Le blog d'un Photoculteur

Culturez vous en regardant des photos !

Rencontres d’Arles – En marge du Off – Les galeries “pros” moyennes

Le Off c’est la partie non officielle des Rencontres d’Arles et on y trouve un peu de tout (auteurs, collectifs, galeries)  en “plus ou moins” Off (selon que le programme officiel ou le site web en parle ou pas) et plus ou moins “amateurs” (sans que le terme soit péjoratif) ou “pros”.

Plus spécifiquement, concernant les galeries “pros”, je distingue encore les “moyennes” de celles qui ont vraiment “quelque chose en plus”. Bien sûr, c’est une opinion largement subjective.

La Galerie 8 (8 rue de la calade) pourrait peut-être déjà être placée, dans cet entre-deux: il s’agit d’une galerie locale, “plus qu’amateur” me semble-t-il mais n’ayant peut-être pas encore la même surface que ces consœurs “officielles”. Quoi qu’il en soit, cette galerie (site ici) dont la responsable, Julia de Bierre, est aussi décoratrice et antiquaire (et offre accessoirement des chambres d’hôtes dans cet hôtel particulier), a transformé son espace en coulisses de théâtre avec un décor remarquable pour promouvoir Simon Annand (livre et photographies) dont la série The Half – Côté Coulisses montre justement l’entre deux qui précède la montée en scène. Je ne suis pas fan des photos d’artistes mais force est de constater que l’ambiance et la qualité des photos sont parfaites.

PrimoPiano (rue de la liberté) ne figure nulle part dans le Off et est  bel et bien une vraie galerie italienne, napolitaine pour être plus précis (site ici qui ne marche pas très bien) dont le style, très contemporain, détonne avec ce qui précède. C’est ouvert jusqu’au 19 juillet 2009.

Ces galéristes doivent en être à 5 ou 6 commentaires sur ce billet sans compter les mails, y compris celui de demande la suppression du lien vers l’image d’illustration du travail de Massimo Pastore, ce qu’aucun artiste et aucune galerie ne m’a jamais demandé. Il est assez malheureux de devoir passer plus de temps à épiloguer à propos de travaux moyens qu’à mettre en avant des travaux de qualité mais c’est la vie.  Je n’ai pas été vraiment séduit, en ce qui me concerne, d’ailleurs, par ce travail tout en blanc (serie Bianco – Cold Landscapes ).

Pas plus séduit  par le travail de Franck Boucher qui mélange joyeusement couleurs vives et photos dans un style naïf pour traiter d’un sujet plus grave, celui des SDF (son site ici explique également sa démarche et son engagement).

 

Lorenzo Pari et Maria Eugenia d’Andrea montrent de jolies filles jetées dans une décharge (diasec à 650 euros) mais rien sur le site de la galerie et aucun site personnel.

Quant aux trois autres, entre mosaïque de 36 photos passées, comme vieillies (Marco Natale), et l’ensemble décousu de Mary g. et les photos de façade de Luigi Grassi, on n’atteint pas les sommets.

La Galerie Camayeux de Marseille (à l’Hôtel particulier de Chartrouse construit en 1820, au 31 rue de Chartrouse) montrait des travaux forts divers. Mylène Zizzo montrait un reportage sur les malades Mali, un diaporama sur les ravages de l’amiante et un reportage sur la mainmise de la mafia sur le traitement des ordures en Italie. Bienvenu dans un mode meilleur. Simone Simon exposait quelques portraits de familles (série les portes du saint-pierre)habitant un HLM appelé à disparaître. Dans une veine moins sociale, plus plasticienne, on voyait une sympathique série sur les ados dans un style cinématographique due à Estelle Zolotoff. Et à mi-chemin, on trouve Isabelle blanc qui montre des vues nocturnes en couleur de Paris, un portfolio sur les hommes masqués suisse (tschaggatta) et puis aussi des vues de la campagne de nuit éclairée par des phares (il me semble avoir déjà vu cela quelque part). Cette galerie dispose d’un site web impressionnant avec un grand nombre d’auteurs (63, je n’avais jamais vu ça): c’est par .

Avec les deux autres galeries, on retrouve des noms connus.

A l’Hôtel du musée, la Galerie vrais rêves expose. On l’avait vue lors du Septembre de la photo à Lyon en 2008 (billet ici) et l’invité d’honneur était Iosif Kiraly que l’on retrouve à Arles. La galerie montre aussi Pascal Mirande (sa série Gulliver dont le nom illustre bien ce qu’on y voit), Annie Bottero (des personnages repeints sur photos à 450 euros), Jean-Baptiste Carhaix et Bernard Lanteri (série satas qui montre euh, des taches de couleur ?).

La Galerie Charlet (rue de la liberté) est présente sur le web et seulement sur le web (ici) et c’est pour moi un sujet d’inquiétude (et de non achat) mais cette fois elle était joliment incarnée (la galerie existe donc pour de vrai). A part cela, pas de surprise, on retrouve les artistes du site, par contre je ne souvenais pas que Estelle Lagarde (billet ici) était chez eux. On peut citer parmi les nombreux présents dans un site minuscule, Nathalie Wernimont, Youval Micenmacher, Emily Schiffer et Liliroze et le plus simple c’est encore de visiter le site web.

12 juillet 2009 Publié par | arles | , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Commentaires Fermés

Rencontres d’Arles – En marge du Off – Les galeries “amateurs”

En marge du Off, c’est à dire ne figurant même pas dans le “Off” décrit dans le dépliant officiel, on trouve quelques galeries qui se font connaître par un affichage plus ou moins sauvage et plus ou moins visible dans la ville, mais c’est le jeu. Je ne découvre d’ailleurs que de retour à Paris, que le site web du Off présente une liste plus complète des participants (ici) que la version imprimée (il faut dire que la liste des participants ne se nomme pas ainsi mais “Autour du festival”: pourquoi faire simple ?).

Les galeries sont heureusement peu nombreuses, heureusement car ce n’est pas vraiment le lieu, Arles n’est pas une ArtFair et Paris Photo (par exemple) est plus indiqué pour ce genre de démarche commerciale. Néanmoins, il ne faut pas être borné et certaines galeries montrent des travaux intéressants, plutôt orientés vers les jeunes et les auteurs émergents ce qui est “dans l’esprit” du lieu.

Seule une galerie “amateur” me semble montrer des travaux dignes d’intérêt, pour le reste, dans le meilleur des cas il faudrait un aperçu plus large des images pour se faire une meilleure idée et, dans le pire des cas, il vaut mieux oublier.

Des galeries, j’en ai évoqué quelques une déjà à travers les lieux exposant de la digigraphie: il s’agit de lieux a priori éphémères et je ne suis pas sûr qu’il s’agisse réellement de galeries (parfois, elle semblent se confondre avec l’auteur présent ou être la vitrine d’une association). Elles sont également régionales voire locales. Ainsi, j’ai cité Arts galerie 13 (49 rue voltaire) qui montre Laura Jonneskindt mais aussi Mickael Upstone (un travail fumeux entre vues du Maroc et abstraction qui relève à mon sens de la pratique amateur – comptez 250 euros par tirage).

On peut mentionner aussi l’association Thalassinos (3 rue du grand clar) qui montre cinq photographes de la banlieue d’Athènes, plus précisément du centre culturel d’arts plastiques de Chalkida (!),  le professeur et quatre étudiants. C’est juste à coté du Capitole (celui d’Arles) mais ce n’est pas très visible et l’association essaie aussi de vendre des produits locaux. Georges Zafeiriou (le prof) évoque le souvenir d’une amie dans une maison qui va disparaitre, Helene Dinaki présente trois photos de corps dans des tons jaunes, Catherine Liatzoura montre une danseuse (?) et un masque; il y a  aussi Marie Xanthou et Despina Pilati. L’espace offert à chacun est limité et on ne voit pas bien au final pourquoi, parmi la production grecque, ces cinq auteurs sont mis en avant.

Toujours dans la veine associative, Afrique en vie (au 30  rue de Chartrouse) montrait des photos d’Afrique en noir et blanc de Quentin Top (80 euros le tirage).

“America – america”, série montrée par la galerie “Le corazon” (1 bis rue Reattu) qui fait aussi restaurant, est l’occasion de découvrir un membre du Collectif zabriskiepoint (leur site est en construction ici), Arnaud Berlendis. Il nous montre de petites photos de New York (150 euros), un moyen de se rembourser du voyage peut-être ? Ce ne sont pas de mauvaises photos en soi mais Flickr est peut-être un meilleur endroit pour les montrer, il y a de très bonnes photos sur Flickr.

Je ne sais pas trop si La boucherie est une association, une galerie ou juste un lieu. Quoi qu’il en soit, c’est au 22 rue des porcelets et le lieu était effectivement une véritable boucherie il y a peu. Il y avait deux photographes, l’un travaille sur le thème de la “distance” (dit-il) en jouant sur la mise au point et l’autre montre des nus féminins presque noirs avec des textes. Je crois que l’exposition s’appelle Stein et co (?). C’est vraiment très Off: cette expo ne figure nulle part.

Je termine avec l‘Atelier Archipel (8 rue des douaniers) qui n’ouvrait qu’après 17 heures et montre de la photo et bien d’autres choses. C’est peut-être parmi les galeries “amateurs” celle qui présente le travail de photographie le plus abouti, celui de Philippe Lesage dont un homonyme fait de la photo de nu féminin. Ce Philippe Lesage montre plusieurs séries en noir et blanc d’une grande maturité, dans de petits formats très nets: chantier naval et port de calais font partie de ses travaux, un témoignage honnête d’une grande finesse qui ne manque pas de qualité plastique. Dommage qu’une galerie (parisienne) ne s’intéresse pas encore à son travail. Il ne dispose pas a priori de site web.

12 juillet 2009 Publié par | arles | , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Commentaires Fermés

Rencontres d’Arles – En marge du Off – Digigraphie

Les Rencontres d’Arles c’est un programme officiel réparti sur deux sites (le centre-ville et le parc des ateliers) mais aussi un Off (toutefois décrit dans le dépliant édité par les Rencontres) mais c’est aussi ne multitude d’initiatives en marge du Off qui va de la présence de photographes à titre individuel ou collectif, de galeries ou d’associations les plus diverses.

Mais, en marge du Off, on trouve aussi Epson (le fabricant de matériel d’impression) qui promeut sa digigraphie, une technique d’impression qui lui est propre. A ce titre, on trouve 8 expositions dont 6 se terminent le 12 juillet à l’issue de la semaine d’ouverture (les deux autres ferment fin août).

Ce qui est montré s’apparente davantage à une pratique, au mieux semi-professionnelle, au pire d’un amateurisme peu éclairé. Seuls deux auteurs se démarquent favorablement. La pratique amateur (de la photographie en l’espèce) n’est en rien critiquable, et encore moins méprisable, mais on peut s’interroger sur la légitimité de sa présence à Arles. Pour ma part, il me semble que ces pratiques sont parfaitement à leur place dans une action sociale ou éducative (spécialement à destination d’un jeune public) ou encore dans le but de progresser (c’est le principe même des workshops et de lectures de portfolio) mais de là à s’afficher il y a un pas.

Le collectif Reg-Art (55 rue du 4 septembre) compte Pierrette Roc, Michel Plante, Karen Van Gerven et Marie F. Lidell: seule cette dernière (qui n’a pas de site web) parvient à s’échapper de la fascination des jolies couleurs pour produire des images relativement inspirées dans un noir et blanc charbonneux qui n’est pas dénué de charme. Bien que recourant au tirage traditionnel, on trouve aussi Frédéric Karikese dont les travaux ne sont pas inintéressants (son site, hélas hideux est ici).

Fred Erall montre du nu masculin sans grande originalité à l’Hôtel le belvédère. Bob Giorgi (10 place Louis Blanc, un lieu introuvable sans GoogleMaps et GPS, j’exagère à peine) montre sa série “des corps naturels” (ah ah, elle est très bonne) très inégale (il s’agit de nus féminins): on y trouve quelques nus inspirés mais aussi des nus plutôt expirés et surtout des nus repoussants:  de grands formats “en pied” tirés grandeur nature avec des jeunes femmes “dans le style porno”.

Arlatino (8 rue de la liberté)s’est incrusté dans le programme d’Epson via Bertrand Fèvre qui montre des images d’Afrique, d’enfants à Cuba, le tout dans un classicisme de bon aloi qui évoque la gaîté et la joie de vivre, ce qui fait plaisir dans des Rencontres plutôt déprimantes. Pour le reste, Arlatino montre des tirages de grands auteurs via Agence Argentic et c’est un peu le name dropping (Ronis, Riboud, Jonvelle, etc) tous les 10 centimètres de mur:  le seul hic, mais il est de taille, c’est qu’on mélange un peu tout sur les murs, entre vintage et moderne, tirage signé ou timbre  à sec, édition ouverte ou limitée voire même simple sérigraphie et tirage argentique. Tout est réuni pour induire en erreur l’acheteur, les étiquettes décrivant bien la nature du produit mais se gardant bien d’attirer l’attention sur ces points déterminants. Méfiance donc, posez les bonnes questions et si vous n’y connaissez rien, restez à l’écart.

Je termine ce triste paysage avec deux auteurs dont le travail ne sauve pas l’initiative d’Epson mais qui à mon sens produisent des images relativement intéressantes. Il y a d’abord Laura Jonneskindt et ensuite Jordi Jorda.

Laura Jonneskindt (au 49 rue Voltaire chez Arts galerie 13) livre sa vision personnelle de Fos (vous savez, les raffinerie) dans sa série états des lieux avec des diptyques et triptyques (1 000 environ environ les grands formats), là-aussi inégaux mais certains sont plutôt bien vus, je pense à un associant des bidons et un plan large de nombreux cargos en pleine mer. C’est plutôt sensible, bien composé et sans chichi inutile. Son site web est d’un grand professionnalisme (ici) mais ne montre pas cette série.

Dans un autre genre, Jordi Jorda montre, au 20 rue Porte de Laure, des compositions abstraites et géométriques, presque “à la Vasarelly” à partir de façades de lieu, sur de grands fonds unis (1 000 euros pour une édition de 15); il présente aussi des compositions à partir de grues de chantiers aux côté de Bob Giorgi. Ce travail très cohérent sur le domaine de l’architecture est séduisant pour l’œil et plutôt intriguant. Il n’a pas hélas de site web personnel ce qui est très frustrant et son espace sur le site web d’Espon (ici) montre des travaux en noir et blanc.

12 juillet 2009 Publié par | arles | , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Commentaires Fermés