Rencontres d’Arles – Musée Réattu

Le Musée Réattu, contrairement à l’an passé (billet ici), n’est pas vraiment associé aux Rencontres d’Arles mais le musée expose néanmoins des photographies, avec, comme l’an passé, le souci de les faire voisiner avec des oeuvres d’art.

Ainsi, on peut voir notamment Jebb, Jodice, Rubinstein, Maar, Boubat, Klein, Weston, Clergue ou Brassai, de beaux Rousse et quelques Plossu. En tout, 25 salles réunissent ainsi artistes et photographes.

La salle dite "des artistes" est un rappel discret de l’édition 2008 (par et pour Lacroix) avec pas mal de photo de Picasso et de d’autres artistes vus par Clergue, Avedon ou Adams avec, en prime, des robes de Lacroix.

L’exposition n’est pas transcendante faute de thème précis, de ligne directrice et il en résulte une aimable dispersion des oeuvres, peu commentées, mais se laisse toutefois voir agréablement.

Rencontres d’Arles – Le meilleur du Off – Supermarkt – Galerie 2600

Supermarkt – Galerie 2600 (place de la Roquette) est logée dans un ancien supermarché ce qui lui donne un aspect alternatif d’entrée de jeu. Par contre, difficile de savoir ce qu’est cette galerie, depuis quand elle existe, qui est responsable, tout ça. Sur le net on trouve juste un blog (ici) ce qui est un peu léger (ouvert en juin 2008, 1er post en juin 2009). Pour le côté éditorial, la galerie était associée à schadden.com (de Cologne – site ici) ce qui n’est pas mal du tout. je passe vite fait sur les livres (visitez Schadden), mon dos ne pouvant supporter trop de poids et puis les livres de photos c’est cher (à produire et ensuite à acheter même s’il y avait un remise exceptionnelle pour l’occasion).

Du côté des photos, c’est enthousiasme : il y avait Aymeric Fouquez que j’avais vu à Paris Photo l’an dernier (mais en petit format) et qui a été publié dans Photos Nouvelles (novembre-décembre 2007 n° 48. Il montrait un monument aux monuments aux morts dans le cadre de son travail patient sur ce thème, dans le Nord. Voilà un vrai travail profond et méticuleux comme on les aime. Les autres auteurs je ne connaissais pas.

Mirko Sander (pas de site web hélas) montrait une série de diasec de petit format de pêcheurs avec leur prise : plutôt sympa. Olivier Cablat s’est quant à lui concentré sur les entrées kitsch de boite de nuit (petits formats couleur): c’est sympa aussi et il a un faible pour les typologies comme en témoigne son site web (ici). Pierre Schwartz travaille dans la même veine des typologies avec série de petits formats noir et blancs de buts de football. Sympa également.

Je passe sur Bertrand Fleuret dont les sombres noir et blancs sont trop conceptuels pour moi pour finir par les portraits avec Anne-Claire Broc’h (série portraits d’été – les saisonniers). Elle succombe un peu à la vogue actuel de l’ultra-clair mais ses portraits restent expressifs. Arlésienne d’adoption et diplômée de l’ENSP, son site est pro et ici. Elle y dresse son autobiogaphie en images, une bonne idée, non ?

Et on finit avec Thomas Manneke qui nous fait aussi de beaux portraits, d’étudiant en arts notamment, une bonne idée pour un auteur de photographier de futurs auteurs.

FotoGrafia – Festival international de Rome – Palais des expositions (fin)

Nous terminons la visite du Palais des expositions de Rome investi partiellement par FotoGrafia, le festival de photo romain.

Après les 14 écrans de projection, une salle plus petite réunit 20 lightboxes: elles sont destinées à montrer le travail de Giorgio Barrera (son site ici). Le nom de sa série, attraverso la finestra, indique clairement son mode opératoire: être dehors et photographier une fenêtre derriere laquelle se passe quelque-chose, à Berlin, Oslo ou ailleurs. C’est plutot sympa a regarder, colore, original et il y a une bonne adequation entre l’idee de la fenetre et la lightbox.

La salle montrait aussi sur lcd le travail des "académies" sans commentaires ni rien (40 auteurs). Lamentable.

La visite se terminait avec espace "mutations II" que j’avais déjà vu, peu ou prou, au MUDAM à Luxembourg: il s’agit de vidéos, domaine auquel je suis imperméable.

En bref – Photomeetings édition 2009, annonce des dates et du programme

Je vous ai parlé l’an passé de Photomeetings, une exposition, des conférences et des workshops se déroulant au Luxembourg sur l’impulsion de Marita Ruiter (Galerie Clairefontaine).

Du coup, je ne redirai pas tout le bien que j’en pense, pas plus que les informations pratiques (voir ce billet) mais en revanche, sachez que les dates et le contenu ont été annoncés hier: ce sera du 9 au 12 septembre 2009.

Marla Rutherford (parmi d’autres – je l’ai retenue car j’avais bien aimé son travail montré à Arles en 2008 – billet ici) animera un atelier et Christian Caujolle fera une conférence (parmi d’autres, mais lui parlera en français) sur le thème retenu, Tabou.

Je vous invite à découvrir le programme et à faire un petit saut au Luxembourg.

FotoGrafia – Festival international de Rome – Palais des expositions (suite)

Nus restons au palais des expositions pour la suite de Fotografia, le festival de photo de Rome et nous atteignons là le cœur du dispositif à savoir 7 écrans se faisant face (donc 14 en tout) pour projeter une multitudes d’œuvres en provenance de très nombreux photographes.

Rome-2009---plan-général

La déception bien sûr c’est ce dispositif qui ne peut se substituer à un accrochage à moins de ré-écrire les images : on ne projette pas les mêmes photos sur un écran LCD tout petit, sur un magazine, sur un grand écran ou sur un tirage papier. Le rapport à l’image n’est pas le même et ici cela pose un problème puisque dans la plupart des cas (au moins pour les auteurs que je connais), il s’agit de projeter des images conçues pour être tirées et exposées.

Ceci dit, l’exposition permet au moins de mettre en lumières des auteurs et de donner à voir leurs travaux même si les conditions sont mauvaises, c’est toujours cela de pris.

Stratos Kalafatis (série journal) nous montre un peu de tout: une fleur, un enfant dans l’herbe, etc. Un beau gâchis que de présenter une série plutôt sensible sur un grand écran à 5 mètres de distance. Son site rend mieux justice à son travail ici et je vous invite à le parcourir.

Rafal Milach exploite mieux le média en intégrant des commentaires audio en off et des interviews filmées en support de sa série consacrée à la fermeture d’un cirque en Pologne (série disapearing circus) où il nous montre les artistes retraités posant dans leur ancien costume de scène, notamment. Cet auteur, je l’avais déjà cité dans le cadre d’une expo aux Transphotographiques de Lille (billet ici), juste cité car le collectif Sputnik montrait… trop de choses. C’est l’occasion de mentionner son site web (ici) qui ne montre pas la série présentée à Rome, entre joie des moments passés et tristesse de les voir finis.

Trois auteuses (je ne sais pas si ça se dit) avaient moins de chance et se partageaient un même écran et pourtant elles ont du talent celles-ci. Il s’agit de Thekla Ehling (série summer heart – son  site ici est en allemand), Sarah Wilmer (série untitled – son site ici) et Julia Fullerton-Batten (série in between et série schoolplay - son site ici) dont je suis un grand fan (mais dont je n’ai jamais parlé car j’étais fan avant d’avoir ouvert ce blog) et à qui je n’ai pas (encore) acheté d’œuvre (elle est représentée en partie par Les Filles du Calvaire à Paris et à Bruxelles).

Ces trois photographes montraient des travaux variés et réjouissants avec beaucoup de fraicheur et de vrais morceaux d’enfance dedans ce qui correspondait parfaitement au thème de l’exposition (la gioia, la joie en italien). Le mieux c’est encore de voir leur site respectif. Je livre juste une image de Julia extraite de sa série in between (non, ce n’est pas du Darzacq ;) Elle travaille le thème de l’adolescence depuis depuis des années et cela lui a valu un prix HSBC en 2007 pour teenage series. C’était aussi la première fois que je voyais la série schoolplay. Qu’on ne s’y trompe pas, c’est un peu plus profond que cela en a l’air, au-delà de la joliesse. Je vous laisse farfouiller sur les sites des filles et vous creuser les méninges.

Beso Uznadze (série parallel lives – site ici) et Alexandra Catiere (série faith, hope, love – site ici) se partagent aussi l’écran et, là-encore, il y a une certaine cohérence dans ce choix puisque l’un et l’autre viennent de l’ex-URSS (Beso est géorgien, Alexandra est russe et vit à New York) et tous deux montrent des portraits de tous âges et sexes mais Alexandra est plutôt tourné vers des pauvres, notamment en couple, tandis que Beso se concentre sur les femmes de sa région (Tbilissi).

Bernard Plossu (série before the age of reason) et Dona McAdams (sélection d’œuvres) font figure d’anciens (ils ont tous les deux la soixantaine à peu de choses près) et c’est peut-être pour cela que le curateur à choisi de les associer sur un même écran. Avec Plossu, nous avons droit à d’émouvants noir et blanc témoignage de l’enfance et avec McAdams ce sont plutôt des scènes de rues et rassemblement des années 70 que cette auteure photographie comme des performances, elle qui a consacré beaucoup de son temps à photographier la danse.

Je passe sur Juliana Besley, non que son travail soit sans intérêt, bien au contraire puisqu’elle n’a pas hésité à jouer le rôle d’entraîneuse pour arriver à réaliser une de ses séries, mais il se trouve simplement que j’ai déjà vu son travail (last stop et Rockaway Park) à Paris (billets ici et ).

Wei Leng Tay (série Familiar spaces - site ici) et Manuel Capurso (série cities: instants separated by intervalls – site ici) sont réunis pour des travaux en revanche assez éloignés. Le 1er nous gratifie de banales scènes à la maison, de détails des intérieurs tandis que le second nous montre des portraits d’indiens sur fonds sombre. Je n’ai pas été vraiment séduit.

Athina Chroni (série people et moving – site ici) montre à la fois des portraits avec un fond comme décomposé en trois couleurs (un peu comme pour des images en relief) et une série de portraits dont la seule le visage est "bougé".

Jorg Bruggeman (série same same but different) et Patrick Mourral (série l’archipeles) se partagent l’écran. Les hippies vivant en foret de Patrick ne m’ont guère convaincu alors que le reportage de Jorg est vraiment inspiré en montrant l’étrange coexistence de touristes le plus souvent ridicules voire grotesques aux côtés des populations locales; la critique est virulente. C’est une de ses photos qui faisait l’affiche du festival.

Kuba Dabrowski (série having a coke with you - son site ici) nous sert quant à elle de ces images intimistes et personnelles (des pieds, un chien, une brosse à dents,etc) qui tendent à m’agacer. De même, Gus Powell ne dépasse pas son nombril  (série the lonely ones - site ici) en alternant un paysage américain et une "pensée" personnelle autocentrée.

Alejandro Chaskielberg (série the hide tide – site ici) fait un usage abusif du tilt-shift (voir billet ici) dont l’effet me parait vraiment éculé, pour des scènes naturelles de bucherons dans le détroit de la rivière Parana.

Eva Sauer (série untitled - série ici) et Maria Dahlberg (série partenze e arrivi – site ici) ne m’ont guère plus convaincu, la première avec des bords de mer et l’autre avec des portraits et quelques paysages. Peut-être l’usure visuelle après avoir visionné tant de travaux.

Je termine avec une très (trop) longue série de Rinko Kawauchi (série cui cui). Cela se présente initialement comme une histoire, celle d’un vieux monsieur japonais et de son épouse hospitalisée puis l’ensemble part dans toutes les directions (mariage, cimetière, cuisine, etc) et j’avoue ne plus guère avoir suivi. Cette série avait été présentée, je viens de le découvrir, à la fondation Cartier en 2005.

FotoGrafia – Festival international de Rome – Palais des expositions

On a évoqué rapidement le Off de Fotografia, le festival de photo de Rome, qui ne brille pas spécialement, peut-être en raison d’un échantillon trop réduit mais qui demeure en moyenne comparable voire supérieur, toutes proportions gardées, au Off d’Arles car au moins aucun médiocre "parasite" n’est venu se greffer sur l’évènement, ce qui est salutaire.

La déception la plus grande vient de l’exposition présentée comme centrale, au palais des expositions. La partie gratuite étant peut-être la mieux présentée, avec un vrai accrochage et non une projection de diapos.

Celle-ci montrait notamment les travaux de  Geovanny Verdezoto (série roma occulta) de petits formats panoramiques pris a faible hauteur à  Rome ce qui est un angle de vue original et qui peuvent être vus sur son blog (ici). C’est assez séduisant. Dans un autre registre, Guy Tillim, qu’on ne présente plus (il a notamment été exposé à la fondation HCB au printemps dernier), exposait roma, citta di mezzo, de  grands formats couleur sous un ciel couvert d’hiver avec une alternance de scènes vides et peuplées, d’antique et de moderne mais toujours avec un cadre urbain contemporain. Là-encore, un regard original sur Rome qui a fait l’objet d’un livre d’ailleurs.  On quittait Rome pour le Caucase avec David Monteleone pour des photos encore saisissantes bien que plus convenues peut-être  (à force de voir le Caucase…) dans sa série from the body to the soul.a journey in caucasus.

La partie payante, en revanche, décroche le pompon.On abordera ici les deux premières salles.

Nan Goldin, décidément très en vogue (marraine des rencontres d’Arles, rappelons-le) montrait 244 photos en diapos avec essentiellement la musique de Bjork. Comment dire ? Il s’agit du plus pur style Goldin, à savoir des photos de quotidien en l’espèce du quotidien essentiellement sexuel de couples (hétéro et homo). Sensation désagréable d’être un voyeur et un effet de masse et de répétition un peu lassant. Un résultat beaucoup moins réussi que le montage visible à Arles, plus rythmé, plus varié, finalement plus riche en émotions.

Venait ensuite une autre salle plongée dans l’obscurité car l’expo se déroulait sur sept écrans LCD (assez petits). Si un écran LCD était adapté pour regarder des photos, cela se saurait et comme en plus il faut bien avouer que les productions étaient pour certains d’une très faible ampleur, la frustration était de mise.

Fernanda Veron montrait ainsi eo ero vivo, vivo alla luce del sole, des photos couleur comme vieillies avec beaucoup de ciels et des incendies aussi.  Son site web (ici) permet finalement de mieux rendre justice à son travail que l’expo. Filippo Romano exploite un filon graphique assez proche dans sa série waterfront avec des bords de mers et des plages présentant comme des défauts dans le tirage et des couleurs irréelles.

Jacopo Benassi a choisi lui la vidéo ce qui est plus indiqué sur un LCD mais il ruse en montrant son livre de photo, the ecology of image, où il tourne les pages une à une. C’est un peu glauque. Il s’agit surtout de portraits un peu bizarres mais aussi de pieds et de souliers. Chacun son truc. En tout cas, ça ne laisse pas indifférent. Son éditeur montre des extraits éclairants et livre quelques commentaires (en français) ici. Carlo Bevilacqua n’a pas retenu le film mais les diapos avec un montage son et sous-titres anglais pour son reportage sur un illuminé qui a pris le parti de vivre en solitaire sur une ile, privé de tout (Gusbert Lippelt:low cost life).

Je passe sur Ingar Kraus qui présentait Davao, une série déjà vue (en partie) chez Camera Obscura à Paris (billet ici).

Javier Marquerie Thomas (série summertime) montre des polaroids soit cote à cote soit sur un seul côté de l’écran et on voit bien le problème de montrer son travail sur un écran. En plus, c’est très court. Par contre, son blog montre son travail de manière extensive et j’aime bien ses portraits, notamment sa série Flight of Fancy. Son site en espagnol est en partie traduit en anglais et figure ici.

Wanda Perrone Capano (série flatmates) montre côte à côte un portrait et un objet. Sur le coup je n’avais pas été convaincu mais curieusement cela ressemble à la série ci-dessus qui me plait tant. Je n’ai pas trouvé son site mais sa page (ici) sur le site de l’Istituto Italiano di fotographia qui ne montre pas hélas cette série.

On conclut cette première partie avec Andrea Botto (série horizons) qui nous montre des horizons presque en  monochrome bleu et aussi du noir avec juste quelques lumières. Encore un exemple d’un travail qui gagnerait à être tiré sur papier: au départ j’ai cru que le LCD était éteint et plusieurs personnes ont pensé comme moi… Son site (ici) est pas mal mais hélas la série horizon n’est pas visible (le lien est mort).

FotoGrafia – Festival international de Rome – Le off

Fotographia, je l’ai déjà dit, c’est décevant et le faible échantillon d’expositions du Off encore ouvertes n’est peut-être pas représentatif mais amène à la prudence pour l’édition 2010. Quoi qu’il en soit, tout n’est pas à jeter tout de même, loin s’en faut.

Au Touring club (c’est la librairie de l’association du même nom), c’est la série Indian stills de Carlo Bevilacqua (son site ici). C’est de la bonne photo classique noir et blanc de voyage, surtout des portraits. Elle sont vendues de 350 à 900 euros encadrées. Un cartel explique le cadre de son travail et on apprend ainsi qu’il a été vu aux Boutographies (à Montpellier) et à Brescia.

A la Casa della memoria e della storia, Liana Miuccio qui enseigne la photographie et dont le parcours universitaire est sans tâche (Mc Gill à Montréal, ICP à New York et nombreuses bourses) montre deux séries.  Une suite de petits formats noir et blanc portant sur son grand-père et son oncle et de plus grand formats en diptyques couleur pour un rapprochement d’images entre États-Unis et Italie (illustration ci-dessous). Un ensemble plutôt réussi.

rome-2009

Chez Icipici, on ne trouvait que 5 ou 6 photos d’une jetée sur une plage, presque le même plan, sans aucun commentaire ni cartel, dommage pour la photographe exposé, Jochem Schoneveld (pas de site web).

FotoGrafia – Festival international de Rome – Et au-delà, quelques impressions

Avant de passer en revue FotoGrafia au-delà de la synthèse express déjà réalisée, il faut bien dire deux mots de Rome et des romains au-delà des aspects pratiques déjà évoqués.

Tout d’abord, Rome est une ville bruyante: j’ai déjà évoqué le métro mais comme le réseau est indigent (on comprend pourquoi: creuser à Rome c’est buter sur un vestige) il faut bien palier le problème: les bus sont très nombreux, les scooters sont aussi très présents et plusieurs voies rapides ont été tracées, pénibles à traverser à pied et très bruyantes. La ville est ainsi déséquilibrée entre des vestiges et des quartiers clames desservies par rien (comme le Trastevere) et de l’autre des voies rapides utilitaires qui défigurent la ville et apportent bruit et pollution.

Ensuite, si les romains sont bien loin de l’image à deux balles que beaucoup de français colportent (celle du frimeur en lunettes noires, quincaillerie dorée au poignet et téléphone mobile vissée à l’oreille), il y a une chose qui m’a frappée c’est la présence voyante et bruyante des forces de police (en audi et bmw banalisée parfois, avec girophare !), absolument partout, et la multitude de forces de maintien de l’ordre que l’on peut dénombrer. Rien qu’à l’aéroport, étaient présents: l’armée, les carabiniers et la police nationale.  Mais il faut compter aussi avec la police locale, les douanes et la guardia di finanzia, entre autres. Il y a aussi de petits kioques climatisés en grand nombre dans les rues pour que les policiers y demeurent. Les services d’urgence, aussi multiples, roulent également à grande vitesse toutes sirènes hurlantes. Avec la chaleur, c’est très pénible.

Enfin, Rome est une ville chaude l’été et assez peu verdoyante. A part les jardins Borghese, qui valent le déplacement et dont l’accès est gratuit (enfin quelque chose de gratuit :), l’ombre manque et les occasions de se rafraichir sont rares (en plein été, les 35° à l’ombre, sans être la règle, sont possibles). C’est sans doute pour cela que les gelateria (magasins de glace) et les petits camions, couleur crème, de glaciers sont présents partout.

Tout cela pour dire que la ville n’est pas très agréable à vivre l’été.

On peut ajouter aussi que si la ville n’est pas désertée par les romains, elle est envahie de touristes et les files d’attente dans les musées sont décourageantes. Pour ma part, je me suis contenté surtout de flâner et il y a déjà beaucoup à voire entre la Place Saint Pierre, la Piazza del Popolo, le Castel Sant’Angelo, la Piazza Navona, le Quirinale, le Colisée, la Fontaine de Trévie et les forums.

J’ai visité deux musées, pas des plus fameux de Rome mais moins bondés. La Galleria Nazionale d’Arte Moderna dont la visite à 10 euros ne s’impose pas vraiment faute de pièces majeures (de mon point de vue) bien que l’on puisse y admirer (au compte-gouttes), Degas, Monet, Van Gogh, Cézanne, Duchamp, Klimt, De Chirico, Modigliani et Mondrian. C’est peut-être les trois âges de la femme de Klimt qui est le plus frappant.

L’autre musée que j’ai visité est gratuit (eh oui), il s’agit du MACRo, dédié à l’art contemporain et sur lequel je vais revenir.

FotoGrafia – Festival international de Rome – En pratique

Le Festival FotoGraphia se déroule à Rome, au printemps mais, cette année il a été décalé pour des raisons d’organisation (tant pis pour ceux qui avaient réservé leurs vols…) du 29 mai au 2 août 2009.

Pour se rendre à Rome, le seul moyen c’est l’avion (environ 2h de vol). EasyJet désert Rome via l’aéroport de Ciampino qui est un aéroport secondaire (destiné aux charters) mais pas plus loin de Rome que celui de Fiumicino (l’aéroport principal). Il existe des navettes par autocar climatisé entre Ciampino et la gare de Termini (point névralgique au centre de Rome où convergent tous les moyens de transport en commun) et il faut compter de 30 minutes à une heure selon le trafic. Il est possible de réserver l’autocar avec le billet d’avion (8 euros aller-retour, ce n’est pas cher mais c’était une promo a priori et c’est le meilleur compromis) ou sur place (il y a plusieurs compagnies concurrentes).

J’ai choisi Easyjet car c’est le moins cher (et de très loin) et que pour un vol aussi court je me moque éperdument du décorum. Seul hic, à l’aller, 5 heures de retard et un refus de remboursement malgré les conditions du contrat (peu claires il est vrai tant la traduction depuis l’anglais est approximatives): nous avons juste eu droit à un paquet de chips, un casse-croute et une bouteille d’eau ce qui est fort peu pour une demi-journée de séjour de perdue. Bravo donc à Easyjet qui vient de m’envoyer un sondage qualité (!) et n’a pas répondu à mon mail de protestation au bout d’une semaine.

J’ai retenu, également par EasyJet, un hôtel de type quatre étoiles à Rome. J’ai fait une erreur grossière en retenant cet hôtel, le Milton Roma (155 VIA EMANUELE FILIBERTO) que je déconseille formellement. Situé à l’intersection de deux voies rapides (bien qu’au centre de Rome), l’hôtel n’est nullement insonorisé et le tramway fait vibrer les murs (je voyais l’eau dans ma bouteille onduler à chaque passage, c’est dire). Il peut s’agir de la faute à pas de chance mais vérification faite sur le plan de l’hôtel, 50% des chambres sont côté rue. L’hôtel n’est pas pourvu de restaurant ou de bar ce qui est pénible si on veut dîner rapidement le soir (mais là, c’est ma faute, j’ai mal choisi). La chambre était minuscule et l’unique lit (une place) très étroit. Le ménage n’a pas été fait tous les jours: en cinq jours, l’aspirateur n’a pas été passé une seule fois. Lamentable pour un quatre étoiles qui n’en vaudrait pas plus que deux en France.

Le coût total est de 535 euros pour 5 nuits (petit déj inclus) vol inclus (14 juillet 11:40 – 19 juillet 19:05) sans aucun des nombreux suppléments proposé par easyJet. Il est à noter que le cout du vol est faible au regard de l’hôtel: je ne l’ai plus en tête (et il n’est pas resté affiché sur la facture, dommage) mais c’est de l’ordre de moins de 100 euros aller-retour.

Il va de soi que si je reviens à Rome ce sera peut-être par Easyjet mais je chercherai avec plus d’attention un hôtel valable ou un autre moyen d’hébergement moins couteux au regard des prestations (soit chez le particulier soit en institution religieuse, ne riez pas, cela se fait souvent et c’est tout indiqué à Rome :)

Du coût j’ai économisé sur la nourriture, sautant le repas du soir (réduit à une banane) et me contentant d’un panini le midi (4 euros). Finalement, on vit très bien ainsi (au moins 4 jour). Pour faire les courses, la gare de Termini comprend tout un tas de commerces: on peut y achetez un plan, des bouteilles d’eau, des bananes, des panini, etc. Comme j’en avais tout de même un peu assez des casse-croûtes (et que tout de même je ne suis pas non plus dans la misère), je me suis fié au Petit Fûté mais je me suis cassé le nez deux fois (Birreria Peroni et Da Valentino-Peroni) et finalement seule une adresse était ouverte, où on parle français en prime, La Proposta (Via Terni, 13). Comptez 20-25 euros. A proximité des jardins Borghese, je conseille une spaghetteria, A Casa Di Alice (Via Bergamo, 34) dont la cuisine familiale, simple et bonne, est assurée par la propriétaire. Ils ne font que des spaghetti, c’est excellent et le service est gentil et rapide; il faut compter 8 euros les pâtes avec l’eau gazeuse bien sûr.

Le seul truc pas cher à Rome d’ailleurs c’est l’eau (gazeuse) à deux euros la bouteille d’un litre au restaurant (et éventuellement l’eau des nombreuses fontaines, gratuite, mais je ne m’y suis pas hasardé).

Les transports en commun à Rome sont à peu près incompréhensibles pour le touriste, à part le métro qui avec deux lignes seulement n’aide pas beaucoup. Le métro est rapide et climatisé mais la ligne B n’est pas très moderne. Les stations de métro ne sont pas climatisées et il y fait une chaleur à crever sans compter qu’elles sont sonorisées par des annonces de service et de la publicité sur des télévisions: c’est assez insupportable. Il faut donc marcher et la ville est plus étendue qu’elle n’en a l’air donc méfiance. On peut acheter des tickets de métros dans des distributeurs qui font même la monnaie sur des billets (mais ça ne marche pas toujours) et utiliser un abonnement moins cher si on se promène pas mal.

PHotoEspana – Festival international de photo à Madrid – Un bref retour

Je rentre de Madrid à l’instant et j’ai encore une oreille bouchée :(  Et pourquoi Madrid ? Parce que s’y déroule jusqu’à la fin du mois (un peu plus tard pour certaines expos), PHE, c’est à dire PHotoEspana (leur site ici).

Autant le dire tout de suite, le festival de Rome qui présente un intérêt pour le moins limité est battu à plate couture et Arles n’a qu’à bien se tenir. Par de nombreux aspects en effet, ce festival, qui se tient à Madrid, est bien supérieur à Arles, pourtant une référence (enfin il parait, j’ignore ce qu’il en est vu d’une capitale européenne, américaine ou asiatique).

Pourquoi ?

Tout d’abord,  ce Festival se déroule dans le centre-ville d’une capitale européenne parfaitement desservie par un métro ultramoderne (climatisé comme à Rome mais reliant directement l’aéroport au centre ville en 30 minutes – celui de Paris à côté, c’est le Tiers-Monde) ce qui aplati Arles (en gros, un village) et Rome (il faut marcher beaucoup, les transports en commun sont un casse-tête).

De plus, le tissu artistique est dense à Madrid et en conséquence, le Off, ce n’est pas la cours des miracles, c’est la cours des grands: rien ni personne ne vient "parasiter" le Festival pour tirer profit de l’événement, le Off est solide et articulé souvent autour de galeries permanentes de niveau relevé. Autre point fort, les entrées sont toutes gratuites et, mieux encore, passer 5 jours à Madrid, hébergement et vol compris coûte moins cher qu’à Arles ou à Rome sans parler du coût de la vie, bon marché (petit-déjeuner à 2 euros, repas du midi à 9 ou 12 euros sur directive de la ville de Madrid, ticket de métro aéroport centre-ville à 2 euros, etc).

Enfin, les expositions principales sont sérieuses avec des commentaires abondants en espagnol et en anglais, des cartels irréprochables et une densité de photographies à couper le souffle, j’y reviendrais mais quand je vois ce que la MEP ou le Jeu de Paume donnent à voir et pour le prix qu’ils le donnent à voir, il y a de quoi rougir (de rage pour les visiteurs et de honte pour les organisateurs français).

La logistique est également soignée (passage des sacs  au scanner, gardes et vidéo-surveillance  bien visibles, toilettes impeccables gratuites, consignes) de même que la simplicité biblique des horaires (sur ce dernier aspect, Arles est toutefois en net progrès).

Et pour finir, ici, peu de diaporamas à l’italienne mais des vrais tirages. Pas de stars aux commandes comme à Arles. Pas non plus de frimeurs à deux balles et autres trouducs qui croient décrocher la lune, que ce soit parmi les visiteurs ou de l’autre côté du comptoir. Pas non plus de cette faune de dignitaires de la photographie à parader. A Madrid, même dans les galeries prestigieuses, on vous accueille avec le sourire (et même on vous ouvre tout spécialement les portes) et on vous donne parfois gentiment un papier d’explications, même si vous êtes en bermuda.

Bravo et merci à PHE, à Madrid et à ses galéristes, pour le sérieux de ce festival doublé d’un esprit d’ouverture et de tolérance que je n’imaginais pas ! La gentillesse ça parait niais à Paris (et sans doute ailleurs) mais pour moi c’est toujours bienvenu :)

En bref, PHE c’était l’évènement photo à ne rater sous aucun prétexte et là, c’est sûr, si je peux, j’y retourne en 2010 tout comme au Septembre de la photo de Lyon (c’est tous les deux ans) qui est dans le même esprit (un peu moins institutionnel cependant).