Vienne – Mois de la photographie 2012 – Jour 1

Le mois de la photographie à Paris se termine, seules quelques rares expositions débordent sur le mois de décembre. Il est donc temps de revenir sur cet événement européen qui se tenait aussi, en même temps, à Berlin et Vienne, même si les dates varient un peu selon le pays. Du coup, cette année je suis allé à Berlin et Vienne, comme il y a deux ans, et j’espère pouvoir publier mes billets, d’ici à lafin 2012,  pour ces deux événements, aussi bien pour cette année que pour … 2010, qui sont restés jusqu’à présent dans mes archives.

Pour se rendre à Vienne c’est facile et pas cher du tout avec Niki Air ou Air Berlin (115 € aller-retour) et à condition d’être un peu excentré il est facile de trouver aussi un hôtel très bon marché tout en étant de bon standing. Pour déjeuner ou se déplacer, Vienne n’est pas non plus une ville chère (en comparaison de Paris ou Londres, par exemple). Le trajet de l’aéroport au centre ville est direct en 16 minutes avec le CAT qu’on peut réserver sur internet à l’avance en même temps qu’une carte de transport pour plusieurs jours. Bref, un petit voyage facile.

On commence la visite avec ZS art Galerie (Westbahnstraße 27-29), une vraie galerie dans le quartier de la photo, face à Westlicht, et aux côtés de nombreux commerces arborant fièrement le logo de la marque Leica. Robert Staudinger proposait  des diasec de grande taille, des vues extérieures, mais aussi des pièces abandonnées en format plus raisonnable à 1750 €, toujours cadrées de la même manière avec une fenêtre au fond. Ce qui m’a davantage plu, parce que le grand format et le diasec ont toujours un je ne sais quoi de prétentieux, ce sont ses petits tondos de 26 cm  de diamètre montrant des visages s’empiffrant, très réjouissant (ci-dessous depuis le site de la galerie), mais un peu chers à 1900 €. Son site particulièrement mal fait ne permet pas hélàs de retrouver ses trouvailles, dommage. Jean-Paul Dumas-Grillet (qui est français) montrait quant à lui des intérieurs déserts en noir et blanc (2500 €), mal résolus, et portant la date et l’heure. A l’étage, Christian Zurn montrait des petits tirages de gratages et de rayures sur fer (1800 et 750 €) comme des tableaux abstraits. L’exposition se prolonge jusqu’au 10 janvier 2013.

Le MUSA (Felderstraße 6-8) est à côté de l’hôtel de ville (en travaux), c’est un petit musée (gratuit) qui expose, à chaque mois de la photographie, des auteurs contemporains de qualité mais chaque artiste a malheureusement bien peu d’espace. Par ailleurs, comme il s’agit souvent d’artistes confirmés et de forte notoriété, je les ai déjà vus ailleurs. Il y avait aussi quelques oeuvres vidéos et installations. La bibliothèque, située en face, exposait aussi mais de la photographie ancienne locale que je ne suis pas allé voir. Au MUSA, et jusqu’au 5 janvier 2013, peut donc redécouvrir Peter Bialobrzeski, Fréderic Delangle (avec encore ses "nuits à Ahmedabad"),  Dionisio Gonzalez (avec encore sa longue fausse rue composite mêlant batisses de bidondivilles et compositions architecturales), Reiner Riedler (avec son Superman de piscine et autres héros de pacotille oeuvrant dans un partc à thème), Thibault Brunet avec des paysages en très petit format tirés de jeux vidéos, Cédric Delsaux (avec son mélange de Star War et de réalité vu à la MEP il y a peu) et Ilkka Halso (avec une seule pièce alors que j’en ai vu à Bruxelles récemment 5 ou 6, sur la même idée, une sorte de mise sous cloche de la nature, en diasec géant au prix de l’insertion d’images de synthèse). Ceux que je ne connaissais pas (ou que j’avais oublié) sont donc au final peu nombreux: Robert f. Hammerstiel (4 images de "second life", l’ex "futur site web qui doit transformer le monde"), diStruktura (2 pasages industriels et leurs regrdeurs de dos), Paul Horn et Lotte Lyon (6 minuscules paysages vus de très près) et Justine Blau (diorama geant et lightbox du diorama), .

Le Tschechisches Zentrum Wien (Herrengasse 17) participe aussi régulièrement au mois de la photographie avec une exposition modeste consacrée en général à des figures historiques. Cette fois il s’agit d’un mélange de trois générations, toujours en noir et blanc. L’expo se déroule aussi à la Bank Austria (Schottengasse 6-8) que je suis allé visiter aussi et qui vaut aussi la peine rien que pour le bâtiment qui l’accueille. Les expositions sont terminées depuis vendredi dernier. Jindřich Marco montrait les décombres à l’issue de la Guerre, Vladimír Birgus exposait de la street photography des années 80-90 à Moscou et Leningrad notamment et enfin Jindřich Štreit menait un photogreportage dans les zones rurales d’Europe de l’est comme de l’ouest. Il était possible d’acheter aussi le livre de Dita Pepe et le bouquin de l’école de photo d’Opava dans sa dernière dernière mouture (respectivement 10 et 12 €) mais je n’ai malheureusement pas eu le temps d’y retourner.

Enfin, le dernier lieu n’a pas vraiment de nom à part son adresse, Bäckerstraße 4 et sa vocation, Plattform für junge Kunst. Comme à L’Institut Tchèque, l’exposition, titrée "A Room with a View – Der abstrakte und der reale Raum in der Fotografie" s’est terminée avant hier. Par contr, parmi les aertistes exposés, tous ne recouraient pas à la photographie (ou alors j’ai mal vu). Gerd Hasler montrait un immense paysage noir et blanc de montagne. Sissa Micheli montrait de petits assemblages rigolos et colorés tout à fait réjouissants (ce n’est pas si souvent qu’on trouve autre chose qu’une prise de tête dans une galerie); on doit aussi à l’artiste une Knödelperformance et une oeuvre en spaghetti sur papier. Nina Rike Springer termine cette journée avec une nageuse en bonnet de bain et géometries qui ne manque pas d’évoquer la peinture (1400 €) et pour laquelle je me laisserais bien tenter (ci-dessous, depuis le site de l’auteur).