Arles 2011 – La Galerie Voies Off
Elle présentait le travail de Michel Le Belhomme, des sortes d’installations diverses photographiées, en format carré, souvent noir et blanc. On y voit des branchages perçant un plancher, des murs de briques dans un séjour muni d’un seul lustre pour tout mobilier, des espaces souvent clos, bas de plafond, des empilements et des branchages omniprésents. Gattinoni est lyrique, je peine pour ma part à décrypter les intentions et n’ait rien ressenti d’autre que de l’ennui.
Arles 2011 – L’atelier cinq – Faces & Façades
Je n’ai plus aucun souvenir de l’exposition Faces et façades ni même du lieu, même en regardant le plan. J’ai retrouvé le site web de ce qui doit être l’association organisatrice. Je comprends mieux pourquoi j’ai oublié.
Arles 2011 – Le temple – Le lac gelé
Je n’avais jamais mis les pieds au Temple protestant situé Boulevard des Lices et j’étais un peu sceptique en lisant la banderole “Le lac gelé” du nom de la galerie (nîmoise) qui avait investi les lieux. L’exposition donnait un échantillon de pas mal de photographes et il fallait aller sur les sites web de chacun pour en savoir plus (beaucoup sont “locaux” mais pas tous): Doriane Francois, Julie Canarelli, Michael Duperrin, Laurent Chardon, Jacques Lafont, Myriam Assié, Melania Avanzato, Alejandro De Los Santos, Bernard Bouye, Alexandra Frankewitz.
C’est surtout avec plaisir que j’ai revu le travail de Caroline Chevalier et sa série frail heroins (1 800 €) que j’avais repérée à Lyon en 2008 (billet ici) et qui malheureusement a été peu exposée depuis à ma connaissance (il serait temps qu’un galériste parisien se réveille).
Arles 2011 – Louise Bossut
Il y a à Arles, chaque année, des individuels qui tentent leur chance en marge du festival. C’est rarement convainquant, entre semi-pro, amateur et photo de mariage. C’était donc un peu résigné par avance que j’entrais jeter un œil sur le travail de Louise Bossut. C’est une belle surprise qui s’offrait pourtant aux yeux du regardeur qui, par hasard j’imagine, se trouvait dans cette ruelle pour une exposition passée sous silence ou presque. Louise, qui est née en France, a été formée à La Cambre (à Bruxelles) et sait photographier: ses grands paysages hollandais a la chambre (4 000 €), ses petits “portraits français” et “portraits bruxellois” (500 €) ainsi que ses deux madones (2 750 €) valaient le déplacement. Quel dommage que le Off ne parvienne pas à nous trouver plus souvent des photographes qui échappent à la veine “artistes contemporains” ou “photographes en catastrophe”.
Son site web est fort bien fait et montre une large palette de travaux de grande qualité. Décidément, je suis chaque jour plus fan de “l’école Belge” (et néerlandaise :)
Arles 2011 – Galerie no. 14
Le FoAm présentait dans le quartier de La Roquette (outre à la Bourse du Travail – billet ici) des expositions sous le titre “What’s next“. Les mini expos se tenaient dans des lieux inadéquats et je n’ai donc vu que celle dans la galerie no 14 qui montrait Benjamin Lowy (que je connais déjà – billet ici) et Curtis Mann (photos en damier très altérées). Je trouve dommage de montrer des photographes (a fortiori ayant pignon sur rue) dans des lieux inadaptés et ce d’autant que l’espace ne manque pas à Arles. Dommage.
Arles 2011 – La vitrine
La vitrine était sponsorisée cette année par Françoise Paviot. Le titre était Le coureur par Gilles Gerbaud et Raphael Chipault. On voyait un type courir (ce qui est paradoxal pour une image arrêtée) en noir et blanc.
Arles 2011 – Gilles Perrin
Gilles Perrin montrait des photos de masques du Burkina Faso au 5 place honore clair. Bon. C’était à réserver aux fans. L’auteur sera présent aux Photaumnales de Beauvais 2011 avec des majorettes cette fois qu’on peut voir sur son site web aussi :)
Arles 2011 – Atelier de mécanique
L’atelier de mécanique accueille le plus souvent la sélection un peu piquante des Rencontres. Cette année 2011 ne fait pas exception avec un programme original dont certains travaux frôlait parfois l’absolue nullité. L’avenir dira si cette exposition a vu naitre quelques talents ou s’il s’agissait seulement de blagues potaches. Pour ma part je suis partagé car si certains travaux, bien que dérangeants, semblaient témoigner d’une approche nouvelle et réfléchie, pour la plupart je n’ai cru y voir que des bricolages vides ou immatures, des recyclages stériles voire des copies sans intérêt. Il est bien dommage que le visiteur ne puisse être accompagné afin de mieux distinguer ce qui s’apparente à Coluche, Einstein, Picasso, Justin Bieber ou Kevin (en 4ème mauve au collège de Trifouillis sur Beuze). Certains visiteurs inspirés par le spectacle avaient d’ailleurs dessiné de magnifiques pénis turgescents sur le “livre d’or”, d’autres s’y répandaient en noms d’oiseaux (entre autres noms, l’ornithologie n’y étant pas seulement à l’honneur), c’est la 1ère année que je voyais ça.
Parmi les participants, peu de noms que je connaissais: Mocksim, vu a Brighton en 2010, Doug Rickard vu au Bal (billet ici) et Corinne Vionnet que j’ai déjà vue mais je ne sais plus où (sur internet peut-être). Un superbe A issu de Google trônait dans le hall, clin d’œil au recours massif des invités à Google et au web en général (en arrière-plan on voit le travail de Adrian Sauer qui apparaît comme un rectangle gris à cette distance et la colonne de couchers de soleil en jaune, orange et rouge due à Pénélope Umbrico).
On commence l’exécution collective avec Kurt Caviezel. Ce brave Kurt collectionne les images issues de webcams trouvées sur le web et les regroupe par catégories ce qui nous vaut, notamment, une série de queue d’oiseaux et d’insectes. On va le voir, pas mal de travaux tournent en rond autour de trois principes associés ou non: le remploi (de photographies déjà faites si possible disponibles sur le web), la typologie (en fait l’accumulation jusqu’à l’écœurement), la laideur (afin de se croire rebelle, il est de bon ton de montrer ce qui est habituellement caché). On a un clone de Kurt avec Frank Schallmaier qui collectionne les photos de bites trouvées sur internet. A ce stade on peut lui conseiller de consulter un médecin (à moins qu’il ou elle ne soit à l’âge de l’adolescence auquel cas on lui pardonnera). Dans une veine moins puérile, on a aussi Viktoria Binschtok qui photographie (elle-même ?) des globes terrestres. Toujours pour les maniaques de la collection, on a aussi Martin Crawl avec ses images eBay montrant des Legos.
Jenny Odell se livre lui au collage “d’objets encombrants” (bateaux, parkings,…) bien rangés comme des insectes dans leur boite d’entomologiste, ce travail est un peu original et se laisse voir. Il en est de même du travail de Marco Bohr qui dépasse la simple collection pour afficher une intention avec ses photos d’apparence anodines du dictateur Kim Il Song se livrant à des activités banales et piochées sur le web.
Le sexe fait vendre et en complément des pénis de Frank il faut bien sûr citer Ron Rafman avec ses putes trouvées sur des images de GoogleView car, autre tendance, Google est à l’honneur. Ce brave garçon a de nombreux compétiteurs: je me souviens avoir vu sur le web des amateurs d’avions en vol qui traquent sur GoogleEarth le moindre aéronef saisi sur le vif. Jon Haddock reste dans le porno pour mieux l’effacer et ne conserver que les vilains meubles dénués de corps. Pavel Maria Smejkal procède aussi a des effacements mais cette fois il s’agit de photographies iconiques qui ont perdu leur principal protagoniste. Ewoudt Boonstra efface aussi des visages sur le web. Hermann Zschiegner bricole sur Google mais je n’ai pas bien compris en quoi consistent les multiples variantes de visages qu’il affiche. Andreas Schmidt (attention, son site web fait mal aux yeux) se servait aussi de Google pour couvrir des panneaux entiers de mosaïques d’images, travail dont l’intérêt me semble absolument nul et qui se rapproche peut-être de celui d’Adrian Sauer qui produit lui-aussi une mosaïque mais non pas en utilisant des images mais des points, en l’espèce un point de chaque couleur de l’espace rvb 8 bit. Penelope Umbrico, citée plus haut, outre ses soleils, montrait aussi des photos de miroirs découpées comme l’objet original.
D’autres travaux gravitent plus ou moins sur ces thèmes de la récupération d’images ordinaires (non connotées sexuellement) comme James Howard (attention: son site dans le pire style amateur des années 90′s est un supplice visuel) qui produit des images kitsch à partir de spam, Laurence Aegerter qui colle des textes genre karaoké sur des photos trouvées ou Josh Poehlein qui montre des assemblages pixellisés d’images issues du web.
Certains ont choisi la vidéo ou des modes de production d’image un peu originaux (on a cité les webcams déjà et celles de Google), ainsi Nancy Bea montre des photos prises par un chat (j’ignore si “l’artiste” a 10-12 ans ou davantage), Gilbert Hage expose des décolletés captés avec un téléphone au Liban. En rapport avec la vidéo, Jens Sundheim a pose devant des webcams (on se demande pour lui-aussi s’il a franchi le cap de l’adolescence ou non, cela m’a fait penser aux crétins qu’on voit parfois s’agiter en arrière-plan d’un reporter tv) et Mishka Henner montre des présentateurs tv us les yeux fermés (ce qui pour le coup m’a semblé refléter ce que je pense de l’information télévisée).
Enfin, Thomas Mailaender exposait de mauvaises photos avec des poulets (vivants) et se représentait faisant le pitre avec une poêle sur un volcan.
Enchères – Bonhams – New York – 1er novembre 2011
Bonhams disperse 177 lots de photographies le 1er novembre 2011 à New York. Comme chez Swann, les prix commencent à des niveaux qui pourront intéresser ceux qui ne sont pas millionnaires mais ici les minimums ne situent tout de même à 2-3000 USD. Le catalogue est ici.
Enchères – Swann – New York – 18 octobre 2011
Chez Swann, contrairement aux trois monstres des enchères, il est possible de trouver des lots à des prix sinon modestes, au moins accessibles aux gens ordinaires. Les 327 lots comptent ainsi des pièces estimées à moins de 1000 USD et bon nombre de pièces à moins de 3000 USD. Alors évidemment, à ce prix, il ne s’agit souvent pas de grands maitres et les prix les plus bas sont atteints sur des pièces d’une période moins prisée mais il est aussi possible de découvrir des genres un peu délaissés (étude botanique, par exemple) de grands noms. Les plus fortunés trouveront aussi leur bonheur avec des pièces de grande valeur que la hausse récente du dollar rend encore moins accessible.
Le catalogue est ici.



