Les Filles du Calvaire – Thibaut Cuisset – Une campagne photographique, La boutonnière du Pays de Bray

Après La petite poule noire, il était logique de passer une tête chez Les Filles du Calvaire (17 rue des Filles du Calvaire). Cela faisait un bon moment que je n’étais pas allé dans cette galerie qui expose régulièrement de la photographie.

Cette fois et c’est jusqu’au 25 septembre, c’est Thibaut Cuisset qui expose ses photographies paysagères et campagnardes, souvent verdoyantes. On l’avait vu dans une exposition collective il y a presque deux ans (billet ici).

Ce travail de commande réalisé en Normandie montre la nature et, parfois, des fermes. Le tout est désert. Les fermes ne sont guère intéressantes. Les sous-bois ne sont pas captivants. En revanche, les vues un peu générales des champs, notamment à une saison puis à une autre (certaines photos sont accrochées par paires). Ce n’est pas du Giacomelli (c’est en couleur) ni du Fontana (c’est un peu pâle, c’est la mode)  mais cela se laisse voir.

Et puis c’est reposant (voir ci-dessous une illustration en provenance de la galerie).

Voilà.

La petite poule noire – Stéphanie Lacombe

On connait un peu le travail de Stéphanie Lacombe déjà récompensé et donc montré (billet ici). En revanche, c’était la 1ère visite la semaine dernière chez La petite poule noire (12 bd des filles du calvaire).

Le travail exposé tranche avec ce que l’on connaissait auparavant: ici, pas de reportage amusé mais une photographie presque onirique, mystérieuse et très travaillée avec du bougé, des superpositions, des froissements. Du coup, cela désarçonne un peu, au début au moins, et il faut un petit moment d’adaptation pour retrouver ses petits et identifier ici et là comme des monstres (ci-dessous, illustration en provenance de chez Myop) ou des êtres étranges et masqués surpris en pleine nature. D’autres images sont plus traditionnelles dans leur sujet (paysages inhabités) mais le traitement est toujours original. Ces "trois saisons", regroupements effectués au sein de sa série "Sur la plus haute branche", deux au niveau de la rue et la troisième en sous-sol, ont chacune leur tonalité (l’été est passé à la trappe je crois bien).

C’est une exposition à aller voir et c’est jusqu’au 3 novembre 2010.

PhotoEspaña 2010 – Museo Colecciones ICO – Helen Levitt

Alors là, autant le dire d’entrée de jeu, l’ICO nous gâtait cet été dans le cadre de PhotoEspaña avec une exposition exceptionnelle (et gratuite, y compris la consigne) consacrée à Helen Levitt, figure marquante de la photographie américaine, morte en 2009 à 96 ans, et adepte du Leica. Le lieu, superbe, parfaitement climatisé, à deux pas de la Gran Via, accueillait déjà l’an passé une autre célèbre photographe, Dorothea Lange (billet ici).

La 1ère partie (a way of seeing - du titre de son livre publié en 1965, un classique dont les EO se négocient à 1500 €) est consacrée à la période 1936-1948 et on y voit surtout des enfants et des graffiti, parfois dans de minuscules tirages. Dans un coin on peut aussi regarder assis sur un gros canapé, son film in the street réalisé dans les quartiers pauvres vers 1944-45 et qui montre naturellement des enfants, son sujets favori.

A l’étage, on pouvait voir Mexico (1941): des routes en terre, pas d’autos, des maisons délabrées, des gens tristes, malades ou blessés. La période 59-88 est couverte par une projection de diapos et de nombreux tirages dont le fameux avec le petite fille qui se glisse sous une auto.

Cette période est plus insolite voire amusante que ses travaux précédents. Pour mémoire, Levitt a arrêté la photo entre 48 et 59 ce qui explique le trou dans l’exposition. Les travaux plus tardifs (75-93) marquent un retour au noir et blanc et n’étaient que peu présentés, leur intérêt il est vrai étant moindre.

PhotoEspaña 2010 – Real jardin botanico – Jem Southam et Bleda y Rosa

Le Real jardin botanico est un vrai délice, sur le Prado, un havre de paix et de tranquillité avec ses fleurs et ses arbres. Très reposant.

C’était aussi, cette année encore, le cadre d’une exposition de photographies, gratuite et, comme toujours pour le programme officiel, plutôt relevée avec 3 artistes de niveau international.

Jem Southam montrait des paysages à quelques heures, jours, semaines, mois ou années d’écart. C’est une série qui montre le temps en fin de compte, comme d’autres essaie de montrer l’horizon. La série rockalls montre des falaises (on s’y attendait un peu) en grand format en Normandie et en petit format en Chine. La série ponds ne montre pas vraiment des étangs mais plutôt des trous d’eau et un taillis. On peut voir son travail chez Robert Mann Gallery.

Bleda y Rosa occupaient l’autre aile avec memoriales, une série réalisée à Berlin Jérusalem et Washington. Ces lieux n’évoquent pas toujours grand chose (notamment les lieux à Berlin vu que je ne parle pas un traitre mot d’allemand). Il sont déserts et en gros plan. Parfois quand même on perçoit la charge historique et émotionnelle de certains lieux fameux, comme le Théâtre Ford (où fut assassiné Lincoln).

PhotoEspaña 2010 – Fnac et Room Mate Oscar

L’an dernier je m’étais pointé à la FNAC après la fermeture de l’exposition. Cette fois j’étais à l’heure mais cela ne valait pas la peine (quelques photos dans un escalier). Quant à Room Mate Oscar (un hôtel), l’an passé il n’y avait rien et cette année encore, de l’extérieur je n’ai rien vu du tout.

PhotoEspaña 2010 – Magda Bellotti – Rosell Meseguer

Magda Bellotti montrait pour PhotoEspaña le travail de Rosell Meseguer qui comprend un volet photo mais ne constitue pas l’essentiel de son travail dont le concept est ici d’assimiler une tourelle de blockhaus à une soucoupe volante, idée qu’il décline sous toutes ses formes (photos, gravures, sculptures, etc). C’est amusant mais bon. C’est un choix étrange car son site web montre un travail exclusivement photographique et plus conventionnel. Les photos sont de 1200 à 3000 euros.

PhotoEspaña 2010 – My name’s lolita rt – Miguel Santesmases

My name’s Lolita art avait retenu le travail de Miguel Santesmases et titrait "el problema del horizonte". Tout était dit déjà. Contrairement à l’an passé où l’on ne comprenait pas très bien qui était présenté, cette fois, le programme était lisible et les photographies aussi qui montraient ce qui ne peut l’être, l’horizon. Les grands formats souvent à la couleur dorée sont un régal pour les yeux et le partage entre les masses, ciel, la montagne et la ville fait apparaitre un horizon réjouissant. Les prix restent raisonnables, de 1700 à 3000 euros. Dommage que l’auteur n’ait qu’un blog et que le site de la galerie soit en travaux.