PhotoIreland – 3ème jour – 4 juillet 2010 – La catedral Studios

Comme convenu, voilà la suite du 3ème jour à Dublin qui mérite un article à part entière vu qu’il y avait… 45 photographes exposés à La catedral.

Le truc pas pratique c’est que chaque travail portait un numéro et qu’il fallait aller consulter ensuite un papier pour voir qui fait quoi. Par ailleurs, l’immeuble est assez impressionnant extérieurement (on dirait un squat) et ne portait aucune mention de l’exposition ou d’horaires d’ouverture.

Pour ma part j’ai retenu 18 auteurs mais nombreux sont ceux qui n’ont pas de site web (les pages FB, MySpace, blogs, LindedIn, sites inutilisables et autres ne comptent pas) et quelques uns avec le recul m’ont semblé moins intéressants: au final il en reste seulement 5.

Aaron Dempsey (série dreams) nous montre une fille dans son lit en forêt (ici). Fred Reilly reinvente le paysage à sa façon (série Locus Amoenus) en insérant dans le paysage une grande toile et en photographiant de dos une personne sur ce fond (ici). Garvan Gallagher (série domestic bodies) avec ses hommes dévêtus dans un appartement (ici) . Jill O’Meara montrait une fille minuscule dans un nécessaire à couture, c’est sympa (son site, un peu trop "photographe de mariage" est ici).

Celui qui se détache c’est Rich Lambe ( ici) nous montre un gars avec un tète enrubannée de fil électrique, au travail ou dehors, la meilleure trouvaille exposée avec un site web irréprochable.

Parmi ceux que je n’avais pas retenus sur place, il y en a trois qui finalement, au vu de leurs travaux visibles sur leur site valent vraiment la peine:: Aindreas Scholz (ici), Laura McGovern (ici) et Roseanne Lynch (ici).

Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Fernweh Klub – Off

Dans l’éventualite improbable d’un accident, tel est est le titre de la proposition du Fernweh Klub (qui réunit de jeunes anciens de l’ENSP) qui était montrée au Siège du PCF local. Pour mémoire, l’an passé, je m’étais farci de monter au dernier étage pour y découvrir un espace vide seulement orné de ces pastilles rouges qui marquent habituellement la vente d’une pièce dans les galeries d’art. Cette année j’ai été mieux récompensé  puisqu’il y avait des choses à voir aux étages (d’un autre côté c’était moins potache et moins marrant). Par contre, l’accueil est en baisse (c’est ça les jeunes) car  ils ont ouvert en retard tandis que l’an passé les deux dames camarades qui assuraient la permanence étaient à l’heure – et m’avaient offert des gâteaux ;-)

Pour commencer j’ai raté les travaux de Anne-Claire Broch (c’est un peu vexant car j’avais bien aimé son travail l’an passé au Supermarkt) et Florence Vernier, peut-être s’agissait-il des vidéos (rappel: je fais une allergie) au rez-de-chaussée et puis de toute façon je n’aime qu’on me regarde regarder, surtout si ce sont les auteurs, et comme il y avait du monde…

Après il y avait les travaux de Sunghee Lee, Alexandre Maubert et Gilles Pourtier (vu l’an passé déjà ici). Rien compris.

Il en reste trois où je n’ai rien compris non plus mais où j’ai été frappé (en traître en plus parce que, comme ça, les photos vues de loin n’étaient pas très frappantes). Alors, le 1er c’est Blaise Perrin qui nous montrait ses photos de vacances à Soria en Espagne (c’est un curieux endroit mais bon, pourquoi pas): ses ruines et surtout son brontosaure en plastique m’ont déprimé (son site ici).

 

Geraldine Jeanjean avait aussi choisi un sujet exaltant: Aumont (c’est une ville un village dans le Jura ou alors dans la Somme). En fait, non, ça c’est le titre de la série je crois bien, en fin de compte le sujet c’est comme un souvenir triste, une nostalgie, un secret familial caché peut-être ? On voit une route, un pavillon, un portrait, un rayonnage de jouets et on s’invente une malheureuse histoire. C’est frappant aussi ce truc là mais Géraldine triche (si, si): elle avait mis un texte pour conditionner le regardeur ;-) Les gens très motivés pourront s’aventurer sur son site web (ici) dont l’IHM est un drame à lui tout seul.

Matilde Brugni après une présentation impressionniste l’an passé particulièrement déprimante (réalisée en Finlande, tout s’explique ici), cette année Matilde est restée en France.  Cette fois ce n’est pas déprimant c’est inquiétant. Il y a en effet un suspense: cette fillette s’apprêtant a traverser, cette mémé prête a monter sur le trottoir, cette autre meme prête a entrer chez elle… On anticipe éventuellement le pire.

Allez, une petite suggestion pour l ‘an prochain: vous pourriez pas nous faire des séries avec des fleurs, des petits oiseaux et des petits chatons mignons voire de gros lapins parce que les séries dépressives, à la longue, c’est un poil fatiguant (y compris pour le photographe, non ?). Je plaisante à peine :p

Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Galerie Circa – Off

La Galerie Circa exposait dans le cadre du Off une nouvelle série (mem) de Mireille Loup (site très bien fait, richement illustré et didactique ici), photographe dont avait vu le travail déjà à Paris chez Magda Danysz en 2008 (billet ici). Il m’a semblé qu’il s’agissait d’une nouvelle série, au demeurant inégale, complétée de vidéos. Une pièce sort du lot, ci-dessous, invitant à la réflexion et suscitant à la fois inquiétude et attrait.

Ultra Bref – Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Afi (archivo fotografico italiano) – Off

C’était comme l’an passé, cette expo de Afi, beaucoup  trop petit, mais cette fois à côté d’un hôtel. Si petit même que je ne vois pas l’intérêt d’essayer de montrer quelque chose dans ces conditions (sauf si c’est l’objet même du projet). C’est dommage car ce qui était montré, ce n’était pas n’importe quoi:  Giuliana Traverso, Claudio Argentiero, Umberto Armiraglio et surtout Giacommelli.

Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Le Capitole

Dans le programme officiel il y a le Capitole, habituellement investi par VU’ et cette année ne fait pas exception. La place d’honneur est dévolue à Francois Halard. Il nous montre l’intérieur de sa propre maison, dans des tonalités de jaune, dont il est rappelé non sans modestie qu’elle appartenait en des temps anciens à la haute bourgeoisie locale. Il nous montre aussi, noblesse oblige, une partie de sa série noir et blanc consacrée aux appartements de Marie-Antoinette. Le mieux est sans doute quand il regarde ailleurs quand dans le passé pour nous montrer les intérieurs d’artistes et parfois les artistes eux-eux mêmes: ainsi défilent Miquel Barcelo, James Brown, Julian Schnabel, Paul Cézanne, Jean Charles Blais, Richard Avedon, Raushenberg et Cy Twombly.

Mais le meilleur du meilleur, paradoxalement, et bien que je sois rétif à la vidéo, c’est peut-être ce film court en noir et blanc, un jour à Pittsburgh, avec me semble-t-il Nico.

Au rez-de chaussée toujours, figure un malencontreux pot-pourri entassant, faute de place, les travaux de photographes pourtant renommés de chez VU’, chacun étant réduit à trois tirages maximum. Un massacre dont on pouvait se dispenser. Parmi les victimes prestigieuses de cet accrochage, on citera:  Conti, Schuh, Castro Prieto, Fujimoto, Davies, Faucon, Munoz, Silverthorne, Leblanc, Broyer, Leele et enfin Pernot (avec sa fameuse petite fille extraite d photo d’un grand ensemble et agrandie) et Bourcart (le fameux truc des mariages vu à Arles en 2008 – billet ici) et Bizos (vu il y a peu à Strasbourg et c’était une découverte pour ma part – billet ici). Toujours dans le même coin,  un mur complet de suédois innocents mais crucifiés: Stromholm, Forsslund, Petersen (portraits), Bergstrom (paysages), Engstrom et Tunbjork. On les voit souvent chez VU’, bien mieux présentés (ce qui n’est pas difficile).

A l’étage, ce sont de grands portraits noir et blanc de Richard Dumas où on reconnaitre notamment dans des genres différents, Chabrol et Kirsten Dunst.

 

Au final, c’est une exposition à peine dans la moyenne: on peut y jeter un œil sur la vidéo de Halard et ses portraits d’ateliers d’artistes ainsi que visiter les portraits de Dumas, pour le reste mieux vaut passer chez VU’ à Paris.

Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Bilan: très lourd, pas piquant

Les Rencontres 2010 m’ont paru moins envahies d’expositions parasites que l’an passé et de manière général le Off m’a semblé de meilleure qualité.

De mon côté, j’ai aussi, fort de l’expérience 2009, évité des expositions dont je savais par avance qu’elles ne présentent aucun intérêt (il y a des noms qu’on retrouve hélas d’une année sur l’autre) et j’en mettrais deux ou trois encore à l’index l’an prochain.

Dans le Off, on peut remarquer La Vitrine (L’évadée) et Hypermarkt, Le WIP de l’ENSP, Les divers lieux pilotés par le Off directement, Le magasin de jouets, La galerie de poche, Le CoffeeSocks.

Le programme officiel quant à lui m’a laissé perplexe. Après la mode (2008) puis la provocation (2009) vient l’heure du néant (2010)  faute de trouver un invité de marque pouvant mettre sa patte. Pour masquer le manque, trois parcours ont été créés qu’on pourra déjà décliner en 2011: après l’Argentine, je propose l’Espagne, après l’argentique, je propose le numérique et après le rock et Mick Jagger, je propose la pop et Lady Gaga. Trois pieds c’est plus sûr qu’un seul et cela réduit les risques de se casser la figure mais la contrepartie c’est que ce n’est pas "piquant".

En revanche, les Rencontres 2010 c’est en effet "lourd".  Avec l’arrivée dans le programme officiel du Musée Réattu et de l’Hôtel du Cloître, les Rencontres ajoutent peu, certes, mais le programme est déjà trop chargé et cela vaut principalement pour les Ateliers. Surchauffés, trop vastes, trop hauts, trop grands, trop loin, trop tout. Les Ateliers, je les ai assez vu maintenant et j’espère que nous aurons un jour des espaces de taille raisonnable et non des lieux à remplir car nous en sommes là: ce sont les lieux qui dictent le volume exposé et en l’espèce ce sont les lieux qui invitent à la surabondance. Je passe cette année sur la sonorisation d’un des Ateliers qui ajoute le débordement auditif au débordement visuel.

Arles troque la culture tapas pour la culture hamburger: pas très piquant, mais très lourd.

Que sauver du programme officiel ?

Aucun site dans sa totalité à part peut-être les sites les plus petits, monothèmes: l’ENSP et l’abrégé de Re-Génération. Pour le reste, il faut picorer: Giacomelli (au Méjan), Shore, Warhol, Linder et Tillmans dans Cliché! (aux Ateliers), Haas (à l’étage du cloître), les vidéos didactiques de Chambres(s) claire(s) (à l’archevêché), Ria Van Dyke dans Shoot! (aux ateliers), Hans-Peter Feldmann et Taryn Simon(Prix Découvertes, aux Ateliers).

[to be completed]


"I am a ciiché", échos de l’esthétique punk

ECHOS DE L’ESTHÉTIQUE PUNK

Empruntant son titre à la chanson du groupe punk X Ray Spex, l’exposition I Am A Cliché explore le statut de l’image et de ses métamorphoses dans l’esthétique punk. Des Screen Tests silencieux d’Andy Warhol aux iconiques portraits de Patti Smith captée par Mapplethorpe, des photocollages subversifs de Jamie Reid et Linder aux images lacérées et réinventées de Meredyth Sparks, des corps hors limites saisis sur scène par Dennis Morris, Bruce Conner et Sue Rynski à l’appropriation par David Lamelas des attitudes de rock stars déchues de leur piédestal, des paysages urbains désolés de Peter Hujar aux salles de concerts suspendues dans le temps de Rhona Bitner, l’image se fait scène et la caisse de résonance de cette Blank Generation chantée par Richard Hell. Le punk n’est plus considéré aujourd’hui comme une « Great Rock and Roll Swindle », cette grande escroquerie du rock’n’roll tel que l’avait qualifié Malcolm McLaren, mais comme un mouvement dont les fondements, les postulats et l’iconographie définissent une esthétique. Le biographe du punk, Jon Savage, qualifie celle-ci de « marginale, internationale, sombre, tribale, aliénée, étrangère, pleine d’humour noir ». À l’heure où le rock peut sembler récupéré et édulcoré par la publicité, l’énergie du punk, conjuguant humour et subversion, est réactivée par de nombreux artistes. Il s’agit d’appréhender à travers ces œuvres la portée d’un mouvement musical et artistique dont le nihilisme de façade a longtemps occulté la validité esthétique et l’héritage. « Les Sex Pistols étaient un mécanisme d’attraction/répulsion doué d’une puissance infernale qui permettait de passer à l’action », confirme Mike Kelley, un des fondateur du groupe punk Destroy All Monsters. En se faisant l’écho de l’esthétique punk, « ces voix anciennes qui paraissent aussi touchantes et effrayantes que jamais, en partie à cause de la qualité irréductible de leur exigence, en partie parce qu’elles sont suspendues dans le temps », ces artistes, de Christian Marclay à Wolfgang Tillmans, de Dan Graham à Céleste Boursier-Mougenot, s’inscrivent dans cette histoire secrète retracée par Greil Marcus dans Lipstick Traces, qui relie les Sex Pistols à Guy Debord et au dadaïsme. Ils en écrivent au présent un nouveau chapitre.

Emma Lavigne, commissaire de l’exposition.

Née en 1968. Vit et travaille à Paris.

Emma Lavigne est conservatrice pour l’art contemporain au musée national d’Art moderne / Centre de Création industrielle du Centre Pompidou, Paris. Elle a été auparavant conservatrice à la Cité de la Musique à Paris, où elle a été commissaire de nombreuses expositions consacrées aux relations entre la musique et l’art contemporain, telles que Electric Body ou Espace Odyssée, Chen Zhen, Saâdane Afif ou Christian Marclay. Elle a également organisé des expositions associées à la scène musicale rock, telles que Jimi Hendrix Backstage, Pink Floyd Interstellar, John Lennon Unfinished Music. Elle a été co-commissaire en octobre 2008 de l’exposition Warhol Live et d’Imagine Peace avec Yoko Ono en avril 2009 au musée des Beaux-Arts de Montréal.


Exposition présentée à la Grande Halle, Parc des Ateliers.



Exposition réalisée avec la collaboration de Thierry Planelle, illustrateur sonore et réalisateur de la bande son.


Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Hôtel du cloître

Déception une fois de plus pour un nouveau lieu du programme officiel, l’Hôtel du cloître situé 18 re du cloitre. Déception car pour ma part je n’attends pas des Rencontres qu’elles nous montrent des créations vidéos mais de la photographie ou bien alors, et certains festivals en sont arrivés là, il faut les renommer en "festival de l’image" ou quelque chose d’approchant.

En effet, en ce lieu, il nous est donné à voir surtout de la vidéo (Peter Hutton et Luke Fowler), la photographie se limitant à une mince (très mince) série de Luke Fowler.

Cette exposition, au vu du volume considérable de choses à voir par ailleurs s’imposait-elle ? Non. Il n’est pas utile que les Rencontres noient le visiteur et cherchent à battre des records de fréquentation en déversant un peu tout et n’importe quoi. On en reparlera quant on abordera les Ateliers, site qui déborde de toute part.

Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Le magasin de jouets

Le Magasin de jouets, ce n’est pas que pour les enfants. Remarquablement restauré, le lieu offre à Fêtart (dont nous sommes fan), enfin, un espace d’exposition décent, comme quoi il ne faut pas désespérer.

Luca Zannier et Thomas Jorion se sont livrés à un exercice en grand format couleur.

Au 1er, des lieux mystérieux de prime abord qu’on identifie pas ou mal avant de se rendre compte qu’il s’agit d’installations nucléaires, de sites de(stockage d’eau. Les points de vue sont extraordinaires (je ne sais pas comment il s’est débrouillé et même comment il a eu les autorisations) et la réalisation clinique est impeccable. Cela m’a fait penser au travail de Lucinda Devlin, le volet politique en moins, vu à Liège il y a quelques mois et que je n’ai pas encore évoqué car je suis en retard dans mes billets:  un style partagé, des objets techniques et rarement montrés.

Au 2ème, Thomas Jorion, les lieux délabrés et abandonnés. J’ai un faible pour le terrain de basket au lattes de parquet défoncées.

Pour l’un et l’autre, les prix sont de l’ordre de 1 000 – 1 500 €.

C’est visible jusqu’au 15 août 2010 et c’est à voir.