Prague Photo – 28-29 avril 2012 – Musée des arts décoratifs

Pour Prague Photo 2012, le Musée des arts décoratifs de Prague (17. listopadu 2) était doublement mis à contribution, avec la galerie Rudolfinum d’abord (billet ici) mais aussi avec son batiment principal, situé juste en face. Outre ce que l’on trouve dans ce genre de musée (ici, principalement, des pièces en cristal et en porcelaine) on pouvait voir quelques photographies rendant hommage à Anna Fárová (1928-2010), personnalité reconnue dès l’époque communiste (bien qu’elle fut opposante) et qui a été, au musée, responsable de la section photographie.

Les images en noir et blanc anciennes et faiblement éclairées présentent des photographes tchèques fameux qu’elle a collectionné semble-t-il: Jindřich Eckert, Josef Pirka, Drahomír Josef Růžička, Jaroslav Krupka, Jaromír Funke, Arnošt Pikart, Marie Jancakova, Adolf Schneeberger, Josef Sudek, Tibor Honty, Jiří Lehovec, victor schuck, Josef Voříšek, Karel Hájek, Jiří Jeníček et Jiří Sever. Une exposition aride qui picorait dans les grands noms historiques à réserver plutôt aux spécialistes (et de surcroit privée d’éléments critiques ou de contexte).

Prague Photo – 28-29 avril 2012 – Château de Prague

A défaut d’un Prague Photo 2012  intéressant on peut s’en servir comme prétexte et l’exposition de Jan Reich tombait bien de ce point de vue en se déroulant au Chateau de Prague. Cette exposition de longue durée s’est achevée il ya peu, le 19 aout dernier seulement. L’exposition, fort longue, était une monographie de Jan Reichdont j’ignorais le travail et qui photographie son pays et prague depuis des décennies, une photographie noir et blanc des plus propres et traditionnelle (question de génération aussi, il est né en 1942) dont la particularité, pour ses clichés praguois, est d’être exempte du bétail humain. Il a publié de nombreux livres dont certains étaient exposés et a voyagé également ce qui nout vaut par exemple de voir Paris à travers les yeux d’un tchèque.

Prague Photo – 28-29 avril 2012 – Galerie Rudolfinum

Prague Photo 2012 n’a pas été pour ce qui me concerne un franc succès mais une expo (payante) parvenait à sauver les meubles, celle consacrée à Shirana Shahbazi et aux Becher, à la galerie Rudolfinum (Alšovo nábřeží 12) sur les rives de la Vltava.

Shirana Shahbazi occupait une petite salle du rez-de-chaussée de ce superbe édifice avec des compositions colorées, photos abstraites noir et blanc et couleur. A l’étage se trouvaient 97 tirages des Becher, je n’en avais jamais vu autant, et de loin, en un seul lieu, et un film (de 94′ mais il fallait être à la bonne heure pour le voir). Le programme Becher commence avec des mines de charbon aux Etats-Unis, très rudimentaires comme appareillage vers 1974 puis se poursuit en Grande-Bretagne avec des vues plus générales en 1968 et se termine en Allemagne en couvrant les années 61, 67 et 82 et même 1993. Viennent ensuite les hauts-fourneaux, là-aussi cela commenbce avec les Etats-Unis avec certains plans où on voit même des humains ou encore un cimetière de voitures puis les Becher nous emmèn,ent en Belgique, en France, au Luxembourg et en Allemagne (avec pas mal de photos consacrées à Duisbourg). Le dernier volet nous ramène au charbon en France et en Belgique (Liège et Charleroi).

Il n’y a rien à redire, cette exposition était de qualité muséale et on peut seulement regretter de ne pas avoir plus à visiter à Prague ou ailleurs.

MEP – Expostion estivale 2012

La semaine dernière , petite visite à la MEP pour l’accrochage estival (qui se termine ce jour). Dans la vitrine, des danseurs comme réalisés au fusain, par Jeremie Nassif, qui ne resteront pas dans les annales. Au demi-étage, c’est Anderson et Low et non, ce n’est pas du cosplay mais des portraits en studio de japonais déguisés en personnages de mangas, éventuellement rehaussés d’images de synthèse. Peu de monde pour regarder ça, on le comprend, on comprend moins ce qui vaut à un tel travail d’être présenté à la MEP.

A l’étage au-dessus c’est Rampling qui est à l’honneur dans un exercice narcissique exceptionnel. On l’a voit d’abord photographiée par le gratin des photographes (Bosser, Newton, Beaton, Lindbergh, Rheims, Springs, Sieff, Teller, Roversi, Bailey, Lynch, Pierre et Gilles) puis on voit les photos qu’elle a réalisées (de ses gosses) sur 4 écrans LCD et enfin on voit les photos qu’elle aime, des autoportraits de photographes (Goldin, Mapplethorpe, Kertesz, Michals, Penn, Sieff, Clark, Gibson). On sort vite de la salle pour tomber sur pire (?) encore avec les photos de "neige" de télévision en grand format de Paul Thorel. On conclura avec Alice Springs et ses photos de mode et de magazines et de stars plus ou moins grandes et plus ou moins oubliées, le tout en grand format noir et blanc des années 70 jusque vers 85 essentiellement. On ne sait au sortir de la MEP si l’une des salles valait un peu plus d’attention que l’autre tant le programme est une fois de plus catastrophique, sans ligne directrice, à la fois en dehors de l’histoire, du contemporain et de l’émergent en photographie, un ratage à peu près intégral et ce n’est pas le premier.

Le prochain accrochage démarre le 5 septembre avec Nori, Choi et Delsaux.