Le blog d'un Photoculteur

Culturez vous en regardant des photos !

BNF – Primitifs de la photographie. Le calotype en France (1843 – 1860)

Il y a quelques semaines, fatigué par la FIAC, ses œuvres et son public, je m’étais rincé les yeux avec Cuisset (billet ici) mais aussi en visitant l’exposition qui se tient à la BNF jusqu’en janvier 2011 consacrée au calotype en France, un sujet pointu dont la découverte vous coutera 7€ et la compréhension fine pas loin de 60€ (prix du catalogue ou plutôt de l’ouvrage consacré à l’exposition).

Le lieu est toujours en plein travaux (je ne sait pas quel en le coût en équivalent-tonne-catalogue) mais la salle est intacte, tout en longueur et, lors de ma visite, quasi-déserte. La dernière fois, la salle était déjà tout en longueur, ce qui ne surprendra personne mais en revanche elle était bondée, ce qui ne surprendra personne non plus car le sujet en était la photo américaine des 70′s (et il y avait je crois bien des filles à poil et des armes – billet ici). La vraie différence en fait c’est que cette fois la BNF a fait son travail avec un remarquable effort d’explication, des cartels lisibles et tout. Le sujet reste aride mais au moins le contexte est expliqué.

Cette exposition séduira les amateurs de photographies anciennes surtout et les férus d’histoire de la photographie; pour les autres, il reste la découverte d’images anciennes, parfois d’une étonnante qualité technique, quelques noms bien sûr et quelques éléments relatifs aux débuts de la photographie et à l’antagonisme franco-anglais.

C’est une exposition finalement à réserver à un public averti (mais pas pour les mêmes raisons que l’expo Larry Clark).

13 novembre 2010 Publié par | paris | Commentaires Fermés

PhotoEspaña 2010 – Marta Cervera, Rafael Perez-Hernando, Astarte, Goethe institut

PhotoEspaña 2010 s’est déroulé cet été à Madrid. Des galeries participent ainsi et surtout que de nombreux lieux publics. Pour le 2ème jour de visite, c’était les galeries qui pour l’essentiel constituait mon programme.

Chez Marta Cervera, le programme était extrêmement “arty” et contemporain: autant dire que, comme l’an passé, je n’ai pas vraiment adhéré aux propositions de Patricia Gomez et Jesus Gonzalez, de Luis Gordillo, de Nuria Fuster, de Jay Heikes, de Eileen Quinlan, de Tomas Saracina et de Daniel Silvo. Sans doute aussi le peu d’œuvres présentées en raison de l’abondance d’artistes, sans thème commun (a priori) et l’absence de tout appareil critique ne facilitaient pas la naissance et le développement d’un quelconque intérêt.

Chez Rafael Perez-Hernando, le programme restait obscur également mais  le solo show avait le mérite de la cohérence et ce d’autant que Luis Perez-Minguez ne montrait que des bottes de pailles, floues, sombres, de près ou de loin, souvent réduites à un objet pyramidal vaguement abstrait. Le temps a passé depuis la fin de l’exposition et à Paris en ce moment, c’est l’exposition Monet alors le rapprochement est vite fait avec les “meules de foin” de Monet (5 sont présentées d’ailleurs sur une trentaine qu’il a réalisées).

Chez Astarte, après l’expo remarquable consacrée l’an dernier à Gilbert Garcin et à ses noir et blanc facétieux,  la galerie nous offrait cette fois une ode à la couleur signée Raúl Gómez Valverde.  L’artiste a pris des photos grands format dans des couleurs de bonbons anglais, de Regent’s Park à plusieurs moment précis et en a tiré des diagrammes colorés sous formes de cercles et une vidéo aussi. Je n’ai pas tout saisi mais ce n’est pas grave: c’est beau (images ci-dessous en provenance du site de l’auteur).

On termine avec l‘Institut Goethe de Madrid qui hélas en montrait trop peu pour chaque auteur.  C’est dommage car les travaux ne manquaient pas d’intérêt et il aurait mieux valu donner leur chance à moins de photographes (il s’agit ici de jeunes photographes) en leur offrant chacun plus d’espace mais bon, c’est comme ça.

Ingo Mittelstaedt montrait des gouttes et fuites et son site (ici) montre un travail pour le moins intellectuel (i.e. je ne comprends rien). Sonja Kaelberer montrait des intérieurs abandonnés: j’en ai un peu assez des intérieurs abandonnés et il faudrait vraiment un photographe talentueux pour que ce qui est devenu un genre soit remarquable.

Dans une veine classique, Mona Moennig (images visibles ici) réalise des “portraits” de chats et de chiens et Shigeru Takato des paysages en triptyques (son site ici).

Et le tiercé gagnant (dans l’ordre d’arrivée) pour conclure.

Ute Klein montrait des corps enlacés un peu comme dans des prises de lutte mais ce n’est pas si simple car les positions sont ambigües, sans parler des couleurs choisies, vives. Le mieux est de voir son site (ici). Philipp Dorl joue lui avec des fruits et avec le cadre, au propre comme au figuré, un travail également intriguant. Cette série est visible sur son site (ici). Georg Brueckmann quant à lui ajoute des dessins de meubles à ses photos (site ici): ça a au moins le mérite d’être original (non ?).

 

13 novembre 2010 Publié par | paris | Commentaires Fermés