Arles 2011 – Couvent Saint Césaire
Le Couvent Saint Césaire est devenu un lieu d’exposition depuis l’an passé et sa réfection réussie. A l’étage, on trouvait un projet éducatif et, comme un cheveu sur la soupe, le travail artistique (à défaut d’être photographique), de Inaki Bonillas, à réserver aux seuls initiés, qui brode autour d’une vieille photographie d’archive.
Au rez-de-chaussée, qu’il valait mieux donc ne pas abandonner, on trouvait quelques pièces de Tourneboeuf, cinq très grands formats d’intérieurs, comme à son habitude, Tourneboeuf qu’on voyait aussi aux Ateliers. Surtout, on pouvait voir les grands gagnants du concours que SFR organise depuis des années et qui étaient auparavant exposés rue Fanton.
Aurélie Durant, montrait des photos réalisées depuis un bus touristique ,un disque clair sur-imprimé au centre soulignant la distance (ah ?). Je passe aussi rapidement sur les formats carrés noir et blanc de Jean Pierre Dastugue et les deux séries couleur de Marin Hock (malades mentaux près de Charleroi et vues insolites de New York). Le site de ce dernier comporte des séries intéressantes qui valent le détour et finalement sur le web on se rend mieux compte de l’intérêt de son travail en en voyant à la fois la diversité et la cohérence( comme quoi il vaut mieux parfois rester chez soi dans son fauteuil plutôt qu’aller voir un accrochage moyen).
Leo Delafontaine donnait dans l’humoristique (enfin un photographe qui ne se prend pas pour un intello, c’est si rare à Arles, et pourtant il sort de Louis-Lumière) avec des photos de Paris mais aux USA. Son site web (ici) est également réjouissant avec de nombreuses séries.

Je termine avec mon genre de prédilection, le portrait, représenté ici par Francoise Beauguion et Claire Delfino. Francoise Beauguion (ENSP 2009) propose un grand classique, les portraits croisés, ici jeunes israéliennes vs jeunes palestiniennes, un peu facile mais bien fait et puis son site est à voir qui réserve une large place aux portraits, aux femmes et à la religion.

Claire Delfino se livre quant à elle aux portraits au réveil sous le titre “plis du sommeil”, c’est assez sympathique et ça me fait penser à une autre série (mais j’ai oublié lenom de l’artiste) où des gens était photographiés après avoir été volontairement réveillés en sursaut…

Les photos ci-dessus sont des liens vers les sites web des auteurs respectifs.
Arles 2011 – Chez Arthur et Janine – Eric Lusito
Dans le cadre du Off, la galerie improvisée chez Arthur et Janine montrait, comme l’an passé, un travail intéressant. Il s’agissait de grands tirages couleur de Eric Lusito des vestiges de l’ère soviétique, un sujet peu original lorsqu’il se concentre sur les vestiges militaires et sur Tchernobyl, mais qui ici trouve une originalité certaine. On ne coupe pas, certes, aux masques à gaz empilés et à quelques missiles, mais fort heureusement de nombreuses images sont originales et fortes. Le site de l’auteur (ici), qui fournit l’illustration ci-dessous est remarquable et met chaque image en perspective avec un bref commentaire.

Arles 2011 – Musée Arles antique
Le Musée de l’Arles antique est cette année encore un lieu d’exposition mais cette fois il s’agit d’un véritable événement, puisqu’il s’agit des photographies de la “valise mexicaine” du nom d’une valise au voyage rocambolesque contenant des négatifs de Chim, Taro et Capa découverte sur le tard. On en avait déjà vu un morceau à Madrid l’an passé (ici) mais cette fois cela s’annonçait comme le truc à ne pas rater, l’exposition qui ferait date.
Il n’en n’est rien.
Après quelques panneaux biographiques des protagonistes, une petite salle est ménagée qui permet de voir, physiquement à quoi cette valise, en fait des boites de négatifs puis l’exposition se poursuit avec force vitrines au-dessus desquelles il faut allonger le coup pour distinguer les négatifs car, c’est le parti-pris du curateur, ce sont surtout les négatifs qui sont montrés. Il y a bien ici et là quelques tentatives d’explication, un point d’attention, ailleurs,n une grande carte d’Espagne tente de montrer l’itinéraire des photographes mais globalement, c’est difficile à suivre, à moins d’être féru d’histoire contemporaine espagnole et ou photographe professionnel habitué aux planches-contacts.
L’autre déception c’est que la star, Capa, est peu visible finalement, c’est surtout Chim et Taro que l’ont voit, et un peu Stein.
Au final, si l’effort de pédagogie est réel, il n’est pas suffisant et le purisme de l’exposition, privilégiant les vitrines et les négatifs sur les agrandissements conduit à une expo de qualité muséale mais peu vivante et plutôt destinée à des spécialistes ou au moins à des amateurs très éclairés.


