Espace Beaurepaire – Au quotidien

Je crois bien que je mettais les pieds pour la 1ère fois, il y a quinze jours, à l’espace Beaurepaire qui exposait  jusqu’au 13 novembre 2011, dans le cadre des Rencontres du 10ème arrondissement, 5 photographes. Richard Chevallier montrait en grand format noir et blanc des femmes âgées et des animaux tandis que Clara Chichin produisait de très petits formats noir et blanc intimiste, solitaires, tristes et un peu intrigants. Plus intéressant, un certain charme pour les petits objets en tirage brillant aux cadres anciens par Véronique Varlet. Je passe sur les photocopieuses de Julien Benard déjà vues avec Fêtart (billet ici). Antoine Zawislak montrait des dyptiques de scenes de rue nettes /floues. Plus amusant, Nicolas Gallon choisissait de photographier la France d’en bas, des portraits dans la rue mais cadrés sous la ceinture. Au final, une petite exposition sympathique mais sans plus.

Immix – Créatures

Avec la fermeture récente de la galerie Philippe Chaume, l’un des rares spécialisée en photographie à Paris, Immix se trouve désormais bien isolée sur les bords du Canal Saint Martin (ici). Parmi les exposants, deux photographes, Pascal Mirande (série gullivers déjà vue à Arles – billet ici) et
Céline Decorniquet dont j’avais déjà vu le travail (billet ici) mais ici présenté en nombre et dans des cadres variés (portraits malheureusement cachés en partie par le public qui écoutait un artiste expliquer assez péniblement son travail).

Si vous passez dans le coin, c’est jusqu’au 30 novembre 2011.

Institut de France – Marion Poussier – Famille

LInstitut de France exposait jusqu’à la fin de la semaine passée le travail de Marion Poussier que je me souviens (enfin il me semble) avoir découvert il a quelques années à Paris Photo pour des photos d’ados en vacances. Marion a été récompensée d’un prix (Prix de Photographie de l’Académie des beaux-artsMarc Ladreit de Lacharrière 2010 pour les sentiments du quotidien) ce qui lui valait l’honneur d’être exposée Quai de Conti en 2011 avec le travail ainsi financé. L’an dernier c’était Thibaut Cuisset (billet ici).

Marion est familière d’une photographie franche et honnête, sans artifice, et portée sur la vie ordinaire des gens ordinaires. La série exposée se prête bien de petits formats carrés aux couleurs adoucies, une photographie, en somme, modeste, à tout point de vue. Que voit-on ? Des familles (titre de la série), parfois des gens seuls mais toujours le cadre d’un pavillon ou d’un appartement familial, sans luxe, sans façon, un témoignage sur la vie ordinaire de nos concitoyens. Une exposition petite mais sympathique. L’an prochain ce sera au tour de Françoise Huguier.

Les Douches – Only Photography by Roland Angst

Il y a quelques semaines, petite visite à Les Douches pour voir l’exposition montée par Roland Angst, directeur des Éditions Only Photography à Berlin. L’expo est visible jusqu’au 14 janvier 2012. L’expo, du coup, est consacrée plutôt aux portfolios et autres tirages de tête. On retrouve ainsi Stéphane Couturier en format raisonnable (avec le Grand Palais), une version surprenante de son travail tant on est habitué à ses grands et très grands formats. Parmi ceux que je connais, il y aussi Baldessari et je crois bien que c’est la 1ère fois que je vois son travail en vrai avec ses  fameux  points colorés mais aussi des barres (je me suis ainsi rendu compte qu’on devinait l’image sous les couleurs).

A part ça, Rodolf Hervé exposait des polaroids tremblotants mais surtout, Salmon et Hammerstiel montraient des légumes, en petit format, arrachés et posés sur du béton. C’est bien ça, des légumes, ça m’a fait penser à ceux de Charles Jones vus à Londres (billet ici). Il faut voir aussi les magnifiques couleurs de street photography de Fred Herzog (illustration ci-dessous depuis le site de la galerie Equinox).

Le 104 – Jeune création 2011

Dimanche dernier c’était le dernier jour de Jeune création 2011 au 104. Ce n’était pas une exposition dédiée à la photographie mais certains artistes y recouraient, peu il faut bien le dire, beaucoup préférant l’installation ou la sculpture (voire la peinture). L’entrée était payante, ce qui m’a un peu étonné.

Jérémie Léon ouvrait le bal avec des photographies de vestiges américains, un sujet devenu classique avec l’écroulement des villes associées à l’industrie automobile. Virginie Laurent s’attaque au sujet des roms, plus qu’un marronnier, un sujet récurrent dans les expositions mais ici Virginie s’attache à montrer des images inhabituelles, loin des clichés éternellement brassés, à Lille, un sujet social qu’elle a déjà abordé dans des travaux passés. Lucia Barbagallo nous promène dans le Lambeth (au sud de Londres), avec ses petites maisons de briques, so british. Margret Hoppe recherche les traces du communisme dans ses clichés de Bulgarie, un sujet aussi devenu classique. Regis Feugere montre des bâtiments délabrés (sa série palimpsestes peut-être). Carole Douillard utilise la photographie comme témoignage de performances, en l’espèce, ici, dormir dans la rue, une performance qu’elle devait livrer sur place le soir même à 19 heures, d’ailleurs. Enfin, Marylise Humbert avait choisit une sorte de portraits de  deux ex-légionnaires, visages et gestes du quotidien encore empreint de vie militaire, pour sa série légionnaires un jour.

Il faut noter que Jeune création expose 5 photographes (Arnaud Rodriguez, Ricardo Yui, Stefano Marchionini, Kourtney Roy et Simone Lueck) à partir de demain au 24 rue Berthe et jusqu’au 7 décembre seulement.

Anniversaire – David SEYMOUR (dit CHIM) (20 novembre 1911 – 10 novembre 1956)

David SEYMOUR (alias CHIM) aurait 100 ans aujourd’hui. Né à Varsovie dans le milieu de l’édition il étudie les arts graphiques à Leipzig puis s’inscrit à la Sorbonne en 1932 avant de renoncer en raison de la crise économique. Il reste néanmoins à Paris et se fait engager comme photojournaliste par un ami de sa famille et rencontre André Friedmann (Capa) avec qui il devient ami. Il travaille pour plusieurs revues dont Regards qui l’envoie couvrir la Guerre d’Espagne en 1936. Il émigre aux États-Unis en 1939 et américanise son nom (Szymin). Il s’engage dans l’armée américaine et travaille dans les services photographiques. Après la guerre il fonde Magnum avec 6 autres photographes et présidera l’agence de 54 à 56. Il poursuivra son travail en Pologne, son pays natal, ailleurs en Europe et au Proche-Orient: il trouve la mort sur le canal de Suez quatre jours avant le cessez-le-feu de 56, tué par un soldat égyptien.

PhotoMonth 2011- East London – 5ème jour

Pour le 5ème jour à Londres dans le cadre du PhotoMonth dans le East End, c’était le 20 octobre, le programme est centré sur la Tate Modern mais en fin d’après-midi, petit passage chez James Hyman. Cette galerie est située dans l’entresol sur Saville Row à deux pas de Picadilly, Fortnum & Mason et Pâtisserie Valérie. Des vues colorées par Anna Fox, en grand voire très grand format, d’anglais moyens jouant, peut-être l’occasion pour les millionnaires du coin de voir à quoi ressemble le peuple. A noter que dans cette galerie on ne dit pas bonjour au visiteur en jeans et sweat: on se croirait à Paris (enfin presque, car dans le quartier le salaire minimum ne doit pas être de 1000 € par mois mais de 1000 £ par jour). Trois tirages un peu égarés de Lynne Cohen figuraient dans une salle annexe.

Retour à la Tate Modern où j’étais seulement passé vite fait en 2009 en rentrant de Brighton (je n’ai pas encore publié mes billets là-dessus). Le site, chacun le connait, est un ancien site industriel et on y pénètre via un gigantesque plan incliné tandis qu’au-dessus le plafond semble sans limite. La Tate Modern est pourvue de plusieurs restaurants: un panoramique bondé (Tate Modern Restaurant), un plus modeste où l’on mange néanmoins très correctement (Café 2 que j’avais testé en 2009 et qui a été récompensé – ce n’est pas excessif comme prix) et une cafétéria (Espresso Bar) plutôt pour des sandwiches (que j’ai testé cette année – c’est fameux et pas cher). On y trouve aussi deux librairies qui vendent également des gadgets. L’accès au musée est gratuit sauf pour quelques expositions temporaires.

La Tate Modern avait conçu un parcours dédié à la photographie d’ailleurs affiché sur les portes. On commence au niveau 3 avec Diane Arbus. L’exposition, si elle ne peut rivaliser avec celle de la MEP quant au volume, est en revanche bien documentée et les lieux bien plus aérés que le Jeu de Paume où on s’entasse. Certains clichés sont visibles des deux côtés de la Manche. Il y a 7 photos sans titre de la fin de sa carrière (femmes en sorcières, groupes de vieux, etc) tirées en partie de sa série consacrée aux hôpitaux en 1969 et parues dans un livre posthume (Arbus s’est suicidée en 1971) puis la plus grande salle montre la série "from a box of 10 photograph" (dont les fameuses jumelles et l’homme aux bigoudis) et 27 clichés divers de la période 61-63 (avaleur de sabre, lady, homme tatoue, etc),  le fameux"child with a toy hand grenade" et aussi la "house on the hill" (62), un de ses rares travaux à ne pas être consacré au portrait. On découvre aussi une fille et un couple d’ados, sujets ordinaires auxquels on n’est pas forcément accoutumés dans l’œuvre de Arbus. La dernière (petite) salle montre 3 photos de 1961 (femmes et hommes sans têtes, homme tatoué) ainsi que Susan Sontag et son fils et un auto-portrait enceinte de 1945, ces trois dernières oeuvres sont visibles entre autres au jeu de paume. C’est terminé depuis le 7 novembre 2011.

Au niveau 4, c’est Taryn Simon. L’exposition A Living Man Declared Dead and Other Chapters dure jusqu’au 2 janvier 2012. Si Taryn est moins connue que Arbus, elle n’en n’est pas moins, déjà, connue et reconnue, exposée dans les institutions les plus prestigieuses. En France, c’est peut-être les Rencontres d’Arles qui ont contribué à faire connaitre son travail (billet ici). La salle est immense et 18 oeuvres sont exposées, toutes sur le même modèle à savoir trois grands panneaux présentant une histoire (marquante et triste), un des panneaux étant composés d’une multitude de petits portraits. On découvre ainsi le mort vivant en Inde, les lapins en Australie, le guérisseur au Kenya, les kumari au Népal, l’orphelinat en Ukraine, les albinos en Tanzanie, etc. C’est très impressionnant. Réalisé en plusieurs années, sur toute la planète, ce travail est à la fois un travail de reportage et un travail artistique par la forme spécifique qu’il revêt, il constitue une dénonciation puissante de dysfonctionnements multiples de nos sociétés, un thème que Taryn avait déjà abordé par le passé. A défaut de pouvoir ramener des restes humaines ou des lapins, certaines photographies qui constituent ses panneaux sont comme des copies, isolées et uniques, des objets réels, l’ensemble formant une sorte d’installation strictement photographique. C’est un travail parmi ceux que j’apprécie, avec une forme innovante et un véritable discours engagé et compréhensible, pas de simples images, et un véritable investissement physique. Un travail qui devrait mortifier, je l’espère, les "artistes" champions des 5 ou 6 des images énigmatiques (ou des flous et grains en noir et blanc ou des photographies de nombrils décadrés, etc) accrochées sur le mur blanc de trop de galeries. Voila, avec Taryn Simon, de la photographie contemporaine comme on en voit hélas bien peu.

Au niveau 5, trois expositions de photographie se déroulent en même temps. D’abord, une collective, avec New documentary forms. Au rendez-vous on trouve Mitch Epstein (série american power – centrale nucléaire, cheminée, etc) et Luc Delahaye (3 photos immenses en  format 16/9, Palestine, Afganistan et Bagdad (palestine hotel - celui qui accueille la presse). La salle suivante est consacrée à 70 tirages noir et blanc sélectionnés par Akram Zaatari dans la production du studio de Hashem el Madani, une sorte de Keita libanais dont la production couvre les 40 à 70. Guy Tillim montrait les élections au Congo en 2006, foule en liesse et émeute, des images que je crois bien avoir déjà vues et on finissait avec une salle dont un mur était presque couvert de photos, celles de Boris Mikhailov pour sa série red (68-75, 76 photos) tandis que lui faisait face son autre série, at dusk (debut 90s, 13 photos bleutées, ciel plombé,  vues à Arles en 2009 – billet ici). C’est visible jusqu’au 31 mars 2012.

Avant de rejoindre la suite, je me suis baladé dans le musée et j’ai vu notamment la toile brulée de Henk Peeters et ça m’a fait penser à Chris McCaw (billet ici).

Toujours au niveau 5 mais dans la salle 4, on pouvait voir "japanese and bahaus", une très petite sélection à réserver pour les experts de la photographie japonaise des années 30 (Shikanosuke Yagaki, Fusao Hori, Ryukichi Shibuya, Iwao Yamawaki, Kiyohiko Komura). Un peu plus loin (salle 10)  c’est un peu le même style avec "architecture ans power" où se côtoient photographie et installations et peintures.  Pour la photographies, quelques (rares) pièces de Gunther Forg (deux deux grand formats noir et blanc de bâtiment de camp de vacances) et Guy Tillim à nouveau pour un  court extrait de sa série avenue Patrice Lumumba (que j’avais déjà vue au Luxembourg – billet ici).

En redescendant, deux bouquins parcourus: Portraits in series : a century of photographs chez Kerber Verlag et Why Photography Matters as Art as Never Before par Michael Fried chez Yale University Press.

PhotoMonth 2011- East London – 4ème jour (fin)

Après le musée, retour dans l’Est pour voir la Rag factory (Apricot Gallery au 16-18 Heneage Street qui donne sur Brick Lane) et le collectif Peg 11 dont le site très bien fait montre les oeuvres et les sites web des auteurs. Et il ne s’agit ni d’abricots ni de chiffons ;-)

Gemma Webb montrait une ligne de très petits formats rétroéclairés, des blonds et roux de dos et Jocelyn Low quatre sous-bois brulés. Louise Harrington exposait une composition faite de 4 parties de corps qui auraient peut être pu former un nouveau corps: ça m’a fait penser à John Coplans (vu à Sérignan – billet ici).
Sara Leigh Lewis s’essayait au portrait d’ado avec 5 portraits noir et blanc ("fifteen") quand  Chris Storey évoquait ce que je présume être un vieux couple, avec 6 portraits d’un homme et d’une femme âgés et deux bords de mer nostalgiques. Dans la veine des portraits, c’est le travail de Emma Robinson qui m’a le plus séduit: deux portraits, celui d’un homme et d’une femme se font face, au milieu un rectangle de texte avec ce que chacun a fait pour l’autre (une table, un chapeau, etc). Un livre montre cette série (this is for you) de façon plus complète, un travail sur de petites choses, émouvant par sa simplicité et sa profonde humanité. Avec Louise Taylor on change du tout au tout avec 2 cailloux gris sur une table noire sur fond noir et on change à nouveau tout avec Malgorzata Sobieszek pour des autoportraits dans diverses tenues, le fonds semblant être un décor. L’hommage à Lucinda Symons, un vase posé par terre avec des fleurs est assez sinistre (elle est morte en juin 2011).
Vera Dohrenbusch montre 4 paysages noir et blanc, 2 presque noirs et deux clairs et Roy Milani revient à mon sujet favori, avec les religieuses de l’instruction chrétienne: 5 portraits de vieilles bonnes sœurs sur fonds noir. Eliza Karakitsos montre deux photos de souvenirs de pacotille, l’un et l’autre n’ont qu’un objet commun, on peut s’imaginer la même personne à quelques années d’écart. Retour au portrait (décidément, l’accrochage alterne volontairement les genres) avec Neil Harman et 5 portraits en pied de radio modéliste avec leur jouet en plein air. Angela Y Cheung reste à l’intérieur avec 3 intérieurs déglingués et un peu vides, une valise suggère un départ après une dispute. Andrea C Morley montre 5 nuages noir et blanc et 2 close up de corps féminins et des textes plutôt moyens (série être au monde, en français dans le texte). Enfin, beau projet que celui de Dominic Harris: 5 images au temps de pose long, sombres, seul le modèle n’a pas bougé (et les immeubles), les passants sont évaporés. Un long texte dans la photo transcrit les échanges de emails entre l’auteur et les modèles.

C’était une exposition sympathique.

Paris Photo, Fotovever, Nofound, Photo Off et autres – ça fait beaucoup

On connaissait le cas avec la FIAC, et on y a droit maintenant avec Paris Photo: la multiplication, non des pains, mais des foires et manifestations satellites (d’aucuns diront parasites, à tort). Paris Photo était de loin la foire à ne pas rater au cours ce long week-end, en dépit d’un caractère très "usine" (impersonnel, immense, encadrement du bétail avec des barrières, etc) et du prix dissuasif pour les petits budgets: la qualité muséale de certains stands, la présence de toutes les pointures internationales, la variété des types et des époques qui couvrent à peu près tout à l’exception de l’Asie en font une manifestation d’exception et chacun selon ses goûts y aura trouvé son bonheur. La visite ne s’impose pas chaque année, le paysage ne changeant pas  du tout au tout d’une année sur l’autre, mais un passage de temps en temps s’impose.

Pour le reste, les trois manifestations parallèles se positionnent de façon très diverses. Plus petites et moins chères elles sont plus "humaines" mais chacune a sa personnalité. Nofound lorgne franchement du côté de l’art contemporain avec ses travers (stands ultra dépouillés à tout point de vue voire anémiques, "provocation" visuelle souvent gratuite, etc) mais certaines galeries restaient sur une voie plus accessible au grand nombre et aux amateurs de photographies. Photo Off présentait un ensemble très homogène, très chaleureux du fait des lieux, effectivement tourné vers la photographie contemporaine mais ne s’approchant pas de l’art contemporain mais il faut bien le dire, si chacun fait de son mieux et présente un ensemble satisfaisant, le faible nombre d’exposants est un peu pénalisant. Du côté de Fotofever, on penche cette fois vers une approche plus commerciale (avec force diasec, et des galeries qui sont pour certaines des sortes de "supermarchés" de la photo sur le web) et vers une grande hétérogénéité dans la sélection qui permet de voir surtout du bon mais aussi du vraiment mauvais.

Ces trois manifestations sont difficilement compatibles (les lieux et les orientations sont distinctes) mais il faut bien avouer qu’en picorant le meilleur des galeries présentes dans ces trois manifestations (une demi-douzaine au moins dans chacune, plus encore en donnant des orientations aux galeries) on pouvait faire un Emergent Paris Photo de très grande qualité avec 20 à 40 galeries.

Mais ce n’est pas fini car plusieurs manifestations se tenaient (tiennent) plus ou moins en même temps. Photoquai et les Rencontres du 10ème arrondissement dont la réputation n’est plus à faire, l’un et l’autre s’établissant dans des lieux multiples dont certains pendant plusieurs semaines, le 1er étant officiellement terminé depuis le 11 mais se poursuit de fait et le second durant jusqu’à début décembre. On peut aussi évoquer Révélation 4 désormais réduit à 12 exposants et les manifestations plus spécifiquement liées aux livres.

Tout cela fait beaucoup et je ne suis pas sûr que l’amateur s’y retrouve, et encore moins le grand public, alors même que tout au long de l’année le programme parisien  est fort mince et invite l’amateur chevronné à parcourir l’Europe pour y voir du neuf plutôt que d’arpenter les rues de Paris.

Nofound photoFair 2011 – La déception du week-end

Je terminais l’article précédent sur Photo Off à La Bellevilloise par "Il est dédié exclusivement à la photographie et ne se pique pas d’Art Contemporain et c’est tant mieux: ici, pas de gros malin déguisé en clown branchouille à pérorer et à se bisouter." Avec Nofound, on en était presque à ce niveau de caricature lors de ma visite hier… Pourtant, cela s’annonçait bien avec un accueil bien orgnaisé, une buvette, un prix d’entrée symbolique (2 euros) qui donne droit à un plan et une exposition qui se déroule sur deux niveaux dans ce qui était auparavant un garage automobile: l’accès au 1er niveau se fait d’ailleurs par un plan incliné, c’est très pittoresque en plein Marais.

Mais ensuite les chose se gâtaient. Ce qui surprend c’est le caractère très "sexualisé" de certains stands, le faible nombre de pièces exposées dans chacun, l’absence de prix le plus souvent voire même l’absence de noms des photographes, comme si on était dans une galerie… Autre mauvaise surprise, le fait que les galeries présentes soient à la frontière de l’art contemporain et que du coup, non seulement il n’est pas question que de photographie mais parfois on en est franchement éloigné avec dessins, installations et peintures. Quant aux photographies elles-mêmes, souvent cela versait du côté très expérimental (pour rester correct).

Alors, que sauver ? Les valeurs sûres présentes, naturellement, comme, par exemple, RTR, Acte2Galerie, Troika et la ravissante Susan A. Zadeh qui se demandaient peut-être qu’elles faisaient en cette galère. Parmi les découvertes, pas grand chose, voire rien.

Cette manifestation est la déception (photographique) de ce long week-end, il en fallait bien une.