Le Bal – Topographies de la guerre et Chris Killip

La dernière fois que j’étais allé au Bal c’était pour voir Topographies de la guerre, le 25 septembre 2011 (l’expo s’étendant du 17 septembre au 18 décembre 2011), avant une longue interruption consacrée à des expositions de livres de photographies je crois. Depuis le 12 mai et jusqu’au 19 aout 2012, c’est Chris Killip qui occupe les cimaises.

Pour Topographies de la guerre, c’était Paola De Pietri (série To Face) qui montrait des traces de la Première Guerre, dans les Alpes, très discrètes, presque indiscernables, c’était Janane Al-Ani (série Shadow sites II) qui choisissait le montage vidéos de survol de sites plus ou moins militaires dans le désert, c’était aussi Jo Ractliff avec une courte série déjà vue à Arles (billet ici). C’était aussi, en sous-sol, An-My Lê pour 29 Palms, une série sur un camp d’entrainement US avec maisons factices, un sujet désormais maintes fois traité. Je passe sur les vidéos pour mentionner seulement celle d’Harun Farocki, un jeu vidéo de rééducation pour soldats traumatisés, on aura tout vu. Donovan Wylie montrait aussi ses Outposts, série déjà vue à Dublin (billet ici). Enfin, Walid Raad montrait des photos d’impacts de munitions au Liban sur lesquelles il a collé des adhésifs colorés selon le pays et le type, un travail déjà vu Madrid (billet ici).

Pour Chris Killip, c’est, on l’aura compris, un solo show. Britannique. Comme d’habitude au Bal, l’entrée est payante, en échange de quoi une brochure est fournie avec quelques explications et le programme du Bal, entre autres, et aussi un autocollant prouvant que vous avez payé.

Je ne connaissais pas le travail de Chris Killip (que je n’avais vu qu’à Sérignan il y bien longtemps sans en garder le souvenir précis – billet ici). Le parti-pris c’est de viser la Grande-Bretagne en noir et blanc entre 70 et 90, des années pas faciles pour le Royaume. Killip montre d’abord l’Ile de Man d’où il est originaire et qu’il a rejoint un temps, au moment où le statut de paradis fiscal transformait la société de cette ile. Cela nous vaut des grands formats de paysages noir et blancs vaguement nostalgiques et de petits portraits (71-73). Au sous-sol les séries se succèdent: Tynrside (75-82) et sa construction navale dont 3 vues de la même cité, l’été, l’hiver puis détruite;  North east (75-88),  losers, vieux couples et familles à la plage, villes industrielles; Seacoal (82-84), des miséreux qui récoltent du charbon en bord de mer; et enfin Skinningrove (81-83), des jeunes désœuvrés sur la plage, une série remarquable qui parvient à personnifier l’attente.

Cette expo est visible jusqu’au 19 août et elle n’est pas mal: ça peut être une idée pour dimanche prochain. Pour la suite, le programme restera britannique (pourtant les JO sont terminés) avec Paul Graham à partir du 14 septembre 2012.

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