Helsinki – HPB 2012 – En pratique

Il y a quelques semaines, une biennale de photographie se tenait à Helsinki (la HPB 2012, du 2 mars au 30 avril 2012). Le programme était relativement copieux et 4 jours (ne permettaient que de compléter très légèrement le programme par d’autres visites.

Pour la Finlande, le vol dure 3 heures soit 4 heures à l’aller et 2 heures au retour compte-tenu du décalage horaire d’une heure. Les vols Finnair (les plus pratiques) partent de CDG au T2 et atterrissent à Helsinki au T2. Sur place, le plus simple est d’utiliser l’autocar Finair qui passe toute les 20 minutes 7/7 j et dont la précision est helvétique, il se situe au T2 ce qui est pratique. Il dépose les passagers à la Gare centrale pour 6,20€. Au retour, les départs de la gare sont à 10, 30 et 50 de chaque heure. Le trajet dure 30 minutes environ et les annonces sont faites en finnois, suédois et anglais. Il se situe au quai 30 (extrémité du quai côté de gare) pour le retour. On peut payer au chauffeur en espèces ou par carte ou prendre un ticket au distributeur.

Au T2, un point d’information permet d’acheter notamment la Helsinki Card (pour les amateurs de visites de musées surtout) qui inclut un pass pour les transports en commun. Il est aussi possible d’acheter seulement un pass pour un plusieurs jours qui donne un accès illimité aux transports en commun (sur une zone donnée). Par exemple, 4 jours pour Helsinki seul coûte 17,5€. Hanna qui officiait lors de ma visite parle une demi-douzaine de langues dont le français. Il est souhaitable d’acheter la carte car le billet à l’unité coûte 2,5€, même si on se déplace dans la ville à pieds sans problème. Un plan et un mode d’emploi de la carte (en français) sont fournis (c’est très simple de toute façon : il suffit de la passer devant un lecteur la 1ère fois puis de ne plus y penser – sauf si on monte dans un bus auquel cas il faut badger). Le tramway dessert la ville toutes les 10 minutes environ à chaque arrêt : ils sont modernes et les stations sont indiquées dans le tram sur un panneau lumineux. Aux arrêts en revanche les trajets ne sont pas décrits et il faut faire attention aux destinations parfois un peu confuses (et systématiquement en finnois et en suédois). Des bus et un métro complètent le dispositif : le métro sert surtout pour des longues distances et il compte peu de stations (l’accès est libre mais les amendes sont de 80€ sans titre de transport).

En avril, le temps est très variable : sur 4 jours, 4 jours de ciel bleu avec une température de 7 le matin à 14 l’après-midi et un jour avec pluie, vent et froid en permanence (4 le matin et 7 au mieux à 13H). Tout est parfaitement déneigé à Heslinki, seuls subsistent parfois des tas de neige sale dans les parcs et jardins (certains lacs visibles de l’avion étaient encore pris par la glace et couverts de neige). A cette époque de l’année, les voitures sont encore cloutées et les horaires d’ouvertures des lieux publics et les fréquences des bateaux ne sont pas encore ceux du printemps (qui débutent en mai).

Ce qui frappe surtout en se promenant, ce sont les espaces sauvages au sein même de la ville, parcs et lacs avec leurs blocs rocheux, soit vers le parc Sibélius (qui n’est pas terrible) soit vers la baie de Töölöön à deux pas de la gare. Beaucoup de choses à voir sont un rayon de 700 mètres autour de la gare : outre le lac, le Kiasma (que j’ai visité -10 €), les grands magasins (Sokos où je ne suis pas allé et Stockmann où j’ai acheté de l’Iittala, forcément, et qui fêtait les Paivat Tullut ou Dolga Dagnar – jours de folie) et le centre commercial Kamppi (pas terrible), le palais Finlandia (que j’ai vu), le musée de la ville (tout près de la cathédrale), le musée des arts, etc. Seul le musée de la photographie est vraiment excentré (mais tout près en métro) à Kappeli (une ancienne câblerie) et aussi le musée d’art moderne (carrément dans les bois à proximité d’un jardin botanique).

La langue ne ressemble à aucune langue connue d’un européen moyen (français et langues romanes, allemand et ses cousines dont l’anglais, russe) contrairement au suédois où on reconnaît quelques racines germaniques. L’affichage est systématiquement bilingue (finnois et suédois – ce qui n’aide pas beaucoup quand même) mais l’anglais est la langue de communication avec les étrangers : il est pratiqué naturellement et à un excellent niveau par tous les personnels au contact du public ainsi que lors d’expositions, par exemple (comme en France d’ailleurs). En finnois, le minimum à connaître c’est hey (salut/bonjour/au revoir – dire « est ») et kiitos (merci – dire « kiitoss » avec un o bien ouvert comme en anglais) et aussi ravintola (restaurant ;). Tous les noms de rues se terminent par « gatu » en finnois ou « gatan » en suédois : les panneaux sont très lisibles et toujours bilingues (attention au plan : la rue ne change pas de nom, c’est simplement le même nom de rue dans deux langues). Je n’ai rien vu en français à part le panneau interdisant de nourrir les oiseaux ;-) La gare centrale (mais il n’y en a qu’une) se dit Rautasiema ce qui ne s’invente pas. Pour arranger les choses, chaque mot est soumis à déclinaison (16 au total…) ce qui fait qu’on ne reconnaît pas toujours le mot parfois (le centre se dit centrum en suédois mais keskus ou keskuta en finnois selon la déclinaison).

L’idée reçue sur internet qui consiste à faire des finlandais des gens tristes et sauvages sauf quand ils sont éméchés, est une stupidité. Les finlandais sont souriants même s’ils sont peu bavards, ce qui ne les empêche pas de nouer la discussion avec un inconnu dans le tram et de se marrer (le tout à jeun). En revanche, dans le tram, surtout le vendredi et le samedi, il y a pas mal d’alcoolos et de clodos qui, sans être agressifs, peuvent être un peu bruyants ou vous sollicitez : il est souhaitable d’éviter la voiture de queue où ils se regroupent souvent. Il est d’ailleurs interdit dans les trams à la fois de fumer et d’amener sa bouteille (!). Comme en Suède (Systembolaget) il existe des magasins spécialisés pour le vin et les alcools, qui portent en Finlande l’enseigne ALKO.

La ville étant un archipel, les terminaux maritimes sont nombreux et desservent notamment Talinn (en face) en 3H00 ou 1H30 (en catamaran rapide) voire 18 minutes en hélicoptère (mais ce n’est plus le même prix). Pour Saint Petersbourg, on conseillera plutôt le train qui est du type Pendolino et qui s’appelle Allegro et qui donc sans être un TGV va plus vite que les trains classiques : il rallie la Russie en 3H30 de trajet seulement, depuis la gare centrale (et pour 50 à 100 € environ – c’est à vérifier sur le site de la VR – la compagnie de trains finlandaise). Il est donc possible de faire d’Helsinki un port d’attache pour visiter Tallin et Saint-Petersbourg. Autre destination accessible par bateau (et en 15 minutes seulement), les iles fortifiées de Suomenlina (que je n’ai pas vues mais ce n’est que partie remise).

Dans les rues, il est fréquent que le trottoir soit partagé avec une piste cyclable (comme à Berlin mais dans une moindre mesure) et il faut donc faire attention. Les conducteurs et les passants sont civilisés et respectent les feux scrupuleusement mais ne comptez pas qu’une voiture à Helsinki vous cède immédiatement sur un passage clouté où vous êtes à peine engagé (contrairement à Bruxelles ou à Berlin où le conducteur anticipe votre mouvement).

Il est rare aussi qu’on vous tienne la porte (comme à Londres où le souci du prochain est omniprésent) mais le geste sera apprécié. Du manière générale, le principe de précaution ne s’applique pas : pas de panneaux partout sur le risque de glissade (contrairement à Londres) et aucun avertissement sur les portes de métro (contrairement à Paris avec le petit lapin RATP qui fait sourire les étrangers, à Londres ou à Madrid).

Dans la patrie de Nokia le mobile n’est pas du tout la préoccupation des jeunes finlandais (contrairement aux jeunes parisiens) qui préfèrent discuter mais qui permet de plein de choses comme par exemple d’avoir un commentaire sur une œuvre au musée ou bien encore, et c’est très pratique, d’avoir un SMS en guise de carte d’embarquement :-)

BIP 2012 – Liège – En résumé et en pratique

Comme pour l’édition 2010, la BIP 2012 montre une grande diversité de talents, toujours de qualité dans son programme officiel. On regrettera seulement le prix relativement élevé des accès aux expositions, spécialement pour celle de l’Atelier B9, faute d’un billet groupé. Le programme OFF est, comme d’habitude pour un OFF, à Liège ou ailleurs, très hétérogène, allant du franchement mauvais au meilleur, malgré un "tri" effectué préalablement en visualisant les propositions sur le web. Quelques sites également étaient fermés aux heures prévues. L’ensemble du programme n’est pas regardable en une seule journée ce qui oblige à rester deux jours (ce qui est trop, du coup) et j’hésite à chaque fois entre rester sur place ou faire l’aller-retour dans la journée: cette fois j’avais choisi de rester une nuit, je me demande a posteriori si c’était le bon choix. Quoi qu’il en soit la BIP est un manifestation photographique de grande qualité et son déroulement, tous les deux ans, est une bonne fréquence. Accessoirement on y parle français, ce qui est toujours plaisant, et de surcroit avec un accent charmant. Sinon, à Liège, il faut passer entre autres chez Galler pour ramener des chocolats et des gaufres fourrées, c’est fameux  :)

BIP 2012 – Liège – MAMAC

La visite au Mamac clôture ce cycle d’articles consacrés à BIP 2012 à Liège et c’est, de loin, le plus gros morceau. Contrairement à l’édition 2010, une sélection de vidéos est regroupée dans les sous-sols, il n’en sera pas fait état ici.

L’exposition commence par des scènes de théâtre vides et noires, de grands carrés, habités par des jeux de lumière et œuvre de Rhona Bitner hélàs perturbés de reflets gênants. Je passe sur Douglas Gordon et ses photos de stars de ciné partiellement brulées collées sur des miroirs, travail vu à Arles dans une plus large extension (billet ici) ainsi que sur Antonio Caballero également déjà vu mais à Paris (billet ici). En regardant bien, en hauteur, on voyait aussi 3 tirages de Pierre et Gilles que j’ai déjà vu en long et en large au Jeu de Paume en 2007 (même si je ne tenais pas de blog à ce moment là). Autre auteur connu et que j’affectionne spécialement, Erwin Olaf dans de grands formats mats splendides avec une séries des plus classiques, Grief (on en avait vu d’autres en 2009 – billet ici).

L’exposition  se poursuivait avec Roland Fischer et de superbes portraits de très grand format de moines et moniales, sur fond neutre, vêtus de noir et blanc. Arnis Balcus est le préposé à la photo crado, avec des filles à poil en style crado, tout un mur recouvert de tirages divers et quelques tirages isolés, du Nan Goldin soft (no sex, no drug). A noter quand même que Arnis sait faire autre chose en matière de photo (tant mieux). A côté de cela, Eric Rondepierre affichait 6 tirages énigmatiques (on a l’habitude – billet ici) comme de vieilles photos qui auraient fondues.

Patrick Carpentier montrait divers polas, un peu égarés sur un grand mur blanc. Jason Lazarus en revanche est venu avec un vrai concept et c’est intéressant, au moins dans la démarche. Too hard to keep est un projet consistant à collecter des photos que les propriétaires ne peuvent se résoudre à jeter mais qu’ils ne veulent surtout pas garder. Elles sont épinglées au mur, parfois côté pile à la demanbde  de leur propriétaire. Au cas où, une urne était à disposition lors de l’expo.

Avec Chrystel Mukeba, jeune photographe fraîchement diplômée de l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles, on revient à du plus classique avec une série (partiellement exposée) consacrée à sa grand-mère, son corps, ses objets, des photos calmes, intime et douces, respectueuses et attentionnées. Chris Verene, dont le nom ne m’est pas inconnu, traite du sujet familial également: couleurs pétantes, souvent des portraits "à la maison", toujours légendées dans la photo. En fin de compte, un petit schéma montre que c’est sa famille et c’est gratiné, entre obèses et pouilleux pour la plupart.

Elina Brotherus aborde aussi la famille mais à sa façon en faisant la part belle, toujours, aux autoportraits, de dos bien sûr, selon son habitude, mais pas seulement, et avec des travaux que je ne connaissais pas. Parmi ces derniers, 3 grands autoportraits avec les vêtements de ses parents, très impressionnants mais aussi des "autoportraits de mariage et de divorce". Également visible, une série titrée love bites, série de portraits de couple mettant l’auteur en scène dans des situations intimes et, enfin, une longue série quasi cinématographique de très petits formats présentés en vitrine de la naissance du 4ème bébé de sa sœur. On avait dans l’intervalle retrouvé le travail d’Elina dans sa patrie d’origine en Finlande, à Helsinki à l’occasion de la BPH sur laquelle on reviendra bientôt. Jean Claude Delalande (qu’on se souvient avoir vu il y a quelques années déjà – billet ici) explorait lui aussi et comme toujours l’autoportrait mais cette fois il s’agit d’autoportraits familiaux dans le quotidien le plus trivial ou un peu bizarre, avec l’éternel visage impassible d’un Buster Keaton contemporain.

Dans un salle au sous-sol; on trouvait Daniel Buetti avec son travail si particulier obtenus en écrivant sur une photographie noir et blanc de jeune femme à l’aide de petits trous qui sont éclairés avec une lightbox (exemple ci-dessous en provenance de sa gallerie, Aeroplastics).

On voyait les photographies de famille vintage de Moira Ricci déjà vues à Arles (billet ici) ont dont l’intérêt m’échappe toujours autant. Capitaine Lonchamps (interview ici) repeignait un personnage sur des stills d’un film de 1932 avec un peu de neige sur fond noir, une technique qui est sa marque de fabrique. Hum ? Enfin, on termine ce volet "recyclage" de clichés, avec Willy del Zoppo exposait quant à lui des albums sous vitrine et des tirage de photos anciennes mises en situation.

De retour à la surface, la visite continuait avec Thomas Chable avec moult tirages noir et blanc de petit format parfois comme des planches contact évoquant une vie de famille un peu bohème avec plein d’enfants et de vie. En face, un cube permettait de projetter la Ballad of sexual dependency de Nan Goldin (vue à Arles – billet ici).

Jh Engstrom occupait l’espace habituellement dévolu à son style, à savoir un grand mur de 3m de haut, tapissé des photos habituelles de l’auteur, vu et revu à de nombreuses reprises (dont à Arles – billet ici): au programme, pas mal de sexe en petits formats noir et aussi une césarienne et deux nouveaux-nés (garçon et fille) en grand format couleur avec les placentas sanglants.

Sybille Fendt dont je connais le travail pour l’avoir vu ailleurs (à Berlin peut-être), conte en images le dernier voyage d’un vieux couple où madame souffre de la maladie d’Alzheimer. Rien  de larmoyant là-dedans, pas d’images tragiques mais on voit quand même ici et là, dans le regard de la vieille dame que quelque chose ne tourne pas rond. Pasd mal d’émotion retenue  dans cette série. Toujours de la douceur chez Sarah Mei Herman qui nous montre de jeunes "couples", enfants ou ados, garçon et fille, bien sage, un extrait de sa série first loves.

L’univers adolescent est aussi la spécialité de Michelle Sank dont j’avais vu le travail à la FIAC à Paris et dont je regrette qu’aucune galerie ne s’occupe en France (comme pour Elina Brotherus du reste, j’ai acheté à Londres une de ses oeuvres). On pouvait voir à Liège à la fois la série young carer (des portraits d’ados en plein air mais pas n’importe lesquels, des adolescent qui sont soutien de famille) et into the arms of babes (de très jeunes mamans avec leur bébé, parfois avec le père – l’Angleterre détient le record européen de maternités précoces). De l’amour, de la tendresse mais aussi un brin de tristesse dans cette dernière série réalisée dans des intérieurs très modestes.

Et on termine avec la vieillesse mais une vieillesse émouvante dynamique et rigolote telle que vue par la jeune Miyoko Ihara qui échappe à la niaiserie avec un sujet qui pourrait faire pitié par sa manque d’originalité mais dont le traitement est tout bonnement remarquable de trouvailles: une veille dame (sa grand-mère en fait, 85 ans) et son (gros) chat blanc (Fukumaru), à la campagne.

Francois-Xavier Courrèges fermait le bal avec un film montrant deux inséparables sur un fil sur fond vert: ça finit mal.

Une exposition au sommet de ce que l’on peut attendre, voilà ce que nos amis de la BIP 2012 donnaient à voir au MAMAC, un juste équilibre entre une multitudes de courants contemporains, peu d’explications mais pas d’abandon non plus du regardeur, rien de prétentieux, des jeunes pousses et des talents plus confirmés, une exposition comme on aimerait en voir plus souvent (en France si possible) !