Galerie Frédérc Moisan – Laurent Monlaü, Linda Tuloup, Olivier Roller
La Galerie Frédéric Moisan (ici et 72 rue Mazarine) présentait trois artistes jusqu’au 30 avril que je suis allé découvrir le 24 avril dernier. Enfin découvrir n’est pas le mot car j’avais déjà vu le travail d’Olivier Roller à Arles, un des rares à avoir été oublié dans la longue série d’articles de l’été 2009. Un accrochage plus accessible que le précédent (ici).
Olivier Roller (profil Facebook) montrait à peu près la même chose qu’à Arles: des portraits de statues romaines de grands hommes sur fond noir. Il y a des tirages petits avec cadre noir et verre sans reflets et des grands blancs avec reflets et là, c’est le drame car des aplats de noir avec des reflets, c’est un vrai miroir. Les prix en euros vont de 1 000 à 2 500 et de 2 700à 4 200 euros. C’est tout simplement beau, parfois même troublant tant ces visages, cassés ou numérotés parfois, paraissent réels. Son site web (ici) est un modèle du genre, complet, pratique et didactique qui montre que son travail sur les statues romaines doit être vu comme une réflexion sur le pouvoir et sa temporalité. C’est vraiment à voir !
Linda Tuloup (profil Facebook) exposait sa série la chambre rose, des caisson lumineux carré et toujours la même mise en scène au travers d’un filtre rose: une jeune femme étendue sur un lit, un rai de lumière frappe le corps abandonné et les draps: une inscription y révèle une “pensée”. C’est à 1 500 euro et en grand tirage c’est à 1 800. Son site est ici. Un peu léger me semble-t-il mais l’auteur est jeune et son travail a donc tout le temps de gagner en densité.
Avec Laurent Monlaü (profil Facebook) on revient sur du lourd. Ses photographies de forêt en format géant sont absorbantes: on se laisse emporter dans ses sous-bois tropicaux trompé par des perspectives multiples. C’est bluffant et ce n’est qu’en lisant la notice que l’on comprend la raison du phénomène: l’image produite est un assemblage de multiples photos individuelles ce qui explique que l’image soit presque partout nette et qu’il s’en dégage une impression d’étrangeté. C’est magnifique et hélas un écran de PC ne rend pas compte de l’effet produit. Comptez 3 400 ou 7 500 euros selon le format. Son site est ici (l’illustration ci-dessous en est tirée).

Galerie Hautefeuille – Elodie Guignard – Narcisse ou le souffle renversé (bis)
Après m’être cassé le nez une 1ère fois (ici) et étant de passage dans le coin, je suis retourné à la Galerie Hautefeuille le 24 avril dernier pour y voir le travail de Elodie Guignard, Narcisse ou le souffle renversé. C’est fini depuis le 1er mai.
C’est conforme à l’idée qui transparait sur son site web (ici), frais, aquatique, féminin, propre. Ceci dit, il manque un peu de texte sur le site web et la série exposée ne s’y retrouve pas, une ou deux images seulement étant repérables, dans la série Chrysalides de surcroit. On ne sait donc pas si l’exposition est un remontage de photographies pré-existantes ou un projet à part entière. C’est, quoi qu’il en soit, facile d’accès, et fort agréable et reposant à contempler. La série évoque parfois moins Narcisse (au féminin) que La mort d’Ophélie chère aux préraphaélites, un classique traité aussi en photographie.
La feuille disponible à la galerie ne donne pas non plus de pistes d’explications, dommage. Elle se limite à donner les prix en euros qui sont de 1 800 pour les 50×50 et 3 800 pour les 100×100, édition de 7, un prix un peu élevé à mon goût mais il est vrai que les opportunités d’achat à bon compte aux États-Unis sont désormais devenues rares avec l’écroulement de l’euro :(


