Grid 2012 – Torch Gallery et VM Gallery

La Torch Gallery (Grid Off) présentait cette année le travail de Popel Coumou à mi-chemin du dessin et de la photographie qu’il ornemente de compositions géométriques soulignant souvent les points de fuite et suggérant la 3ème dimension. On ne pas s’étendre.

Travail plus aisément saisissable pour le profane, et accueil fort aimable, chez WM Gallery qui expose jusqu’au 1er juillet de vraies beautés horrifiques: des fragments humains dans des bocaux mais pas n’importe lesquels, des morceaux de peaux (humaines) tatouées.  Quand on y réfléchit c’est macabre mais en vérité c’est plutôt l’esthétique qui ressort à la 1ère impression. Ce travail très dépouillé (bocaux sur fond blanc, format modeste) est signé de Katarzyna Mirczakqui a eu accès à des archives (remontant à 1875) de médecine légale à l’Université Jagellon. Maurycy Gomulicki complète la série avec des tirages de grands tatouages. L’ensemble des deux travaux est réunis sous le titre "Brutal Ink -Polish penitentiary raw tattoos".

C’est à voir même si la gallerie est toute petite.

Grid 2012 – Survol

A l’occasion de la biennale Grid 2012 (qui dure jusqu’au 1er juillet 2012), je passe 4 jours entiers à Amsterdam: c’est ma 2ème visite à Amsterdam. Le temps est ensoleillé avec quelques petites et courtes averses.

Comme d’habitude la 1ère chose à faire est d’acheter une carte de métro (20,5 € pour 4 jours) qui vaut aussi pour le bus et le tram (qui est le moyen de transport le plus pratique). Parmi les restaurants, j’ai testé Haesje Claes (Spuistraat 275 – station Spui) qui fait une cuisine bistrot locale de 10 à 22H avec un menu autour de 25€, c’est servi très vite, c’est simple et bon et il y a plein de monde; les serveurs et serveuses sont polyglottes, tout comme le menu. Seuls bémols, le verre d’eau à 2,20€ et la foule: il faut mieux y aller très tôt (traditionnellement le repas du soir est pris de bonne heure vers 17H30 – 18H30 aux Pays-Bas, même si les choses changent) ou réserver. Le grand magasin à voir est De Bijenkorf (Dam 1 – station Dam ou à pieds depuis Stui). Les bonnes librairies sont sur Spui au 12 et 14 (station Spui): American Book Center et Athenaeum Boekhandel.

Le centre d’exposition principal à Amsterdam (Harbour Hall, Cruquiusweg) dont l’accès est parfaitement décrit sur le site web est un hangar, en bordure d’une route passante, avec rien à manger sur place. L’accueil est en revanche très sympathique et les photos de bon niveau avec beaucoup de découvertes pour ce qui me concerne, à part la section espagnole, déjà vues à Madrid. Le volume exposé est important, pas loin d’être comparable avec celui d’un des ateliers lors des Rencontres d’Arles. J’ai payé un pass 15 € pour avoir accès à toutes les expos (sachant que l’expo principale coûte 7,5) mais j’ai bien l’impression que peu d’autres sites sont payants (heureusement j’ai eu un petit cadeau imprévu, le catalogue – très bien fait d’ailleurs).

Les autres expositions dites "principales" sont très en revanche modestes à tout point de vue et le "off" est très … off (comme partout) et il faut vraiement vérifier le descriptif avant de se demander s’il faut passer plus d’une heure en transports en commun pour faire l’aller-retour. Du coup, Amstelveen ne valait pas le coup et pour Harlem c’était autant pour jeter un oeil sur la ville (charmante). Pas mal d’expos se tenait à Amersfoort mais c’est un peu loin et surtout le site web a été actualisé un peu tard et du coup je n’avais pas vu qu’il y avait autant d’expos là-bas (ce n’est pas grave, ce n’est pas non plus le coeur de Grid).

Pour le reste j’ai vu que le FOAM avait ouvert une vaste annexe dédiée à la vente du magazine et aux tirages: c’est vraiment pas mal du tout et c’est l’occasion de compléter sa collection de magazines ;) Le site principal reste ouvert et MarseilleHuis n’a pas déménagé.

Des billets viendont compléter ce survol bientôt (ou bien tard).

Jeu de Paume – Eva Besnyö

Au Jeu de Paume se tient une expo consacrée au travail de Eva Besnyö qui dure jusqu’au 23 septembre prochain. Dimanche dernier, dans un élan printannier je suis allé visiter. A 8,50 € l’entrée, rien que ça, pour une  demi-exposition au rez-de-chaussée seulement, le jeu n’en vaut pas la chandelle et je peine à imaginer que les visiteurs puissent se presser d’ici au 23 septembre pour voir quelques photographies banales accrochées un peu pêle-mêle et, comme d’habitude, presque entièrement dépouillées d’appareil critique. Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu une exposition aussi indigente, battant, dans son genre, et à plate couture, celle de la MEP, pourtant peu reluisante. Une exposition à oublier du programme pour ceux qui ne l’ont pas vue (et qui le sera de fait par ceux qui l’auront vue déjà). J’avais zappé Abott, il faut zapper Besnyö et on hésitera évidemment beaucoup avant d’aller voir Alvarez Bravo qui lui succèdera à compter du 16 octobre 2012.

École nationale supérieure des beaux-arts de Paris – Géographies nomades – Exposition des diplômés félicités

Samedi dernier, petite visite chez Magnum où une américaine bruyante occupait l’entrée en pérorant avec des amis (?) et à l’intérieur, 4 ou 5 images grand format, sans titre ni auteur, décidémment Magnum joue à fond, à tort, la carte de la "galerie parisienne rive gauche" et serait bien inspirée de garder les pieds sur terre. Après cette visite éclair, direction l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, en remontant la rue Bonaparte. Se tient là, Quai Malaquais, et jusqu’au 13 juillet, une exposition baptisée Géographies nomades destinées aux "diplômés félicités" (par le jury). Il faut bien avouer que j’y connais rien en matière d’art contemporain mais je ne dédaigne pas observer ce que la nouvelle génération prépare de beau, d’original ou de dérangeant et de ce point de vue on reste interrogatif ou surpris lors de la visite, et c’est très bien ainsi. Parmi ces jeunes diplômés, certains recourent à la photographie, le plus souvent associée à d’autre techniques, c’est le cas de Dorothée Davoise, Adrian Dan, Guillaume Krattinger et Fanny Beguery (sur le site du groupe RADO). C’est une exposition à ne pas rater (et gratuite).

Galerie Basia Embiricos – Claudia Imbert

La Galerie Basia Embiricos est à deux pas de la MEP (au 14 rue des jardins saint-paul) et elle exposait le travail de Claudia Imbert que j’avais découvert sur le net et que je voulais voir en vrai. Je n’ai pas été déçu: voila de la photographie propre, sympathique, intriguante juste ce qu’il faut et dans des prix de surcroit accessibles (2800-2900 le grand format, 1500 pour le petit). Le principe de la série, la famille inccertaine, est celui de l’arrêt sur image, les personnages sont figés comme les habitants de Pompéï, le tragique en moins, l’imagination en plus car l’histoire reste à venir. J’avoue un faible pour ce genre d’images qui met le regardeur face à lui-même. Claudia a reçu le prix Arcimboldo que je connais bien puisque je vois chaque jour à la maison un travail d’un récent récipidendaire ;) Vous avez encore deux jours pour filer à la galerie où, samedi dernier on parlait russe, mais si vous parlez franaçais ça marche aussi : vous serez bien accueilli :)

 

Maison européenne de la photographie – Programme pré-estival 2012

Dimanche dernier se terminait le programme pré-estival de la MEP et j’en ai profité pour renouveler mon abonnement après avoir un peu hésité il est vrai. Le programme était réellement décevant, une fois de plus. Au sous-sol, des vidéastes israéliens; en Vitrine, Guido Albi Marini montrant des photos de gens visitant une expo où les photos sont blanches ou oranges: ça commençait (très) mal. Dans le demi-étage suivant, Dominique Auerbacher exposait des rayures sur les vitres du métro de Berlin (pas besoin d’aller si loin). Au 1er étage, la moitié des salles état fermée et l’autre occupée par des vidéos de la fondation Neuflize Vie parmi lesquelles il faut retenir surtout celle de Zhenchen Liu (réalisée au Fresnoy), un long plan séquence dans les ruines de la ville chinoise en proie à la destruction.

Au 2ème étage se tenait le meilleur avec Paolo Pellegrin, surtout en noir et blanc (à part quelques portraits d’Iran) et éternellement abonné aux désastres, naturels ou non: guerre en Palestine, Guatanamo, Iran, Haiti, Tsunami en indonésie et j’en passe. Parmi ces épouvatables photographies quelques tirages que j’avais  déjà vus (dans l’énorme book de Magnum et ailleurs, chez Polka par exemple – billet ici) commes ces femmes pleurant un mort au Kosovo et cette enfant estropié aux jambes platrées au Soudan. En fait, le mieux pour ce genre de photographies est peut-être le livre plus que l’exposition, histoire d’être plus distancié et aussi d’avoir l’appui d’un texte plus fourni.

J’attends donc avec (un peu d’) espoir le prochain accrochage prévu pour le 27 juin (et jusqu’au 2 septembre) avec Alice Springs, Charlotte Rampling, Paul Thorel, Anderson & Low, Jérémy Nassif.

Galerie Catherine et André Hug – MUSES

La Galerie Catherine et André Hug exposait hier encore et pour le dernier jour, trois photographes dont Stéphanie Schneider que j’avais déjà vue dans cette galerie et ailleurs auparavant. C’est en fait pour les deux autres que j’avais fait le chrmin jusqu’ à la rue Jacob et notamment pour les auto-portraits de Kourtney Roy que je connaissais mais sans les avoir vus en vrais. Pas déçu mais un peu grand comme tirage: de l’esprit mode et un peu d’intrigue, juste ce qu’il faut pour titiller le regardeur.

Avec Eric Weeks on reste dans le mêm esprit quant à la forme, très proche de l’univers mode mais aussi du cinéma avec ses jeunes femmes seules figées dans un décor trop grand pour elles. Là-aussi c’est un peu grand. Et puis il manque les prix: pas même de liste à portée de main, dommage.

Une exposition petitte par la taille mais très séduisante qu’il aurait été dommage de rater.

Fondation Henri Cartier-Bresson – Yutaka Takanashi

La Fondation Henri Cartier-Bresson présente jusqu’au 29 juillet trois séries du photographe japonais Yutaka Takanashi (né en 1935), toshi-e (vers la ville) au 1er étage, machi (la ville) et Golden gai-bars au second étage.  L’entrée à 6 € est, une fois deplus, exagérée au regard de l’exposition au Musée Carnavalet mais bon, j’étais de bonne humeur et disposé à faire le tour des expos en ce dimanche.  Toshi-e est une bien triste série sur Tokyo et ses habitants, la plupart des tirages, en noir et blanc, proviennent de chez Priska Pasquer et sont des tirages très récents: ils mutliplient les contre-jour, les aplats de noir, les contre-jour, les ciels blancs. La rupture est totale avec Machi (75-77) qui montre, en couileur et en grand format, des intérieurs dorés, des lumières recherchées, des devantures de boutiques traditionnelles en plans serrés. Golden-gai bars en est le prolon,gemenbt centrés sur .. les bars, tous plus kitsch les uns que les autres et comme la série précédente vides  de présence humaine.

C’est une bonne exposition mais vite vue et donc bien chère pour ce qu’elle donne à regarder. Il est à noter que les conférences sont en revanche gratuites, la prochaine est le 20 juin de 18H30 à 20H et porte sur l’existence ou non d’une spécificité de la photographie japonaise, un thème en rapport avec l’expo et un beau sujet.

Musée Carnavalet – Eugène Atget, Paris

Le Musée Carnavalet est le musée consacré à Paris et à son histoire et c’est d’ailleurs un musée de la ville (un musée municipal). Il est situé en plein Marais et est d’accès gratuit mais pas pour l’exposition consacrée à Eugène Atget (Libourne, 1857 – Paris, 1927) qui est facturée 7 €. Atget tout le monde en a entendu parler et on en voit passer des tirages en salle des ventes mais ce n’est pas si souvent qu’on voit un ensemble significatif et cohérent de tirages, c’était donc l’occasion d’y jeter un œil à la faveur d’une belle journée de dimanche.

Le Musée Carnavalet a eu Atget comme fournisseur, comme en témoignent des factures mais ce n’est que sur le tard que son travail a été catalogué, passant du statut de document à celui d’œuvre. Paradoxalement aussi, ce musée consacré à Paris a bien acheté quantité de photos à Atget mais la Commission du Vieux Paris créée en 1897 l’a ignoré en son temps. Quoi qu’il en soit, la visite vaut vraiment la peine avec 180 tirages dont ceux en provenance de Man Ray cédé à la George Eastman House (le fond Atget est partiellement visible en ligne) et quasiment tous visibles en France pour l’occasion, pour la 1ère fois peut-être depuis la prise de vue, après avoir traversé l’Atlantique.

L’exposition est présentée dans une succession de salles thématiques et plus ou moins chronologiques, Atget passant au fil du temps d’un thème à l’autre. La 1èer salle montre des devantures de magasins et de cabarets, les petits métiers des vendeurs de rues, très pittoresques et aussi la zone des fortifications (détruites à partir de 1919) avec ses bidonvilles avant l’heure. La 2ème salle est consacrée aux ponts et autre sculptures et parcs, bof, à part les Bains de la Samaritaine, lieu pittoresque également disparu. C’est un reproche que l’on peut faire à cette exposition: il n’est pas fait référence à ce que sont devenus les lieux montrés et c’est bien dommage, alors que l’effort pédagogique est réel avec des explications sur la technique de prise de vues ou un plan de Paris montrant les différents lieux, par exemple. De là à se dire que c’est fait exprès pour fourguer des audio-guides… La 3ème salle montre des cours (bof) mais aussi des maisons non alignées et la Bièvre (qui alimentait la manufacture des Gobelins) avant sa couverture (en 1912 – elle ne faisait pas plus de 3 mètres de large). Plus loin dans les couloirs on voit deux institutions de Montmartre, le Moulin de la galette et le Lapin agile et aussi des voitures (à bras et à cheval). La 4ème salle montre quelques intérieurs parisiens mais aussi des heurtoirs, portes et fontaines réservés aux initiés… La 5ème salle est consacré à l’album de Man Ray (exposé mais vide car les photos sont sur les murs): les 43 photos sont là à part 11 qui sont reproduites, les originaux étant intransportables. L’ensemble est assez hétéroclite et on retrouve s des vues de bidonvilles aux portes de Paris, certains déjà vus dans d’autres salles (cour du dragon, marchand d’abat-jour) et l’originalité repose donc sur la présence de nombreux mannequins, la foire du trône, des nus et des bordels. La 6ème et dernière salle est consacrée au travail d’Emmanuel Pottier, un contemporain d’Atget.

C’est une belle exposition qui ravira les amateurs de photographie, d’histoire et de Paris et qui dure jusqu’au 29 juillet 2012.