Le blog d'un Photoculteur

Culturez vous en regardant des photos !

Rencontres d’Arles – En marge du Off – Digigraphie

Les Rencontres d’Arles c’est un programme officiel réparti sur deux sites (le centre-ville et le parc des ateliers) mais aussi un Off (toutefois décrit dans le dépliant édité par les Rencontres) mais c’est aussi ne multitude d’initiatives en marge du Off qui va de la présence de photographes à titre individuel ou collectif, de galeries ou d’associations les plus diverses.

Mais, en marge du Off, on trouve aussi Epson (le fabricant de matériel d’impression) qui promeut sa digigraphie, une technique d’impression qui lui est propre. A ce titre, on trouve 8 expositions dont 6 se terminent le 12 juillet à l’issue de la semaine d’ouverture (les deux autres ferment fin août).

Ce qui est montré s’apparente davantage à une pratique, au mieux semi-professionnelle, au pire d’un amateurisme peu éclairé. Seuls deux auteurs se démarquent favorablement. La pratique amateur (de la photographie en l’espèce) n’est en rien critiquable, et encore moins méprisable, mais on peut s’interroger sur la légitimité de sa présence à Arles. Pour ma part, il me semble que ces pratiques sont parfaitement à leur place dans une action sociale ou éducative (spécialement à destination d’un jeune public) ou encore dans le but de progresser (c’est le principe même des workshops et de lectures de portfolio) mais de là à s’afficher il y a un pas.

Le collectif Reg-Art (55 rue du 4 septembre) compte Pierrette Roc, Michel Plante, Karen Van Gerven et Marie F. Lidell: seule cette dernière (qui n’a pas de site web) parvient à s’échapper de la fascination des jolies couleurs pour produire des images relativement inspirées dans un noir et blanc charbonneux qui n’est pas dénué de charme. Bien que recourant au tirage traditionnel, on trouve aussi Frédéric Karikese dont les travaux ne sont pas inintéressants (son site, hélas hideux est ici).

Fred Erall montre du nu masculin sans grande originalité à l’Hôtel le belvédère. Bob Giorgi (10 place Louis Blanc, un lieu introuvable sans GoogleMaps et GPS, j’exagère à peine) montre sa série “des corps naturels” (ah ah, elle est très bonne) très inégale (il s’agit de nus féminins): on y trouve quelques nus inspirés mais aussi des nus plutôt expirés et surtout des nus repoussants:  de grands formats “en pied” tirés grandeur nature avec des jeunes femmes “dans le style porno”.

Arlatino (8 rue de la liberté)s’est incrusté dans le programme d’Epson via Bertrand Fèvre qui montre des images d’Afrique, d’enfants à Cuba, le tout dans un classicisme de bon aloi qui évoque la gaîté et la joie de vivre, ce qui fait plaisir dans des Rencontres plutôt déprimantes. Pour le reste, Arlatino montre des tirages de grands auteurs via Agence Argentic et c’est un peu le name dropping (Ronis, Riboud, Jonvelle, etc) tous les 10 centimètres de mur:  le seul hic, mais il est de taille, c’est qu’on mélange un peu tout sur les murs, entre vintage et moderne, tirage signé ou timbre  à sec, édition ouverte ou limitée voire même simple sérigraphie et tirage argentique. Tout est réuni pour induire en erreur l’acheteur, les étiquettes décrivant bien la nature du produit mais se gardant bien d’attirer l’attention sur ces points déterminants. Méfiance donc, posez les bonnes questions et si vous n’y connaissez rien, restez à l’écart.

Je termine ce triste paysage avec deux auteurs dont le travail ne sauve pas l’initiative d’Epson mais qui à mon sens produisent des images relativement intéressantes. Il y a d’abord Laura Jonneskindt et ensuite Jordi Jorda.

Laura Jonneskindt (au 49 rue Voltaire chez Arts galerie 13) livre sa vision personnelle de Fos (vous savez, les raffinerie) dans sa série états des lieux avec des diptyques et triptyques (1 000 environ environ les grands formats), là-aussi inégaux mais certains sont plutôt bien vus, je pense à un associant des bidons et un plan large de nombreux cargos en pleine mer. C’est plutôt sensible, bien composé et sans chichi inutile. Son site web est d’un grand professionnalisme (ici) mais ne montre pas cette série.

Dans un autre genre, Jordi Jorda montre, au 20 rue Porte de Laure, des compositions abstraites et géométriques, presque “à la Vasarelly” à partir de façades de lieu, sur de grands fonds unis (1 000 euros pour une édition de 15); il présente aussi des compositions à partir de grues de chantiers aux côté de Bob Giorgi. Ce travail très cohérent sur le domaine de l’architecture est séduisant pour l’œil et plutôt intriguant. Il n’a pas hélas de site web personnel ce qui est très frustrant et son espace sur le site web d’Espon (ici) montre des travaux en noir et blanc.

12 juillet 2009 - Posté par photoculteur | arles | , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Pas encore de commentaires