Galerie Polaris – Eric Aupol – Vitae Nova

La galerie Polaris (ici et 15 rue des Arquebusiers) exposait le remarquable travail de Eric Aupol (son site web, pas au top par contre, ici) courant juin. Le travail de cet auteur, tout en retenue, dans des formats le plus souvent carré, se situe à la lisière du noir et blanc, un mince détail coloré troublant à peine le paysage bicolore. Ce qui est donné à voir est le plus souvent un intérieur désert, un recoin, un meuble, un lieu souvent géométrique fait de lignes et de d’aplats bien délimités sous une lumière travaillée. Cet ensemble était complété par deux portraits à peine plus colorés par un aplat.

Les prix sont de l’ordre de 3 800 €.

La Galerie particulière – David Hilliard

La Galerie particulière (ici et 16, rue du Perche) montre jusqu’au 7 aout 2011 le travail de David Hilliard (son site ici – l’illustration ci-dessous visible à la galerie en est extraite). Je connaissais le travail de ce photographe uniquement pour l’avoir vu sur internet mais je n’avais jamais eu l’occasion de le voir en vrai accroché dans une galerie et c’est un vrai plaisir de voir ses tirages !

Le photographe travaille, à ma connaissance, uniquement  sur des diptyques et des triptyques presque raccord qui lui permettent  de créer une vue légèrement décalée de la réalité, offrant à la fois une sorte de vue d’ensemble voire un véritable panorama et des zooms. L’image est d’une extrême netteté, les couleur précises, le cadrage soigné, tout cela est parfaitement léché et se combine à la perfection avec des images naturelles, une jeunesse épanouie, sereine, et une présence fréquente de l’élément liquide qui ajote au caractère paisible et lisse des images. Pour autant, le photographe ne tombe pas dans un esthétisme "fashion" et au-delà du tableau les images racontent des histoires que chaque regardeur pourra imaginer. Le travail est tellement parfait que le format même des images semble avoir été choisi pour correspondre exactement avec le champ de vision du visiteur.

Ce travail superbe présenté dans une galerie de grande qualité mérite assurément une visite. Les prix sont de l’ordre de 4 000 euros.

 

Galerie Anne Barrault – Eric Nehr

La Galerie Anne Barrault (ici et) montrait les albinos africains de Eric Nehr jusqu’au 18 juin 2011, dans des tonalités très claires ou au contraire très sombre. Là aussi, une visite impromptue et rapide car ce sujet, celui des albinos dans des régions où la peau est foncée, je l’avais déjà découvert auparavant à l’Institut Mexicain avec Andres Carretero (billet ici), dans une veine certes plus documentaire.

Galerie Duboys – THIS IS NOT THAT

Première visite début juin à la Galerie Duboys (ici et 6 rue des Coutures Saint-Gervais) pour une exposition prolongée jusqu’au 2 juillet qui vaut le coup d’œil. Ici, l’accueil est souriant et sympathique et les photographies présentées ne se piquent pas de concepts fumeux prétendument artistiques ou contemporains pour en dissimuler la vacuité. Les prix sont affichés sans faire de chichis et non sur une "pricelist" (350-2500 €). Les textes explicatifs sont complets et synthétiques (il manquait seulement une lettre, toujours la même sur tous les panneaux, le jour de ma visite, un hommage à Pérec peut-être ;-) Chaque auteur dispose d’un espace suffisant pour exposer son travail. Une vraie découverte cette galerie !

Je ne ferais pas un laïus sur chacun des photographes mais les styles sont variés et on n’est pas systématiquement dans l’exotique et c’est tant mieux. Il faut donc aller voir le travail de Binu BHASKAR (pas de site web mais article pas mal ici – la série exposée est Humanrace), Fabien CHARUAU (ici), Neil CHOWDHURY (ici - la série exposée est Digital Photomontages), Pradeep DALAL (son site ici), Dhruv DHAWAN, Soham GUPTA (ses dormeurs, un sujet un peu épuisé, sont visibles ici), Swapan PAREKH, Zubin PASTAKIA (ses cinémas, vus de manière très contemporaine sont ici), Brijesh PATEL (son site ici) et Mahesh SHANTARAM (son site ici).

White projects – Jean-Louis Garnell

C’est vraiment par hasard et alors même que je croyais avoir établi un recensement exhaustif des lieux exposant de la photographie à Paris que je suis tombé en début de mois de juin sur White Projects (ici et 24 rue Saint Claude). L’exposition s’est achevée le 18 juin dernier et était consacrée au travail énigmatique de Jean-Louis Garnell qui associe photographies diverses et objets. Pour ma part, je suis resté assez loin des travaux présentés qui n’ont suscité aucune réaction de ma part. Dommage pour un solo show. Il reste le site web de l’auteur, sommaire, mais à jour, qui permettra de retrouver quelques images de l’expo (ici).

L’exposition en cours est collective, s’intitule légère éclaircie et comporte aussi de la photographie (jusqu’au 20 juillet) mais je crains que la petite taille de la galerie ne permette guère d’envisager le travail de chacun sous une forme extensive ou au moins suffisante. A suivre.

Schirman et de Beaucé – Philippe QUESNE

Visite expresse chez Shirman et Beauce (ici et 9 rue du Perche) début juin, un peu par hasard, pour y découvrir les petites photographies panoramiques des scénographies de Philippe Quesne qu’il est possible de voir jusqu’au 20 juillet (fermeture temporaire jusqu’au 2 juillet). On est un peu embarrassé face à ces images car on se demande ce qui fait l’œuvre: la photographie ou la scénographie ? Ce n’est pas nouveau, de longue date la performance (ou le Land Art) ont trouvé dans la photographie une sorte de trace ou de preuve mais s’agit-il de cela ici ? Quoi qu’il en soit, pour revenir au ras du sol, les photographies sont petites et donnent l’impression de regarder un diorama plutôt qu’une scénographie, j’ignore l’effet est voulu. En attendant, son site web est fort bien fait et permet d’en savoir plus sur son travail, ici.

MEP – Tosani et l’objet photographique

Voici quelques jours je suis allé voir l’exposition de la MEP ( 5-7 rue de Fourcy) qui s’est terminée le 19 juin dernier et qui fait suite à une programmation précédente particulièrement décevante pour ne pas dire plus. Cette fois la MEP a pris le parti du solo show sans l’assumer complètement, le dernier étage accueillant une exposition sur l’objet photographique, titre énigmatique s’il en est. Du coup, j’ai étalé la visite sur deux semaines, l’une pour l’exposition Tosani (le presque solo show) et l’autre pour le volet plus historico-technique.

Par chance, pour moi qui ne connaissait pas le travail de Tosani, la découverte s’avère séduisante et, bien que les séries soient inégales et parfois potaches, il s’en dégage souvent quelque chose, un point de vue décalé, une interrogation sur le monde, un clin d’œil aussi souvent. Au final on se rend compte imperceptiblement qu’il y a là un travail cohérent et des thèmes communs à ces séries.

La visite débute au sous-sol avec une section consacrée aux corps, présents ou absents. D’abord le corps présent avec des corps vus de dessous en petits et grands formats couleurs, à travers un sol de verre et puis le corps absent avec une chaussure en coupe géante et puis surtout des pantalons rigidifiés et vus par dessus comme si le corps qui les porte était rendu transparent, des images originales que je n’avais jamais vues. Autre travail dans la même veine, passant cette fois du pantalon à la chemise avec une mosaïque de petites photographies exposées dans la Vitrine où des visages d’enfants sont vus comme encadrés par une chemise, là-aussi un point de vue original, le visage des enfants pouvant prendre la couleur du vêtement.

Dans l’espace habituellement un peu décalé dans le demi-étage qui suit l’entrée, les travaux étaient un peu plus obscurs: la pluie fine projetée sur des objets sur fonds noir relève  de l’exercice de studio et le protocole consistant à faire image d’un portrait couleur projeté sur une page braille où seule la zone recevant la projection du visage conserve ses points et reliefs est un tantinet compliqué pour pas grand chose, une sorte d’exercice intellectuel stérile.

On retrouve dans les étages des photographies plus immédiatement accessibles avec des objets mineurs affichés en format géant: si le principe est un peu facile (la magnification par la taille ne date d’hier – j’aime bien ce terme qui renvoie explicitement à grand et à magnifique), le résultat est parfois étonnant, en particulier ce talon, isolé de la chaussure, érigé comme une sculpture.

Je passe sur les chaussures remplies de lait (?) et sur les verres de lait visibles un plus loin où le lait n’est pas à sa place dans le verre , semblant ignorer les lois de la gravitation. Décidément, l’artiste aime bien le lait.  Les têtes vues de dessus renvoient au corps vu de  dessous évoquées ci-dessus mais franchement les petits personnages dans des glaçons et les séries "architecture et peinture" sont peu convaincantes.

Le dernier étage était consacré à une sorte d’histoire de la technique photographique mettant côte à côte des pièces contemporaines et anciennes. On se noie assez rapidement sous une avalanche de planches explicatives sommaires et au final on ne comprend pas grand chose. Il est difficile d’expliquer l’histoire des techniques et il est dommage cru apporter une réponse satisfaisante à ce défi sur une surface aussi limitée et en aussi peu de temps. Pourquoi ne pas en avoir fait un fil rouge sur un semestre en consacrant le temps nécessaire à trois grandes époques compréhensible par le grand public (des origines à la 2nde guerre mondiale, l’arrivée de la couleur et l’aventure Kodak, les procédés numériques) ? Pourquoi aucune frise chronologique lisible ? Pourquoi aucun schéma des dispositifs ?

Bref, l’exposition valait surtout pour Tosani et on attend avec impatience le prochain accrochage visible dès le 29 juin prochain (vernissage demain) qui a l’air sympa avec justement de l’Air (le magazine), Fourtou, Lambours et Atwood.