BIP 2012 – Liège – Librairie Comptoir du livre

Le Comptoir (au 20, En Neuvice), comme le cinéma Chruchill, je ne l’avais pas visité lors de BIP 2010 et, pour la BIP 2012 l’entrée était de surcroit gratuite (normal, c’est une librairie – et c’est le programme OFF) mais j’ai failli rater l’exposition qui se tenait (et se tient encore jusqu’au 6 mai 2012) à l’étage. En flânant au rez-de-chaussée, j’ai vu une revue de photo intéressante mais pas moyen de trouver un site web, dommage, ça s’appelle Regards (20 €, tiré a 1oo ex.).

A l’etage on trouvait des photos et des vitrines (pas mal comme idée) exposant divers trucs en rapport avec les photos. Globalement c’est plutôt intéressant même si l’espace est réduit et les séries parfois très courtes; du fait des formats modestes (en général) des photos un nombre important d’auteurs se trouve réuni: Pierre Vasic, Norbert Ghisoland, Hélène Amouzou, Jacky Lecouturier, Steven Houins, Catherine Lambermont, Gilles Fastenaekens, Serge Giotti, Michel Mazzoni, Armyde Peignier, Emilie Danchin, Lucia Radochonska et Viviane Joakim. On trouvait aussi mise à l’honneur, Louise Narbo, à l’occasion de la sortie de son livre coupe sombre. Parmi les plus connus on citera aussi Plossu (vu à Arles notamment – billet ici), Doury (avec sa série Sasha, vue plusieurs fois dont à Paris il y a peu –  billet ici) et bien sûr Herbet (qu’on avait vu à BIP 2010 mais je me rends compte que je l’ai oublié dans mes billets sur cette BIP, et vu aussi à Bruxelles – billet ici).

BIP 2012 – Liège – Cinema Churchill

La BIP 2012 à Liège c’est aussi parfois gratuit comme au Cinéma Churchill, à la galerie satellite, qui offre (à gauche en entrant), un (petit) espace d’exposition consacré cette fois aux pitreries colorées de Cravat et Bada qui se mettent en scène dans les contextes les plus variés avec une naïveté confondante. Ils montrent aussi des catcheurs (mexicains ?) masqués dans leurs activités quoitidiennes, ce qui évoque le travail sur les super-héros du quotidien de Dulce Pinzon (billet ici). Rien de transcendant mais de la bonne humeur.

BIP 2012 – Liège – B9 – From Holland with love

On enchaîne avec le BIP 2012 à Liège qui se tenait (et se tient toujopurs – jusqu’au 6 mai 2012) pour une part dans les mêmes lieux que l’an passé, dont le fameux B9 (de l’Institut Saint-Luc) qui s’ouvrait avec un mur de photos de mariage, sympa, proposé par le magazine usefull photography découvert à Dublin et vu Aux Brasseurs (lors de ce BIP 2012). A part ça, il y avait 2 films et 6 auteurs.

Ed van der Elsken montrait de petits noir et blanc, des portraits, des couples, des danseurs, de l’intimité, des regards et des baisers, de la nudité et du sexe mais plus animal ou naturel qu’érotique. Beaucoup d’intensité et d’humanité en tout cas dans ces clichés. Martine Stig exposait 5 grands formats couleurs de couples en t-shirt blanc, pas très réveillés, les yeux rouges parfois, et pourtant ils sont ont été photographiés juste après avoir couché ensemble (série after – 1998).

Bertien van Mannen montrait des photos sans façon de photos accrochées ou posées avec des bibelots (série give me your image – 2006).

Andrea Stultiens (vue à Noorderlicht avec un autre travail – billet ici) montrait des photos presque noires de couples en promenade à la montagne mais chaque photo est visible" en clair" aussi, dernier, grâce à un miroir (les photos sont recto verso). C’est une installation qui demandes des efforts au regardeur ;-) et la série s’appelle Komm, mein Mädchen, in die Berge (Allons, ma fille, dans les montagnes).

Koos Breukel a photographié son ami Eric Hamelink (chaque jour ou presque en fait) et une sélection noir et blanc est présentée, de 84 à 98 où l’on découvre ses hauts, ses amours et sa maladie aussi. C’est plein de tendresse mais si cela reste distant, c’est émouvant et triste. On a déjà vu une autre série de Koos à la MEP (billet ici). Le travail (il s’agit de hunting and fishing) de Paul Kooiker est, du coup, relaxant après des images parfois difficiles puisqu’il nous montre des filles nues (mais floues) courant dehors dans la nature (c’est très "hamiltonien").

On finit avec deux vidéos, celle de Julika Rudelius durant 30 minutes, j’ai un peu zappé mais j’ai regardé celle de Komen et Murphy (love bites), une sorte de roman photo en diapos sonorisées qui témoigne d’une rencontre et d’une séparation.

Une belle expo finalement, avec de grands noms (mais pas seulement), de la variété et un volume adéquat.

BIP 2010 – Liège – Mamac

Et voici venu le dernier article sur l’édition 2010 de la BIP à Liège avant s’en reparler très bientôt pour l’édition 2012. Le MAMAC présentait une imposante exposition, comparable à celle de B9 et que pour ma part je n’aurais pas imaginé voir à Liège.  A une exception près il s’agit de photographie (et non de vidéo).

Geert Goiris montrait un impact géant dans l’eau (une seule photo) tandis que Patrick van Roy montrait de dégoutants pigeons éclatés et 9 portraits d’ados, chacun composé de la superposition de 3 gars et d’une fille.

Francois de Coninck avec la série la chute d’icare exposait un type un peu abimé (il l’a cherché aussi: il porte un t-shirt i love your wife )et  3 petits portraits noir et blanc de Freud identiques à l’accessoire tenu près (cigare, pistolet, rien). Jouko Lehtola avait choisi un diasec géant de l’avant détruit d’une auto et aussi le fameux chien la gueule ouverte sur fond uni rouge pétant. Le Collectif smoke avait réalisé une gigantesque mosaïque de 7 photographes, on pourra voir leur site pour découvrir leur nom.

Martin Schoeller montrait 5 formats géants de femme bodybuildées en soutien-gorge sur fond blanc. Impressionnant et laid. J’avais déjà vu son travail à Londres en 2009 (je suis très en retard dans mes billets ;-) et je l’ai revu depuis; il a aussi photographié, et c’est cela que j’avais vu à Londres, des politiciens (du cabinet Obama je crois). Il a aussi photographié toute sorte de stars, jeunes ou confirmées depuis Emma Watson et Katy Perry jusqu’à Clint Eastwood. Roger Ballen est aussi un photographe dont j’ai vu et revu le travail aussi bien à Bruxelles qu’à Cracovie où Arles et Paris (à la MEP, billet ici). Son style est reconnaissable entre tous et on ne peut que rester fasciné par ses photos la 1ère fois qu’on les voit. Ici, il s’agissait de 15 photos de blanc pauvres et crasseux dans des mises en scène improbables. Olivier Culmann montrait 12 tirages de la série téléspectateurs, formats carrés que j’ai vus depuis à Paris (billet ici).

Laure Bertin choisissait des photos de fenêtres éclairées la nuit et Agnes Geoffray restait dans la nuit avec de minuscules photos de nuit, des gens en bleu, des lieux en vert. Des enfants, des couvertures. On dirait des plans tirés de je ne sais quel film d’horreur.

Anke van Iersel occupait tout un mur et 4 autres dont la "blonde qui ferme les yeux" (qui illustre le catalogue je crois) a priori il s’agit de la série complete me (65 photos). Frais et surprenant, voilà qui change (en bien) de la photographie intello et torturée.

Achim Lippoth qu’on a revu à Paris depuis (billet ici) montrait un ensemble troublant: des enfants tout blond en groupe, habillés de manière uniforme et sobre, le visage souriant, fiers et photographiés en contre-plongée, voilà qui suffit à évoquer les pires heures de régimes totalitaires. Pourtant, les images ne manquent pas de séduire, sont modernes et contemporaines et aucune idéologie nauséabonde (me semble-t-il) ne sous-tend le travail de l’auteur.

New catalogue(Luke Batten et Jonathan Sadler en réalité), déjà vu sur le web, montrait preppy girls with bb gun (intraduisible – peut-être lycéenne coincée et pistolet à air comprimé ?). En provenance de la galerie Kaune, 12 photos sur le même modèle, une fille et son flingue ou une cible, comme s’il fallait ilustrer un catalogue. Il y avait une autre série (big ten co-ed with ski mask) qui valait aussi son pesant de cacahouètes. A ce que j’ai compris, les preppy girls désignent les jeunes filles qui fréquentent des prépas en vue d’intégrer les meilleures universités, de préférence de la côte Est des Etats-Unis. Catherine Vernet exposait 4 grands portraits sombres de gens assis, leur mobile à l’oreille, qu’on a revu plus tard à Paris (billet ici). Melissa Desmet avait retenu 3 autoportraits dépouillés sur fond amande mais son site n’est qu’un blog pas actualisé depuis 2 ans et la dernière expo remonte à novembre 2010 (avec le collectif 20X) donc il est à craindre qu’elle ait quitté le métier.

Joyce Vlaming montrait des cellules d’isolement vides, graffitis ou non. C’est sobre, pour le moins. A l’inverse, Ed Templeton, skater désormais quadragénaire et photographe, montrait un mur d’images (vérification faite son travail est le plus souvent exposé ainsi) dans des cadres en bois clair, avec au programme des ados se livrant à des activités d’ados. Michel Mazzoni mélangeait de grands et petits formats de lieux divers. Brice Bourdet présentait sa série d’inclinaisons à 45° qui ne m’a pas déplu du tout.

Nathalie Noel, dans une même veine qui ne se prend pa la tête, exposait des des boules à neige minuscules contenant un objet (maison, auto,…). Claudia Passeri faisait dans le subversif léger avec des photos de camera de surveillance d’un ascenseur où les passants étaient invités a s’embrasser (série Kësst Lech – embrassez-vous). Enfin , Laure Vasconi produisait des portraits diasec a la façon Canal Plus crypté.

BIP 2010 – Liège – B9

La visite se poursuite au B9 dans ce flashback de BIP 2010 avant  un court séjour à Liège la semaine prochaine pour l’édition 2012. Willem Popelier illustrait les 39 règles qui régissent la photo d’identité aux Pays-Bas (en France, on en compte à peu près le même nombre) avec 39 photos où il tente de violer chaque règle. Les photos ont été réalisées par 39 photographes. 20 seulement ont été rejetées finalement.

Anne Michaux avec exodus montre 2 tirages sur bâche, des scènes de départ bien sûr mais avec des figurines.

Simon Norfolk montrait de grands diasec ultraclean de superordinateurs: je ne m’étends pas car j’avais déjà évoqué son travail (billet ici) et à proximité se trouvait un mur de photos de bombes dont pas mal de vintage des 40’s et 50’s qui m(ont fait à l’exposition où j’avais déjà vu son travail, à Groningen. Claudio Hils avec red land, blue land explore des vestiges d’exercices de combat su un terrain d’entrainement, les maisons et les mannequins. Mathieu Pernot exposait 6 vues noir et blanc des Baumettes en plein air et la série des hurleurs (les prisonniers et les proches à l’extérieur crient pour se faire entendre les uns des autres), un auteur qu’on vu à plusieurs réprises, par exemple chez VU’ en 2010 (billet ici). Nico Bick reste dans l’univers carcéral et montre des cellules …qui se ressemblent toutes à quelques bricoles personnelles près. Nicolas Clément montre 3 gardes avec chien: on reste dans le même univers. Avec Lucinda Devlin (chez son galériste  m-Bochum) ont va plus loin dans la répression avec des chambres à gaz et autres fauteuils électriques qu’elle parvient presque à rend beaux, en grand format carré, polis et nets. Les tables d’injection font peur.

Olivier Mirguet (ses images chez VU’) montre Los Angeles de nuit avec des photos noires sur lesquelles se détache ce qui éclairé par un hélico de police. Anne Daems exposait  81 diapos, miami women, some cars, some husbands. Katja Stuke (encore – déjà vue aux Brasseurs – billet ici et même à Arles – billet ici) montrait cette fois des images qui semblaient tirées d’un film ou sont extraites de vidéos de caméras de surveillance. Trevor Plagen reste dans la veine de la surveillance et de l’observation avec des images sobres et mystérieuses de traces de satellite espions dans le ciel (son site web fait parfois penser à X-Files et à la zone 51 ;-) Paul Seawright montrait de grands formats clair des zones de combats Afghans, un auteur revu depuis en Irlande (billet ici). Marc Wilwert avec zero sun montre ce qui est peu vu, de grands formats de lieux qui ne voient jamais le soleil, souvent des lieux souterrains et ou industriels.

Jurgen Klauke montrait un diasec géant d’un scan d’aéroport, l’artiste étant présent dans la boite. Bof. L’exposition se terminait de manière toute indiquée avec Bertillon et ses fiches anthropométriques.

BIP 2010 – Liège – Brasseurs

Nouys  poursuivons notre revival de BIP 2010 à Liège avec Les Brasseurs.

Francois Goffin montrait une alternance de "choses simples" (titre de la série) et d’ autoportraits. Anne de Gelas alternait entre photos de fac-similés de cahiers et de petites photos noir et blanc. Pol Pierart avait choisi de minuscules noir et blanc amusant entre surréaliste et bande-dessinée dans la veine de l’absurde cher à nos amis belges avec des "photos de textes", pour ainsi dire. Katja Stuke réalise de grands portraits avec cette trame verticale qui résultent de l’agrandissement d’une vidéo et renvoient à ses usages: télévision de masse et surveillance. Il y a comme du voyeurisme et de l’inquiétude là-dedans. Laurie Polson livrait un reportage documentaire sur les arrières-cours de la mort avec pompes funèbres (titre de la série), objets funéraires et autre joyeusetés comme le lieu d’exposition du macchabée. Matthew Pillsbury montraient des ombres seules à subsister dans des lieux en noir et blanc, un peu comme ces photographies anciennes qui paraissent vides de gens car le temps de pose long a effacé leur bref passage. Laura Baudoux, encore étudiante montrait une série de petits portraits noit et blanc souriant de maladie d’Alzheimer.

Sarah van Marcke est moins effrayante, quoi que, cette fille en posture inattendue dans des paysages divers n’inquiète pas, certes, mais reflète peut-être une triste condition de solitude moderne. C’est la série qui m’a le plus convaincu. On n’en dira pas autant de la série horloge interne par Marine Dricot consacrée aux enfants, à laquelle je préfère la série racine carrée (pas exposée mais visible sur le web de l’auteur).

BIP 2010 – Liège – Maw

Nous poursuivons ce retour vers le passé de la BIP avec l’édition 2010 et cette fois on se rend au MAW – Salle Saint Georges, toujours à Liège bien sûr. L’exposition était consacrée en partie à la photographie, d’autres médias comme la vidéo étaient aussi représentés et je n’en parlerais pas ici.

Julien Berthier (très représenté) n’est pas un photographe mais un artiste utilisant parfois la photo pour témoigner de ses interventions, j’aime tout spécialement self, l’arbre qui s’est coupe lui-même ses branches à la hache, ou Everything’s gonna be alright où ce texte est écrit à la bêche dans un jardin. Il est représenté par une galerie parisienne mais je n’avais jamais vu son travail.

Tilman Peschel montrait 9 photos d’un type empétré dans des fils dans un escalier,  un farfelu se jetant sur des matelas ou bien mimant l’homme fusée avec un bric à brac improbable et plus généralement se livrant a des travaux improbables. Il fait partie de ceux que j’ai revu plus tard à Paris au Centre Wallonie-Bruxelles (billet ici). Lucie Malou dont le site web est en déshérence montrait des panneaux autoroutiers mais sans les destinations. Nathan Baker montrait  un diasec géant d’une salle de bain aux éclaboussures roses évoquant le sang mais venant d’une bouteille ouverte, dégoulinante (ci-dessous en provenance de sa galerie)

Anna et Bernhard Blume (qu’on a vu à la MEP avec de petits polaroids  billet ici)  montrait trans-skulptur, un triptyque et un diptyque géant montrant un homme en proie à l’attaque d’une molécule géante. Andrew Savulich montrait des tirages noir et blanc de reportage aux États-Unis et certains sont tragiques (on pense à Weegee – Savulich est photographe pour le New York Daily News) ou comiques par un certain "décalage". Je passe sur Edouard Levé, qu’on a déjà vu (et revu depuis – billet ici) et qui faisait l’objet d’une très longue exposition consacrée à deux séries fameuses ("pornographie feinte" et rugby).

On termine avec Corinne Mariaud et sa série désordre, des corps ramollis posés en ville, pas mal !