Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Galerie Arena

La Galerie Arena, qui fait partie du programme officiel et se situe en centre ville a retenu un programme cette fois encore un peu élitiste en dépit d’une proposition en apparence simpliste: photographier en marchant (je résume).

Du coup, c’est surtout une photographie conceptuelle qui nous est donnée à voir, ou dit de façon plus brutale, des photos sans intérêt qui ne sont là que pour instancier un "geste artistique". Ainsi Hamish Fulton montre un panoramique de montagne établi en faisant une boucle (en montagne justement) en 7 jours: c’est un artiste dont la spécialité est, justement, la marche.

Blague à part ça me fait penser à un article (Les pensées viennent en marchant in Cerveau et Psycho) que j’ai lu récemment, ici. Il semblerait donc que la photographie vienne en marchant aussi, à moins que ce ne soit l’inverse, ou le contraire.

Vous connaissez Andre Cadère ? Moi non mais désormais je sais que c’est un artiste roumain mort en 1978 fameux pour avoir promené une "barre de bois rond". Laquelle barre nous voyons sur une photo, accompagnée du dit artiste. Lucien Pelen nous conte, lui en noir et blanc les aventures très aventureuses d’un certain De Pré Bouzié: je n’ai pas bien vu le lien avec la marche, pas plus que la longue suite de photo de nœuds les plus divers réalisée par Marco Godinho.

Ariel Orozco photographie le père et le fils, chacun parti de leur côté en ville, sans consigne, qui finissent par se rencontrer (!). Et je conclus avec le meilleur, celle du gars qui photographie ce qu’il voit en marchant (Gérard Collin-Thiebaut), c’est en effet très fort de photographier des trucs en se déplaçant à pieds, non ?

"Un intellectuel assis…", vous connaissez la suite.

Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Hypermarkt – Off

L’an dernier, il y avait le Supermarkt (billet ici). Cette année il y a l’Hypermarkt. L’an prochain, ce sera le Nomarkt (enfin peut-être ;-) Et c’est toujours la galerie 2600.

On retrouve avec plaisir Metzger (vu à Lyon, billet ici) et Fouquez (vu encore récemment à Lille – billet ici, l’un et l’autre avec me semble-t-il une nouvelle série.

Johan Attia, avec ses soucoupes volantes très pixelisées (Identification) suit Nicolas Giraud avec ses petits formats faits de pixels tout brouillés comme lorsque le décodage d’une vidéo échoue.

Rémy Lidereau nous ramène à une photo plus classique dans sa forme avec une série de lieux (Modern Safari) sans charme voir abandonnés ou cassés. Olivier Cablat montre un petit panoramique où des bidasses courent dans la rue (alors que son thème fétiche est le foot, ce qui aurait été d’actualité…) tandis que Katja Stuke et Olivier Sieber se livrent à un petit exercice conceptuel, associer une photo et le nom du lieu à une liste de films.

Quant au travail de Gael Pollin, je n’ai rien capté. Les tondi de scènes de rue de Sundae ne m’ont pas non plus emballé. Les photos tirées du livre Hypertrophy sont intéressantes, une sorte de typologie avec une planche de 28 vignettes surmontée d’un tirage plus grand mais on manque un peu d’information sur les auteurs.

Dans un angle il y a aussi The La Brea Matrix mais les travaux affichés ne sont pas attribués aux 6 allemands qui font partie du projet. Je vous incite donc à aller ici pour découvrir leurs travaux, qui méritent l’attention. On retrouve notamment Olivier Sieber (son site ici grosso modo route vers Priska Pasquer…)

Au rez de chaussée mais au fond, il ne fallait pas rater Varena Loewenhaupt avec ses minuscules tirages de gros plan sur des objets médicaux posés sur des patients (son site ne montre pas la série mais bien d’autres travaux). Enfin, Mirko Zander faisait vivre au visiteur l’expérience d’un modeste café turco-germano-turc (ou grec) avec du son en prime :)

Voilà, c’était une fois de plus une des meilleures expos du Off.