Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Le magasin de jouets
Le Magasin de jouets, ce n’est pas que pour les enfants. Remarquablement restauré, le lieu offre à Fêtart (dont nous sommes fan), enfin, un espace d’exposition décent, comme quoi il ne faut pas désespérer.
Luca Zannier et Thomas Jorion se sont livrés à un exercice en grand format couleur.
Au 1er, des lieux mystérieux de prime abord qu’on identifie pas ou mal avant de se rendre compte qu’il s’agit d’installations nucléaires, de sites de(stockage d’eau. Les points de vue sont extraordinaires (je ne sais pas comment il s’est débrouillé et même comment il a eu les autorisations) et la réalisation clinique est impeccable. Cela m’a fait penser au travail de Lucinda Devlin, le volet politique en moins, vu à Liège il y a quelques mois et que je n’ai pas encore évoqué car je suis en retard dans mes billets: un style partagé, des objets techniques et rarement montrés.

Au 2ème, Thomas Jorion, les lieux délabrés et abandonnés. J’ai un faible pour le terrain de basket au lattes de parquet défoncées.
Pour l’un et l’autre, les prix sont de l’ordre de 1 000 – 1 500 €.
C’est visible jusqu’au 15 août 2010 et c’est à voir.
Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Galerie de poche – Off
La Galerie de poche est minuscule, si petite même que tenir à deux là-dedans nécessite de déjà bien se connaître, c’est sans doute pourquoi aucune des trois exposantes n’étaient présentes mais leurs travaux étaient bien là et c’est tant mieux.
Je souligne par ailleurs la qualité du site web, d’un humour caustique et jouant de l’auto-dérision comme j’aime. Les trois filles ne doivent pas dépasser (chacune) 30 ans.
Estelle Ribeyre livrait un reportage rafraichissant sur les frigos vus de dedans, et de dehors, avec un témoignage de leur heureux propriétaire. A voir aussi, la civette de Mme Martiaux. Charlotte Oden dans sa série 9m² habitables réalise de (petits) panoramiques de (petits) intérieurs. Charlotte Rodon, dans cote à cote fait une série de canapés tandis que habitée montre des intérieurs vides.
Tout cela m’a bien plu, reste à voir dans la durée comment ce projet se développera (une suggestion: que chacune se dote d’un site web au plus vite) et en particulier, ce lieu est-il temporaire ? (j’espère).
Pour ma part, j’ai fait une photo de la porte dont je suis assez fier (et encore on ne me voit pas dedans).
Très bref – Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Caisse d’épargne – Off
L’an dernier la Caisse d’épargne, qui jouit d’un superbe emplacement sur la place principale d’Arles, avait été relativement inspirée dans son choix. Avec La controverse du polaroid, décidément à l’honneur (entre l’Impossible exhibition et la salle dédiée à l’espace van Gogh) on s’attendait à quelque chose de valable cette année encore. C’est raté et à oublier: ce n’est pas parce que le Polaroid est un instrument facile d’emploi que le résultat est toujours digne d’être exposé.
Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Méjan
Enfin une exposition du parcours officiel dans le centre-ville qui tient debout et qu’il faut aller visiter à toutes jambes: celle consacrée, à la chapelle Saint-Martin du Méjan, à Mario Giacomelli (les illustrations sont tirées de son site). Je passe sous silence, par charité, les photos de Peter Klassen à l’étage, encore heureux que ses peintures soient montrées aussi, cela ne sauve pas les meubles mais évite le complet naufrage. L’exposition Giacomelli réhabilite un lieu injustement squatté l’an dernier (billet ici). Pour être honnête, j’ai découvert Mario Giacomelli il y a peu, en janvier 2009 (billet ici) mais c’était prometteur. Cette fois, la rétrospective donne une vision extensive du travail du photographe. Le travail est découpé de manière plus ou moins chronologique et je ne vais pas tout décrire mais l’exposition commence par La mort viendra et elle aura tes deux yeux 54-68 des photos de vieux dans toute la crudité de la déchéance finale. 
Dans un registre plus joyeux mais moins développé, on ne ratera pas La bonne terre 64-66 avec des scènes rurales sympathiques. Je saute ensuite directement à Je n’ai pas de mains qui me caressent le visage, séquence qui montre les fameux prêtres qui jouent entre eux, des images presque comme des dessins avec des aplats de noir sur fond blanc sans relief ni texture. Des textures en revanche on en a en revanche dans les matériaux recueillis Pour la poésie (vers 1990). On ne peut conclure sans évoquer les superbes paysages photographiés par Giacomelli, souvent géométriques, presque palpables parfois, à la limite de l’abstrait à d’autres moments.




