Galerie Catherine et André Hug – MUSES

La Galerie Catherine et André Hug exposait hier encore et pour le dernier jour, trois photographes dont Stéphanie Schneider que j’avais déjà vue dans cette galerie et ailleurs auparavant. C’est en fait pour les deux autres que j’avais fait le chrmin jusqu’ à la rue Jacob et notamment pour les auto-portraits de Kourtney Roy que je connaissais mais sans les avoir vus en vrais. Pas déçu mais un peu grand comme tirage: de l’esprit mode et un peu d’intrigue, juste ce qu’il faut pour titiller le regardeur.

Avec Eric Weeks on reste dans le mêm esprit quant à la forme, très proche de l’univers mode mais aussi du cinéma avec ses jeunes femmes seules figées dans un décor trop grand pour elles. Là-aussi c’est un peu grand. Et puis il manque les prix: pas même de liste à portée de main, dommage.

Une exposition petitte par la taille mais très séduisante qu’il aurait été dommage de rater.

Fondation Henri Cartier-Bresson – Yutaka Takanashi

La Fondation Henri Cartier-Bresson présente jusqu’au 29 juillet trois séries du photographe japonais Yutaka Takanashi (né en 1935), toshi-e (vers la ville) au 1er étage, machi (la ville) et Golden gai-bars au second étage.  L’entrée à 6 € est, une fois deplus, exagérée au regard de l’exposition au Musée Carnavalet mais bon, j’étais de bonne humeur et disposé à faire le tour des expos en ce dimanche.  Toshi-e est une bien triste série sur Tokyo et ses habitants, la plupart des tirages, en noir et blanc, proviennent de chez Priska Pasquer et sont des tirages très récents: ils mutliplient les contre-jour, les aplats de noir, les contre-jour, les ciels blancs. La rupture est totale avec Machi (75-77) qui montre, en couileur et en grand format, des intérieurs dorés, des lumières recherchées, des devantures de boutiques traditionnelles en plans serrés. Golden-gai bars en est le prolon,gemenbt centrés sur .. les bars, tous plus kitsch les uns que les autres et comme la série précédente vides  de présence humaine.

C’est une bonne exposition mais vite vue et donc bien chère pour ce qu’elle donne à regarder. Il est à noter que les conférences sont en revanche gratuites, la prochaine est le 20 juin de 18H30 à 20H et porte sur l’existence ou non d’une spécificité de la photographie japonaise, un thème en rapport avec l’expo et un beau sujet.

Musée Carnavalet – Eugène Atget, Paris

Le Musée Carnavalet est le musée consacré à Paris et à son histoire et c’est d’ailleurs un musée de la ville (un musée municipal). Il est situé en plein Marais et est d’accès gratuit mais pas pour l’exposition consacrée à Eugène Atget (Libourne, 1857 – Paris, 1927) qui est facturée 7 €. Atget tout le monde en a entendu parler et on en voit passer des tirages en salle des ventes mais ce n’est pas si souvent qu’on voit un ensemble significatif et cohérent de tirages, c’était donc l’occasion d’y jeter un œil à la faveur d’une belle journée de dimanche.

Le Musée Carnavalet a eu Atget comme fournisseur, comme en témoignent des factures mais ce n’est que sur le tard que son travail a été catalogué, passant du statut de document à celui d’œuvre. Paradoxalement aussi, ce musée consacré à Paris a bien acheté quantité de photos à Atget mais la Commission du Vieux Paris créée en 1897 l’a ignoré en son temps. Quoi qu’il en soit, la visite vaut vraiment la peine avec 180 tirages dont ceux en provenance de Man Ray cédé à la George Eastman House (le fond Atget est partiellement visible en ligne) et quasiment tous visibles en France pour l’occasion, pour la 1ère fois peut-être depuis la prise de vue, après avoir traversé l’Atlantique.

L’exposition est présentée dans une succession de salles thématiques et plus ou moins chronologiques, Atget passant au fil du temps d’un thème à l’autre. La 1èer salle montre des devantures de magasins et de cabarets, les petits métiers des vendeurs de rues, très pittoresques et aussi la zone des fortifications (détruites à partir de 1919) avec ses bidonvilles avant l’heure. La 2ème salle est consacrée aux ponts et autre sculptures et parcs, bof, à part les Bains de la Samaritaine, lieu pittoresque également disparu. C’est un reproche que l’on peut faire à cette exposition: il n’est pas fait référence à ce que sont devenus les lieux montrés et c’est bien dommage, alors que l’effort pédagogique est réel avec des explications sur la technique de prise de vues ou un plan de Paris montrant les différents lieux, par exemple. De là à se dire que c’est fait exprès pour fourguer des audio-guides… La 3ème salle montre des cours (bof) mais aussi des maisons non alignées et la Bièvre (qui alimentait la manufacture des Gobelins) avant sa couverture (en 1912 – elle ne faisait pas plus de 3 mètres de large). Plus loin dans les couloirs on voit deux institutions de Montmartre, le Moulin de la galette et le Lapin agile et aussi des voitures (à bras et à cheval). La 4ème salle montre quelques intérieurs parisiens mais aussi des heurtoirs, portes et fontaines réservés aux initiés… La 5ème salle est consacré à l’album de Man Ray (exposé mais vide car les photos sont sur les murs): les 43 photos sont là à part 11 qui sont reproduites, les originaux étant intransportables. L’ensemble est assez hétéroclite et on retrouve s des vues de bidonvilles aux portes de Paris, certains déjà vus dans d’autres salles (cour du dragon, marchand d’abat-jour) et l’originalité repose donc sur la présence de nombreux mannequins, la foire du trône, des nus et des bordels. La 6ème et dernière salle est consacrée au travail d’Emmanuel Pottier, un contemporain d’Atget.

C’est une belle exposition qui ravira les amateurs de photographie, d’histoire et de Paris et qui dure jusqu’au 29 juillet 2012.