Le blog d'un Photoculteur

Culturez vous en regardant des photos !

Galerie Baudoin Lebon – Witkin et Rimoux

Nous poursuivons aujourd’hui le récit de notre promenade d’hier à Paris en exploration d’expositions de photographies. Après VU’, L MD et Paris-Beijing, c’est au tour de Baudoin Lebon (ici et 38 Rue Sainte-Croix de la Bretonnerie).

Au sous-sol il y a comme des paravents colorés dont certains, si on s’approche on s’en rend compte, sont faits de films photographiques retravaillés, oeuvres de Patrick Rimoux. L’essentiel de l’espace reste consacré à Joel-Peter Witkin, pour un travail toujours dérangeant avec peut-être moins de monstres humains et plus de mises en scènes avec souvent des textes (en anglais ou en espagnol), des découpes parfois étranges de ses tirages et même des dessins.

L’œuvre de Witkin est difficilement classable, intrigante, bizarre, souvent dérangeante et fortement sexualisée, parfois violente et morbide. C’est la première fois que je voyais autant d’œuvres de cet artiste que j’avais déjà vu aux Transphotographiques et plus récemment à Strasbourg.

Le site de la galerie propose un large éventail de son travail ici mais l’illustration de l’exposition provient du site de Edelman.

C’est évidemment à voir, jusqu’au 19 juin 2010,  et cela reste déconseillé aux plus jeunes et aux âmes sensibles.

30 mai 2010 Publié par | paris | , , , , , , | Commentaires Fermés

Galerie Paris-Beijing – Achim Lippoth – 1954

La Galerie Paris-Beijing (site web ici et 54, rue du Vertbois) expose jusqu’au 26 juin le travail d’Achim Lippoth à savoir deux séries, 1954 et wrong right wrong.

Spécialisé dans la photographie de mode enfantine, Achim Lippoth (site lourdingue en flash ici) s’est naturellement tourné vers les modèles qu’ils connait le mieux pour son activité photographique plus personnelle.

Ainsi, 1954 met en scène des enfants, reléguant les parents à l’arrière-plan, dans de petites scènes comme tirées d’un film. L’intérêt de la chose est de se projeter en 1954, avec costumes et accessoires d’époque. Mais, passés la séduction immédiate et le sourire qui s’esquisse devant ces scènes quotidiennes de la vie familiale, on reste un peu sur faim (cela fait penser à ça).

Wrong right wrong, sans se départir d’un esthétisme publicitaire particulièrement léché, va plus loin à mon sens: le regardeur est davantage invité à se poser des questions, au-delà de la surface. Le photographe nous donne à voir ce que l’on suppose être un père et un fils réunis dans des scènes, et les rôles sont inversés: c’est le père qui semble embarrassé, contrarié, déprimé ou inquiet tandis que le fils paraît quant à lui assuré, rassurant, etc (illustration en provenance de la galerie).

Une exposition valable, à ne pas rater.

30 mai 2010 Publié par | paris | , , , , , | Commentaires Fermés

Galerie L MD – Polixeni Papapetrou – Between Worlds

Première visite chez L MD (site fort bien fait ici)  une des rares galeries à s’être installée dans le quartier (44, rue Barbet de Jouy) et récente encore puisqu’elle ne dépasse guère sa première année d’existence. La galerie n’est pas grande et est organisée en U ce qui permet d’afficher une dizaine de grands formats. L’accueil est discret et sympathique.

Au programme, le travail de Polixeni Papapetrou (son site ici est remarquable et l’illustration en provient). Le patronyme traduit une origine grecque mais l’auteur est australienne.

J’avais découvert le travail de Polixeni dans Photofile, la magazine de photo australien édité par l’ACP (ici) et puis ensuite je l’avais vu en vrai à la FIAC chez Wanted il y a deux ans (et encore récemment ici). La série présentée alors (Haunted Country) pouvait passer pour innocente vue d’Europe mais elle évoquait en fait la disparition d’enfants dans le bush australien à l’époque des pionniers.

La série présentée ici en apparence ludique avec de petites scénettes jouées par des enfants dont la tête est couverte par un masque d’animal (lapin, cheval, etc). A chacun d’y apporter sa lecture, pour ma part, j’en suis resté au volet poétique, d’autres y ont vu bien des choses plus sérieuses (une analyse ici, en anglais).

Ce que je constate  en tout cas c’est que chez Wanted un tirage à 6 exemplaires coutait à peine plus de 2 000 euros (l’auteur n’est plus représentée par cette galerie a priori – son travail n’y est plus visible sur le web). Cette fois un tirage passe à 4 800 euros, certes encadré et de plus grand format mais tiré à 8 exemplaires.

Quoi qu’il en soit, vous avez jusqu’au 26 juin pour aller voir cette exposition très réussie.

30 mai 2010 Publié par | paris | , , , , , , | Commentaires Fermés

Galerie VU’ – Résiliences. la photo espagnoles au tournant des 60′s

La galerie VU‘ (site ici et 17, Boulevard Henri IV), qu’on ne présente plus, montre une exposition de plusieurs photographes espagnols réunis autour d’une tranche de vie: l’Espagne dees années 50-60. C’est jusqu’au 19 juin 2010.

C’est une exposition majeure à ne pas rater (et gratuite), quasiment de qualité muséale car, rappelons-le, VU’ dispose d’un espace considérable et a l’habitude d’accompagner ses expos de panneaux explicatifs fort bien faits. Les tirages sont bien entendus en vente, comptez au voisinage de 3 000 € en général avec une fourchette de 1 700 à 7 100.

En commençant la visite on tombe sur Virxilio Vieitez dont j’avais déjà vu le travail tant à Châlon qu’à Lyon et à Madrid, c’est dire s’il est connu et reconnu. Ses portraits empreints de gravité sont réellement époustouflants, surtout ceux des enfants, dans leurs habits, endimanchés, comme des miniatures d’adultes. Ces derniers paraissent à leur tour avoir sauté une génération et, d’âge mur, ils semblent déjà des vieillards, la peau tannée. Les scènes collectives m’ont semblé moins puissantes à l’exception des enterrements, cruels.

Avec Christer Strömholm on passe à un ensemble plus diversifié qui va du portrait à la street photography et c’est à mon avis dans ses photos de bars (à hôtesses ?) que l’atmosphère est la mieux rendue et c’est aussi une transition vers l’AFAL (Agrupación Fotográfica de Almería) et Joan Colom qui nous montre surtout des postérieurs féminins.

La visite se termine avec Francisco Gomez (portraits sur le vif et paysages urbains) , Ricard Terré (formats contemporains pour la semaine sainte et de petits formats comme très anciens) et Ramon Masats.

Beaucoup de tirages sont vintages alors venez profitez à Paris d’une exposition exceptionnelle.

30 mai 2010 Publié par | paris | , , , , , , , , , , | Commentaires Fermés