PhotoMonth 2011- East London – 4ème jour

La série d’articles consacrés à PhotoMonth dans l’East End de Londres se poursuit avec le 4ème jour passé sur place (19 octobre 2011). On commence la journée en dehors de l’East End et on finira seulement le programme de la journée par cette région.

On débute tout près de la gare de Saint Pancras chez Whitespace Gallery (7-9 William Road) jusqu’au 28 octobre 2011. La galerie a 10 ans et traite pour l’essentiel de la photographie d’Europe de l’Est et notamment de Russie. Les photos sont pour la plupart punaisées aux murs et les prix sont de l’ordre de 1200 à 2000 GBP. Globalement c’est en noir et blanc et ce n’est pas gai à commencer par Rimaldas Viksraitis que j’avais découvert à Arles (billet ici) avec des images un peu sale de pauvres gens qu’on n’aimerait pas croiser seul le soir (série Grimaces of a Weary Village réalisée en Lituanie) puis venaient Ramunas Danisevicius,Igor Mukhin (street photography à Moscou – déjà vu il y a quelques temps – billet ici), Vaclovas Straukas, Antanas Sutkus dont je suis sûr d’avoir déjà vu le travail, notamment ce gamin aveugle aux grands yeux et d’autres de l’école d’aveugles (vers 1962-1966), des formats carrés d’une profonde tristesse sauf lorsqu’il photographie sa fille avec sa grand-mère.


La fin du parcours était un peu moins triste avec les détails d’architecture, colorés cette fois, de Dmitri Konradt et enfin de grands polaroids intimistes de Andrey Tarkovsky.

La journée se poursuivait avec deux autres galeries.

Celle de Michael Hoppen pour commencer, une galerie de référence consacrée exclusivement à la photographie et située magnifiquement (3 Jubilee Place, à deux pas de King’sRoad). Cette galerie présente des expositions de qualité muséale et le programme actuel se conclut le 11 novembre, il est donc encore temps d’y passer une tête. Au 1er étage, dans un style très anglais, se tiennent les travaux de Charles et Colin Jones qui a priori ne sont pas parents. Charles Jones était jardinier et les clichés exposés datent des années 1890 et portent leur âge: on y voit des légumes et le galeriste le compare à Karl Blossfeld et Edward Weston. En face se trouvent les photographies de Colin Jones qui retrace la vie des mineurs anglais et qui lui débuta se carrière non comme jardinier mais comme danseur, en 1963. A l’étage au-dessus, dédié au contemporain et tout de blanc vêtu, c’est John Davies qui expose ses paysages et qu’on a déjà vu à plusieurs reprises et notamment à Lille en 2010 (billet ici).
Mummery et Schnelle, ensuite, que je ne connaissais pas et qui trouve tout près de Oxford Circus (83 Great Titchfield Street). C’était une visite un peu par hasard, l’accueil est charmant et, de surcroit, dans un français parfait. On peut y voir jusqu’au 5 novembre le travail de Luigi Ghirri (mort en 1992) dont j’ignorais l’existence. A dire vrai, la forme l’emporte un opeu sur le reste car les tirages sont minuscules (et très nombreux), du coup, c’est une expérience un peu étrange d’être noyé dans ce travail aux couleurs un peu passées parfois. La galerie comptent d’autres photographes dans son écurie comme Marco Bohr et Thomas Steinert.

On va poursuivre ce billet un peu plus tard avec le V&A et le retour dans l’East End.

PhotoMonth 2011- East London – 3ème jour – Zoom sur Strand Gallery

Le 3ème jour à Londres était mal engagé mais devait bien se terminer grâce à quelques galeries et tout spécialement la Strand Gallery (32 John Adam Street à deux pas de Trafalgar Square, c’est loin du East End mais c’est quand même dans le programme officiel) où se tient la 23ème édition de la London Independent Photography jusqu’au 29 octobre 2011. Accessoirement c’était aussi le vernissage (sage) au Schweppes (entre autres). La sélection était faite par Dewi Lewis (qui édite Parr, Norfolk et d’autres depuis 1994) et Bridget Coaker (qui travaille pour le Guardian et l’Observer et est aussi co-fondatrice de la galerie de photographie en ligne Troika). Il y a 132 photographies exposées sur deux niveaux dont certaines sont issues d’amateurs.

L’ensemble des travaux présentés est d’une qualité incontestable et on peut simplement regretter que chaque auteur n’ait que si peu d’espace pour exposer, c’est donc plus un apéritif qui nous est servi là que le véritable plat de résistance. J’ai retenu quelques noms (après avoir parcouru la totalité de la liste et les sites web associés,  ici) qui disposent par ailleurs d’un site web bien fait  ce qui n’est pas le cas de tous, et de loin et c’est dommage car certains travaux intéressants restent ainsi sans suite: Astrid Schulz, Frank Orthbandt, Ingrid Newton, Guy Sargent, Mandy Barker, Vanja Karas, Lidia Kowalewicz, Fabrizio Quagliuso, Simon Head, Charlie Colmer, Tiffany Jones, Gary Alexander, David Solomons, Clare Park, Krystina Stimakovits, Suzi Livigstone, Tony McAteer, Carlotta Cardana.

Il y a quatre photographes qui à mon sens sortent du lot.

Astrid Schulz avec ses hommes à bigoudis introduit une réflexion non dénuée d’humour sur les genres et les apparences. Guy Sargent, qui exposait des rochers en Cornouailles ,nous montre sur son site web que les rochers peuvent avoir une âme et que sa maitrise des couleurs n’a d’égale que son soucis de la composition. Mandy Barker, à travers une présentation colorée de saloperies minuscules flottant entre deux eaux  (sur fond noir) parvient à faire à la fois joli et effrayant par cette évocation de la catastrophe écologique qu’est le « garbage patch« . Lidia Kowalewicz (son site vient de tomber en panne en écrivant ces lignes !) avec une miss et 1 mister (junior) aborde de manière distanciée un sujet déjà vu souvent mais traité sous l’angle des paillettes (on pensera à Susan Anderson notamment) ou au contraire sans l’angle du ridicule (elle sera exposée au Taylor Wessing Price). Enfin, Tiffany Jones, avec son « royal picnic »  modeste (à l’occasion du récent mariage princier)collé au fond d’un plat aux couleurs de l’Union Jack ne pouvait faire plus anglais, plus royal et plus kitsch !

PhotoMonth 2011- East London – 3ème jour

Pour le 3ème jour à Londres, pour PhotoMonth, moisson matinale très mince encore rattrapée dans l’après-midi et en soirée par des valeurs sûres, comme quoi les bonnes vieilles galeries et associations professionnelles ont aussi du bon.

La journée commençait mal puisque je me suis trompé d’heure pour l’ouverture du Departure Arts Centre et c’est donc préalablement congelé par un vent glacial sur un banc dans un square (ensoleillé heureusement) que j’entrais au 649 Commercial Road (accès via Limehouse DLR). J’y étais allé aussi en 2009 et c’était moyen (pour autant que je me souvienne), ça l’est resté, pour être poli. L’exposition dure jusqu’au 29 octobre 2011 et pour beaucoup c’est la 1ère exposition.

Je n’ai pas trouvé les travaux de Caroline LeeCharlotte Mann et Lisa Denton. Pour le reste, la petite taille des tirages et le nombre limité de photographies pour chaque auteur ne sont pas des aides… On trouve ainsi Cynthia Walker (3 paysages d’Ushaia brumeux), Roland Ramanan (3 personnes en Inde au travail en noir et blanc), Matthew Watson (des fleurs en noir et blanc), Ilhelm Oubaiche (intérieur d’une mosquée en noir et blanc), Micha Wells (une photo de la 5th avenue), Robert Woodward (élément d’architecture en noir et blanc), Leo Hoang (Londres de nuit), Carmen Hughes (Rio), Tim Waterfield (eaux sous les ponts), Lynne Roberts (gros plan sur tole), Angus Ferguson ( table de mixage et chanteur), Diane Shillito (fleurs delavees et floues un peu comme à l’aquarelle). Quelques travaux sont acceptables, d’autres sont franchement amateurs du coup je n’ai pas cherché les sites web de chacun et ce d’autant qu’il existe de nombreux homonymes.

La suite n’allait pas être une franche réussite non plus puisque je n’ai pas trouvé l’exposition recherchée mais suis tombé sur une autre, sur Rivington Place, titrée  « Entanglement: the ambivalence of identity ». Bon, c’est de l’art contemporain mais il y avait quand même un travail photographique, pas du tout en fin de compte, celui de la suédoise Nina Mangalanayagam (série homeland) où on la voit en autoportraits en famille dans de grands formats carrés. Elle explique que son père a tenté d’être avec application plus suédois que les suédois en respectant les traditions de son pays d’accueil avec application. Un petit texte sur son site explique ses motivations.

Dans l’après-midi, j’ai quitté l’est multiculturel pour rejoindre les quartiers huppés de Londres car, tant qu’à être à Londres autant profiter des expos, où qu’elles se trouvent.

Chez Diemar et Noble (66/67 Wells Street tout près d’Oxford Circus) et jusqu’au’29 octobre 2011 on peut voir les dernières photos commissionnées par le prix Pictet, celle de Chris Jordan, pour sa série Ushirikiano réalisée au nord du Kenya. Le principe est que la banque (Pictet est une banque genevoise, pour ceux qui ne bénéficieraient pas de leurs services) invite un photographe à documenter une action de développement qu’elle encourage, ici le Tusk Trust et spécialement le Nakuprat Conservancy, initiative dirigée par la population locale.
En haut, on on est horrifié par ces cadavres d’éléphants mutilés cadrés sous toues les coutures et cela contraste avec les visages souriants des villageois vêtus de façon colorée ou arborant l’uniforme mais au sous-sol, si la couleur reste, la misère apparaît et on comprend mieux la raison du trafic d’ivoire et la nécessité d’un développement économique pour garantir la protection des espèces, l’idéal étant peut-être nourrir l’un par l’autre.

On franchit encore un pas dans la fortune pour atterrir chez Hamiltons Gallery (prés de Bond Street, au 13 Carlos Place) et on passe de la Porsche à la Ferrari. Bref. En revanche, gros contraste dans les travaux puisque Tomio Seike, qui expose ici jusqu’au 29 octobre, présente Overlook.  Les 40 clichés sont surprenants, tous sur le même principe: un petit rectangle partagé à parts égale entre sable et mer, la fine ligne du littoral étant imperceptiblement perturbée par une ou deux silhouettes humaines souvent accompagnée d’un chien, tous minuscules. C’est très épuré, tout en pastels, peut-être saisi à l’aube. C’est remarquable de calme et de sobriété, presque zen. La bonne nouvelle c’est qu’en dépit du quartier (Mayfair) les tirages sont au voisinage de 2000 GBP.

Je passe rapidement sur l’Atlas gallery (sur Dorset Street tout près de la fameuse Baker Street) car l’exposition sur Ernst Haas était comparable à celle déjà vue récemment à Paris (billet ici), avec une vingtaine de tirages (en 2009, lors de ma visite précédente,  c’était des polaroids de divers artistes).

Avec Hotshoe (qui fait magazine et galerie), on revient là-aussi dans un endroit déjà visité en 2009, au 29-31 Saffron Hill. Jusqu’au 27 novembre est montrée Other I curatorée par Aaron Schuman avec Viviane Sassen, WassinkLundgren et Alec Soth. Je connais un peu le travail des trois; j’ai évoqué WassinkLundgreen dans un billet (ici) et j’ai déjà vu des photos de Viviane Sassen (mais mes notes ont du rester quelque part) et bien sûr le travail d’Alec Soth est très connu depuis son travail sur le Mississipi, son blog est célèbre, et il est en prime chez Magnum, mais je n’avais vu je crois qu’une seule pièce de lui « en vrai » (billet ici).
Du coup c’était intéressant de voir les travaux de Soth comme ces jeunes et jolies géorgiennes saisies dans la crasse locale et dont la photo nous est présentée insérée dans un cahier annoté. Avec Sassen on voit des africains recouverts de poudre colorée, le visage souvent dans l’ombre, des images que j’avais vues déjà pour une part (compter au voisinage de 5 000 GBP, ce sont de grands tirages). WassinkLundgreen faisaient dans la street photography à Tokyo (1100-3800 GBP) en diptyques avec des japonais photographiés sous deux angle, l’air ailleurs, cherchant leur chemin ou affairés avec leur parasite auriculaire électronique (le téléphone cellulaire vit aux dépends de son porteur) ou encore leur parapluie.

On en restera là pour ce billet car cette 3ème journée s’est achevée avec la visite de Strand Gallery et vu le nombre de photographes exposés je ferais un billet à part. Au final, c’était une bonne journée.

PhotoMonth 2011- East London – 2ème jour

Il était toujours difficile de trouver la perle rare lors du 2ème jour à Londres à l’occasion du PhotoMonth. Ainsi, j’ai trouvé portes closes pour voir le travail de Bill Jackson où seuls trois tirages étaient visible en vitrine mais son site est pas mal fait (ici).

Pour le reste, j’ai retrouvé avec plaisir l’Oxford House (à deux pas de Bethnal Green, la rue, sur Derbyshire Street) déjà vue en 2009 avec cette fois comme sujet « control ». C’est visible jusqu’au 29 octobre 2011. Les 9 photographes ont travillé sur ce sujet sous la houlette de Dewi Lewis (éditeur notamment de Simon Norfolk qu’on a revu à Arles en 2011 – billet ici). Le groupe dispose d’un site web où on peut voir les œuvres (par ici).

Ann-marie Conlon a travaillé le portrait d’un épileptique lourdement atteint, dans son quotidien assez pénible entre abattement et médicaments. Un rapportage en petit format couleur finalement assez dur même si rien de tragique n’est montré explicitement. Clare Danek a choisi aussi le portrait mais de façon peut-être plus posée, plus intellectuelle avec un noir et blanc intimiste pour un homme qui a fait vœu de silence pour un an, mais qui écrit beaucoup. Son intérieur, ses papiers, sont montrés comme substitut à la parole. Sian Gouldstone est à mon avis un peu hors sujet avec ses « interruptions », petites choses intrigantes vues dans l’espace public comme une de empreinte de feuille sur une bande blanche par terre. Peter Mearns utilise le vocabulaire du photojournalisme avec ses images illustrant le contrôle en Chine, avec pas mal de textes à lire attentivement: recensement, intérieur modeste avec portrait de Mao, œuvres contemporaines en galerie qui semblent « relâchées » , enfant unique, armé, autant d’illustrations du propos.

Son voisin Garry Cook opère dans un registre plus léger que ses compères et c’est aussi bien. Avec woman and alcohol, tout est dit, on peut être une femme jeune ou moins jeune et boire en soirée, en tout à Liverpool. Cette série (à 100 GBP le tirage je crois) m’a fait penser à une des expos vues cet été 2011 à Dublin là-aussi sur les (jeunes) femmes de Liverpool (par Debbie Castro – évidemment je suis en retard, les expos de Dublin n’ont pas encore donné lieu à des billets). Décidément je crois qu’il faut aller à Liverpool pour voir ;-) Petra Stridfeldt est mi-figue mi-raisin avec ses visages cachés derrière des objets divers, images ludiques que le texte permet de décoder différemment puisqu’il s’agit à chaque fois d’une sorte de « pensée écologique » d’un auteur (215 GBP unframed 15ex.). Formellement, le travail ressemble à une image vue à Dublin encore mais en 2010, celle de Rich Lambe (billet ici).

Au niveau en dessous, pas très éclairé et où régnait une chaleur torride, Gemma Thorpe (série in between days) montre des jeunes sans abri mais pas encore clodos à Sheffield. C’est pas gagné. Pablo Allison s’éloigne de cette veine photojournalisme pour un travaiol plus intellectuel, quoi que… En effet, avec sa série schools, des portraits d’écoles (certaines ne sont pas loin d’ailleurs à Londres), on voit bien des choses, d’abord une certaine misère dans les quartiers où ses pas l’ont conduit, la diversité religieuse aussi (avec des écoles juives ou orthodoxes), l’évolution aussi d’une société vers plus de violence avec des écoles parfois plus proches de la prison et du parloir que de la porte vers l’instruction (avec cameras et grilles). Ça commence par une typologie et ça se finit comme un constat social dur. Enfin Dave Rawlinson livre des vues de gens dans la ville mais les images sont délibérément floues, vraiment trop floues.

In between était présenté à la cafétéria du lieu avec Roxana Allison (quelques images personnelles prises à Berlin – mais cela aurait pu être ailleurs), Barbara Balmer (qui documente la vie de Bill qui a des problèmes de mémoire) et Tony Byrne (la vie quotidienne d’une membre d’Amnesty international tirée de sa série activist) et je n’ai pas vu voir le travail de Susana Sanroman car une minette prenait un café juste devant…

Enfin, bref, une exposition sans prétention qui se laisse voir.

A la suite de cela direction Barbican (au 1-3 Dufferin Street) pour voir Peaches & Cream chez Dream space (l’exposition a fermé le 19 octobre). En fait il s’agit d’un concours récompensé d’une publication en couverture d’un roman et d’un contrat de 3 ans.  Millennium Images et la galerie Crane Kalman Brighton forment le jury. Une galerie est visible ici. Le vainqueur est Richard Tuschman, Daniel Evans et Brendan Baker ont reçu le prix des jeunes diplômés. En relisant mes notes je constate avec dépit que je n’ai pas vu les œuvres de Alan Powdrill  et surtout Lydia Panas (dont je connais le travail) qui étaient tous les deux annoncés: en fin de compte je ne retrouve pas le 1er dans la galerie sur le web et pour la seconde a priori elle ne montrait qu’une image :( Pour ceux que j’ai vu ‘ »en vrai », j’ai eu une impression très favorable.

Luke Pajak montrait de minuscules photos couleur un peu délavées comme des sous-verre intimistes. Laura Stevens réalise des diasec de couples dans des intérieurs sombres où quelques objets seulement sont vraiment éclairés dans une atmosphère de film et d’attente. Roberta Murray proposait une seule image, celle d’une grange dans un beau paysage de chaumes, avec de belles proportions sols – ciel. Judith Lyons explorait le sillon maintes fois creusés du carré noir et blanc à motifs géométriques inspirés par la nature (des fleurs probablement si l’on en croit son site). Richard Tuschman opte pour le romantisme du flou et des couleurs mordorées appliquées à des jeunes femmes (350 GBP 15ex.).  Dans des bureaux et dans le couloir on trouvait Nicholas Wiesnet avec 3 tirages d’éleveurs africains, Neil Craver avec des femmes nues sous l’eau, un grand classique mais avec des couleurs étonnantes. Zoe Plummer montrait d’adorable petits formats couleurs où des personnages seuls dans la nuit porte une tête de lapin ou de chèvre (200 GBP 10ex.). Enfin, Brendan Baker et Daniel Evans montraient des images noir et blanc, soit dénués du moindre intérêt soit d’un surréalisme intriguant.

J’ai mis les prix volontairement pour illustrer le décalage que l’on observe avec certains vendeurs de « posters » qui tirent à plusieurs centaines d’exemplaires (tirages dits « limités » !) des photos d’illustres inconnus et tentent de les vendre en galerie ou sur le web (ou les deux) à plusieurs centaines voire plusieurs milliers d’euros.

Pour finir la journée, départ pour New Cross et Goldsmiths (University of London). Ce Collège compte, parmi ses alumni, Damien Hirst, Sam Taylor-Wood, Lucien Freud, Bridget Riley ou Gary Hume: il a donné naissance aux YBA et compte 20 nominés au Turner Prize si l’on en croit une encyclopédie en ligne. L’exposition commençait le 19 soit deux jours plus tard mais pour une fois, coup de chance, les œuvres étaient déjà accrochées.  Il s’agit de portraits couleurs lumineux de transplantés. Rien de larmoyant là-dedans mais l’on se surprend à chercher asse bêtement des signes de l’opération: il n’y en a pas et c’est peut-être le message. Deux portraits toutefois font le lien avec l’opération car les vêtements (d’une association) et les médailles (d’une compétition sportive dédiée) renvoient à ce thème mais c’est tout. L’exposition se poursuit jusqu’au 19 novembre. L’auteur, Laura Cuch, est persévérante car, en même temps que Trans,  elle travaille sur deux autres thèmes, Sleepless (sur des gens qui dorment très peu) et  No Ma (sur des femmes qui ne seront jamais mères) pour former une trilogie. Ce ne sont pas des sujets faciles.

PhotoEspaña 2011 – Casa de America

La Casa  de America ne brillait guère cet été lors de PhotoEspaña 2011. En bas, comme d’habitude, une petite salle montrait des films, sur Valparaiso cette fois, bof. A l’étage venait ensuite le Panama vu par par les yeux de Carlos Endara (1865-1954) avec de nombreux portraits diaporama sur écran LCD, des tirages d’époque et de grands tirages numériques. Une tranche d’histoire sud-américaine qui ne manque pas de charme mais dont l’essentiel échappera certainement au visiteur n’ayant pas le background culturel adéquat. Quant à Alecio de Andrade, on a droit à 62 de ses clichés noir et blanc sur 12000 pris en 39 ans dans des visites du Louvre. Souvent c’est le dos des regardeurs et les œuvres qu’ils regardent. Le photographe semblent d’être concentré sur les enfants et les jeunes femmes, aucun clin d’œil ni humour ne transparait: il transpire un certain voyeurisme c’est plus pénible qu’autre chose.

PhotoEspaña 2011 – Caixa forum

Lors de ce dernier PhotoEspaña j’ai découvert, outre l’expo qui s’y tenait, le bâtiment de la Caixa forum: à lui seul il vaut le déplacement. L’immeuble ancien est presque entière soulevé si bien qu’on peut passer dessous et une cascade jaillit dans son pied, on monte ensuite un escalier surprenant, enfin bref, du grand art. La Caixa explique ici le projet de transformation de cette ancienne centrale électrique située à deux pas des musées sur le Prado.

L’exposition était intitulée art et architecture en Russie, un titre assez éloigné de la photographie et il est vrai qu’une bonne part de l’exposition était consacrée assez naturellement à d’autres médias, maquettes et peintures en 1er lieu avec pas mal d’anonymes mais aussi Popova ou Rodchenko. La période couverte va des années 20 à 30 et s’étend à tous les domaines de l’activité humaine, l’éducation aussi bien que l’industrie, une redécouverte intéressante d’un patrimoine parfois en totale décrépitude.

Richard  Pare accompagne l’exposition de ses photos qui peuvent parfois être comparées avec les photos russes d’archives.

PhotoEspaña 2011 – Circulo Bellas Artes

Programme un peu décevant cette année au Circulo de Bellas Artes lors de PhotoEspaña mais comment renouveler l’exposition Capa (arrivée avant celle d’Arles – billet ici - et qui avait mobilisé les foules espagnoles comme on peut le comprendre) et Moholo-Nagy (billet ici) de l’an passé ?

Le choix s’est porté su Ron Gallela présenté comme un paparazzi alors que nombre de ses photos m’ont semblé sinon posées, au moins acceptées par le photographié qui regarde l’objectif sans défiance ou tentative de protection. Aucun plan au télé-objectif non plus: à l’époque cela ne devait pas se faire (?). Enfin, nombre de clichés ont été réalisés dans des lieux on l’on se montre (des galas et autres) donc je vois mal parler de paparazzi. Les plus vieux et les plus enclins à apprécier les people retrouveront les Kennedy, la famille royale britannique, les Taylor et autres Burton, les autres passeront vite comme je l’ai fait devant ces images noir et blanc.
Pas mal de fausses en lieux d’exhibition et non en pleine rue

Tout en bas se tenait une micro-exposition de Fernell Franco qui montrait (Cámara ardiente: prostitutas de Fernell Franco) des prostituées insouciantes et détendues en noir et blanc dans une ambiance tropicale. Ces images avaient été montrées une première fois en 1972. Des images simples et dépouillées, sans ostentation ni érotisme, mais avec un certain charme, pour une réalité pourtant sordide.