En bref – Galerie Philippe Chaume – Floriane de Lassée – Présences

La Galerie Philippe Chaume, qu’on ne présente plus, suit Floriane de Lassée depuis ses débuts et c’est très bien. Cette fois il s’agit de Présences. Concrètement il s’agit de photographies de femmes vues à travers une vitre, certaines parties du corps touchent la vitre et apparaissent en noir et déformées. Chaque photo, de grand format, est présentée en caisson lumineux.Il y a peut-être 6 photos. C’est très décoratif avec un petit côté "E.T." (pour les doigts allongés).

Mais, il y a un gros mais car pour le prix annoncé, 7 000 et 12 000 € la bête, on peut trouver mieux (enfin il me semble) avec par exemple une pièce de Soth, Eggleston, Cartier-Bresson, Brassaï, Olaf ou Sarfati (dernière vente chez Christie’s) et encore les prix en vente publique dépassent-ils les prix en galerie.

Un retour sur terre ne serait pas malvenu. A priori c’est visible jusqu’au 16 juin 2011.

En bref – La galerie de l’instant – Exposition Photojournalistes

J’étais déjà passé devant cette galerie, dite de l’instant, mais n’étais jamais entré. Cette fois, elle mettait à l’honneur des photojournalistes donc pourquoi pas. Le bilan est mitigé car la galerie se présente plus comme un magasin d’antiquités que comme une galerie: il y a des photos posées un peu partout, à peu près autant qu’accrochées en nombre sur les murs, un peu partout. C’est assez pittoresque. En revanche, difficile de s’y retrouver dans ce bric-à-brac et c’est dommage car il y a des clichés très réussis et des auteurs de renom.

Quoi qu’il en soit, pour l’esprit aventureux, ou l’amateur très éclairé, la visite peut valoir le coup; le site web donne un petit aperçu ici. Les prix vont de 650 à 3400 €.

C’est jusqu’au 11 mai 2011.

En bref – La petite poule noire – Révolutions

Je n’aime pas trop les expositions collectives, surtout quand tout est mélangé. Ce que montre la Petite Poule Noire est donc exactement ce qui me déplait: un "pot-pourri" de travaux divers d’auteurs divers.  Fait aggravant, il s’agit de photographies à peine sèches, issues de reportage de presse dans les pays arabes faisant actuellement leur "révolution". Pourquoi est-ce aggravant ? Parce que le recul manque un peu, parce que les photos de presse sans recul sont des illustrations de presse et que leur place est moins sur les cimaises que dans les magazines.

Au programme, donc, Dominic Nahr, Guillaume Binet, Julien Daniel, Lionel Charrier, Luca Sola, Olivier Laban-Mattei, Ron Haviv, Yuri Kozyrev. Cela fait beaucoup (trop) pour un espace si réduit.

L’exposition est sauvée des eaux, peut-être, par une partie de ce qui est montré au sous-sol, sous une forme originale, imprimée.

L’exposition est visible jusqu’au 24 mai 2011.

Galerie VU’ – Jean-Christian Bourcart

La Galerie VU’ que nous avions visitée il y a peu, fraichement installée dans ses nouveaux locaux (billet ici), propose désormais de voir le travail de Jean-Christian Bourcart, auteur dont le travail ne nous est pas inconnu (billet ici et ) et qui succède dignement à Vanessa Winship. Hormis son titre (Kailash), aussi fumeux que pour la précédente, l’exposition est de qualité et une fois de plus le découpage de ce nouvel espace permet de répartir les séries.

On soulignera en passant l’accueil agréable offert au visiteur (même en jeans), ce n’est pas tous les jours qu’un grand bonjour, franc, ouvert et audible, accompagné d’un large sourire s’offre à vous en franchissant le seuil d’une galerie (hélas).

La visite commence par la série qui a prêté son nom à l’exposition (enfin je croyais, en fait la série s’appelle The Black Sheet) et qui débute par une feuille noire brillante. Inutile de chercher, la feuille est simplement l’outil qui a servi à faire les photographies accrochées dans la 1ère salle: le photographe s’est attaché à photographier le reflet de  lui-même ou d’autres personnes sur cette feuille. Le résultat est une sorte de kaléidoscope coloré et déformant de corps, vaguement discernables.

Je n’avais rien de vu de tel avant et ce travail se distingue de la production plus (très) classique de Bourcart. Peut-être ce qui vient à l’esprit de comparable c’est le travail de Tania Mouraud (billet ici) sur des bâches de bottes de pailles (son site ici).

Je passe sur les vidéos présentées, étant allergique au média. Un peu plus loin donc on tombe sur une série plus ordinaire que je ne me souviens pas avoir vue déjà, consacrée à la foule se pressant dans les rues (I Shot the Crowd). C’et un sujet banal traité de multiples fois et je n’ai rien vu de "spécial" dans cette série, au demeurant très "propre".

La dernière salle montre Camden dont la présentation faite à Arles m’avait passablement agacée tant elle se regardait le nombril d’un air satisfait. Cette fois, pas de vidéo à deux balles et pas de verbiage, juste des images et c’est mieux ainsi. Je ne reviens pas sur la série, frappante, consacrée à une des villes les plus merdiques de la région de New-York qui a détenu le record de criminalité de tous les États-Unis en 2008 (welcome!).

Les prix vont de 2600 à 4600 €.

En résumé, c’est pas mal comme exposition, moins convainquant à mes yeux que la précédente car plus dispersé dans les thèmes et le traitement mais cela vaut tout de même la visite, surtout la 1ère salle.

Galerie Frank Elbaz – Justine Kurland – He sleeps where he falls

La Galerie Frank Elbaz montre Justine Kurland jusqu’au 4 mai 2011, une pointure déjà exposée au MOMA (ici). L’accueil est inexistant dans cette galerie: tout au plus un sommet de crane, muet, dépassait-il derrière le "guichet".

Justine Kurland nous montre la faune à deux pattes évoluant en forêt (clodos, marginaux et autres) et son habitat (tentes sommaires, caravanes, etc). Les photographies sont frontales et d’une extrême "propreté" ce qui contraste avec la modestie des sujets, des lieux et l’humilité des personnes et situations ainsi montrées (de loin parfois, ici, pas de portraits rapprochés). Les tirages échappent, et c’est tant mieux, au diasec et au grand format, pour garder une taille humaine et finalement, en dépit du caractère très léché du travail, une certaines proximité s’installe avec le regardeur.

L’exposition est petite et ne justifie pas une visite ad hoc mais si vous êtes de passage, c’est un bon choix. On peut aussi regarder le site de son galériste à New-York.

Magnum Galerie – Lise Sarfati – La vie nouvelle, the new life

Nous avons déjà visité la Magnum Galerie à plusieurs reprises et en général on est pas déçu. Avec Lise Sarfati, dont le travail est bien connu (mais existe-t-il des photographes de Magnum qui soient méconnus ?), ce n’était pas la surprise qui était recherchée, mais là-encore l’impression "vraie", et non pas celle véhiculée par un livre ou, pire, un blog.

J’avais déjà décrit dans un billet précédent (ici) le sentiment qu’inspire la vision de ces photographies qui ne cèdent pas au règne du gigantisme et du Diasec ou d’un quelconque spectaculaire. On regarde des jeunes femmes en suspens et on se prend à se demander à quoi elles pensent (illustration ci-dessous tirées du site de magnum). Ces photographies sont élégantes mais sans fioritures et invitent à la réflexion. c’est une exposition à ne pa rater et c’est jusqu’à la fin du mois d’avril 2011.

Les prix sont assez relevés, entre 3900 et 8600 euros mais chacun peut acheter les livres, plus accessibles, parfois en édition limitée également.