Helsinki – HPB 2012 – Galerie Anhava

On poursuite le 2ème jour à Helsinki pour HPB 2012 à la galerie Anhava (Mannerheiminaukio 3), tout près du Kiasma (derrière la gare) mais en bas au pied de l’escalier. Comme la galerie Ama, l’espace est clean et les tirages sont grands  et en diasec car il s’agit de Pertti Kekarainen qui n’est pas une découverte (et que je peux voir chaque jour si je veux en ce moment mais là-bas il y avait de nombreux travaux ;-) La galerie est très connue et est présente dans de nombreuses foires d’art internationales. Elle représente aussi plusieurs photographes ou artistes utilisant la photographie: Arno Rafael Minkkinen, Antti Laitinen, Jorma Puranen et Marko Vuokola. Pour en revenir à l’expo on retrouvait donc la série (illustration ci-dessous issue de la galerie) des portes et couloirs à la façon d’un Mondrian muni d’un reflet à la Jan van Eyck (cf. son portrait dit "des époux Arnolfini"). Etait présente aussi de stores.

Helsinki – HPB 2012 – Ama Gallery

Pour débuter le 2ème jour à Helsinki pour le HPB 2012, direction la Galleria Ama (Rikhardinkatu 1) avec Nanna Hänninen. La galerie représente deux autres photographes: Elina Brotherus et Anni Leppälä. Quant au travail présenté, élements végétaux, fleurs et quelques humains avec des gouttes de peintures ou traits de peinture dessus, cela m’est apparu, à l’exception du format (géant ici), un clone du travail de Richter que j’avais vu en détail à la Fondation Téléfonica à Madrid en 2009 (billet ici).

Helsinki – HPB 2012 – Musée finlandais de de la photographie (Suomen valokuvataiteen museo)

Le musée finlandais de de la photo (Suomen valokuvataiteen museo – www.valokuvataiteenmuseo.fi) est lui aussi situé dans l’ancienne fabrique de câble sur Tallberginkatu (au 1G), il occupe le rez-de-chaussée de la façade droite. L’entrée coûte 6 € ce qui n’est pas donné.

Kollective: Preview 5 est constitué des travaux d’étudiants des Beaux-Arts (Finnish Academy of Fine Arts photography).  J’ai raté Jarkko Räsänen mais en voyant son site web il me semble l’avoir vu ensuite dans une galerie, et ai eu bien du mal à repérer les autres munis d’une feuille avec des repères (ça aurait été trop facile de mettre les noms sur le mur…). Iiris-Lilja Kuosmanen montrait 3 sous bois tropicaux (2 diasec et un punaisé) qui m’ont semblé un peu conceptuels faute de contexte (il faut voir la série complète, cover, sur son site, pour mieux "comprendre") et j’ai une préférence pour sa série Another me. Aleksi Linnamaa (pas de site web mais visible sur le site de Kollective, avec d’autres travaux) montrait des choses surprenantes avec 2 photos dans un cadre trop grand et masquées en partie par une photo de bois. Étrange. Le travail de Jonna Kina et en particlier la série vue lors de l’expo est visible sur le même site, il s’agit de divers objets sur fond noir. Là-aussi l’intention n’est pas claire faut de contexte et le lien entre les objets n’est pas apparent (on pourra penser aux photos de Indre Serpytyte qui se présentent sous la même forme – billet ici). Ville Andersson montre par 3 fois un homme, dans un lieu délabré, dansant avec ses vêtement en mouvement qui le cachent (un thème qu’il développe sur son site). Filippo Zambon exploite le filon documentaire (série Secret Rooms) avec 9 chambres d’immigrés chinois en Italie faites immédiatement après une descente de police. Laura Paavilainen n’a pas de site web (voir celui de Kollective) et montre deux personnages perchés qui guettent absurdement. Saku Soukka montrait deux diptyques d’un type enlevant son pull au bord d’un lac, bof.

Le gros du musée était toutefois occupé par deux photographes dont Timo Kelaranta, l’un des grands photographes finlandais sinon le plus grand, couvert de prix et de récompenses dans son pays qui a enseigné aussi au fameux Taik pendant des années. Son travail mérite mieux que quelques lignes et consulter un de ses livres reste le mieux à faire, d’ailleurs certains étaient consultables au musée ainsi que des lettres et cartons de vernissages. L’ensemble de ses travaux était un peu mélangé, toutes les époques, le noir et blanc et la couleur, l’abstrait et le figuratif mais on retiendra quelques séries tout de mêmes comme ses fameux polyèdres, sa série de fils sur fonds blanc, sa série de feuille de couleur roulée totalement abstraite, sa série de pierres aussi, sa série de couleur avec trou gris, sa série de plantes en gros plan. Un travail d’une grande richesse, très variée dans ses formes et exposée de manière extensive sur des cimaises ondoyantes.

A côté de ce travail hautement cérébral se trouvait celui, bien plus ancré dans le quotidien, de K-G Roos dont le destin est également bien différent et tragique (mort en 76 à 39 ans seulement par suicide dans un accès de démence). Son travail  s’apparente au courant humaniste, avec un travail dans la rue, en Sicile (Bitter sicily, un livre jamais publié dont on peut voir les photos et les maquettes vers 59), à Helsinki (vers 56-58) et un travail pour Marimekko (en plein air). De grands fac-similés de pages de journaux accompagnait les photos ainsi qu’un écran LCD où l’on pouvait faire défiler des tirages.

Bref, un programme varié et pas inintéressant mais une surface qui reste limitée au regard de la MEP par exemple.

Helsinki – HPB 2012 – Kaapelin Galleria

La Kaapelin Galleria, comme son nom l’indique, est logée dans la cablerie, à deux pas donc du Jukka Male Museo (billet ici),  au fond, en face, au rez-de-chaussée (Cable Factory, Tallberginkatu 1 C 97). Elle montrait The Housing Agenda, un projet de Vladan Jeremić & Rena Rädle, une sorte de manifeste pour loger les immigrés avec un grand dessin, une vidéo et 2 ou 3 photos truquées où des immeubles sont greffés sur des bâtiments emblématiques d’Helsinki. Bof bof, j’ai plus que du mal avec ce genre de projet "socialo-politico-artistique".

Helsinki – HPB 2012 – Jukka Male Museo

Pour le 1er jour à Helsinki (le 23 avril me semble-t-il, un mois déjà !) à l’occasion de la HPB 2012, direction le Jukka Male Museo qui se tient à Kaapelli, au 2ème étage de l’immeuble, à droite (Kaapelitehdas, Tallberginkatu 1 B, 2. krs.). Il est constituée d’un large couloir pour l’essentiel. Il fait partie des sites incontournables de cette édition 2012 de la Helsinki Photo Biennale avec une exposition organisée par l’association des étudiants en photographie de Finlande (Valokuvauksen opiskelijat ry – www.vory.fi). Cette association regroupe les étudiants en photographie de photography du Lahti Institute of Design, de la Aalto University School of Arts and Design (TaiK), de la Finnish Academy Of Fine Arts, de la Turku Arts Academy et ceux de la section photojournalisme de la University of Tampere et de la Novia University of Applied Sciences Nykarleby

L’expo est titrée Tätä tietä! ou simplement Tä! à savoir This way! (Par ici!) et est curatorée par Veli Granö, Marjaana Kella et Jani Leinonen. Le petit hic de cette exposition ce sont les cartels qui sont très bas avec le nom de l’auteur écrit en arc de cercle (laissons la créativité à sa place: dans les œuvres et éventuellement la scénographie) ce qui oblige à des contorsions inutiles. Les participants participent à la pré-selection pour le prix Fotofinlandia 2013.

On va commencer par ceux qui n’ont pas de site web (il y en a quand même, y compris en Fiunlande…) sur lesquels on ne va donc pas s’apesantir malheureusement car deux ou trois travaux sont originaux: Tatu Gustafsson (3 petits portaits noir et blanc du même homme dont un centré surtout sur ses mains) , Natalia Kopkina (2 minsucules noir et blanc conceptuels), Jere Alajeesiö (2 grands formats noir et blanc, come des nuages dessinés à l’encre de chine, original), Timo Marila (des images retouchées avec des moreacux d’images plaquées, bof), Veera Lipasti (photos de photos compléteés d’objets, par exemple, un arbre en cigarettes. Pas mal commme concept), Sanne Katainen (3 portraits réussis en petit format couleur femmes avec bébé en bandoulière), Mikko Rikala, Maarit Mustonen, Aukusti Heinonen (1 portrait gratté et 1paysage de neige), Jaana Maijala (des photos de dessins à la craie, parfois enchainés comme pour un petit film. Original).

Publier son travail sur un site web n’est pas forcément non plus gage de qualité mais au moins peut-on voir les séries de façon extensive ou en voir d’autres et ainsi afiner une 1ère impression en galerie basée sur quelques images seulement. Petite impression pour Juuso Noronkoski (divers formats et techniques, sujets bizarres) et Niklas Sandström (2 payasages noir et blanc ?). Meilleure impression pour le portrait délavé de Jukka Ovaskainen et bonne impression pour Anne Golaz avec portrait et sous-bois où rayonne un feu (série from the woods / metsästä), une nouvelle série mais je connaissais l’auteure poour avoir vu son travail (série scènes rurales) en Suisse, à Lausanne (encore des billets qui seront publiés sur ce blog… très en retard). Bonnes impressions aussi pour Iiu Susiraja avec 7 petits portrait couleur d’une grosse dame ou d’un objet mais toujours accesoirisé de façon décalée, pas mal et amusant. Bonnes impressions encore avec Lasse Lecklin qui toutefois n’invente rien avec des portraits de stations services désertes de nuit (série places to stop), l’accrochage entre deux néons rouges est en revanche original. Bonnes impressions toujouyrs avec Marina Ekroos qui montre 3 petits diasec couleur de plats (avec à manger) sur un table, vus de dessus, presque graphique, pas mal et qui rappelle, sinon dans l’intention, au moins dans la forme,le travail de Fernanda Magalhães vu en début d’année à la MEP (billet ici). On termine avec encore de bonnes impressions (décidemment, c’était une bonne exposition :-) avec Anne Yli-Ikkelä qui montre la photo de 3 lègères intervenitions "paysagères" un peu absurdes, les portraits de femmes et de tables avec de la nourriture de Hertta Kiiski et enfin le travail de Bita Razavi, très original, avec tout un tas de photos en petit format couleur de détails d’intérieurs (avec mention du lieu de et de la date) qui ont pour point commun qu’on y voit toujours un objet Ittala (!) et qu’il a réalisé quand il faisait le ménages chez les gens (série An Observation on Inhabitants of a Utopia).

Je ne dirais pas que cette expo motivait à elle seule le déplacement mais il est clair que nous sommes privés en France de ce genre d’expositions photographiques: à Paris on trouve les galeries qui à de rares exceptions près (moins de 5 à Paris) ne prennent pas de risques, les institutions qui montrent des vieilleries historiques et académiques (humanistes français et américians souvent) et d’autres qui montrent des photos un peu trop faciles d’auteurs installés (la mode, le kitsch et le nu féminin font toujours vendre des entrées auprès du grand public).