Le blog d'un Photoculteur

Culturez vous en regardant des photos !

Galerie Adler – American dream

C’était la première fois que je mettais les pieds à la Galerie Adler (75, Rue du Faubourg Saint-Honoré et ici) qui se trouve à deux pas de la galerie RX et de la galerie Jérôme de Noirmont.

Je passais juste pour voir un travail en particulier, celui de Laurent Elie Badessi. Il s’agit de photographies de grand format représentant des militaires, structurées en deux séries qui se répondent, l’une en couleur, l’autre en noir et blanc. Leurs yeux sont bandés, soit par le drapeau américain, soit par un bandeau où figurent des mots, qui assemblés entre photos, forment la phrase “ceci n’est pas un rêve”. Cette même phrase est lisible, à la place du matricule, sur la série en couleur.

[Je constate avec dépit en consultant cet article quelques mois après sa rédaction que les liens vers les images initialement présents ne fonctionnent plus, dommage.]

18 octobre 2009 Publié par | paris | , , , , , | Commentaires Fermés

Galerie Jérome de Noirmont – Shirin Neshat – Games of desire

On ne présente plus la galerie Jérôme de Noirmont (site ici) qui représente des artistes de premier plan dont de nombreux photographes (Pierre et Gilles, Valérie Belin, etc). Et on ne présente pas non plus Shirin Neshat dont les portraits et calligraphies associées sont la marque de fabrique.

Située avenue Matignon, dans l’un des quartiers les plus huppés de la capitale, ses accrochages de qualité muséale ne sont à manquer sous aucun prétexte. De surcoît, l’accueil y a me semble-t-il fait des progrès et désormais on vous dira bonjour (même si vous êtes là incognito en jean).

L’exposition se compose d’une longue vidéo (22 minutes) à laquelle j’ai renoncée et à 14 portraits photographiques recouverts de calligraphies, situés au rez de chaussée: des couples, un homme et un femme, posant tous devant le même fonds. Ce projet réalisé au Laos repose sur une cérémonie boudhiste qui s’apparente à une longue joute verbale à forte connotation sexuelle entre hommes et femmes… de 60 à 80 ans.

Allez donc voir, c’est jusqu’au 21 novembre 2009.

18 octobre 2009 Publié par | paris | , , , , , , , | Commentaires Fermés

En bref – Galerie RX – ECRITUREA BSTRACTION

J’ai déjà visité plusieurs fois la galerie RX (site ici) située dans les beaux quartiers parisiens, à deux pas de Matignon, avenue Delcassé. Cette fois, j’y suis allé un peu par hasard et je suis tombé sur des travaux de Georges Rousse (parmi d’autres artistes), artiste dont j’ai déjà vu les oeuvres à de nombreuses reprises (ici et par exemple).

Rappelons que ce photographe ne procède pas par retouche numérique mais produit ses extraordinaires images en peignant les espaces qu’il revisite (c’est une activité très méticuleuse qu’il réalise avec un cadrillage qu’il pose devant son objectif). La plupart du temps les immeubles qu’il investit sont appelés à une destruction rapide et l’image est le seul témoignage de son intervention.

Si vous ne connaissez pas son travail, faites un tour (jusqu’au 24 octobre), cela en vaut la peine.

18 octobre 2009 Publié par | paris | , , , , , , | Commentaires Fermés

Galerie Esther Woerdehoff – Sony World Photography Awards Tour et Etincelles

La Galerie Esther Woerdehoff (ici) fait partie de mes favorites et je ne rate aucun de ses accrochages mais il faut bien dire qu’au cours des dernières semaines, c’est un programme un peu faible qui nous est délivré même si, dans l’accrochage en cours quelques photographes sont à découvrir.

Le 3 octobre dernier, je suis allé voir Etincelles.

Outre le travail remarqué de Stéphanie Lacombe qui subsistait du précédent accrochage, Peter Suschitzky, John Goodman et Chris McCaw étaient invités. Hélas, le caractère un peu “en vrac” de l’accrochage et la taille réduite des formats donnaient une impression de désordre voire d’inachevé et d’abandon un peu désagréable. Quant aux pièces elles-mêmes, que dire ? Les nus de Peter Suschitzky ne m’ont pas semblé bien inspirés, les clichés de John Goodman dans le “style VU’” ne m’ont pas davantage séduit et moins encore les expériences de Chris McCaw dont le dossier presse indique ““sunburned photographs” ont été crées à l’aide d’une simple boîte percé d’un trou par lequel les rayons de soleil brûlent le papier et créent, lentement, tel un photogramme, une cicatrice tridimensionnelle dans la photographie.”

Le 17 octobre, je suis allé voir le Sony World Photography Awards Tour (site ici).

La multitude d’auteurs ne trouve qu’un espace bien réduit pour s’exprimer. Une seule photo, ce doit être la règle du jeu du concours de Sony mais, en galerie, c’est d’un effet moyen: on attend plus d’une galerie que la reproduction de photos récompensées: on attend de voir si les auteurs sont à même de construire une œuvre ou, à défaut, capable de produire un travail cohérent inscrit dans la durée et soutenu par un minimum de réflexion. Par ailleurs, parmi ces photos, certaines n’ont à mon avis rien à faire dans une galerie: tant leur finalité que leur qualité ne les destinent nullement à un accrochage.

Cela n’empêche pas que, dans cet ensemble hétérogène, quelques auteurs ont retenu mon attention et que je vous invite à aller voir pour vous faire votre opinion (cela se termine le 24 octobre),

Kosuke Okahara montrait une image d’automutilation et j’y reviendrai car j’ai vu son travail à l’occasion de Noorderlicht (à Groningen) fin septembre cette année alors même qu’il travaille pour VU’ (ici). Il faudra aussi que je raconte ce que j’ai vu au Pays-Bas.

David Zimmerman (site ici) montrait des images du désert, presque abstraites  et d’une grande pureté formelle bien servies par un tirage diasec. Dans un même registre, assez formel, j’ai bien aimé le travail de Edgar Martins (site ici) sur ses plages de nuit; il semble s’être fait une spécialité des photos de nuit. Tamany Baker (site ici) montre aussi des images soigneusement composes mais y introduit une dimension plus personnelle et intimes avec sa série wolfie montrait des petits animaux tués par son chat.

Je termine avec deux photographes qui œuvrent davantage dans le reportage: on ne manquera pas Chiara Goia (site ici) qui s’est intéressé aux ateliers de contrefaçons de sculptures en Chine et à Claire Martin (site ici) dont un portrait de drogué est à couper le souffle.

18 octobre 2009 Publié par | paris | , , , , , , , , , , , , , | Commentaires Fermés

Maison européenne de la photographie – Programme d’automne 2009

Comme à chaque renouvellement de l’accrochage de la Maison européenne de la photo (site ici), je me précipite pour voir ce qu’il en est. Et chaque fois ou presque je suis déçu. Cette fois je ne me suis donc pas précipité et n’ai visité l’expo que le 3 octobre, quelques jours avant sa fin (le 11). En revanche, j’ai été de nouveau déçu.

Korner union (leur site ici), un micro collectif , montrait dans la petite salle qui suit le vestiaire quelques images unies par une approche “optique” de la photographie, comme des cadres en trapèzes montrant des rosaces ou encore une  demi-banane devenant entière par réflexion. Passons.

Pierre Keller exposait sa série horses, des culs de cheveaux, presque abstraits (il s’agit d’agrandissements de polaroïds) sur un niveau entier de la MEP. Dans cet ensemble, seul le texte d’introduction, une vraie perle de Jean-Louis Gouraud, méritait de l’attention.

Ara Guler (saison de la Turquie oblige) montrait des images de la Turquie situées dans les années 55-59 pour l’essentiel. Un écran LCD intelligemment disposé dans un angle (!) interdisait au public de le regarder et empêchait aussi de voir les photos à proximité.  On se demande qui a réfléchi à l’accrochage.

Le pompeusement dénommé “festival @rt Outsiders” montrait de l’art (?) contemporain et non de la photographie, dont la place est plus en galerie qu’à la MEP. Seul le travail de Yang Yi (uprooted) faisait exception et m’a permis de voir son travail que j’avais raté à la galerie Dix9. C’est un travail remarquable (remarqué notamment par Poivert ici) qui évoque les populations chassées de leurs villages à la suite de la construction du barrage des Trois Gorges en Chine. Mais pourquoi payer son entrée à la MEP s’il s’agit de voir des photos exposées gratuitement en galerie et que le galériste peut commenter ?

Bref, l’ensemble n’était pas terrible et je crains le pire avec le prochain accrochage qui sera consacré à Delpire, dont on nous a déjà rebattu les oreilles et les yeux à Arles cet été.

18 octobre 2009 Publié par | paris | , , , , , , , , , | Commentaires Fermés

Photoquai – Uniquement pour les amateurs fortunés ou oisifs

Photoquai est  consacré à la photographie non occidentale, dixit le site web (ici) de cette manifestation dont c’est la troisième édition. Créé à l’initiative du musée du Quai Branly en 2007, elle se déroule dans 11 lieux parisiens jusqu’au 21 novembre, et on ne peut que se réjouir de son existence.

Il y a toutefois un hic.

Sur ces 11 lieux, 4 sont payants pour un montant total de 30,50 euros (c’est vraiment n’importe quoi, même comparé aux Rencontres d’Arles qui ne sont pas données et en montrent bien plus) et deux autres sont fermés le week-end. En gros, Photoquai est destiné à ceux qui disposent à la fois de temps libre et de moyens financiers. On objectera qu’il existe des réductions mais elles sont fort limitées tant en montant qu’en publics pouvant en profiter.

J’espère que la prochaine édition de Photoquai inaugurera un ou deux weeks-ends où tout sera ouvert au public et offrira un billet groupé Photoquai à 15 euros pour tous et réduit à 10 euros. Voilà qui serait me semble-t-il davantage en phase avec les souhaits politiques légitimes d’ouverture des lieux de culture au plus grand nombre.

18 octobre 2009 Publié par | paris | , , , , | Commentaires Fermés