Galerie Sémiose – Les belles images de Taroop et Glabel

Je me suis rendu pour la première fois à la Galerie Sémiose (3  rue des Montibœufs et ici). C’est perdu au fin fond d’une cour près de la porte de Bagnolet.

Je ne sais pas du tout pourquoi j’y suis allé car il ne s’agit pas de photo (j’étais mal renseigné) mais de remploi, par le collectif Taroop et Glabel, de photographies parues dans la presse locale affublée d’un titre (involontairement ?) amusant.  C’est un peu potache comme démarche et en parcourant l’exposition, ça m’a rappelé ce que je ressentais quand j’étais moi-même lecteur de cette presse locale des chiens écrasés, galette de vieux, pot de départ du croque-mort, inauguration de sanisette, etc.

C’est bien gentil mais bon, on ne va pas y passer la nuit non plus: abonnez-vous donc à la presse locale et vous en verrez autant sinon plus, et comme elle est en déclin vous ferez une bonne action.

Galerie Dix9 – Yuan Yanwu

La galerie Dix9 que je visitais pour la première fois (la porte étant ouverte, contrairement à l’habitude) se trouve au 19 rue des Filles-du-calvaire (et ici aussi). L’exposition en cours montre le travail de Yuan Yanwu.

Je suis toujours assez peu réceptif aux artistes chinois qui ont fait (font encore ?) l’objet de surenchères: une présence exagérée en galerie au regard de la qualité des oeuvres  en raison d’un certain opportunisme (tout le blabla économico-sociologique autour de la Chine, sans parler des JO, qui font les gros titres de la presse, ça créé un buzz comme dit l’autre) et des prix délirants (liés à l’enrichissement de certaines élites, comme en Russie).

Ceci étant posé, et au vu du papier captivant de Michel Poivert (ici et d’où provient l’illustration ci-dessous) où tout est dit sur le travail exposé (difficile de passer derrière), je ne peux que vous encourager, par exception serais-je tenté de dire, d’aller voir cette exposition d’une artiste chinoise. Vous y serez, de plus, bien accueilli (on vous proposera de vous commenter les oeuvres), même en jean’s, ce qui ne manquera pas d’étonner l’habitué (hors grand collectionneur, je présume) des galeries parisiennes.

A priori, cela se vend bien puisque j’ai vu 4 pastilles, dont trois sur le portrait vu partout et reproduit ci-dessous.

C’est jusqu’au 26 septembre, il est donc temps de se presser.

Galerie Magda Danysz – Erwin Olaf – Dusk et autres séries

La Galerie Magda Danysz (78 rue Amelot et ici) présente une nouvelle fois, en partenariat avec FlatLand Gallery (site ici), le travail de Erwin Olaf. Vous pouvez faire un saut sur le site en tout point remarquable du photographe qui y présente en grand format sa production (ici).

Bien que la communication de la galerie (par mail) porte surtout sur Dusk, la dernière série d’Erwin Olaf, il y a très peu de pièces de cette série (deux, me semble-t-il). Le style est très original puisque ces photos sont entre le gris et le noir et portent de manière allusive sur l’esclavage (aux États-Unis) avec des mises en scènes renvoyant à cette période par les costumes, les intérieurs, les poses et la contenance des personnages.

 

L’accrochage ne montre pas de reflets parasites ce qui est remarquable (vu qu’il s’agit de teintes sombres) et les cartels sont enrichis de commentaires bienvenus, en anglais et en français. Dommage en revanche que ces derniers soient ornés de fautes d’orthographe.

L’autre série à découvrir c’est Laboral escena et c’est celle-ci qui est mise en avant sur le site de la galerie. Il s’agit de reprises de tableau classiques espagnols comme l’Apolonia de Zurbaran (même le site d’Olaf comporte une erreur en indiquant ZUBARAN). Cette série échappe au diasec et au format géant chers à Olaf.

 

C’est très esthétique et propre mais je ne vois pas bien l’intérêt d’une copie servile. Dans un genre voisin, et on ne quittera pas les Flandres, je préfère les travaux où une ré-interprétation des classiques est effectuée par le photographe comme le travail de Carla Van de Puttelaar (site ici) dont la dernière série évoque Cranach (billet ici) ou le travail de Hendrik Kerstens (illustration ci-dessous tirée de son site, ici).

D’autres séries sont aussi présentées ce qui en fin de compte constitue un survol du travail d’Olaf, dommage ne pas avoir consacré tout l’espace à Dusk par exemple. On peut ainsi voir ou revoir, Mature, Paradise the club et aussi Separation. Mature met en scènes des femmes âgées dans des tenues de pin-up voire de prostituées, Paradise the club montre des scènes de débauches festives avec des clowns déjantés et Separation montre un enfant et sa mère (du moins peut-on le supposer) tout les deux en tenue SM (latex et tout).

C’est jusqu’au 10 octobre 2009 et cela vaut la peine d’être vu.

Galerie Photo 4 – Vincent Borie, José-Miguel Ferreira, William Ropp

La Galerie Photo 4 (ici et 4 rue Bonaparte) expose les travaux de Vincent Borie, José-Miguel Ferreira, William Ropp. L’espace est décidément très bruyant et le nombre de photos réduit. On reste toujours dans un certain classicisme avec le noir et blanc de format réduit.
José-Miguel Ferreira expose des vues atmosphériques (des ciels) à 500 euros (illustration ci-dessous tirée de son site ici).

William Ropp montre des enfants nus dans les bois aux regards étonnés. Je suppose que c’est celui-là même que nous avions aperçu à Arles (billet ici). Vincent Borie montre quant à lui des vues aquatiques à 900 euros.

C’est jusqu’au 30 septembre 2009,  à réserver aux amateurs de photo classique.

Centre Wallonie Bruxelles – Cris et chuchotements

Je me suis pointé au Centre Wallonie Bruxelles (site ici) hier pour la rentrée parisienne des galeries mais j’ai vu que c’était payant (3 euros) donc j’ai fait demi-tour. En vérifiant à la maison il m’a semblé qu’il n’était pas sûr que des photographies soient exposées.

La dernière fois c’était gratuit et 100% photo (billet ici).

Je vais donc supprimer l’exposition Cris et chuchotements de ma liste.

Galerie Esther Woerdehoff – Stéphanie Lacombe

A l’occasion de la rentrée, la première visite fut pour la galerie qui me semble la plus appréciable en matière de photographie, Esther Woerdehoff (ici) qui avait fait sa rentrée dès le 25 août 2009.

Située un peu l’écart des "quartiers à galeries’ (36 rue Falguière, quartier Montparnasse), elle évite le côté bobo et prétentieux qui me terasse chaque fois que je dois aller dans le Marais et plus encore vers Saint-Germain des prés. L’accueil y est sympathique, même si vous vous pointez en jean’s, et on ne vous regardera pas de travers en émettant de vagues grognements en signe de bienvenue.

L’exposition du moment est consacrée à Stéphanie Lacombe, prix Nièpce 2009, dont nous avions évoqué le travail lors d’une exposition collective à la BNF (ici).

Stéphanie y montre la même série (La table de l’ordinaire) mais, me semble-t-il, de manière plus exhaustive par le recours à des formats plus petits accompagnant des tirages de formats moyens. Le thème est donc celui des français à table, une série qui (dé)montre que l’on peut encore photographier autre chose que ses orteils, une tasse, un sac en plastique ou New-York, échapper au noir et blanc plus ou moins granuleux et à la vogue de l’ultraclair. Cette série est inspirée et saisit un moment précis avec acuité de la vie de français à table, seuls ou en famille ou avec des amis. On y trouve une illustration à la fois de la diversité française, d’un point de vue ethnique, de l’évolution de la société (avec plusieurs clichés de colocataires) et quelques cas proches du trouble mental.

La jeune femme de la galerie vous proposera de jeter un œil à un cahier qui comprend la présentation du contexte de chaque photo, ce qui n’est pas indispensable mais c’est intéressant. Vous y trouverez aussi les prix: comptez 1 350 euros et 800 euros selon le format, des prix tout à fait réalistes.

L’autre série (papillon rouge) est d’un tout autre tonneau puisqu’elle renvoie vers le monde SM, c’est d’un intérêt limité sur le fond et la forme car vu cent fois, avec  le recours massif  du flou, au rouge et au sombre.

Le photos de Stéphanie sont visibles par ici.

C’est jusqu’au 21 septembre 2009 et je vous invite à y aller rapidement (dernier week-end la semaine prochaine).

Galerie Berthet-Aittouarès – Antoine Schneck

C’était pour ainsi dire la rentrée des galeries parisiennes hier. Je suis donc allé faire le tour de certaines expositions. Je me suis rendu chez Berthet-Aittouarès (site ici) mais je n’avais pas vu que j’avais classé cette exposition de Antoine Schneck en "bof" (j’ai trois catégories: oui, non et bof).  De fait, après avoir affronté une foule compacte de touristes (on est à Saint-Gemain des Prés, au 29 rue de Seine), un simple regard à travers la vitrine m’a rappelé pourquoi j’avais mis "bof".

Il s’agit de grands portraits "ethniques"  où sel le visage apparait, se détachant d’un fond noir. Il faut dire qu’en ce moment le quartier célèbre les "arts premiers" à travers le "Parcours des mondes" (site ici) qui dure jusqu’à aujourd’hui.

Le site de l’auteur (ici) montre qu’il a déjà appliqué la même procédure à une multitude de sujets, depuis le vilebrequin jusqu’à l’humain en passant par les animaux, des sujets qui me semblent plus originaux.