Galerie Pierre Brullé – Jean-Claude Bélégou
La Galerie Pierre Brullé (25 rue de Tournon, et nulle part ailleurs faute de site web) présente jusqu’au 28 juin “Le déjeuner sur l’herbe” par Jean-Claude Bélégou.
Sous le prétexte d’un déjeuner sur l’herbe, que l’on croit une référence picturale au tableau éponyme, comme en témoigne par exemple le travail de Philippe Mazaud (cf. billet ici ) il nous est donné à voir des nymphettes. Certes, de-ci de-là, les jeunes filles sont en présence de fruits, pommes pour l’essentiel et raisins mais, de déjeuner, il ne nous sera rien montré.
Par contre, jeunes seins, fraiches fesses et cheveux mouillés dans la verdure abondent. On connaissait le flou romantique de David Hamilton ou l’obsession des naturistes nourrie par Jock Sturges, maintenant on découvre Jean-Claude Bélégou qui, a 57 ans, apprécie de photographier des jeunes filles dans les jardins fruitiers. Pourquoi pas.
Je n’ignore pas que ce photographe sera exposé prochainement à Arles et au Château d’Eau à Toulouse, deux signes de reconnaissance de son travail, mais pour moi il s’inscrit avec ce travail dans une veine photographique dont les motivations m’échappent (illustration ci-dessous tirée du site du photographe, ici), d’ailleurs, quelles sont-elles ? Il est noter que la brève sélection opérée pour Arles et exposée au Musée de l’Arles antique ne cède pas à la facilité et écartes les jeunes femmes au profit des fruits, ce n’est pas plus mal.

Galerie Pascal Polar – Michel Scarpa, Anton Solomoukha,Veronique Boyens, Mayuko Sakai, Herman Bertiau, Paul Vinet, Catherine Vernet
Je vous ai longuement parlé (11 articles) de ma promenade à ArtBrussels mais bien évidemment, à Bruxelles, il y a aussi des galeries à voir.
J’ai donc profité de ArtBrussels pour aller voir Pascal Polar (ici) dont je reçois les invitations depuis des mois sans pouvoir y aller. La galerie, particulièrement vaste, est sur deux niveaux et, chose appréciable, les prix figurent en clair. Lors de ma visite, fin avril, il y avait une exposition collective qui montrait notamment Michel Scarpa mais je vois qu’il est toujours présent et jusqu’à fin août.
Le travail de Michel Scarpa se présente sous la forme de surimpression géantes sur plexiglas et d’autres plus petits formats un peu pixelliseés. C’est un travail plus proche du design ou de la création artistique que de la photographie stricto sensu mais l’effet produit est intéressant et original. Je n’avais jamais rien vu de tel. Les petits formats sont à 3 200 euros. Le seul hic c’est que ce travail, d’un traitement assez subtil et offrant peu de contrastes, ne ressort pas du tout sur un petit écran via internet. Il a un blog (ici) qui montre l’éclectisme de son travail, qui repose sur des techniques multiples.
Herman Bertiau montrait en noir et blanc des femmes nues (enfin je pense) dissimulées. J’ai été moyennement séduit. Je n’ai pas trouvé son site web.

Paul Vinet montrait des silhouettes comme découpées sur fond doré. Renseignement pris, sur son site (ici), il s’agit de tirages couleur dorés à la feuille montés sur aluminium. La technique ne fait pas tout et passé la surprise et la curiosité, je reste mitigé. Sur son site on voit d’autres tentatives de mix de techniques.
Catherine Vernet montrait des portraits sur fond noir mais je n’en ai guère de souvenir et pas moyen de trouver son site web ni son travail sur un quelconque site web.
Je garde pour la fin les trois photographes dont les travaux m’ont semblé les plus intéressants.
Au rez-de chaussée, dans un coin, on pouvait voir quelques nus originaux de Anton Solomoukha (75*56 cm). Ce sont des nus originaux car un brin “décalés” bien que photographiés comme on ferait une peinture classique. L’artiste ne doit pas être représenté par la galerie (comme la plupart des artistes montrés lors de cette expo, d’ailleurs) et ne possède pas de site web mais une large collection de ses travaux est visible ici. La photo ci-dessous n’était pas visible lors de l’expo mais donne une idée de son style. Un autre lien russe, pas mal, ici.
Veronique Boyens était présente également, à l’étage. Vous vous souvenez peut-être qu’elle avait été exposée (ici) au Musée de la Poste (ici), à Paris avec des autoportraits timbrés. Elle récidive avec des autoportraits (en 60*60 cm) et, nouveautés, des autoportraits en intérieurs (en 46,5*70 cm) respectivement à 1 800 et 1 600 euros. Son site est bien fait (ici) et l’illustration ci-dessous en provient. Je trouve ce travail digne d’attentions : l’artiste est jeune et les tarifs abordables alors vous savez quoi faire.

Mayuko Sakai montrait d’énigmatiques photos qui ne pouvaient montrer d’intriguer (en 80*100 cm et à 1 600 euros). C’est une vraie découverte. Son site, d’où est tirée l’illustration ci-dessous, est ici.

Voilà, une sympathique exposition, de l’air et des prix abordables :)
En bref – Le MOCP met sa collection de photos en ligne
La collection du MOCP (Museum of Contemporary Photography, situé à Chicago) est désormais en ligne ici.
En bref – 2ème Nuit de la photographie contemporaine – 22 juin 2009
Lundi 22 juin 2009, de 14H à minuit, Place Saint-Sulpice à Paris, se tiendra la Nuit de la photographie contemporaine avec tout un tas de photographes présents ( leur site est ici). Je ne sais pas du tout si c’est bien ou pas.

En bref – Nuit photo le 19 juin 2009 par Tendance Floue
Le collectif Tendance Floue (ici) organise une nuit de la photo le 19 juin 2009 à Montreuil, Métro Croix de Chavaux (détails ici).

Salon de Montrouge 2009
Le salon de Montrouge 2009 s’est tenu (à Montrouge) du 30 avril au 24 mai 2009. Pour faire à la fois plus classe et plus marginal, la scénographie était due à Matali Crasset (= classe) et l’exposition se tenait à “La Fabrique” (in french in ze text) dans une usine désaffectée (= marginal). En principe donc, les chevelus devaient apprécier, de même que les bobos. Ces derniers pouvaient même, de la sorte, mettre un pied dans une usine, une aventure courageuse (les lieux étaient tout de même sécurisés, comme pour un trekking en pays Dogon, rien à craindre finalement). Autre avantage, c’est gratuit (merci aux habitants de Montrouge et à leurs impôts). L’année dernière, le salon se tenait au théâtre, maintenant en travaux, a priori il n’y a pas de lien entre les deux événements, mais cela explique “La Fabrique”.
Ce que j’ai vu lors de ce Salon m’a moyennement déplu. Ce n’est pas ArtBrussels. Quelques artistes montraient de la photo mais il s’agissait surtout de voir des peintures et des installations qui ne sont pas ma tasse de thé.
On peut regretter que les travaux présentés soient aussi peu contextualisés en dépit d’un effort avec des cartels informatifs (mal situés, on se demandait à quoi ils renvoyaient et le jargon ne manquait pas). On peut s’interroger aussi sur le choix, non des artistes (un seul photographe, vous allez vite comprendre, n’avait aucunement sa place) mais des oeuvres : certaines visibles sur le site des artistes paraissaient plus marquantes.
Arnaud de Gramont exposait deux diasec avec comme une fracture lumineuse dedans. C’était un peu abstrait. Renseignement pris, l’auteur est presque quinquagénaire alors que je pensais ce salon réservé aux jeunes artistes mais bon, comme on le voit aussi dans les Jeunes (!) Talents SFR (inscrit le 10 juin 2008 – ici) tout est permis, non ? On le trouve aussi sur Wikipédia d’ailleurs mais je constate que c’est un certain pseudo Arnaud de Gramont (ici) qui est le créateur de la page le 7 avril 2008 et dont les seules interventions portent quasi exclusivement sur Arnaud de Gramont. Arnaud de Gramont s’intéresse donc passionnément à Arnaud de Gramont. Gageons qu’il ne soit pas le seul.
Les autres artistes photographes constituent tous des choix pertinents (imho) et comme je ne les connaissais pas, ce fut un plaisir de regarder et découvrir tout cela et ce d’autant qu’il me semble qu’ils sont tous en début de carrière.
Benjamin Hugard montrait des tirages de photos monochromes. J’ai fait des photos de ses photos monochromes mais en les revoyant je me suis dit, à quoi bon ? Par contre, son site montre des travaux vraiment pas mal et il faut le visiter, c’est ici.
Guillaume Viaud montrait des photos de son cube porté en sac à dos recouvert de miroirs qu’il promène dans les jardins. Je ne sais pas où est l’œuvre : le sac à dos, l’action de se promener avec, les photos ? Le cube est qualifié par un intellectuel, dans la notice, de “triste fétiche échoué ou prothèse déprogrammée, sans autre espoir auratique que celui d’être ressaisi à nouveau”. J’aime bien le “auratique” qui fait “j’ai lu Walter Benjamin et je suis culturé” (ici).
Je passe sur Gérald Deflandre qui n’a pas souhaité qu’une photo perso de son accrochage figure sur ce blog et, comme il est inconnu sur le web, ce sera donc tant pis pour vous si vous voulez voir un peu de son travail de portraitiste. Ceci dit il m’a fait observer également que le descriptif initial de ses travaux sur ce blog était erroné (je l’ai donc retiré) ce qui rejoint ma remarque ci-dessus concernant le caractère confus des cartels… D’un autre côté cela me rassure car je ne voyais pas le rapport entre ses portraits et le reste des travaux :)
Yasmina Benabderrahmane nous montre notamment une photo de tente effrayante (on dirait une araignée), c’est très glauque alors que cette jeune artiste a l’air bien sympa sur son blog (ici). Allez comprendre.
David Mickael Clarke montrait comme des panneaux de signalisation routier faits à la main. Bof. Après avoir visité son site (ici), je découvre que l’œuvre s’appelle Playstation. Ben oui, les signes sont en fait ceux d’une manette de Playstation. Je dois me faire vieux :(
Deborah Farnault (site web ici) montre 5 photos d’un parking éclairé de nuit, faites depuis un immeuble. J’ai moyennement apprécié et ce d’autant que l’éclairage était minable mais son site web montre des travaux à mon sens plus intéressants.
Ivan Argote montrait un gars déguisé (lui ?). La série est potache et le sujet rebattu mais son site web (ici) le sauve en montrant, comme pour Deborah Farnault, des travaux à mon sens plus intéressants et en tout cas une palette plus large de son œuvre (le site vaut vraiment le déplacement).
Suzy Lelievre (28 ans) montrait des objets blancs pleins d’humour et son site web rudimentaire est bien sympathique et permet de télécharger son book. C’est à voir ! Voilà de la fraicheur et de l’intelligence :)
ArtBrussels 2009 – Les galeries étrangères – Partie 11 (et conclusion)
Et voilà, c’est le dernier article de la série sur Artbrussels, comme quoi il y avait de quoi voir :)
La galerie Deweer (ici et Otegem, un petit patelin en campagne) montrait Koen Vanmechelen et Boris Mikhailov. Maruani et Noirhomme (Knokke et ici) montrait David Lachapelle. La galerie Tanit (ici et Münich) exposait Sonja Braas. Nikolaus Ruzicska (Salzburg et ici) montrait Giovanni Castel. Max Estrella (Madrid et ici) présentait Dionisio Gonzalez et Aitor Ortiz. La galerie Bo Bjerggaard (Copenhague et ici) montrait Per Bak Jensen et Eve Sussman. Horrach Moya (ici et Palma de Mallorque) montrait Lida Abdul. La galerie Charim (Berlin, Vienne et ici) montrait Valie Export, Lise Pouger et Markus Krossendorfer. La galerie Traversee (ici et Münich) avait choisi Allan Sekula. Clara Maria Sels (ici et Düsseldorf) montrait Francesca Woodman, Wolfgang Flad et Dieter Hiesserer.
Au final, cette foire permet de voir de nombreux artistes et de multiples galeries et, le médium photographique étant largement représenté, ArtBrussels est à ne pas manquer pour tout amateur de photos qui se respecte. Au-delà de l’attrait de la foire, la proximité avec Paris et l’absence de stress régnant à Bruxelles (ainsi que les gaufres) font de cette destination une promenade reposante pour les parisiens et réjouissante pour les papilles.
ArtBrussels 2009 – Les galeries étrangères – Partie 10
Beaumontpublic (Luxembourg et ici) montrait Marina Abramovic, Su-Mei Tse et Ellen Kooi. Filomena Soares (Lisbonne et ici) présentait Joao Penalva. Andre Simoens (Knokke) sortait le grand jeu avec Rineke Djikstra, Andres Serrano, Annelies Strba, Thomas Ruff, Martin Parr et Marie Jo Lafontaine. Blancpain (ici et Genêve) montrait Balthasar Burkhard et Jules Spinatsch. La galerie Transit (Mâlines et ici) exposait Sergey Bratkov. Simon Lee (ici et Londres) ne prenait pas de risque avec Larry Clark. Ben Browne (ici et Londres) montrait Matthias Schaller, Candida Höfer, Tseng Kwong Chi et Thomas Ruff.
Van der Grinten (ici et Cologne) montrait Pierre Faure, Izima Kaoru et Adam Jeppesen et, par extraordinaire, les prix étaient affichés (respectivement : 2 400, 7 500 et 2 600 euros).
La galerie Fifty one (Anvers et ici) est l’une des rares galeries présentes à ArtBrussels à être spécialisée en photographie. Je vous invite donc à faire un tour sur leur site : sachez touteois que les artistes présentés sont pour la plupart des célébrités ce qui ne les met pas à la portée du premier quidam venu. Cette galerie avait retenu Hiromi Tsuchida, Bart Michiels, Michael Wolf, Friederike Von Rauch, Kyungwoo Chun, Carl de Keyzer, Saul Leiter et Ray K. Metzker.
Galerie Anhava (ici et Helsinki) montrait Jorma Puranen, un travail intéressant sur le reflet.

Anniversaire – Margaret Bourke-White (14 juin 1904 – 27 août 1971)
Margaret Bourke-White aurait, aujourd’hui 14 juin 2009, 105 ans.
Margaret Bourke-White est née à New-York et étudia la photographie à Columbia et dans d’autres universités avant d’être diplômée de Cornell en 1927. Elle travaille alors en indépendant, pratiquant la photographie industrielle et d’architecture à Cleveland (Ohio).
Elle travaille chez Fortune en 1929 et sa photographie du barrage de Fort Peck (Montana) fait la couverture du premier numéro de LIFE. Les commandes reçues de ses deux magazines l’emmènent dans le monde entier et sa collaboration avec LIFE en fait la première femme photographe travaillant pour l’armée américaine. A ce titre, elle photographie la Seconde Guerre en Europe et notamment les camps Nazis et leurs victimes, l’Inde pendant la lutte pour l’indépendance ou bien encore la guerre de Corée. Elle écrit plusieurs ouvrages illustrés de ces photographies dont un réalisé avec son futur mari, Erskine Caldwell, intitulé You Have Seen Their Faces qui traite de la vie dans le Sud des États-Unis pendant la Grande Crise de 29.
Elle se retire progressivement à partir de 1957 en raison de son état de santé et meurt de la maladie de Parkinson en 1971. Son travail est essentiellement conservé à la bibliothèque Georges-Arents, à New-York, et est présent dans de nombreuses collections dont celle du MOMA et de la Georges Eastman House.
L’illustration ci-dessous issue des archives de LIFE montre la photographe en 1931, alors âgée de 27 ans, perchée sur le Chrysler building alors en construction et préparant une prise de vue avec un Graflex 3-1/4 x 4-1/4 RB Auto. En bas à gauche, il s’agit du Helmsey Building (selon LuminousLint, ici).
Anniversaire – Jacques Lartigue (13 juin 1894 – 12 septembre 1986)
Jacques-Henri Charles Auguste Lartigue aurait en ce jour 13 juin 2009, 115 ans.
Jacques Lartigue fut une sorte d’amateur constituant au fil de sa vie de nombreux albums autobiographiques en guise de “journal”. Il utilise avec talent les nouvelles technologies photographiques de son temps : l’instantané au début du 20ème siècle, l’autochrome dans les années 1910 et le panoramique dans les années 20. Il est également peintre et en fera d’ailleurs son véritable métier à partir de 1922. Il ne diffuse ses images photographiques que dans les années 50 (à la galerie d’Orsay en 1955, précisément) et il n’est véritablement reconnu comme photographe qu’en 1963 avec la rétrospective du MOMA. Il lègue son travail à l’Etat en 1979.

Un commentaire sur cette image sur le blog de notre ami Suisse ici.







