Fondation Henri Cartier-Bresson – August Sander

La Fondation HCB (ici et 2 impasse Lebouis) présente une exposition consacrée au photographe allemand August Sander (1876-1964) jusqu’au 20 décembre 2009. En ce triste après-midi dominical je me suis donc décidé à aller voir cet auteur que j’avais découvert en 2008 au Goethe Institut (ici, sans faire de billet… car ce blog n’existait pas encore)  et revu quelques mois plus tard à Sérignan (billet ici). Pourtant, j’avais une appréhension car la dernière visite (il y a un an) avait été peu concluante et j’avais trouvé le prix d’entrée exagéré (billet ici).

Disons le tout de suite, je pourrai reprendre ce dernier article en remplaçant seulement le nom du photographe. Il est annoncé une centaine de photographies et je n’en reviens toujours pas que, une fois de plus, j’en avais fait le tour en une demi-heure en ayant le sentiment de n’avoir rien vu. L’exposition montre à la fois des botaniques et sous-bois, études de mains et paysages, c’est sa force car on méconnait probablement ce volet en France mais il n’en reste pas moins que c’est sa typologie des métiers et professions qui reste le plus fort et qu’au final l’exposition au Goethe Institut centrée sur ce seul aspect était bien plus intense. On voit bien ici des portraits mais, égarés dans le reste de l’accrochage, ils perdent leur force sérielle. A noter quand même le portrait de Mme Sander et de ses enfants, réalisé par August Sander.

Le Fondation HCB a mis en ligne une notice biographique de qualité ici.

Je passe sur la fréquentation du lieu par des guignols qui gratifient l’assistance de commentaires à voix haute dignes du café du commerce et ce couple qui se roulait des pelles tout en lisant avec le doigt un cartel… Je rentre de Londres et je suis décidément sidéré par le comportement lamentable de mes compatriotes français auxquels je n’étais plus habitué (quoi que, on les repère aussi facilement au British Museum). Bref.

August Sander méritait en tout cas plus et mieux que cette exposition, finalement réduite, qui semble plus être une opération de promotion du livre publié par Schirmer / Moser (Voir, Observer et Penser qui coûte la bagatelle de 39 euros – un peu moins chez Amazon et que vous pouvez feuilleter gratuitement sur place).

En conclusion, si vous ne connaissez pas cet auteur, essayez de passer une mercredi soir, c’est gratuit de 18H30 à 20H30.

En bref – Centre Iris – Les lauréats CAFéFOTO 2009

Compte tenu d’un emploi du temps désormais plus chargé qu’au cours des mois passés, et devenu également plus sélectif et exigeant au fur à mesure de mon "apprentissage", j’ai entrepris de vérifier, avant d’aller voir, si l’exposition du Centre Iris, que je fréquente à chaque nouvel accrochage, valait la peine de se déplacer.

Pour cela, ce n’est pas la petite image dévolue à chaque auteur sur le site du centre qui aidait beaucoup et je suis donc allé farfouiller sur Google. Sur les 4 photographes, aucun de dispose d’un site ou d’un blog sauf un, Philippe Bernard dont le site ici, bien que rudimentaire, présente honnêtement le travail, tant la troublante série d’autoportraits récompensée par CAFéFOTO (illustration ci-dessous tirée du site de l’auteur) que d’autres.

Maintenant, que faut-il penser de ceux qui, photographes en recherche de reconnaissance, ne disposent même pas d’un site web présentant leur parcours, leur vocation et leurs travaux ?

Paris Photo – trop de monde :(

Comme je n’ai pas acheté de photo cette année à une galerie présente à Paris photo, je n’ai pas eu d’invitation gratuite. Je m’étais donc résigné à payer 15 euros et je me suis pointé aujourd’hui au Carrousel du Louvre vers 14H15.

Au début je me suis dit, "tiens c’est bizarre, y a quand même pas grand monde" et là, je regarde vers la file d’attente et je vois une longue masse serpentant dans le hall. La catastrophe !  Et pourtant c’est un jour de semaine ! Bref, n’écoutant que mon courage, j’ai pris la fuite me disant que j’en verrais plus, finalement, le derrière dans mon fauteuil, à surfer tranquillement sur les sites web des galeries présentes plutôt qu’à faire la queue et à coudoyer dans les allées.

Conclusion, si vous voulez vraiment y aller, passez impérativement par le site de l’exposition afin d’acheter en ligne votre billet, ce qui vous évitera, sinon d’être bousculé dans une atmosphère surchauffée, au moins de faire le pied de grue une demi-heure.

Kadist Art Foundation – Christiane Baumgartner, Zarina Bhimji, Katinka Bock, Tacita Dean, Elizabeth McAlpine et Simon Starling

La galerie de la Kadist Art Foundation est située dans la quartier de Montmartre (21 rue des Trois Frères et ici). J’avais beau savoir qu’il s’agissait d’art contemporain, je m’était figuré un vaste espace faisant la part belle à la photographie et je me suis retrouvé dans un lieu anonyme et sans grâce, de taille limitée et orné de 5 ou 6 oeuvres orphelines, essentiellement des vidéos et diaporamas (dont une en panne). Grosse déception.

Ce sera bon à savoir pour le prochain accrochage.

Galerie Dix9 – Edith Roux – WALLED OUT / MINITOPIA

La Galerie Dix9 (19 rue des Filles-du-calvaire et ici) présentait jusqu’à samedi dernier le travail de Edith Roux à travers deux séries, Walled out et Minitopia. Cette galerie est au fond d’un cour et il faut sonner pour se faire ouvrir ce qui peut être intimidant mais l’accueil est sans façon et sympathique. Autre point fort de cette galerie, son site web, très clair et parfaitement à jour ce qui hélas est rarement le cas de nombre de galeries.

Quant à la sélection, elle est de qualité (cf. billet précédant ici) pour autant que je puisse en juger et les accrochages se succèdent sans temps mort (le prochain débute dès le 12 novembre).

Dans walled out, une jeune femme est vue de dos faisant face à un horizon  barré de constructions. Le principe de la vue de dos n’est pas neuf ou original, on peut citer, pour rester sur ce blog, Magdalena Hueckel , vue à Arles en 2008 (billet ici). Ceci dit,, la série est plus vaste que les extraits montrés à la galerie et les livres à disposition permettent de se rendre compte que l’auteur n’en est pas resté à cette seule mise en scène.

La série Minitopia est la plus abondamment représentée.  Il s’agit de petits formats en couleur montrent une plante en gros plan, en taille naturelle finalement, poussant dans les interstices d’un environnement urbain. A chaque fois, un petit personnage vaque à ses occupations, est en train de lire, de passer ou d’éteindre la plante qui a pris feu. C’est a la fois de l’humour (on n’est pas très loin des mises en scène de soldats de plomb et de l’humour de Garcin qui expose à côté chez les filles du calvaire) et une invitation à la rêverie sur la place de l’homme et de la nature dans notre société: c’est un peu tarte à la crème mais le mélange entre humour et propos de comptoir fonctionne plutôt bien et le 1er permet de faire passer le second.

Les illustrations ci-dessus proviennent du site de la galerie où vous trouverez toutes les images visibles lors de l’expo, en attendant la prochaine :)

Instituto de Mexico – Umbrales – Seuils

C’était le dernier jour samedi dernier pour visiter l’exposition Umbrales/seuils à l‘Instituto de Mexico (119 rue vieille-du-temple). Ce n’est pas la première fois que je visite ce lieu et c’est toujours un grand plaisir que de découvrir des auteurs mexicains habituellement peu vus en Europe.

Livia Corona montrait la série déjà vue à Madrid (billet ici) cet été consacrée aux logements construits à la va-vite au Mexique.

Sector reforma présentait Javier Cardenas Tavizon (site ici) pour des portraits collectifs et individuels.

Gerardo Montiel Klint montrait des travaux particulièrement saisissants, outre la fillette photographiée comme un top model mais privée d’une jambe dévorée par un requin ("étude marine avec survivant d’une attaque de requin"). Ses "volutes de fumée" et autres "étude d’un paysage avec vomi" sont intrigants, intelligents et fort bien réalisés, dans toutes sortes de tailles et en tirage Giclée (ce qui n’est pas fréquent). Un travail vraiment remarquable et un accrochage très pertinent. Son site (ici) est consacré à son travail commercial et sa galerie montre peu d’images (ici).

Oswaldo Ruiz recourt lui a de grands diasec pour montrer des maisons désertées par leurs habitants suite à la sécheresse due à l’incurie du gouvernement local. Photographiées de nuit, avec des éclairages clairement visibles, ces maisons font penser à des insectes épinglés dans un cabinet d’entomologiste. Son site web est hélas presque inutilisable (ici).

Jose Luis Cuevas montrait des portraits rapprochés en noir et blanc de gens ordinaires en tirage aux "encres au carbone". Ces portraits ont quelque chose de saisissants de vérité et de rudesse, sans artifice. Il ne faut pas le confondre avec le peintre muraliste homonyme. Son blog est ici.

Andres Carretero dans sa série "phénotypes" traitait le sujet des mexicains albinos, c’est un sujet assez bateau mais toujours intriguant. Son site ici montre sa série de manière très complète.

A l’occasion de Photoespaña, le Museo reina Sofia

Après vous avoir bassiné pendant quelques semaines, et avec pas mal de retard, à propos de Photoespaña, voici venu le temps de conclure avec une visite du Museo reina Sofia (site ici). Evidemment, le musée n’est pas spécialement consacré à Photoespaña ni à la photographie mais il compte une collection de photos et présentait en sus une exposition dédiée dans le cadre de Photoespaña.

Le musée est connu pour ses Leger, Klee, Rothko, Kandinski, Klein, Cy Twombly, Magritte, Ernst, Miro, Tapies et bien sur Picasso avec le célébrissime Guernica dont Dora Mar a photographié les étapes d’élaboration.

Une multitude d’auteurs photographes et d’artistes utilisant ce medium sont également visibles au musée, pour la pluaprt entrée dans l’histoire de l’Art: Tacita Dean, Luis Perez-Minguez, Xavier Miserachs, le couple Becher, Marc Pataut, Raushenberg, Garcia-Alix, Mapplethorpe, Pablo Perez-Minguez, Juan Navarro Baldweg, David Wojnarowicz, Cindy Sherman, Philip-lorca DiCorcia,Charles clifford, Lewis Hines, Steichen, cameron, man ray, kertez, brassai, Hellen lewitt, Bill brandt.

Matthew Buckingham (site ici) exposait des photos de signes (le "smiley", le "a anarchiste", le "peace et love", etc) pourvus de textes explicatifs, un travail que j’ai trouvé intéressant bien que très "conceptuel".

Le thème de la guerre civile est illustré par  agusti centelles, juan pando, et surtout alfonso sanchez portela et robert capa (dont la fameuse "mort du loyaliste", ci-dessous).

La salle 405 est consacrée aux néoréalistes espagnols et on voit les photographies de Carlos Perez Siquier, Gabriel Cuallado, Nicolas Muller, Leonardo Cantero, Fernando Gordillo, Francisco Contanon, Francisco Gomez, Francesc Catala Roca, Oriol Maspons, Joan Colom et Leonardo Cantero.

Enfin, la volet temporaire et dédié à la photographie dans le cadre de PhotoEspaña était animé par Walid Raad (atlas group 89-2004) dont le site temporaire se trouve ici . Il s’agissait d’un travail conceptuel là-encore, qui ne laisse pas indifférent mais songeur et s’appuie sur le Liban et la guerre qui y a sévit durant de nombreuses années. On pouvait ainsi voir 72 photos de presse alignées, 29 photo de variante de bleus qui révèlent une image latente (il s’agit de tirages réalisés à partir de négatifs trouvés dans les décombres d’un bâtiment – ici), des photos et des notes et plans ou chaque impact de balle est recouvert d’une pastille de couleur.