PhotoMonth 2011- East London – 1er jour

Ce premier jour à Londres, hier, est une reprise de contact avec le quartier que j’avais arpenté en 2009 déjà dans les mêmes circonstances (les notes que j’avais prises alors,  soigneusement archivées, ne sont pas encore publiées:(
Un peu fatigué par un réveil aux aurores et un pauvre sandwich à midi, je suis rentré assez tôt à l’hôtel : après tout, c’était dimanche et je suis en vacances.
Je n’ai pas vu grand chose de bien captivant ce 1er jour car c’est le même syndrome qu’en 2009 : les expositions sont relativement dispersées et il est difficile d’en apprécier la qualité depuis le web pour discerner entre amateurs et auteurs ayant un vrai projet du coup, il faut marcher beaucoup, sélectionner les lieux… au hasard et peu récolter. En plus, les expositions ne sont pas synchronisées (il n’y a pas de date de début e tde fin valables pour tous les lieux): on rate toujours quelque chose si on est pas très attentif, même si on est sur place, ce qui est encore plus vexant (par exemple, j’ai raté les étudiants et jeunes diplômés du  MA de photographie du Royal College of Art – ici).

Autre chose qui n’a pas changé, Brick Lane, toujours encombré le dimanche matin, surtout à l’heure du déjeuner quand se côtoient en un même lieu cuisines africaines (Bénin, Sénégal, etc), japonaise, franco-belge (gâteaux et chocolats), argentine et dieu sait d’où encore. Quant aux langues des promeneurs, on entend souvent le français;-) mais aussi le polonais, le russe, l’espagnol. Les nombreux restaurants pakistanais et indiens rivalisent désormais de banderoles indiquant les prix qu’ils ont reçu de telle ou telle association de gourmet ou d’un journal britannique : pour ma part je ne suis guère rassuré par cette kyrielle de bouibouis et mêmes ces marques de ré-assurance ne m’ont pas convaincu d’essayer.

Avant de revenir sur Brick Lane pour évoquer la Galerie s o, il faut tout de même rappeler que beaucoup de lieux sont peu propices aux expositions et que beaucoup montrent des travaux franchement médiocres : j’ai pris le parti soit de ne pas y entrer, soit de ne pas en parler afin de ne pas perdre mon temps. En revanche, je parcours tous les sites web des photographes exposants et c’est comme cela que j’ai trouvé celui de Carolyn Gaskell dont le travail est exposé… dans un salon de coiffure (et que je n’ai donc pas vu) mais qui décoiffe sur le web et aurait mérité mieux (ici).

La Galerie s o, pour revenir à notre sujet est bien improbable au 92 Brick Lane, cernée de restaurants et de l’extérieur on croit passer devant une maison mais en fait, après avoir sonné, un anglais d’origine indienne vous accueille et vous conduit au fond dans une jolie salle aux murs de briques et au sol en béton. La galerie est présente aussi en Suisse.  A droite, il s’agit de grands formats noir et blanc classiques consacrés à l’exploitation sauvage du charbon en inde mais le sujet ne saute pas yeux en regardant les images, par ailleurs magnifiques, de Srinivas Kuruganti. La Chine telle que la montrent Liz & Max Haarala Hamilton est en couleur, punaisée sur des tasseaux de bois, et pleine de malice. Ces images dont on ne sait si elles sont posées ou prises sur le vif sont malicieuses et gentiment décalées pour la plupart. Elles sont puisées dans diverses séries sur la Chine réalisées par l’auteur.

Au Musée de l’enfance (qui est une section du V&A) et jusqu’au 31 décembre, cette fois à Bethnal Green (sur Cambridge Heath Road), c’est un hommage à Julia Margaret Cameron qui est rendu et le lieu est évidemment propice à des photographies d’enfants. Les photographies sont datées de 1865-1868 et leur auteur n’a pas corrigé les défauts techniques mais parfois a néanmoins retouché pour masquer un fond ou raccourcir un pied. Il s’agit le plus souvent de très jeunes enfants semblent-ils obéissants car à l’époque il fallait poser un long moment ce qui était pénible pour des petits. Souvent mis en scène pour évoquer la religion, la mythologie ou un  roman (il y a un « Paul et Virginie »), les enfants véhiculent aussi, dans la Grande-Bretagne victorienne une image d’innocence et de pureté angélique.  Seule une image semble prise sur le vif avec une expression fugace qui semble arrêtée au vol. Assez curieusement le haut des images est parfois découpé en arc de cercle, j’ignore si c’était le goût de l’époque. Il y a un article excellent (et long) sur Cameron sur le site du V&A (ici) que j’ai parcouru mais pas encore lu.

La minuscule Shipton Street Gallery située dans la rue du même nom (et sans numéro…) est une petite pièce que j’avais visite en 2009 déjà et là encore se tenait pas très loin un marché aux fleurs et aux plantes animé avec des artistes de rues. Elle n’est ouverte que le dimanche, de 11h à 14h (jusqu’au 30 octobre). Il n’empêche, le travail présenté, sur le sujet Boundaries n’est pas mal même si faute de place les tirages sont petits ou peu nombreux pour chacun. Peter Jones montrait des frontières de tout type à Berlin et ailleurs dans un style street photography tandis que Carolyn Hynter choisissait un close up sexy sur un mannequin d’exposition. Helena Debain choisissait de montrer en enfant juif, une musulmane, l’un et l’autre en tenue traditionnelle et une femme vêtue de latex (chacun son truc ;-) A ses côtés, des scènes de ballet (Gisèle) avec des effets de filage et de superposition qui ne tombent pas dans l’amateur et enfin Stefano Ravera qui avait lui choisi de montrer les recoins, pas très nets, de pièces d’habitation.