Le blog d'un Photoculteur

Culturez vous en regardant des photos !

Arles 2011 – Eglise Sainte Blaise

L’Eglise Sainte Blaise présente, comme l’an passé,des jeunes diplômés de l’ENSP, en l’espèce trois.

Oscar Dumas montre des touristes se photographiant, des visiteurs de musee, des files d’attentes. Bien. Rien de nouveau sous le soleil serait-on tenté de dire mais son site web, notablement plus complet que l’expo, permet de mieux saisir son travail et ce d’autant qu’on se rend compte que l’expo mélange deux séries en fait (Disney et Tourism).

Pour Julie Fischer, on comprend encore moins en regardant les images pourquoi bovins et neige se mélangent et c’est en regardant son site web qu’on constate encore que deux séries ont été mélangées: Les Passeurs (pour les bovins) et Suite Blanche (pour la neige). Il ne faut pas oublier d’aller au fond de l’Eglise pour découvrir deux photos dissimulées. Les deux séries ont un rendu intéressant et on dirait presque un exercice de style ou des gammes. Son site, fort bien fait, dégage un sentiment curieux, répété d’une série à l’autre, un mélange d’Animal, de Mort et de Blanc. Il y a quelque chose de lourd là-dedans.

Avec Pierre Toussaint on revient à plus de légèreté avec ce qui s’apparente à de la street photography mais bien entendu à la mode ENSP c’est à dire avec un truc en plus ou en moins. Ici c’est la tête qui manque à ses bonshommes, non qu’elle soit chue mais le cadrage l’a coupée ou son porteur l’a dissimulée. Le travail de Pierre et Julie était visible au WIP l’an passé (billet ici).

C’est une exposition sympathique mais qui manque un peu d’explications.

7 juillet 2011 Publié par | paris | Commentaires Fermés

Arles 2011 – Bourse du travail

A la Bourse du travail, c’est le FOAM qui est invité. Le FOAM on connait pour l’avoir visité il y a quelques mois (billet ici) donc on pouvait s’attendre à du tout bon. En fait, c’est très décevant, en tout cas pour le volet expositions.

Quand on entre, on est d’abord saisi par le bruit, on voit une grande table avec les magazines du FOAM et de part et d’autres des jeunes qui discutent en anglais. Sur les murs, peu d’œuvres, c’est peu dire. A l’entrée, dans une lightbox, des fleurs par Danielle van Ark puis sur les murs se succèdent Katja Mater (sur le même principe que George Rousse), Vincent Zedelius (deux diasec d’intérieurs un peu à la mode de Mondrian), Joris Jansen. Ces auteurs ont déjà été vus au FOAM et sont mentionnés dans mon billet sur le FOAM (enfin, sauf Joris car je l’ai zappé lors de ma visite au FOAM).

Pour le reste, ce sont des découvertes pour moi mais bien mince est le matériel exposé. Jaap Scheeren montre quatre tirages de la même fleur dans des couleurs différentes comme dans une quadri, Anne de Vries avec “waves from the web” montre des vagues issues du web (!). Bref, tout cela est bien mince et quant on connaît le dynamisme de la photo contemporaine au Pays-Bas c’est dommage de ne pas pouvoir disposer d’un espace plus adéquat.

Vous me direz que le FOAM a tout prévu en étendant ses expositions (what’s next ?) dans le quartier de la Roquette avec 8 lieux et 10 auteurs. C’est vrai. Mais d’une part on le découvre un peu par hasard (et le dépliant qui va avec) et surtout les lieux sont eux aussi peu appropriés: le parti-pris est d’installer les photos chez les commerçants du coin, c’est un choix courageux et respectable mais quid des horaires d’ouvertures, de l’éclairage, de la taille des tirages et plus généralement des conditions de visionnage ? Alex Prager chez le coiffeur, pourquoi pas, le sujet s’y prête mais voit-on bien, le travail de l’auteur est-il mis en valeur ? Je n’ai pas l’impression et du coup, considéranr que c’est un peu du gâchis, je n’ai pas visité les 8 lieux, à part le point information, qui expose Benjamin Lowy et Curtis Mann.

7 juillet 2011 Publié par | paris | Commentaires Fermés

Arles 2011 – Salle Auguste Comte

La Salle Auguste Comte, à deux pas de la place de la République, est consacrée au travail de Augustin Rebetez, Lauréat de photo folio revue.

Le moindre que l’on puisse dire c’est que c’est décoiffant avec des posters, de petits LCD, des tirages divers et variés, un peu inquiétants. En résumé, je ne suis pas fan, mais au moins le choix est courageux. Le genre de photos un peu “amateur” et l’ambiance m’ont fait penser à JH Engström.

7 juillet 2011 Publié par | paris | Commentaires Fermés

Arles 2011 – Galerie Arena

La Galerie Arena présente cette année deux artistes, Willie Doherty et Sophie Ristelhueber.

Cette dernière est une artiste fameuse déjà exposée au Jeu de Paume (billet ici) et il n’y a pas lieu d’y revenir. En revanche je découvrais Willie doherty (qui est opourtant un artiste faleux, pas seulement photographe) avec seulement deux grands diasec.  Que dire avec si peu ? C’est bien le problème de ce lieu: c’est trop petit, surtout pour un artiste confirmé de classe mondiale qui produit depuis 20 ou 30 ans, et que dire quand on en met deux ensemble ?

Cet espace devrait être dévolu à un seul artiste confirmé et se limiter à un aspect précis de son œuvre (sa dernière production par exemple) ou à deux artistes émergents à la condition toutefois que leurs formats restent modestes.

7 juillet 2011 Publié par | paris | Commentaires Fermés

Arles 2011 – Eglise des Prêcheurs

Après les bonnes idées de 2009 et 2020, l’Église des Prêcheurs n’a pas récidivé cette année. En invitant Gabriel Figueroa (directeur photo de Bunuel mort en 97) ce sont 7 films sur grand écran que l visiteur est invité à regarder mis cinéma n’est pas photographie. 7 films sans durée de mentionnée, 7 films dotés chacun de 2 casques d’écoute, voilà qui dissuadera la plupart des visiteurs de s’attarder soit qu’ils sont béotiens et comme moi ils tourneront les talons, soit qu’ils sont experts et auront déjà vus ces films.

7 juillet 2011 Publié par | paris | Commentaires Fermés

Arles 2011 – Comptoir arlésien de la jeune phototographie

Ce Comptoir arlésien de la jeune phototographie qui fait partie du OFF semble être né cette année (à la place, je crois bien, de l’Antenne). L’endroit est tout petit du coup les tirages sont aussi en format  de poche et il ya aussi de petits livrets. Néanmoins, le collectif baptisé “A travers le paysage” parvient à susciter d’abord l’attention et ensuite l’intérêt (ce qui n’est pas si facile vu le lieu).

Assez curieusement, ce collectif est constitué uniquement de filles mais il parait que le projet est ouvert ;-)  Je ne vais pas décrire par le menu le travail de chacune ce qui ne serait pas rendre justice au travail réalisé, présenté sous forme d’échantillons mais simplement inviter chacun à se précipiter sur place au 2, rue Jouvène et / ou à visiter le site web de celles qui en ont un.

Les filles sont:  Audrey Armand, Sabine Delcour, Marie Maurel de Maillé, Julie Pradier, Emilie Reynaud, Marie Sommer, Stéphanie Tétu, Emilie Vialet (qu’on avait vu à Paris en 2009 – billet ici), Sophie Zénon.

Petites précisions pour conclure, leur travail porte sur le paysage (on s’en serait douté mais, bon) et elles comptent des stars parmi leurs parrains. Accessoirement, la plupart sortent d’écoles prestigieuses.

7 juillet 2011 Publié par | paris | Commentaires Fermés

Arles 2011 – Espace Van Gogh

L’Espace Van Gogh est lui-aussi tout près de la place de la République et hier je suis allé voir ce qui restait du programme mexicain initialement prévu car c’est là que se trouve l’essentiel de ce qui aurait dû être la déclinaison arlésienne de l’année du Mexique.

Commençons par Graciela Iturbide qui est la bonne surprise mais qui souffre d’être coupée en deux entre étage et rez-de-chaussée. A l’étage on voit surtout ses débuts marqués par le portrait: portraits dans le désert de Sonora en 1979 (à la fois typés et datés), Juchitan, quartier de Mexico géré par des femmes seulement (des portraits originaux, plein de grâce et de bizarrerie). Les séries présentées sont un peu courtes et très mexicaines, à part une très brève escapade en fin de parcours. On voit essentiellement des portraits sauf dans “Au nom du père”, série consacrée au sacrifice de chèvres, centrée sur le sujet (un vrai massacre d’ailleurs). Après avoir un peu cherché l’escalier, on descend voir la suite qui commence par la salle de bain de Frida (Khalo). Alors là, on peut dire que c’est impressionnant, ces reliques effarantes cernées avec dévotion par la caméra d’Iturbide font presque peur. D coup la suite parait fade, les paysages et petits objets, bref tout parait désuni et de peu de valeur, à l’exception peut-être du jardin botanique qui, comme Frida, n’est vu que par ses perfusions, tuteur et autres supports, une nature sous assistance.

Néanmoins, Graciela Iturbide reste une bonne exposition. A noter aussi que cette année il ne faisait pas un froid polaire dans les salles.

L’autre volet mexicain c’est la révolution (ratée) mexicaine. Incontestablement cette exposition de grande ampleur résulte d’efforts d’investigation notables. Mais, le parti pris de mettre un minimum d’informations sur les murs (et la relative ancienneté des tirages) nuit assez lourdement à la compréhension de ce qui est montré ou simplement même à son identification: pas de frise, pas de carte, pas de repère, tout cela est bien confus et seuls les chercheurs, historiens ou étudiants du domaine en tireront quelque chose.

Pour les badauds, l’ensemble se réduit à un défilé de clichés: combattants en sombrero prenant la pose ou défilant, fiers généraux et dirigeants le torse bombé (ou morts). On voit peu de combats, peu d’artillerie et encore moins les civils. L’absence d’information est telle qu’il devient même difficile, pour un peu, de repérer Villa et Zapata. Vous me direz que de grands cahiers à disposition du public doivent l’aider à s’y retrouver mais qui parcourt une exposition avec un catalogue ou un guide à la main ? Les quelques vitrines, occasion de montrer des objets de la guerre, se limitent à des produits de l’édition et la seule vidéo disponible n’est visible que par une personne à la fois. C’est dommage d’avoir tant de richesses et de les montrer de façon aussi élitiste ou sommaire selon qu’on se farcira le guide papier ou non.

Au final, on retiendra surtout Iturbide.

7 juillet 2011 Publié par | paris | Commentaires Fermés