BIP 2010 – Liège – Grand Curtius

A la veille d’une visite à la BIP 2012 qui se tient en ce moment à Liège, il est temps de revenir sur l’édition 2010 que j’avais visité et très brièvement commentée, essentiellement pour en dire beaucoup de bien et donner quelques infos pratiques (billet ici).

Au Grand Curtius le programme était berlinois et les artistes (plus que photographes pour la plupart) sont représentés par de grandes galeries (du coup ils ont rarement un site perso – on n’a mentionné ici que ces derniers). Thorsten Brinkmann  montrait vidéos, installations et photographies de type un peu grotesque.

Frank Thiel montrait 3 caméras de surveillance en diasec géant. Simon Menner regroupait tout un tas d’objets ayant servis d ‘arme ce qui revêt un caractère absolument fascinant car on y trouve de tout, soigneusement photographié sur fond neutre comme une pièce de musée innocente: hachette, statuette, gourdin (le modèle à clous a ma préférence), couteau, ciseaux, l’imagination humaine n’a guère de limite en la matière.

Viktoria Binschtock montrait des photos noir et blanc et couleur fortement pixellisées un peu comme des agrandissements de photos de presse, centrées sur les garde du corps, le politicien étant toujours tronqué: un travail intriguant baptisé suspicious minds.

Ulrich Gebert avec bloody mess montrait des photos d’intérieurs dévastés avec meubles cassés en grand format diasec ainsi que minuscules tirages couleur a priori d’entrainement de forces armées dans une ville factice (sie & wir). En fait, il s’agit de la même réalité, les intérieurs sont simplement ceux des maisons en carton pâte destinées à l’entrainement. Tobias Zielony dévoile lui-aussi ce qui est peu montré en utilisant l’infra-rouge: en l’espèce des types louches de nuit dans des parcs (big sexyland) qu’on imagine se prostituant ou dealant. Ricarda Roggan poursuit dans cette veine de violence réelle mais vaguement dissimulée avec des autos cabossées en grand format mais sous bâche ou prises dans un éclairage poussiéreux. On conclut avec Sebastian Stumpf qui est plus étrange que violent avec 12 diapos (marcher à l’envers) où l’on voit un type marcher sur la tête dans la rue. Au final une exposition plus orientée art contemporain que photographie même si ce medium y est dominant et qui décoiffe avec des noms peu connus (il me semble) en France.

Format 2011- Derby – University of Derby – Partie 9

On termine la visite de ce Format 2011 à Derby avec l’université que j’ai cru fermée (j’ai failli repartir – les portes fonctionnent étrangement) alors même qu’elle accueillait un nombre non négligeable d’auteurs.

On commence au rez-de-chaussée avec John Angerson qui montre Terminal Transit, un voyage immobile et en noir et blanc dans les aéroports. Renhui Zhao montrait une tenue de camouflage « parfaite » (truquée – ci-dessous) contrairement à Liu Bolin son fameux compatriote qui se fait peindre par des assistants.

Stephen McLaren montrait (encore) de la street photography, des images colorées et amusantes réalisées à Londres (je suppose), certains tirages sont en tout cas tirés de sa série Coupling. Andrew Glickman préférait la foule des banlieusards dans le métro à Washington. Jack Simon aborde le thème, éculé à mon avis, des réfections. Nicolo Sertorio montrait un extrait de sa série passages, des diasec de routes vides le plus souvent, très léchés. Et avant de passer au 1er étage, on regarde le travail de Schinster, de la street encore, en foule ou en solo, en petit format couleur classique ou en diasec.

Au 1er étage, on commence avec Karen Fraser et ses posters d’enfants au visage couvert d’une pastille rouge (série parental permission denied), pastille qui évoque aussi bien celle que l’on trouve en galerie pour signifier la vente d’un tirage que, pourquoi pas, les pastilles de Baldessari ;)

Laurence Stephens montrait shelf life (série qui n’est pas visible sur le site de l’auteur), les couleurs pétantes de supermarché, les caddies pleins, les rayons saturés, du Parr l’humour en moins. James Royall avait choisi des vues simples et rurales prises depuis le train de la plus petite compagnie du monde.

Au second étage, on commence avec John Darwell et 36 photos de sacs poubelles noués et pleins de merde de chien, en pleine nature, tels qu’il les voit lui-même en promenant son toutou. Alessandro Marchi avec Floating Across Possible Breakdowns montrait un peu de tout, des coins moches, un peu usés, abandonnés peut-être, au Kazakhstan. Harri Pälviranta avec Battered montrait des portraits de nuit de gens au visage abimé et bien saignant car l’alcool aidant, la longue nuit hivernale de Finlande est propice aux bagarres. C’était très impressionnant: on est peu habitués finalement au sang en dehors des contextes d’accident et de guerre. Toby de Silva nous laisse dans la violence mais la traduit tout autrement dans The Perfect Place to Die, la forêt de Aokigahara au pied du Mont Fuji est en effet un lieu privilégié pour se suicider et le photographe en donne une vision tout en allusion avec des paysages brumeux, un emballage de couteau, une cigarette « hope », une statue de divinité, un homme seul sur le bord de route. Un travail puissant qui ne laisse pas indifférent et auquel on pense encore après avoir quitté les lieux.

PhotoIreland – 4ème jour – Out of the Dark Room: The David Kronn Collection

Pour le dernier jour à Dublin l’été dernier à l’occcasion de PhotoIreland, je me suis rendu à l’Irish Museum of Modern Art (IMMA). Je suis ravi de cette exposition car elle correpond à ce qui manquait à ce festival et que j’appelais de mes voeux l’année précédente: une exposition « muséale »qui pourrait s’appuyer sur les échanges transatlantiques naturels entre l’Irlande et les Etats-Unis. Du coup, c’est un américain d’origine irlandaise et collectionneur de photographies qui a prêté de très nombreuses pièces au musée. C’est aussi une initiative généreuse de la part du collectionneur et ce n’est pas fréquent (on se souvient de l’expo rendue possible grâce à Marin Karmitz à Arles en 2009 – billet ici). Les 165 photographies couvrent la période 1921 – 2010 et on y retrouve beaucoup de grands noms. J’avais relevé le nom de tous les auteurs mais je trouve inutile de la publier car j’ai acheté le livre qui fait office de catalogue. Par contre voici quelques photos qui montre le lieu, difficile à à trouver et loin du centre  (je me suis trompé d’arrêt de bus…) mais superbe, sourtout sous le beau ciel ensolleillé d’Irlande.

PhotoIreland 2011 – The Complex et Block T – 3ème jour

Nous revoilà à The Complex pour PhotoIreland 2011 qui se déroulait l’été dernier à Dublin. Cette fois il s’agit de travaux d’étudiants qui étaient exposés dans une pièce attenante et c’était l’accrochage lors de mon 1er passage la veille et donc je ne l’avait pas vue. Intitulée photo 19 elle est organisée par les étudiants de 3ème année d’études de photographie au DIT. Et si l’expo s’appelle photo 19 c’est parce qu’ils sont 20.

Graine Quinlan montrait un gars (une fille ?) en bleu de dos sur fond bleu avec une serviette violette sur la tête; je ne sais pas pourquoi mais j’aui trouvé ça pas mal. Sinead o’Neill avait chosi le noir et blanc carré pour montrer ses géométries dessinées dans le sable. Les photos exposées sont visibles sur les sites des deux étudiants mais hélas ne peuvent être importées sur ce blog ou Pinterest (merci Flash et autres) comme bien d’autres d’ailleurs. Laura Hugues montrait deux portraits feminins de profil avec texte écrit sur la peau, bof. . Niamh Redmond réalisait une sorte de portrait sobre presque noir et blanc avec superposition de scan cérébral coloré, pas mal. On passe ensuite à Laura Mc Cormack avec 4 petits formats carrés et surtout le « film » de Rachael Hegarty en 20 très petites photos d’une fille qui se démaquille.

Amy Bindon refait une image d’enfance mais plus en l’adaptant (la cigarette remplaçant le biberon) qu’en la copiant, pas mal. On passe rapidement sur Caroline McNally (2 grands formats presque symétriques dans la proportion de noir et de blanc) et Brendan Grimes avec un élément vegetal en vrai et sa photo en grand. Ieva Baltaduonyte se distinguait me semble-t-il avec 3 portraits sur fond de vieux films, une série baptisée « nostalgija » (je présume que cela signifie nostalgie en lituanien) et visible sur son site web (extrait ci-dessous).

Brian Cregan montrait des arbres de nuit avec des trucs qui pendent dedans aux couleurs étonnantes. Lauren Pritchard montait 3 photos de vêtements en lightbox, éclairés comme sous un peu d’eau.

Alva Keogh montrait des feuilles qui s’envolent de la machine à écrire, des avions de papier qui entrent par la fenêtre, autant de scénettes sympathiques. Je passe sur Tracy o’Brien et Joseph Carr n’ayant pas retrouvé leur site web. Derek Brunell exposait des portraits de nuit à la maison,visage éclairé. Pas mal même si c’est une sorte de classique. Avant de finir avec Lindsey Putt et ses punkettes, on citera les scènes pornos à peine discernables de Ali Farmer, les gros plan sur l’anatomie d’un homme (barbe, bleus, visage, etc) de David Doherty et les portraits féminins de Katie o’Neill, aucun des trois n’a de site web et c’est dommage.

Juste à côté de The Complex se tenait le Block t avec une exposition appelée disclosures. En fait, il s’agissait de l’étage d’un supermarché fermé. Il y avait pas mal de travaux et accompagnés de leur « statement » ce qui est plutôt agréable.  Hélas je n’ai pas trouvé les sites web des auteurs sauf celui de Louis Haugh qui exposait des portraits noir et blanc abimés et punaisés, certains « imprimés » sur verre. Tansy Cowley « sasissait l’éphémère » (c’est son ambition) avec des formats et objets divers, Kate Nevin exposait un émouvant travail photographique, faits de vides et de lieux modestes, auquel répondait un texte trite et poétiques (« i know ») sur l’absence d’un parent, Peter Connor livrait une série de portaits punaisés de beaux sauveteurs en posant la question Qui sont-ils hors saison ? et enfin Fiona Dowling punaisait aussi ses photos de jeunes femmes dans le Midland rural souvent chez elles, une série très anglaise (tant pis pour nos amis irlandais ;) pas mal du tout.

Ces deux expositions étaient très rafraichissantes et je regrette de ne pas voir aussi souvent que cela, malgré mes nombreux périples, de travaux de qualité de jeunes auteurs. La commémoration des Anciens, le Fashion et le Bling-Bling ça me fatigue un peu. Il fallait aller à Dublin l’été dernier.

PhotoIreland 2011 – Sebastian Guinness Gallery – 3ème jour

L’été dernier, c’est curieusement à Dublin qu’il fallait aller pour voir de la photographie mexicaine car, aléa diplomatique aidant, la France, et Arles, se trouvait largement privée des expositions attendues pour l’année du Mexique. C’est à PhotoIreland, à la Sebastian Guinness Gallery qui avait emménagé à Connaught House (une vraie galère à trouver) que se trouvaient exposés 25 photographes mexicains d’importance sous le titre « Mundos mexicanos: 25 Contemporary Photographers ». La salle immense au sol bétonné abritait quelques oeuvres de chaque artiste, parfois une seule.

Parmi ceux-ci, quelques uns déjà vus:  Dulce Pinzon, Graciela Iturbide et Maya Goded vus à Arles (à l’atelier des Forges, billet ici) ainsi que Gerardo Montiel (billet ici) quant Dante Busquets c’est à Madrid qu’on l’a vu (billet ici) et enfin Livia Corona on l’a vue à Paris (billet ici) de même que Daniela Edburg (avec un mélange de scène paisible et d’une catastrophe atomique qu’on avait déjà vue sur le web et, depuis, chez Bailly, billet ici).

Marianna Dellekamp montrait un diasec géant de livres blancs dans une bibliothèque blanche,  Edgar Rolando Martinez, 4 portraits de famille avec en surimpression inquiétante un visage aux yeux rouges, Patricia Ardis des scènes de morgue presque désincarnées en petit format noir et blanc. On trouvait aussi  2 tirages de Fernando Montiel  et 4 évocations d’une disparition avec de très petits formats noir et blanc (robe, chaussures, etc) par Cannon Bernaldez. Gerardo Suter exposait un  diasec de grand format, une main sur un corps tandis que Ruben Ortiz Torres produisait une série de photos « amusantes » (le passé n’est plus ce qu’il était). Gabriel Figueroa Flores gratifiait le visiteur d’un seul grand format noir et blanc, un monastère du mont Athos.

Yolanda Andrade montrait 2 photos colorées et notament une chambre aux murs verts et au lit jaune. Federico Gama nous ramène encore à une dure réalité avec tatouage, flingue et branleur, 3 noir et blanc de la serie top model avec texte inclus.

Lourdes Grobet revient sur un sujet très classique de la société mexicaine, les catcheurs mais ici ils sont en tenue chez eux ou ailleurs mais pas sur le ring. C’est kitsch. Marco Antonio Cruz travaille un classique non pas mexicain, mais un classique de la photographie en général, celui des aveugles avec un œil, un aveugle, des aveugles, en petit format noir et blanc. Carlos Cazalis avec sa série kamagasaki se penche sur la vie urbaine avec 4 images dont 3 de sans emploi. Pedro Meyer avec sa série en grand format couleur (le pinceau de l’appareil photo) produit un effet peinture à partir de photo, c’est peu convainquant et digne des filtres bon marché de Photoshop. Francisco Mata montrait 3 portraits en pied colorés sur fond gris et Eniac Martinez lui répondait avec 3 formats panoramiques noir et blanc d’indiens à plumes, entre autres.

Yvonne Venegas montrait lui les fiancées les plus belles de basse Californie, en robe, en soirée, bébé, à la maison, une série qui tranchait avec celle de Lorenzo Armendariz (le champ de la douleur), 3 noir et blanc mystérieux et sombres dont un panoramique de porteurs en file indienne, et une vieille femme.

Cette exposition était l’une des plus réussie de PhotoIreland 2011.

PhotoIreland 2011 – 3ème jour – Madart

Pour le 3ème jour à Dublin pour PhotoIreland 2011, visite chez Madart qui n’inspirait pas vraiment confiance car il s’agit d’une baraque moche tout près d’une grande rue très passante et bruyante. Après un bon moment à patienter, un gars qui visiblement avait peu dormi m’ouvre et à l’intérieur gisaient mégots et cadavres de bouteilles. Bref. Il fallait passer la mauvaise impression (lendemain de fête arrosée) pour découvrir les oeuvres accrochées par dizaines sur les murs (près de 90 exposants…) car si tout ne se valait pas, il y avait des travaux pas mal du tout. Ce sont les auteurs de ces derniers que je mentionne après avoir  cherché chaque exposant sur Google (la liste exhaustive est ici): Noel Noblett, Emma Jane Spain, Darek Fortas, Eoin Comiskey, Peter Fingleton, Anna Wickham, Liam Murray Sarah Orr, Brenda Fingleton, Lauren Winsor. Mention spéciale pour Jocelyn Allen dont j’avais déjà vu le travail par web interposé (un exemple ci-dessous).

A noter aussi parmi les bonnes choses, la revue en ligne Prism Magazine qui vaut vraiment la peine d’être vue.

Et Pinterest dans tout ça ?

Après Facebook dont je me suis fait virer au motif que les pseudos sont interdits, Tweeter qui ne sert pas à grand chose, Google+ où les pseudos sont tolérés depuis peu à condition de donner son vrai nom, voici que le Photoculteur s’essaie à Pinterest, site dont le nom est grotesque en français mais qui n’est pas si nul finalement pour classer ses photos préférées ;-) J’essaie timidement de voir ce qu’on peut faire avec.