MEP – Photographies de la nouvelle russie: 1991-2010

Pour son programme estival, jusqu’à fin août, la MEP a choisi deux grands thèmes, le polaroid grâce aux époux Blume et la Russie avec un panorama de la scène contemporaine. Le éclairages sont multiples mais la part belle est faite à la photo de reportage (si cela a encore un sens d’écrire ça) et à la photo de mode (même chose).

Ainsi, Kudryanov et Abaza montrent la guerre en noir et blanc, Kozyrev  et Tschekoldine retiennent la Tchéchénie) et Vyatkine montre Grozny.

Moukhine montre la foule en liesse en grand format noir et blanc mais aussi les manifestations, sujet abordé aussi par Evstafiev (série rouge) qui apporte une dimension plastique à l’exercice, très intéressante.

Tchilikov a quant à lui choisi le petit format pour montrer des costumes régionaux (on avait une approche voisine à Arles l’an passé pour la Turquie chez Attila Durak  billet ici). Tchernysheva montrait des barrières (série rue de reve) et Pervov des vues de banlieues de type HLM.

Dans cette 1ère salle, seuls deux photographes ont été retenus pour le portrait. Il s’agit de Mishoukov avec une longue série de "famille de" présentant donc toujours une famille chez elle, par exemple la famille du député ou la famille du plombier. Le cadre et le portait, les vêtements, tout contribue à poser un "type" comme Sander l’a fait il y a bien longtemps – billet ici). L’autre portraitiste est Bakharev avec de petits formats noir et blanc, des couples, des amis, parfois "posés", parfois embarrassés, parfois "au naturel").

Dans la 2ème salle, l’orientation est plus plasticienne et joyeuse. Tishkov et Bendikov (série lune privée) nous montre un heureux homme qui vit avec un croissant de lune portatif, plein de poésie.Le sulfureux Bratkov est représenté par quelques lolitas aguicheuses (à Photoespaña 2009 la présentation était notablement plus complète – billet ici). Tchilikov cherche-t-il à nous montrer lui aussi les régions de l’ex-URSS ou bien des troupes folkloriques ou bien des bordels ? Il faudra se renseigner un peu pour le savoir: c’est le point faible de cette expo, il y a beaucoup de matériel mais aucune explication, c’est très regrettable.

Avec le collectif aes+f, on tombe en plein sur l’art contemporain international russe (déjà montré à la FIAC, par exemple) mais cette fois si le clinquant du diasec est encore retenu, c’est un format moyen qui est utilisé. Comme toujours, l’esthétique est soignée et la mise en scène troublante. Golfeurs, cuisiniers, serveurs noirs,  personnel d’entretien: tous les codes vestimentaires sont mélangés. : Quant aux accessoires, ils sont peu nombreux: ,chaise longue, table drapée. Enfin, les postures sont volontairement figées et aussi improbables que les tenues. Autre nom qui ne m’est pas inconnu dans cette salle, celui de Chernysheva avec ses bonnets (vus à Lyon déjà – billet ici).

Mamyshev-Monroe montrait en ce qui m’a semblé être des auto-portraits en célébrités (un Cindy Sherman russe ?), Fridkes montrait à fois un garçon riche dans un style "mode"et un projet pour un magazine.

Les trois derniers enfin exposaient également des projets pour des publications Lloktev, Korolev ( pour playboy mais sans nu, dans un wagon). Lavroukhina restait dans la même veine avec des photos de mode "burlesques".

Une belle exposition mais, une fois encore, quelle dommage qu’il n’y ait aucun appareil critique, c’est une occasion ratée de ce point de vue.