PhotoMonth 2011- East London – 3ème jour – Zoom sur Strand Gallery

Le 3ème jour à Londres était mal engagé mais devait bien se terminer grâce à quelques galeries et tout spécialement la Strand Gallery (32 John Adam Street à deux pas de Trafalgar Square, c’est loin du East End mais c’est quand même dans le programme officiel) où se tient la 23ème édition de la London Independent Photography jusqu’au 29 octobre 2011. Accessoirement c’était aussi le vernissage (sage) au Schweppes (entre autres). La sélection était faite par Dewi Lewis (qui édite Parr, Norfolk et d’autres depuis 1994) et Bridget Coaker (qui travaille pour le Guardian et l’Observer et est aussi co-fondatrice de la galerie de photographie en ligne Troika). Il y a 132 photographies exposées sur deux niveaux dont certaines sont issues d’amateurs.

L’ensemble des travaux présentés est d’une qualité incontestable et on peut simplement regretter que chaque auteur n’ait que si peu d’espace pour exposer, c’est donc plus un apéritif qui nous est servi là que le véritable plat de résistance. J’ai retenu quelques noms (après avoir parcouru la totalité de la liste et les sites web associés,  ici) qui disposent par ailleurs d’un site web bien fait  ce qui n’est pas le cas de tous, et de loin et c’est dommage car certains travaux intéressants restent ainsi sans suite: Astrid Schulz, Frank Orthbandt, Ingrid Newton, Guy Sargent, Mandy Barker, Vanja Karas, Lidia Kowalewicz, Fabrizio Quagliuso, Simon Head, Charlie Colmer, Tiffany Jones, Gary Alexander, David Solomons, Clare Park, Krystina Stimakovits, Suzi Livigstone, Tony McAteer, Carlotta Cardana.

Il y a quatre photographes qui à mon sens sortent du lot.

Astrid Schulz avec ses hommes à bigoudis introduit une réflexion non dénuée d’humour sur les genres et les apparences. Guy Sargent, qui exposait des rochers en Cornouailles ,nous montre sur son site web que les rochers peuvent avoir une âme et que sa maitrise des couleurs n’a d’égale que son soucis de la composition. Mandy Barker, à travers une présentation colorée de saloperies minuscules flottant entre deux eaux  (sur fond noir) parvient à faire à la fois joli et effrayant par cette évocation de la catastrophe écologique qu’est le « garbage patch« . Lidia Kowalewicz (son site vient de tomber en panne en écrivant ces lignes !) avec une miss et 1 mister (junior) aborde de manière distanciée un sujet déjà vu souvent mais traité sous l’angle des paillettes (on pensera à Susan Anderson notamment) ou au contraire sans l’angle du ridicule (elle sera exposée au Taylor Wessing Price). Enfin, Tiffany Jones, avec son « royal picnic »  modeste (à l’occasion du récent mariage princier)collé au fond d’un plat aux couleurs de l’Union Jack ne pouvait faire plus anglais, plus royal et plus kitsch !