Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Eglise de Aa (der Aa-Kerk) – Ordinary pain
Une fois installé à Groningen (billet ici), il reste à visiter les expositions: le point névralgique de Noorderlicht c’est l’église de Aa (der Aa-Kerk) de l’organisation (on y achète le pass, le catalogue et des revues) qui abrite aussi le gros de l’expo principale et se situe géographiquement au milieu des principaux sites. Le pass coûte 15 euro pour la journée et permet de visiter les 3 sites payants, les autres sites sont gratuits.
Dans ce billet, nous allons visiter l’exposition de l’église qui pour ma part s’est étalée sur deux jours, comme je n’avais pas tout vu le 1er (demi) jour. L’accrochage est dense et les sujets abordés ne sont pas des plus faciles.
L’église est remarquablement agencée et nos amis d’Arles devrait venir visiter pour s’en inspirer: tout l’espace intérieur est restructuré avec du contreplaqué et des grilles métalliques et ça marche très bien avec peu de moyens.
Mwanzo Lawrence Millinga montrait sa série young miners (2004), occasion rare de voir des images de Tanzanie, en l’espèce de petits formats couleur illustrant la vie de gosses qui travaillent dans une mine. Je n’ai hélas rien trouvé sur le web concernant ce photographe. Andrew Tshabangu (emakhaya, Afrique du sud 2000-2004) montre la vie locale dans le village d’un migrant à travers de petits noirs et blanc. Son travail est visible sur le site la MOMO Gallery (ici et à Johannesburg aussi) mats. Si vous visitez cette galerie, vous verrez le travail de quatre autres photographes, Ayana Vellissia Jackson et Faisal Abdu’Allah, Patricia Driscoll et Aida Muluneh. Viviane Dalles expose sa série mustang réalisée au Népal en 2009 sous forme de grands voire de très grands format couleurs,des paysages, des portraits et la vie quotidienne de la population, de belles compositions aux couleurs magnifiques. Son travail est visible sur son site web (ici).
Avec Anabell Guerrero (voix du monde délocalisation – France 2006-7) on revient temporairement en France avec trois ensembles de neuf photos prises à Evry. Une série est couleur, les deux autres en noir et blanc. La 1ere travaille sur des morceaux de visages africains et des bijoux, la 2eme joue sur la main ses lignes,et celle qui cache le visage, la 3ème se concentre sur un visage indien, y superpose une carte, y adjoint une photo d’aiguillage en rouge. Son site est ici. Marie-Ange Bordas n’est pas vraiment photographe, c’est plutôt une artiste qui utilise la photographie, parmi d’autres techniques: elle montre ainsi des corps détourés sur fond noir et comme “peints” d’images et de petits caissons lumineux munis d’un casque audio, un travail sur des réfugiés avec qui elle a vécu 5 ans qui, pouir ma part, ne m’a pas évoqué grand-chose. un de ses sites web est ici, qui explique le sens de ses travaux et montre de nombreuses illustrations.
David Damoison (dockers de pointe noire, congo 2004) montre également des portraits posés, essentiellement en carré. Son site est ici. Aida Muluneh (ethiopia, 2008) expose des portraits noir et blanc classiques fort réussis (sa page Facebook ici). Laurence Leblanc (déjà montrée chez Polka, billet ici) montrait Rithy, Chea, etc, une série de petits formats carrés noir et blanc réalisée au Cambodge en 2004 dans le plus pur style VU’, agence à laquelle elle appartient. Jodi Bieber (las canas, espagne, 2008) montrait de tristes portraits carré noir et blanc d’exclus frappes du sida et quelques grands formats couleur. Son site est ici et montre aussi une série récente dont on a pas mal parlé, real beauties.

Cet 1er ensemble d’auteurs a été choisi par Simon Njami (Paris) et réunis sous le titre Ordinary Pain. Il couvre aussi bien le reportage que le paysage, le portraits et des approches plus “artistiques”, souvent sur une thématique de l’exil.
Anniversaire – Josef KOUDELKA (10 janvier 1938)
En ce 10 janvier 2010, Josef KOUDELKA fête ses 72 ans.
Josef KOUDELKA se consacre à la photographie après la fin de ses études d’ingénieur à Prague (1961). Il commence par collaborer à un journal de théâtre (Diradlo) et photographie les gitans. Ce travail est central et se poursuit aujourd’hui encore à travers des thèmes comme l’exil et le nomadisme. Il est récompensé en 68 par le Robert Capa Overseas Press Club pour un reportage sur les événements. Il quitte la Tchécoslovaquie en 1970 pour la Grande-Bretagne puis la France et entre à l’Agence Magnum l’année suivante. Le MoMA lui consacre une exposition personnelle dès 1975.
Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Découverte
Il y a quelques mois (ici), tout en racontant PhotoEspaña, j’avais évoqué un séjour à Groningen en septembre 2009 à l’occasion de Noorderlicht. Voilà le moment de raconter cela (euh, en fait, c’est le moment car j’ai enfin un peu de temps). Dans ce 1er billet, je vous raconterais ma vie passionnante au bout du monde, à Groningen, aux Pays-Bas (si, si).
Le 1er constat c’est que c’est loin: 7H30 de trajet en train mais l’avion fait à peine mieux compte tenu des marges à prendre, de l’éloignement de l’aéroport et de la nécessité de finir en train (et puis ça me colle mal aux oreilles en plus, l’avion). La bonne nouvelle c’est que depuis le 13 décembre 2009 la durée du trajet en train a été réduite de 51 minutes vers Amsterdam donc l’avion est définitivement enterré (et puis c’est plus écolo aussi le train).
Je suis donc parti de Paris Gare du Nord le 23 septembre à 8h25 pour Schipol (36 euros) et suis arrivé à 12h19 à Schipol. De là, départ à 13h19 pour Groningen (30 euros) et arrivée à Groningen à 15h53. Retour sur le même mode le 27 septembre: Groningen-Schipol (12h04-14h39) à 30 euros puis Schipol-Paris (15h42-19h35) à 83 euros en raison d’une réservation un peu tardive mais globalement les retours de week-end sont chers.
Le train pour Groningen est à prendre à Schipol chaque 19 de chaque heure et la correspondance avec l’aéroport est donc immédiate contrairement avec ce que je croyais, si certains veulent venir en avion (Schipol est l’aéroport international d’Amsterdam). Ce train indique deux destinations à la même heure (Groningen et Leeuwarden) et à Wolle un message citait ces deux villes mais on est bien allés à Groningen après un léger moment de malaise. Petite précision, si le Thalys est polyglotte, le train local parle uniquement le néerlandais: si vous avez de bonnes bases en allemand et en anglais vous comprendrez en gros de quoi parle le chef de bord, sinon inutile d’y compter.
Le train c’est bien car on profite du paysage, surtout après Schipol puisqu’on troque le Thalys pour un train plutôt lent. Les paysages traversés montrent des prairies, des bois et des éoliennes comme en France mais aussi bien sur des marécages (comme en Camargue) et des prés sillonnés de canaux de drainage un peu comme dans les marais en Vendée. Je n’ai vu qu’un moulin et pas de tulipes sauf à Groningen au marché. Les prés sont remplis de moutons plus que de vaches et il y a beaucoup de chevaux (j’ignore a quoi ils sont destinés).
Arrivé à Groningen, on voit que la ville est petite et il faut 15 minutes a pied seulement pour atteindre le centre depuis la gare en traversant le canal qui ceinture entièrement la ville (un boulevard forme un second cercle autour de la ville).
Il y a de quoi manger partout, surtout des broodjes (petits-pains). On peut aussi acheter des casse-croutes dans un supermarché comme le Albert Heijn situe sur Vismarkt ou chez VV qui fait aussi des pizzas et des paninis ainsi que des petits déjeuners a 2,5 euros (un bon plan). Sur le marché, il y a aussi de quoi faire, surtout le vendredi et le samedi: outre les vêtements et les légumes ainsi que les fleurs et les fromages et les poissons, il y a des marchands de charcuterie qui font des choses à emporter et du poisson frit en quantité.
Comme je ne connaissais pas la ville, j’ai pris le déjeuner a l’hôtel mais 9 euros c’est trop au vu du buffet (pas mal mais sans plus, à la hollandaise avec plein de pains différents et peu de viennoiseries). L’hôtel était situé sur Grote Mark, il était calme tant dedans que dehors. La chambre est une chambre double (compter 75 ou 95 euros selon le jour), histoire d’avoir de l’air: une single est envisageable pour un séjour plus court.
La tour Martini étant juste en face, son carillon est un peu pénible à la longue (il sonne à chaque quart d’heure) et si vous avez le sommeil léger, des boules sont bienvenues.
Groningen est une ville jeune avec 25% de la population qui est étudiante ce qui évidemment est frappant à voir dans les rues, outre les vélos. Le centre est d’ailleurs réservés aux piétons et vélos. Les trottoirs sont pavés et non goudronnés et ils sont très larges ce qui facilite le déplacement des personnes âgées très nombreuses en fauteuil électriques (c’est très étonnant) ce qui serait impossible en France avec nos trottoirs.
Au final, le séjour a été agréable, trois jours plus une mâtinée et une fin d’après-midi, sans pluie. Le gros des expositions se voit en deux jours et les horaires d’ouvertures sont 11-18 h pour le noyau dur et plutôt 13-17 h pour le reste: rares sont les expos visibles le matin (ou alors il s’agit souvent de sites commerciaux, de magasins et ce qui est montré donc est de moindre qualité).
Pour une fois prochaine, il me semble qu’il faut mieux essayer d’arriver en fin de matinée à Groningen en partant très tôt, passer deux jours et rentrer en milieu de mâtinée le 3ème jour.
Photomeetings 2009 – Deloitte
En 2009, les Photomeetings se tenaient sur trois sites contre deux habituellement. La nouveauté 2009 c’était Deloitte, la société de conseil bien connue, qui est installée au 560 rue de Neudorf à Luxembourg. Le Luxembourg ce n’est pas grand et la ville de Luxembourg pas davantage mais c’est escarpé donc pour aller chez Deloitte, mieux vaut donc prendre le bus et bien regarder car on ne sait pas où on est et où on va….
Chez Deloitte, comme à l’Université, pas de cartels donc encore un grand moment de solitude et, pourtant, les photos exposées valaient le coup bien qu’il s’agisse de travaux d’étudiants (autre nouveauté 2009). En prime, l’espace de Deloitte est vaste et relativement correctement éclairé.
Là encore, il faut donc se plonger à la fois dans ses notes et dans le catalogue pour faire le rapprochement entre oeuvres et auteurs. Là aussi, comme à l’Université, dans certains cas, je n’ai pas retrouvé certains travaux dans le catalogue… ou bien l’inverse (présents dans le catalogue mais que je n’ai pas vus).
Heinrich Holtgreve montrait trois grands formats verticaux d’armoires souples éclaires de l’intérieur et une porte fermée où point de la lumière dans l’embrasure. C’est un peu intriguant cette affaire, on se demande ce qui se passe. Et quand on va sur le site de l’auteur (ici), on découvre qu’il s’agit de plantation de cannabis (!). Comme quoi, des fois, c’est pas mal d’avoir un cartel !

Nele Gülck avait lui choisi de montrer six petits portraits couleur d’ados a l’air bizarre. Il n’a pas de site perso mais son travail est visible chez Freelens (ici) et l’illustration ci-dessous en provient.

Je n’aime pas trop un certain style blanchâtre qu’on voit un peu partout en ce moment mais les six photos presque blanches de radars et de leurs dômes sont me semblent-il bien vues: dissimuler ainsi sous des couleurs désaturées ce qui sert justement à mettre en lumière l’invisible est un clin d’œil au cerveau du regardeur. Plus prosaïquement, les dômes sont blancs et cela se prête assez à un “fondu au blanc” gelé. Bravo donc à Alexander Lehn.
J’ai bien aimé aussi les plantes sous perfusion, avec un pansement ou plâtrées (6 variations en tout), il ne s’agit pas d’une allusion évidente et un brin aguicheuse à l’écologie réalisée par Maryam Motamedi Masoudie mais plutôt (seul le titre nous met sur cette piste) d’une allusion marquée à un opération particulière (série sex change). Plus direct est le travail de Claudia Aguilar Cruz (série diagnose) avec ces quatre photos de cette femme qui est progressivement privée de ces cheveux et fini rasée. Cela fait immanquablement penser à certains travaux de Carolle Benitah (ici) ou Estelle Lagarde (ici), photographes déjà évoquées dans ce blog respectivement ici et là). Ce travail sur le cheveu répond étrangement à la présentation l’an passé à ces mêmes Photomeetings du travail d’Herlinde Koelbl (série Hair, billet ici).
Deux séries traitaient de l’adolescence. Celle de Johanna Saxen montrait six photos d’un gros garçon tatoué dans une sorte d’entre d’eux intimiste baptisé intersex. C’est en regardant le site de la photographe (ici, en allemand, d’où est tirée l’illustration ci-dessous) qu’on apprend que cet intersex n’est pas l’attente d’une prochaine relation, où le moment qui en suit une mais le statut du personnage objet de la photo, doté à la fois des attributs sexuels masculins et féminins. Sous l’apparente douceur se cache un drame personnel.

Larissa Mesinovic montrait des images plus crues, pour ne pas dire sanglantes, de jeunes adultes tatoués et munis de piercings, aux bras profondément scarifiés.
Benedek Bognar nous montre en noir et blanc des gens qui semblent ordinaire, tenant un sac ou se tenant à proximité d’un sac et au visage flou (une sportive en salle, un élève en classe, une dame dans sa cuisine, etc) et en dessous figure une vignette couleur : la radiographie du sac et de son contenu. Une façon de terroriser le regardeur, tout tout en douceur: pas de sang, pas de cris, juste des gens ordinaires et un sac.
Lia darjes nous montre quant à elle de la viande, vivante ou morte, poilue, plumue ou tondue: une main dans la viande, la mise bas difficile d’un veau, un seau de sang, un morceau de viande dans une chaine. Douze belles images qui, peut être, vous rendront végétalien.
Je finis avec le moins convainquant.
Je passe rapidement à la fois sur le travail noir et blanc très expérimental, avec photomontage, collage et négatif de Jana Nowack et sur celui de André Hemstedt qui livre un exercice en 10 photos certes poétiques mais un peu mièvres et convenues sur la lumière filtrant à travers divers objets (mains, fenêtres,etc). Par contre, ce dernier montre des travaux intéressants sur son site web, très pro, en collaboration avec Tine Reimer: c’est par ici (on pourra regarder la série silence, par exemple, là et c’est uniquement en allemand). Dorka Taskovics montre 4 photos de scènes de vie: mouton, fille avec une poule, 4 ados au café. Mouais.
Arpad Horvath montrait deux photos noir et blanc comme des instantanés d’un film avec deux personnages en armures de style manga (?) et un grand format couleur où figurent deux petites filles dont une brandissant un couteau dans la pénombre. Si étrange que je croyais, faute d’indications, qu’il s’agissait des travaux de deux photographes et comme je n’ai pas trouvé son site web, ces photos resteront un mystère.
Photomeetings 2009 – Université du Luxembourg
Je viens d’évoquer (ici) les expositions de Photomeetings 2009 qui se sont déroulées à la Galerie Clairefontaine. Deux autres sites étaient concernés dont l’Université, sur le Campus Limpertsberg, comme l’an dernier en 2008.
En 2009 hélas, l’exposition ne comprenait pas de cartel et du coup, bizarrement, c’était très frustrant à regarder. C’est un jeu de piste pénible avec le catalogue pour retrouver qui fait quoi car le catalogue ne présente pas les travaux par site mais distingue les travaux des étudiants de celui des intervenants car, autre nouveauté en 2009, des étudiants sont invités à montrer leur travail. En l’espèce, ils viennent de Strasbourg, Vienne, Budapest, Brême et Luxembourg, entre autres.
Certaines séries resteront anonymes car je ne les ai pas retrouvées dans le catalogue, c’est le cas notamment de ce qui était montré à l’étage et de certaines images du rez de chaussée.
Parmi les auteurs que j’ai pu identifier péniblement et mettre en face de mes notes, il y a Matthias Muchenberger avec son cacamus communiter (Vienne), deux étudiants assis au chiottes se faisant face. Mouais. Sebastian Glombik faisait dans le moins potache avec d’émouvants portraits de personnes âgées en soins intensif (série intensiv). Paula Market (Hamburg) montrait trois portraits assez désolant d’une femme entre deux âges semblant abandonnée chez elle. Daniel Halasz (Budapest) montrait un spectacle aussi désolant: ce sont des lieux cette fois qui semblent voués à l’abandon, un peu à la marge, entre l’urbain et la campagne. Cet étudiant dispose d’un site très pro dont certains photographes qui ont quitté les bancs de l’école depuis longtemps feraient bien de prendre de la graine, c’est par ici (par contre on n’y voit pas la courte série montrée au Luxembourg).
Dans le couloir, deux séries étaient présentées dans de grands tirages plus luxueux. (il s’agit toujours d’étudiants). Une série de gros messieurs tout nus assis par terre ou sur un meuble bas, un peu comme de gros mais dignes bébés: cette série est vraiment remarquable car on ne sait si on doit en rire où si l’on doit admirer ces hommes ventripotents, sérieux et plein d’assurance. C’est un travail de Sebastian Keitel dont le site (ici) est également très pro (bien qu’encore mince) et qui montre sa série (fat) dont est tirée l’illustration ci-dessous.

Ces portraits intrigants voisinaient avec d’autres, plus inquiétants sans doute. Il s’agit de portrait de personnes âgées avec dessous un petit format de leur lieu de vie (8 x 2 photos). Cela fait penser au sort de ses proches (et au sien) et puis également à ce que j’avais je ne sais où, à savoir que plus on vieillit plus le cercle (de ses amis, de ses voyages, de son lieu de vie, etc) se resserre: ces petites chambres à la décoration proprette avec leurs quelques bibelots défraichis et les appareils médicaux discrètement dissimulés, tout cela la fin, une triste fin. Marco Warmuth a réussi là une série sensible. Son site (ici) montre la diversité de son travail (il fait aussi de la photo de mode ce qui est un peu ironique finalement car coexistent des mannequins de vingts ans et de vieilles personnes) et sa série n’est pas visible comme au Luxembourg puisqu’on ne voit pas les chambres (ce qui justement fait la force du projet…) et en plus c’est du flash donc pas d’images.
Photomeetings 2009 – Galerie Clairefontaine
C’est avec bien du retard (plus de 3 mois) que j’écris ce billet consacré aux Photomeetings 2009 qui se sont déroulés à Luxembourg du 9 au 12 septembre 2009, à l’initiative de la galerie Clairefontaine. J’avais déjà raconté l’édition 2008 et dit tout le bien que j’en pensais (article introductif ici).
Pour 2009, le point de vue est plus mitigé et, pour tout dire, je n’irai pas à l’édition 2010, considérant qu’une fois sur deux sera un rythme suffisant. En effet, si l’exposition qui se déroulait à la galerie ne souffre d’aucunes critiques, l’absence d’informations (aucun cartel) sur les deux autres lieux (l’Université et le siège de Deloitte) était particulièrement gênante: le catalogue suffit à se faire une idée de l’exposition. Et s’il s’agit d’aller au Luxembourg pour simplement repartir avec un catalogue sous le bras après avoir regardé des photos d’anonymes, c’est un peu cher (il n’y a jamais de réduction pour le Luxembourg) et un peu long aussi.
La Galerie Clairefontaine dispose, je le rappelle, de deux sites à Luxembourg à 50 mètres l’un de l’autre et qu’on rejoint sans peine à pieds depuis la gare. Peter Bialobrzeski (site ici, illustration tirée de sa galerie à Francfort, ici) exposait une typologie de cahuttes en petit format (920 €) et en très grand format (8 050 €).

Il montrait aussi des vues naturelles de verdure comme rayonnant de lumière (serie paradise) plutôt intrigantes (2 530 €). Vous noterez en passant que les prix restent accessibles (en gros, c’est le prix d’un PC ou d’un voyage) et qu’ils sont affichés, une pratique qu’on souhaiterait plus répandue en France.
Le second site de la galerie exposait davantage d’auteurs, à commencer par Michel Medinger, un photographe luxembourgeois, qui montrait de grands noir et blanc à 980 €, des coquillages, des poupées et des fruits ouverts, le tout évoquant de manière on ne peut plus directe un sexe féminin. Abel Szalontai (site ici à moins que ce ne soit un homonyme car je n’ai rien reconnu): montrait des blocs de béton et des formes colorées presque monochromes à 1 730 €. Roman Pfeffer était un peu plus convainquant avec ses photos de conserves en verre alignées contenant des cendres de tee-shirts et portant en étiquette le nom d’une grande marque. Il montrait aussi 6 photos d’un clodo devant son barda. Michael Najjar montrait un travail remarquable à mi-chemin de la photographie et de la création graphique (à 13 450 €): 3 corps identiques enlacés et élancés, un peu comme des figures célébrant le travailleur communiste mais passés chez Pixar et un immense diasec ou des corps sont alignés suspendus par des câbles. Son site est une création graphique à part entière et vaut le déplacement, ici.
Je passe sur James Nachtwey et Marla Rutherford dont j’ai déjà évoqué le travail par le passé (ici pour le premier, déjà au Luxembourg, et là pour la seconde, à Arles).
Ce site étant de belle taille, on pouvait voir aussi un tirage géant de Giacomo Costa (12 500 €), une étrange composition de ville sous les eaux vue depuis les fonds (son site ici).
Le style étant vraiment éclectique, on voyait aussi Petra Arnold (ici, je conseille ses autres séries notamment ses portraits) et ses Hell Angels en petit format carré noir et blanc, Andreas Weinland avec des vintage des années 80 montrant des marginaux (à 5 000 euros) et Roman Bezjak (qui a un footballeur comme homonyme ce qui rend difficile de trouver son site web…) avec ses paysages urbains communistes vieillots russes ou serbes ( 1850 et 4600 euros selon la taille).
Bilan 2009 et orientations 2010
Ce blog a été lancé le 18 aout 2008 avec pour objectif de garder la mémoire de mes visites de galeries et festivals consacrés à la photographie. Au fil des mois, il s’est enrichi d’articles divers et notamment d’un suivi des enchères photos, de mini biographies, d’infos sur les festivals photos et d’un calendrier des expos photos.
En 2009, il a été mis un terme à la republication de ce site sur des agrégateurs de blogs qui transforme un contenu mis à disposition gratuitement par les blogueurs en fric pour les sites de republication. L’expérience d’un blog séparé du blog principal chez Blogger, intégrant les biographies uniquement, a aussi été arrêtée car en pratique ingérable, et puis Blogger c’est moche. Dans la série des nouveautés 2009, un blog frère a été ouvert sur le thème des Festivals de photographie, il en recense à ce jour 99, dans le monde entier. A la fin de l’année, Le Photoculteur s’est doté de comptes dans les trois réseaux sociaux du moment, dont Twitter: l’expérience se poursuit. Le calendrier des expos photos a aussi été lancé en 2009.
Pour 2010, et faute de temps, le blog principal sera recentré sur la critique photographique. Le volet biographies ne sera plus alimenté que selon l’humeur du moment et au compte-goutte (quelques articles sortiront néanmoins en début d’année 2010, qui avaient été déjà publiés sur le blog fermé chez Blogger). L’agenda du Photoculteur qui recense toutes les expos photos se déroulants à Paris à travers 236 lieux sélectionnés sera maintenu en 2010 et devrait sortir une fois par mois (au mieux, car si je le mets à jour chaque semaine pour moi, sa publication est un peu pénible). Le suivi des enchères photos reposera sur celui de DLK Collection (vers qui je renvoie) et je ne publierais plus ici que ce qui aura échappé à ce blog, un peu “guindé”, mais très au fait de ce sujet pointu. Le blog consacré aux Festivals de photographie en recense désormais 99 et le tour de la question est pour ainsi dire fait: il ne reste que quelques aménagements à faire et à la mettre à jour périodiquement. C’est à ma connaissance le plus complet des sites sur ce sujet, univers anglophone inclus.
Et les réseaux sociaux dans tout cela ? La page Myspace du Photoculteur est en déshérence car y publier est laborieux, la mise en page pénible et qu’en gros ça me saoule de perdre du temps avec la technique, sans compter le tutoiement et le style ado. La page Facebook, plus facile à nourrir, est alimentée par la reprise de petits articles divers qui m’amusent ou m’intéressent et qui auraient pu faire l’objet de “brèves”; c’est aussi un moyen de s’informer (à la marge). Sur ma page Twitter, je reposte le lien de mes articles; je suis également près de 200 personnes (via RSS) mais le résultat est très décevant (peu de publications pertinentes ou originales, doublons avec les RSS des blogs). Je préfère le flux RSS de blogs qui sont moins pollués par les idioties que l’on trouve sur Twitter. Pour rester dans les flux RSS, je teste Google Reader et j’en ai profité pour exporter la liste des flux RSS auxquels je suis abonné (ici) mais je tatonne passablement.
Bonne année photographique !









