Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Pictura
Voici venue l’heure du dernier article sur Noorderlicht 2009 et ce n’est pas l’exposition la plus modeste (en nombre), au contraire, avec presque 20 auteurs.
Comme sur d’autres sites, on croit que c’est petit de prime abord mais c’est une erreur. Il s’agit encore de photos d’étudiants de divers domaines de la photographie, cette fois le travail de fin d’année de la FotoAcademie d’Amsterdam. Je ne mentionne ici que les auteurs ayant un site web individuel en état de marche où figure autre chose qu’une carte de visite. L’ensemble des diplômés et de leur travaux sont de toute façon visibles sur un site collectif, ici.
Esther Buitenhuis (site ici) bâtit des compositions géométriques abstraites en diasec tandis que Gneomar van Nispen (site ici) aboutit à un résultat proche en figeant des fluides colorés en mouvement. Marjolein de Rijk (site ici) montrait des portraits aux nombreuses superpositions, très retravaillés. Marc Driessen (site web ici) montrait de banales scènes de rue. Marc Kruse (site ici) nous gratifie de photo sombres et voilées où on distingue à peine un corps féminin. Angeline Swinkels (site ici) montre 3 photos dans une communauté de hippies (enfin on dirait) et Feiko Koster (ici), un genre de gothique revisitant la bible. Katinka Schreuder (site ici) montre des panoramiques de rue où passent des gens avec des surimpressions ou reflets adroits. Paulien Kluver (site ici) montrait untrès grand portait dans l’escalier.
Karin Kohnstamm (site ici) exposait trois portraits ravissants assortis à des fleurs et Kim Mandemaker (site ici) des portraits de mode très réussis.
Tout cela au final n’est guère convainquant et les sites web ne le sont pas plus: c’est très étrange d’être si dubitatif avec le recul alors que sur le coup, l’ensemble m’avait plutôt séduit. Il est vrai que les sites web sont très approximatifs et véhiculent une impression d’amateurisme vieillot.
Deux auteurs m’ont rappelé d’autres photographes. Eelco Hofstra (site ici) montrait un travail proche de celui de Metzger avec des vues de voiture de nuit, immobile, feux allumés sauf qu’il s’agit là de création publicitaire. Et dans le travail de Marianne Berkhoff (site ici), avec ses poulets et dindes seules ou en groupe, on se croirait (un peu) chez Petitprez, que je préfère toutefois.
Les 4 derniers m’ont semblé plus intéressants.
Peter Paul Schouten(site ici) montrait des espace géométriques presque blancs habités parfois d’une frêle silhouette humaine floue. C’est pas mal mais le site web, pourtant pas en flash, ne permet pas de lier les images.

Dans la même veine “du blanc”, Nadine van Den Berg (site ici) montre des paysages urbains… très blancs où evolue un personnage en blanc.

Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Cbk Trompsingel
Pour cette dernière ligne droite à Groningen, nous allons évoquer l’exposition War machines (curator: Wim Melis) qui fait partie du programme principal et se déroule chez Cbk Trompsingel (à coté de l’église c’est Cbk filiaal dont j’ai parlé dans ce billet ici):
Le site est immense et s’étend, dans une loggia, avec des oeuvres sans rapport avec l’exposition qui sont accrochées ou simplement stockées sur la tranche avec un prix: voir ainsi des oeuvres présentées comme des marchandises ordinaires est plutôt original mais ce n’est pas là le cœur du sujet (de surcroit, je n’ai pas trouvé de site web pour les photographes exposés à l’étage sauf celui de Philip Provily).
L’exposition décline à merveille son titre et ce ne sont que des machines de guerre qui nous sont montrées, avec une prédilection pour les missiles et bombes et l’exposition ne s’est pas limitée à la seule photographie même si c’est le principal medium retenu par les auteurs présenté. C’est Robert Hirsch (site ici) qui se montrait le plus audacieux avec une installation regroupant un microscope et une multitude de petites images avec une légende au dos. A l’autre extrémité du spectre, deux japonais (6 photos) montraient Hiroshima et Nagasaki (ruines fumantes et cadavres) dans une petite pièce isolée: c’est là la seule incursion “historique”, l’ensemble présenté est résolument contemporain.
Gabriel Jones (son site très complet ici) hésite entre paysage et nature morte avec ses restes de missiles abandonnés en pleine nature (série irhann). Il fait partie des 1ers photographes que j’ai découvert quand j’ai commencé à m’intéresser au sujet, il s’agissait de sa série SOMEWHERE ON TIME.

P.w. Voigt (site ici) exposait un extrait de série strangelove: un meeting aérien, un avion sous l’eau, une maquette de bombe et, surtout, des photos de missiles en élévation accrochés sur les 4 faces d’un “totem”. Un travail sur la perception du public des armes en temps de paix.

Après les missiles décédés (Jones) et les bien vivants (Voigt), c’est au tour de missiles empaillés vus par Paul Shambroom (site ici) qui nous les montre aux Etats-Unis, utilisés comme décoration ou mémorial.

Simon Roberts montre 3 photos extraites d’un vaste travail sur l’armée rouge qui montrent un “parc a armes” ou l’on peut se photographier a cote d’un missile. Cet auteur a été beaucoup exposé pour son projet we english. Son site principal (ici) renvoie à des sites par projet. Il est représenté par Klompching à New York et The photographer’s Gallery à Londres, deux galeries qu’on aime bien.
Simon Norfolk (site ici) exosait une partie de sa série full spectrum dominance avec des missiles, des vues interieures des bases et une salle de commande ancienne, et surtout des trajectoires de missiles tirés depuis la Californie, à fins de tests, sur les iles Marshall.
Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Fotogalerie Groningen
Après plusieurs semaines d’interruption, revoici revenu le temps de puiser dans les expositions visitées il y a quelques mois à commencer par Noorderlicht (ici) qui se tenait à Groningen en octobre 2009. Nous allons évoquer ici une exposition qui se tenait à la Fotogalerie Groningen à deux pas de l’Église, centre névralgique du festival. Il s’agit de photos des enseignants des écoles photos (Fotoacademie et Fotoschool), il ne s’agit donc pas d’une exposition phare.
Après avoir actionné la porte sans résultat, une bonne âme ouvre (il suffit de pousser parait-il). A gauche, un bar et des photos un peu éparses sur les murs mais il y a plusieurs étages et au final la visite vaut le coup. Certaines photos sont a vendre mais, pas de chance, pas celles qui me plaisaient (ou du moins il n’y avait pas de prix).
Parmi les 13 auteurs, 8 m’ont semblé un peu trop “amateur” mais les 5 derniers ne manquent pas d’intérêt.
Henny Berno Stern montrait une fille qui pose, les contours la photo sont frottés, bof. Nienke Wind nous gratifiait d’illustrations de “l’Inde eternelle”, banal. Les autres auteurs disposent d’un sit web.
Arjan Verschoor (site inutilisable ici) montrait 6 petits portraits noir et blanc cadrés de prés. Gerard Kingma (site commercial extrêmement fourni ici) exposait 3 vues campagnardes en grand noir et blanc brumeux. Du côté de Hellen van Dijk (son site ici, qui fleure bon l’amateur), on voyait deux vues de nature assez banales (450 euros). On reste dans l’amateur avec les trois suivants.
Olaf Otto (site amateur ici) montrait des portrait de jeunes femmes en noir et blanc ornés de textes calligraphiés et d’un cadre ancien rococo mais comme je ne comprends pas le néerlandais, j’en suis resté là. Jenne Hoekstra (site amateur ici) montrait un homme nu en position fœtale, le visage couvert d’un masque branché sur 2 cuves, bizarre. Je passe sur Corinne Hormann dont le travail est exposé ailleurs à Noorderlicht et que j’ai déjà évoqué (ici).
Je garde pour la fin les cinq auteurs dont le travail m’a le plus séduit.
Ingeborg Lukkien (son site ici) est photographe de mode et montrait de magnifique hybridation de femme et de fleurs, une alliance un brin éculée mais un resultat agréable.
Sabina Theijs (son site ici, bien fait mais en néerlandais) montrait In search of americans, des portraits de voyageurs à la maison (affalés dans un fauteuil avec un stock de souliers par exemple) et sur le terrain. Une série amusante qui donne aussi un peu à réfléchir. Comptez 950 euros quand même.
Suzanne Blanchard (son site ici réserve une place à son activité de création) montrait sleepers (power naps sur son site), des photos d’indiens surpris dans la rue en train de faire la sieste. La série est à 900 euros et l’unité à 250. C’est un vrai sujet les dormeurs: au Casino Luxembourg il s’agissait de dormeurs en Afrique par Sada Tangara (ici) et à Groningen même ce sont les soldats endormis qui étaient photographiés par Tim Hetherington (ici).
Marijke van Ruiten (site minimaliste un peu intriguant ici) montrait de petites photos intimistes dans un cadre ancien énorme qui donne un effet de hublot: c’est finalement plus ce rapport entre photo et cadre qui m’a plu.
Cissie van der Ven montrait ce qui est resté à mes yeux comme le plus intéressant, de grands tirages mats très verts avec une femme dans une attitude étrange (je suis d’accord, on voit ce genre de photos un peu partout mais ça n’enlève rien au charme de ces photos). Son site web (ici) est fort bien fait, complet, organisé en projets et séries et sans Flash ce qui permet d’avoir l’illustration ci-dessous (vue lors de l’exposition – série Luchtbal).




