Thibaut Cuisset – « Campagne française, fragments »
Thibaut Cuisset, on connait son travail pour l’avoir vu et apprécié, et encore tout récemment (ici). Excellente raison pour aller voir son exposition à l’Académie des Beaux-Arts (23, Quai de Conti et ici). J’ai vraiment apprécié ce travail calme et réfléchi qui m’a reposé les yeux de ce que j’ai pu voir à la FIAC le même jour, sans parler du public ordinaire que j’y ai croisé et dont je me suis senti plus proche que de celui fréquentant le Carré du Louvre. Passons.
Thibaut Cuisset nous montre des bouts de campagne, française en l’espèce, souvent des paysages mais aussi quelques broussailles et des fermes. Une quarantaine de tirages de bon et beau format, ni cartes postales ni géants prétentieux, une masse suffisante pour apprécier le corps de l’ouvrage et insuffisante pour lasser.
Aujourd’hui, peu de photographes montrent la campagne (enfin il me semble) et il y a dans cette stabilité des paysages et des pratiques (oui, je sais que les tracteurs sont climatisés et ont le GPS pour certains mais on continue en général à labourer – oui, je sais pas toujours, mais bon) quelque chose de rassurant et, en même temps, de proche. Après tout, notre passé à tous est celui d’agriculteurs: même les intellos, bobos et autres, de la FIAC, ont des ancêtres aux pieds nus foulant l’herbe des pâturages.
Enfin, bref, c’est un bol d’air que de voir cela et on appréciera, chacun avec se yeux et son vécu, ce travail dont la composition et les couleurs sont un enchantement.
En plus, c’est gratuit.
L’entrée de l’exposition montre brièvement les finalistes du concours 2010 dont Cuisset a été vainqueur en 2009 et je trouve pas mal de les citer: Sadin (vu chez Polka, billet ici), Shimamura (vu aux Transphotographiques, billet ici), Rouvre et Poussier (entrevue sur un stand à Paris Photo il y a deux ans et vue à la BNF pour France14). C’est la petite dernière, Marion, qui l’a emporté, bravo !
C’est jusqu’au 21 novembre 2010.
Orelart – Les Russes ! Portrait photographique russe. 1970-2010
Il y a quelques semaines je suis passé chez Orelart (ici et40 rue Quincampoix) et l’exposition sur le portrait russe dure jusqu’au 30 novembre 2010. Le portrait ça m’intéresse et comme les photographes sont ceux sélectionnés par Lisa Fetissova (galerie RTR) et déjà vus il y a quelques temps, c’était l’occasion d’y revenir d’une manière plus large, dans une galerie fort vaste.
Un seul conseil: faites y un saut.
Certains noms ne m’étaient donc pas inconnus (quoi que difficilement mémorisables pour un français): Sergey Maximishin (qui montrait notamment un Poutine au bureau, pensif sur fond noir ou des moines déménageant un tableau), Margo Ovcharenko (toujours les mêmes travaux mais le prix est passé de 700 euros à 1000-1900), Oleg Dou (toujours dans la même veine également), Tanya Leshkina, Dasha Yastrebova, Evgeny Mokhorev.
Mamyshev-Monroe, lui on l’avait vu à la MEP (ici) de même que Bakharev avec ces gens à poil l’air défoncés et Tchilikov avec ses femmes photographiées en amateur. Quant à Kulic, on ne le présente plus, il figurait une fois encore en chien (25 000 euros).
Pour d’autres, c’était des découvertes: Leontiev, Mukhin, Savadov, Kuznetszova. J’ai tout spécialement apprécié les vieilles dames avec leur chien de Esipovitch, un thème classique traité de manière, euh, originale (une autre série donne le ton ici).
Voilà, c’est une bonne exposition qu’il faut aller voir et ce n’est pas si fréquent (en plus c’est gratuit).


