à 3 000 euros pour les petits formats et de 3 500 à 4 000 pour les grands formats.