Arles 2014 – Mtkvari

Restons dans le OFF avec des panonceaux qui accompagnaient des photos sur des cordes à linge et qui portaient écrites en gros les lettres Mtkvari.

C’est ça aussi, et presque surtout, les Rencontres, c’est croiser encore, parfois, des initiatives qui sortent un peu des sentiers battus et des vieilles machines et des vieux machins. Je préfère 100 fois quelques inconnus qui placardent leurs photos, à des vieux cons, photographes, commentateurs, « experts », galéristes et toute la clique qui monopolise l’attention et les moyens et tournent en rond, à la parade (ah, tient, Parade, je crois que c’est justement un fil rouge de cette année). Bref.

Parmi les noms mentionnés, j’ai retenu, non pas parce que leur travail est meilleur que les autres mais parce qu’ils on un site web (!): Anna Ehrenstein, Julia Haack, Martin Lamberty, Marcel Graph, Slawa Smagin, Jan Weckelmann.

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Evidemment, Mtkvari c’est une rivière et une ville mais c’est aussi un magazine.

Arles 2014 – Arthur et Janine

Habituellement, le lieu, qui n’est pas grand, est consacré à un seul auteur mais cette fois il est partagé entre 4 auteurs. Ce lieu du OFF qui habituellement aussi est honnête sans faire d’étincelles a su inviter cette fois de jeunes auteurs prometteurs, à commencer par Aurore Valade (vu ici la dernière fois) dont le travail a déjà été récompensé et qui avait un peu disparu des radars. Aurore montrait des intérieurs mexicains kitchissimes.
Colombe Clier exposait 8 photos dehors / dedans un peu décalées. Anne Foures (dont le site web vaut la visite) montrait des photos d’objets suite au déterrement d’un tableau de Spoerri. Les trois filles sont diplômées de l’ENSP décidément très présente à Arles dans les expos 2014.

Lionel Roux montrait enfin la zone de Crau en panoramique paysager avec moutons, vue de haut.

Arles 2014 – Chapelle de la Charité – Lacroix

La Chapelle de la Charité est un lieu nouveau pour les Rencontres d’Arles et si je faisais du mauvais esprit je dirais que la Charité c’est tout indiqué pour Lacroix dont on n’entend plus beaucoup parler. Dommage car il semblait être un des rares créateurs de mode à être sain d’esprit et à avoir les pieds sur terre.

Quoi qu’il en soit, si son talent créatif ne fait pas de doute, il donne ici à voir une exposition, certes honnête, mais sur un thème passablement étriqué (voir aussi les photos de groupes de Hunt, du même tonneau). On se souvient s’être déjà coltiné les photos vernaculaires de mariés à Arles (par Lacroix aussi) dans une précédente édition…

On peut voir les portraits des reines (de beauté) d’Arles, des cartes de visites anciennes et des photos locales anciennes qui sont, il faut le dire car c’est rare, objets de commentaires pertinents pour le visiteur, quant aux costumes.

Pour le reste c’est un peu du saupoudrage avec un travail de Grégoire Alexandre (vu ici), George Dudognon (†2001), Frédérique Jouval, Quentin de Briey, Olivier Sidet, Gabriele Basilico ((†2013) (vu ici), Claudia Huidobro, Vincent Stoker, Cartier Bresson, les frères Lumière, Cucchi White et Philippe Praliaud. On n’échappe pas non plus à Clergue, qu’on revoit et qu’on entend même (trop) aux Ateliers. Le seul auteur représenté de manière significative est Katerina Jebb (vu ici), avec 36 portraits sombres de jeunes arlésiennes « ordinaires » (mais aussi Tilda Swinton)  avec coup de flash sur une partie du visage, et surtout des 12 portraits debout de jeunes femmes formant comme une procession accueillant le visiteur à son entrée.

Arles 2014 – Salle Henri Comte – Talents SFR

Nous revoila en plein centre à deux pas des églises et autre archevêché mais pour rester dans la fraîcheur de la découverte avec Camille Szklorz et ses bornes improvisées dans le Sahel faites de pneu et plastique, un sujet original et dépouillé. Camille est la seule non professionnelle de l’exposition. Maud Bernos renoue avec les portraits de navigateurs en format carré noir et blanc. On passe sur Delphine Schacher dont on vient de parler récemment dans un billet tardif (ici) sur Circulation(s). Serena de Sanctis nous raconte la vie ordinaire de Dino le mécanicien (son père) dans un format rectangulaire unique et des tonalités sombres.

Ces 4 filles nous donnent à voir une exposition sympathique.

Arles 2014 – Abbaye Saint Césaire – ENSP

Juste à côté de Saint Blaise se tient une abbaye dévolue (provisoirement) aux étudiants de l’ENSP fraîchement diplômés. On rajeunit encore un peu après Denis Rouvre et ce n’est pas plus mal.

Adrien Pezennec présente une sorte de pot-pourri de Pologne, Auschwitz compris, en format carré et noir et blanc. On ne reviendra plus tard sur Jérôme Michel et Olivier Sola vus au WIP mais pas sur Sajede Sharifi qui bénéficiait sur ce site de pas mal de place avec une multitude de tirages sur poster sur tout un mur, de petites photos noires d’archive familiale iranienne avec des textes étranges (a priori, il s’agit de sa série mémoire aveugle).

C’est une exposition fort sympathique mais qui pêche par le manque de clarté des cartels: on ne sait pas trop à qui attribuer telle ou telle pièce. Je me demande bien à qui appartiennent ces stations de pompage par exemple avec la carte de leur implantation (Olivier Sola ?). Quant à Annabelle Amoros, je n’ai pas vu / reconnu son travail faute d’un « étiquetage » adapté mais on peut se rattraper avec son site web très bien réalisé et complet (à la réflexion je me demande s’il ne s’agissait pas d’une vidéo). En passant, 3 étudiants sur 5 n’ont pas de site web (sauf erreur), c’est n’importe quoi. Ah ben si, en fait, ils ont bien un site web comme le précise Jérôme Michel dans son commentaire  :)

Arles 2014 – Eglise Saint Blaise – Denis Rouvre

Continuons le tour des églises en nous éloignant un peu pour l’église Saint Blaise. A cette occasion on échappe un peu aussi à la photographie des retraités puisque c’est Denis Rouvre qui est à l’honneur mais, manque de chance, pour moi, c’est un diaporama (sonorisé). Une suite de portraits (37 minutes tout de même) où se succ_dent  des portraits de français de toutes origines invités à s’exprimer sur « l’identité », avec leurs mots à eux. Ce travail se laisse voir mais pas sûr que beaucoup de visiteurs tiennent 37 minutes à écouter leurs compatriotes de la rue s’exprimer. C’est néanmoins, à ce stade du parcours, la seule expo qui tient ses (modestes) promesses.

Arles 2014 – Eglise des Trinitaires – Vic Muniz

Repartons de Saint Anne pour l’église des Trinitaires dont l’espace ne permet pas de faire des miracles en matière de photographie. L’idée ici était de retenir 7 ou 8 clichés de Vic Muniz, réalisés en collant de multiples photos vernaculaires pour reconstituer, de loin, soit une carte postale colorée, soit une scène de vie familiale des années 70 en noir et blanc. L’artiste est une célébrité vue à maintes reprises (la dernière fois à Londres, pour ce qui me concerne, ici) et les collages ce n’est pas ma passion. Passé le « wahoo effect » lié au gigantisme des oeuvres et à la masse de travail que l’on imagine pour les produire, que reste-t-il ?