BIP 2010 – Liège – Grand Curtius

A la veille d’une visite à la BIP 2012 qui se tient en ce moment à Liège, il est temps de revenir sur l’édition 2010 que j’avais visité et très brièvement commentée, essentiellement pour en dire beaucoup de bien et donner quelques infos pratiques (billet ici).

Au Grand Curtius le programme était berlinois et les artistes (plus que photographes pour la plupart) sont représentés par de grandes galeries (du coup ils ont rarement un site perso – on n’a mentionné ici que ces derniers). Thorsten Brinkmann  montrait vidéos, installations et photographies de type un peu grotesque.

Frank Thiel montrait 3 caméras de surveillance en diasec géant. Simon Menner regroupait tout un tas d’objets ayant servis d ‘arme ce qui revêt un caractère absolument fascinant car on y trouve de tout, soigneusement photographié sur fond neutre comme une pièce de musée innocente: hachette, statuette, gourdin (le modèle à clous a ma préférence), couteau, ciseaux, l’imagination humaine n’a guère de limite en la matière.

Viktoria Binschtock montrait des photos noir et blanc et couleur fortement pixellisées un peu comme des agrandissements de photos de presse, centrées sur les garde du corps, le politicien étant toujours tronqué: un travail intriguant baptisé suspicious minds.

Ulrich Gebert avec bloody mess montrait des photos d’intérieurs dévastés avec meubles cassés en grand format diasec ainsi que minuscules tirages couleur a priori d’entrainement de forces armées dans une ville factice (sie & wir). En fait, il s’agit de la même réalité, les intérieurs sont simplement ceux des maisons en carton pâte destinées à l’entrainement. Tobias Zielony dévoile lui-aussi ce qui est peu montré en utilisant l’infra-rouge: en l’espèce des types louches de nuit dans des parcs (big sexyland) qu’on imagine se prostituant ou dealant. Ricarda Roggan poursuit dans cette veine de violence réelle mais vaguement dissimulée avec des autos cabossées en grand format mais sous bâche ou prises dans un éclairage poussiéreux. On conclut avec Sebastian Stumpf qui est plus étrange que violent avec 12 diapos (marcher à l’envers) où l’on voit un type marcher sur la tête dans la rue. Au final une exposition plus orientée art contemporain que photographie même si ce medium y est dominant et qui décoiffe avec des noms peu connus (il me semble) en France.

Format 2011- Derby – University of Derby – Partie 9

On termine la visite de ce Format 2011 à Derby avec l’université que j’ai cru fermée (j’ai failli repartir – les portes fonctionnent étrangement) alors même qu’elle accueillait un nombre non négligeable d’auteurs.

On commence au rez-de-chaussée avec John Angerson qui montre Terminal Transit, un voyage immobile et en noir et blanc dans les aéroports. Renhui Zhao montrait une tenue de camouflage "parfaite" (truquée – ci-dessous) contrairement à Liu Bolin son fameux compatriote qui se fait peindre par des assistants.

Stephen McLaren montrait (encore) de la street photography, des images colorées et amusantes réalisées à Londres (je suppose), certains tirages sont en tout cas tirés de sa série Coupling. Andrew Glickman préférait la foule des banlieusards dans le métro à Washington. Jack Simon aborde le thème, éculé à mon avis, des réfections. Nicolo Sertorio montrait un extrait de sa série passages, des diasec de routes vides le plus souvent, très léchés. Et avant de passer au 1er étage, on regarde le travail de Schinster, de la street encore, en foule ou en solo, en petit format couleur classique ou en diasec.

Au 1er étage, on commence avec Karen Fraser et ses posters d’enfants au visage couvert d’une pastille rouge (série parental permission denied), pastille qui évoque aussi bien celle que l’on trouve en galerie pour signifier la vente d’un tirage que, pourquoi pas, les pastilles de Baldessari ;)

Laurence Stephens montrait shelf life (série qui n’est pas visible sur le site de l’auteur), les couleurs pétantes de supermarché, les caddies pleins, les rayons saturés, du Parr l’humour en moins. James Royall avait choisi des vues simples et rurales prises depuis le train de la plus petite compagnie du monde.

Au second étage, on commence avec John Darwell et 36 photos de sacs poubelles noués et pleins de merde de chien, en pleine nature, tels qu’il les voit lui-même en promenant son toutou. Alessandro Marchi avec Floating Across Possible Breakdowns montrait un peu de tout, des coins moches, un peu usés, abandonnés peut-être, au Kazakhstan. Harri Pälviranta avec Battered montrait des portraits de nuit de gens au visage abimé et bien saignant car l’alcool aidant, la longue nuit hivernale de Finlande est propice aux bagarres. C’était très impressionnant: on est peu habitués finalement au sang en dehors des contextes d’accident et de guerre. Toby de Silva nous laisse dans la violence mais la traduit tout autrement dans The Perfect Place to Die, la forêt de Aokigahara au pied du Mont Fuji est en effet un lieu privilégié pour se suicider et le photographe en donne une vision tout en allusion avec des paysages brumeux, un emballage de couteau, une cigarette "hope", une statue de divinité, un homme seul sur le bord de route. Un travail puissant qui ne laisse pas indifférent et auquel on pense encore après avoir quitté les lieux.

PhotoIreland – 4ème jour – Out of the Dark Room: The David Kronn Collection

Pour le dernier jour à Dublin l’été dernier à l’occcasion de PhotoIreland, je me suis rendu à l’Irish Museum of Modern Art (IMMA). Je suis ravi de cette exposition car elle correpond à ce qui manquait à ce festival et que j’appelais de mes voeux l’année précédente: une exposition "muséale"qui pourrait s’appuyer sur les échanges transatlantiques naturels entre l’Irlande et les Etats-Unis. Du coup, c’est un américain d’origine irlandaise et collectionneur de photographies qui a prêté de très nombreuses pièces au musée. C’est aussi une initiative généreuse de la part du collectionneur et ce n’est pas fréquent (on se souvient de l’expo rendue possible grâce à Marin Karmitz à Arles en 2009 – billet ici). Les 165 photographies couvrent la période 1921 – 2010 et on y retrouve beaucoup de grands noms. J’avais relevé le nom de tous les auteurs mais je trouve inutile de la publier car j’ai acheté le livre qui fait office de catalogue. Par contre voici quelques photos qui montre le lieu, difficile à à trouver et loin du centre  (je me suis trompé d’arrêt de bus…) mais superbe, sourtout sous le beau ciel ensolleillé d’Irlande.

PhotoIreland 2011 – The Complex et Block T – 3ème jour

Nous revoilà à The Complex pour PhotoIreland 2011 qui se déroulait l’été dernier à Dublin. Cette fois il s’agit de travaux d’étudiants qui étaient exposés dans une pièce attenante et c’était l’accrochage lors de mon 1er passage la veille et donc je ne l’avait pas vue. Intitulée photo 19 elle est organisée par les étudiants de 3ème année d’études de photographie au DIT. Et si l’expo s’appelle photo 19 c’est parce qu’ils sont 20.

Graine Quinlan montrait un gars (une fille ?) en bleu de dos sur fond bleu avec une serviette violette sur la tête; je ne sais pas pourquoi mais j’aui trouvé ça pas mal. Sinead o’Neill avait chosi le noir et blanc carré pour montrer ses géométries dessinées dans le sable. Les photos exposées sont visibles sur les sites des deux étudiants mais hélas ne peuvent être importées sur ce blog ou Pinterest (merci Flash et autres) comme bien d’autres d’ailleurs. Laura Hugues montrait deux portraits feminins de profil avec texte écrit sur la peau, bof. . Niamh Redmond réalisait une sorte de portrait sobre presque noir et blanc avec superposition de scan cérébral coloré, pas mal. On passe ensuite à Laura Mc Cormack avec 4 petits formats carrés et surtout le "film" de Rachael Hegarty en 20 très petites photos d’une fille qui se démaquille.

Amy Bindon refait une image d’enfance mais plus en l’adaptant (la cigarette remplaçant le biberon) qu’en la copiant, pas mal. On passe rapidement sur Caroline McNally (2 grands formats presque symétriques dans la proportion de noir et de blanc) et Brendan Grimes avec un élément vegetal en vrai et sa photo en grand. Ieva Baltaduonyte se distinguait me semble-t-il avec 3 portraits sur fond de vieux films, une série baptisée "nostalgija" (je présume que cela signifie nostalgie en lituanien) et visible sur son site web (extrait ci-dessous).

Brian Cregan montrait des arbres de nuit avec des trucs qui pendent dedans aux couleurs étonnantes. Lauren Pritchard montait 3 photos de vêtements en lightbox, éclairés comme sous un peu d’eau.

Alva Keogh montrait des feuilles qui s’envolent de la machine à écrire, des avions de papier qui entrent par la fenêtre, autant de scénettes sympathiques. Je passe sur Tracy o’Brien et Joseph Carr n’ayant pas retrouvé leur site web. Derek Brunell exposait des portraits de nuit à la maison,visage éclairé. Pas mal même si c’est une sorte de classique. Avant de finir avec Lindsey Putt et ses punkettes, on citera les scènes pornos à peine discernables de Ali Farmer, les gros plan sur l’anatomie d’un homme (barbe, bleus, visage, etc) de David Doherty et les portraits féminins de Katie o’Neill, aucun des trois n’a de site web et c’est dommage.

Juste à côté de The Complex se tenait le Block t avec une exposition appelée disclosures. En fait, il s’agissait de l’étage d’un supermarché fermé. Il y avait pas mal de travaux et accompagnés de leur "statement" ce qui est plutôt agréable.  Hélas je n’ai pas trouvé les sites web des auteurs sauf celui de Louis Haugh qui exposait des portraits noir et blanc abimés et punaisés, certains "imprimés" sur verre. Tansy Cowley "sasissait l’éphémère" (c’est son ambition) avec des formats et objets divers, Kate Nevin exposait un émouvant travail photographique, faits de vides et de lieux modestes, auquel répondait un texte trite et poétiques ("i know") sur l’absence d’un parent, Peter Connor livrait une série de portaits punaisés de beaux sauveteurs en posant la question Qui sont-ils hors saison ? et enfin Fiona Dowling punaisait aussi ses photos de jeunes femmes dans le Midland rural souvent chez elles, une série très anglaise (tant pis pour nos amis irlandais ;) pas mal du tout.

Ces deux expositions étaient très rafraichissantes et je regrette de ne pas voir aussi souvent que cela, malgré mes nombreux périples, de travaux de qualité de jeunes auteurs. La commémoration des Anciens, le Fashion et le Bling-Bling ça me fatigue un peu. Il fallait aller à Dublin l’été dernier.

PhotoIreland 2011 – Sebastian Guinness Gallery – 3ème jour

L’été dernier, c’est curieusement à Dublin qu’il fallait aller pour voir de la photographie mexicaine car, aléa diplomatique aidant, la France, et Arles, se trouvait largement privée des expositions attendues pour l’année du Mexique. C’est à PhotoIreland, à la Sebastian Guinness Gallery qui avait emménagé à Connaught House (une vraie galère à trouver) que se trouvaient exposés 25 photographes mexicains d’importance sous le titre "Mundos mexicanos: 25 Contemporary Photographers". La salle immense au sol bétonné abritait quelques oeuvres de chaque artiste, parfois une seule.

Parmi ceux-ci, quelques uns déjà vus:  Dulce Pinzon, Graciela Iturbide et Maya Goded vus à Arles (à l’atelier des Forges, billet ici) ainsi que Gerardo Montiel (billet ici) quant Dante Busquets c’est à Madrid qu’on l’a vu (billet ici) et enfin Livia Corona on l’a vue à Paris (billet ici) de même que Daniela Edburg (avec un mélange de scène paisible et d’une catastrophe atomique qu’on avait déjà vue sur le web et, depuis, chez Bailly, billet ici).

Marianna Dellekamp montrait un diasec géant de livres blancs dans une bibliothèque blanche,  Edgar Rolando Martinez, 4 portraits de famille avec en surimpression inquiétante un visage aux yeux rouges, Patricia Ardis des scènes de morgue presque désincarnées en petit format noir et blanc. On trouvait aussi  2 tirages de Fernando Montiel  et 4 évocations d’une disparition avec de très petits formats noir et blanc (robe, chaussures, etc) par Cannon Bernaldez. Gerardo Suter exposait un  diasec de grand format, une main sur un corps tandis que Ruben Ortiz Torres produisait une série de photos "amusantes" (le passé n’est plus ce qu’il était). Gabriel Figueroa Flores gratifiait le visiteur d’un seul grand format noir et blanc, un monastère du mont Athos.

Yolanda Andrade montrait 2 photos colorées et notament une chambre aux murs verts et au lit jaune. Federico Gama nous ramène encore à une dure réalité avec tatouage, flingue et branleur, 3 noir et blanc de la serie top model avec texte inclus.

Lourdes Grobet revient sur un sujet très classique de la société mexicaine, les catcheurs mais ici ils sont en tenue chez eux ou ailleurs mais pas sur le ring. C’est kitsch. Marco Antonio Cruz travaille un classique non pas mexicain, mais un classique de la photographie en général, celui des aveugles avec un œil, un aveugle, des aveugles, en petit format noir et blanc. Carlos Cazalis avec sa série kamagasaki se penche sur la vie urbaine avec 4 images dont 3 de sans emploi. Pedro Meyer avec sa série en grand format couleur (le pinceau de l’appareil photo) produit un effet peinture à partir de photo, c’est peu convainquant et digne des filtres bon marché de Photoshop. Francisco Mata montrait 3 portraits en pied colorés sur fond gris et Eniac Martinez lui répondait avec 3 formats panoramiques noir et blanc d’indiens à plumes, entre autres.

Yvonne Venegas montrait lui les fiancées les plus belles de basse Californie, en robe, en soirée, bébé, à la maison, une série qui tranchait avec celle de Lorenzo Armendariz (le champ de la douleur), 3 noir et blanc mystérieux et sombres dont un panoramique de porteurs en file indienne, et une vieille femme.

Cette exposition était l’une des plus réussie de PhotoIreland 2011.

PhotoIreland 2011 – 3ème jour – Madart

Pour le 3ème jour à Dublin pour PhotoIreland 2011, visite chez Madart qui n’inspirait pas vraiment confiance car il s’agit d’une baraque moche tout près d’une grande rue très passante et bruyante. Après un bon moment à patienter, un gars qui visiblement avait peu dormi m’ouvre et à l’intérieur gisaient mégots et cadavres de bouteilles. Bref. Il fallait passer la mauvaise impression (lendemain de fête arrosée) pour découvrir les oeuvres accrochées par dizaines sur les murs (près de 90 exposants…) car si tout ne se valait pas, il y avait des travaux pas mal du tout. Ce sont les auteurs de ces derniers que je mentionne après avoir  cherché chaque exposant sur Google (la liste exhaustive est ici): Noel Noblett, Emma Jane Spain, Darek Fortas, Eoin Comiskey, Peter Fingleton, Anna Wickham, Liam Murray Sarah Orr, Brenda Fingleton, Lauren Winsor. Mention spéciale pour Jocelyn Allen dont j’avais déjà vu le travail par web interposé (un exemple ci-dessous).

A noter aussi parmi les bonnes choses, la revue en ligne Prism Magazine qui vaut vraiment la peine d’être vue.

Et Pinterest dans tout ça ?

Après Facebook dont je me suis fait virer au motif que les pseudos sont interdits, Tweeter qui ne sert pas à grand chose, Google+ où les pseudos sont tolérés depuis peu à condition de donner son vrai nom, voici que le Photoculteur s’essaie à Pinterest, site dont le nom est grotesque en français mais qui n’est pas si nul finalement pour classer ses photos préférées ;-) J’essaie timidement de voir ce qu’on peut faire avec.

PhotoIreland 2011 – 2ème jour

Pour la suite de PhotoIreland 2011 à Dublin, on se rend tout près de l’hôtel chez Darc Space qui ressemble à un cabinet d’architecte et qui hébergeait Bleack Beauty par Eugene Langan, des photos de bord de mer sous un angle souvent original, très « beaux Arts » dans le traitement et d’intérêt plutôt local me semble-t-il. En face se tient The James Joyce Centre qui présentait Motoko Fujita, patronné par l’Ambassade du Japon en Irlande. Hommage à James Joyce, une bonne partie des clichés ont été réalisés à Chapelizod (cité dans Finnegans Wake), pour le reste il s’agit d’un travail plus intellectuel sur de « petites choses » (une lanterne, une bouteille habitée d’une limace, etc).

On retourne vers Temple Bar chez Film base où j’avais raté le sous-sol et une salle attenante. Il y avait une expo intitulée Longway to paradise avec le magazine en ligne supermassive blackhole (SBMH)mais pas moyen de s’y retrouver parmi ces quelques images punaisées, dommage pour Mark Curran, Yaniv Waissa, Sarah Sudhoff (voir sa série At the Hour of Our Death), Angela Darby & Robert Peters, David Blackmore, Diarmait Grogan, Virginie Rebetez (voir sa série Flirting with Charon), Stephen Gunning, Paul Corcoran et Dan Shipsides, d’ailleurs je n’avais pas l’impression qu’il y avait autant d’auteurs lors de ma visite mais bon, le site de SMBH le dit alors ça doit être vrai. Après cette entrée en matière, la salle était remplie de livres et de magazines, un peu en vrac.  Parmi les magazines, quelques uns que je ne connaissais pas: Yvi, Picnic magazine (en provenance d ‘Israel – attention au sens de lecture ;), Useful photography (photos anonymes) et Dienacht (un tout petit format bilingue). Quant à History of disappearance, cela se résumait à 2 vidéos et 4 pauvres vitrines, le tout assez incompréhensible.

Quittons Temple Bar pour rejoindre la Rha (Royal Hibernian Academy) qui expose une quantité phénoménale de travaux d’artistes, la peinture et dans une moindre mesure la photographie occupant une place de choix. J’ai relevé tout un tas de noms mais je ne mentionnerais que ceux dont le site web a confirmé l’intérêt a posteriori:  Dominic Turner, Gary Coyle, Dragana Jurisic (récompensée), Mary McIntyre (récompensée), Anthony Haughey (vu la veille – billet ici), Jerry huysmans, Theresa Nanigian, Victor Sloane, Simon Burch, Jackie Nickerson, Ciara Killalea, Jeanette Lowe, Abigail o’brien et Amelia Stein.

Chez Inspirational arts, c’est moins l’avalanche et c’est tant mieux car un tel amoncellement de pièces est finalement un peu fatiguant et comme en plus il n’est présenté qu’une œuvre par artiste, difficile de jauger quoi que ce soit. Bref, chez Inspirational arts, c’est Debbie Castro qui était exposée, toute seule et avec un nombre réduit de photos mais suffisamment pour rendre sa série (glamour in the blood) très attrayante. C’est un excellent reportage qui était livré ici, sur les jeunes filles de Liverpool qui se maquillent un peu trop, une tradition locale de « vouloir être jolie », parait-il. On oscille entre le sourire et une vague pitié pour ce qui ressemble plus, parfois, à des tentatives pathétiques d’attirer l’attention et c’est cet "entre-deux" qui rend ces photographies si attachantes.

L’Instituto Cervantes présentait des photographies de Luis Ramon Marin et comme l’exposition de l’année d’avant au même endroit j’avais déjà vu l’expo ailleurs, à Berlin en 2010 mais comme je n’ai pas encore publié les articles sur le mois de la photographie à Berlin…  Au Centre for creative practises, comme l’an passé, il s’agit de ressusciter des techniques photographiques disparues un peu comme, parfois, au centre Iris à Paris. L’intérêt est limité, au fond, car, le plus souvent, la technique l’emporte sur le sujet et le projet. Je ne citerais donc même pas les participants et n’y retournerai pas en 2012.  Chez Severed head où j’avais trouvé porte close l’an passé il était cette fois possible de voir le travail de Anne Schwalbe, de grands carrés en couleur dont les sujets variés sont centrés sur des objets et petits paysages sans qu’une quelconque unité se dégage.

PhotoIreland 2011 – 1er jour

J’avais trouvé la 1ère édition de PhotoIreland en 2010 un peu décevante et, surtout, c’est le contraste entre le battage sur le web et la réalité qui m’avait été un peu pénible. Néanmoins, c’était la 1ère édition et j’espérais mieux pour la seconde. De fait, comme je l’avais appelé de mes vœux, la diaspora irlandaise avait été appelée à la rescousse pour  l’édition 2011 et une exposition remarquable était ainsi due à la générosité d’un riche américano-irlandais, en parallèle, les jours et horaires d’ouvertures ont été étendues et harmonisés et globalement on se cassait moins le nez à la porte que l’année précédente, enfin, le battage médiatique est devenu plus raisonnable, plus en phase avec les ambitions de l’événement et c’est très bien.

Pour le 1er jour, et le 1er regard, c’est à la Temple BarGallery+Studio que je me suis rendu, un lieu visité l’année passée avec cette fois 3 auteurs utilisateurs de photographies plutôt que photographes, pour Versions and Diversions, curatoré par Karen DowneyMaurizio Anzeri (chez Saatchi ici) présentait un travail très original de broderie sur photographie, les figues ainsi formées, souvent de nature géométrique, redéfinissant totalement ce qui était donné à voir. Étonnant. Mariana Mauricio (son galeriste ici) détournait aussi des images anciennes altérées ou tachee, qu’il retravaille avant de les photographier à nouveau et les imprimée. Ruth Claxton enfin maltraite aussi l’objet photographique en découpant  des cartes postales en fin lambeaux: ils surgissent ainsi de l’image formant une sorte de scultpoure minuscule en saillie de la photographie, un travail là-encore d’une grande originalité.

La Gallery of Photography présentait un programme plus traditionnel sous le titre The long view. C’est, là-aussi, un lieu que nous avions visité l’an passé et qui est doté d’un coin librairie (assez modeste au demeurant, on y trouve même pas les numéros anciens de Source ce qui est bien dommage vu les frais de port astronomiques que pratique le magazine). Anthony Haughey montrait de grands formats en couleur de maisons inachevées suite a la crise qui frappe l’Europe et et l’Irlande. Les photos sont réalisées le soir ou le matin ce qui leur confère une ambiance particulière mais il s’agit surtout d’éviter les gardes qui patrouillent… pour éviter les gardes. David Farrell (je ne sais pas si c’est son site ici, je n’ai pas trouvé la série présentée) présentait small acts of memory, de petits et grands formats en couleur de sous-bois, à la recherche de restes de personnes tuées pendant la guerre en Irlande du nord. On ne voit aucun corps mais de la terre grattée, des lignes de marquage comme on en trouve sur des chantiers. Paul Seawright poursuit dans la même veine avec conflicting account consacrée aux traces de la guerre en Irlande du Nord, avec des murs aux graffiti recouverts, des blocs de bétons, etc. Richard Mosse montrait the fall, de curieux restes d’avions, dans la neige le plus souvent, une série que je ne connaissais pas car Mosse est devenu célèbre avec une autre série, Infra, réalisée en infrarouge (Kodak Aerochrome) dans le Kivu. Donovan Wylie (de chez Magnum) montrait british watchtowers, des tours de surveillance anglaises en irlande du nord, en partie détruites de 2003 à 2007, et vues d’hélico: c’est très surprenant à voir, on imagine difficilement que de telles tours aient pou exister en Europe contemporaine ! Enfin, Jackie Nickerson avec gulf nous emmène loin de l’Irlande pour le Golfe où elle montre la coexistence des traditions et de la modernité.

Pas très loin dans Temple Bar toujours, chez Film Base, on trouvait pas mal de revues traitant de photographie dont next level, Capricious, Photoraw et Contrast (qui est un magazine français que je connaissais uniquement via son site web) qui valent la peine d’être vus.

La Grey area gallery 53 est un appartement auquel on accède par un petit escalier depuis un magasin. Elle montrait le collectif Arcadia; disons que l’intérêt de la chose est surtout local. Le site du collectif est extrêmement lent et mal fichu si bien qu’on ne trouve rien à part le nom des auteurs et encore.

Je nourrissais davantage d’espérances avec The complex qui occupait, à l’époque, un vaste espace sur Smithfield Square. Dans l’intervalle, ils se sont fait déloger par un Tesco donc on verra en 2012 où ils s’installent. Le principal espace était occupé par Ostkreuz, de la belle photo mais l’éclairage était catastrophique et on ne pouvait associer les images à leur créateur, on devait se contenter de la liste des noms du collectif… Seechange est une sorte de dialogue a 6 qui s’est institué après avoir une photo d’amorçage sur un forum. Les photos ne sont pas encadrées et sont affichées un peu en désordre, une feuille permettant de les attribuer à qui de droit. Parmi les 6 auteurs, 4 seulement un site web et au final aucun n’est vraiment convainquant. C’est un projet par Pretty Vacant Dublin qui monte des expos dans des lieux inoccupés.

La catedral titrait sur Royal wedding, comprenez par là que le «Royal wedding» est une illustration possible du bonheur (richesse, vivre dans un palais, prince charmant, etc) et que c’était le sujet de l’exposition. Contrairement à l’an passé, et même s’il faut sonner, je ne me suis pas cassé le nez plusieurs fois avant que l’on m’ouvre et, en plus, cette version 2011 était plus concentrée (5 artistes) avec un panneau d’explication pour chaque auteur et c’est ainsi beaucoup mieux.  En revanche, il s’agissait de diapos dont je ne suis pas fan car c’est un peu long tout ça et qu’on ne peut choisir de passer plus vite ou s’attarder sur une image. Il n’en reste pas moins que les travaux présentés étaient vraiment dignes d’intérêt. Hannah Jones montrait une journée en Grande-Bretagne et Maria de la Iglesia le East London tandis que Jonny Cochrane arpentait  au contraire les quartiers huppés en en montrant le détail qui tue et la laideur. Simone Massera choisissait de montrer ds clichés extraits de vidéoschats (I am not what you see and hear), des visages laids et des pièces vilaines.  Je passe sur la vidéo de Samuel Bland pour terminer avec Teresa Cos qui nous dit en photographie qu’au-delà des grands moments et des grandes chose saisies dans les musées il y a aussi des petits choses qui valent la peine. Une exposition sympathique du collectif Five Eleven Ninety Nine :)

1 000ème post !

Pour la 1ère fois depuis son lancement à l’été 2008, ce blog atteint les 1 000 articles en stock, voila qui en fait des expositions et des photographes :-)