PhotoIreland 2010 – Bilan mitigé

C’était cette année la 1ère édition, du 1er au 11 juillet 2010, de PhotoIreland et les organisateurs n’ont pas ménagé leurs efforts avec un site web qui tient la route (avec une belle GoogleMaps) et une animation web (sur FB notamment) remarquable. Sur place, les dépliants permettaient de s’y retrouver. L’ensemble des expositions étaient gratuites ce qui est aussi appréciable et Dublin n’étant pas très grande, les expositions étaient toutes proches les unes des autres, même à pied.

Pour autant, et même s’il s’agit là d’une 1ère édition, montée de surcroit par des bénévoles, il ne faut pas dissimuler les lacunes, qui sont nombreuses, et qui je l’espère pourront être comblées lors de l’édition prochaine. Évidemment, il ne s’agit là que du point de vue d’un visiteur d’expositions (exigeant, car en voyant beaucoup), pas celui d’un photographe participant à des conférences ou à des revues de portfolios, une « offre » que le festival proposait également.

Ainsi, le programme présenté comme international manque singulièrement d’auteurs non Irlandais et manque également d’expositions d’ampleur avec quelques grands noms: au final, le festival est largement consacré à la photographie locale ce qui , compte tenu de l’étroitesse du « marché » conduit à une sélection un peu légère. Le petitesse de la ville et en conséquence la quasi absence de galeries privées privent le festival d’un relai souvent important dans d’autres villes (Paris, Lyon, Madrid):  on peut dès lors s’étonner que les institutions locales et régionales (musées, ministères, universités, etc) n’aient pas joué le jeu en ouvrant leurs portes (Paris, Madrid). C’est là la principale critique mais elle est de taille puisqu’elle amène à se demander si le programme justifie le déplacement depuis Paris.

Deux autres difficultés sont liées au planning. PhotoIreland tombe en même temps que les rencontres d’Arles ce qui n’est pas commode pour certains visiteurs mais peut aussi « assécher » le marché des curateurs et autres experts. Mais surtout, d’un point de vue très pratique, le fait que les expositions commencent de manière étalée est regrettable: le programme déjà mince se trouve ainsi amputé et pour ma part je regrette de n’avoir pu visiter des expos pas encore commencées lors de ma visite. Cette situation est courante sur de vastes expositions (qui peuvent se le permettre) mais pas sur de plus modestes.

Les derniers écueils sont liés à la logistique, ils peuvent être facilement réglés. Il est absolument impératif que la signalétique PhotoIreland soit visible en 1er sur tous les supports (affiches, panneaux, tracts) afin qu’il n’y ait pas besoin de plisser les yeux dans les rues pour découvrir un vague logo. Il est également indispensable que le fléchage soit revu et qu’un dispositif en saillie des façades soit installé comme c’est le cas à Madrid ou encore à Groningen. Évidemment, chaque lieu doit clairement porter une affiche mentionnant le sujet, les dates et horaires d’ouverture: il est lamentable de se casser le nez sur des portes muettes, ne portant absolument aucune indication. Il serait utile d’avoir sur le site web une liste à plat des lieux, adresses, jours et horaires.

Alors, faudra-t-il aller à Dublin (depuis Paris), en 2011, pour y voir de la photographie, si l’opération est reconduite ? Non si la situation ne progresse pas radicalement: il est impératif que le niveau des expositions soit relevé et que des « locomotives » soient identifiées. La proximité historique et culturelle entre l’Irlande et les iles britanniques mais aussi avec les États-Unis offre à mon sens des perspectives de développement évidentes et un bon timing peut même « profiter » des Rencontres d’Arles qui attirent en Europe des visiteurs du monde entier.

Remercions donc les sympathiques et dévoués organisateurs et souhaitons leur de trouver l’an prochain autant d’énergie et, surtout, de faire progresser leur festival, ils méritent nos encouragements.

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