Unseen PhotoFair 2013

Il y a quelques seamines je suis allé à Unseen Photo Fair à Amsterdam (après un passage éclair et coûteux au Stedelijk Museum qui ne vaut pas ses 15 € d’entrée). A 70€ l’aller-retour, il ne faut pas se priver; on peut y ajouter les 23,95 € du menu chez Haesje Claes et les 7,50€ pour le pass transport de 24 heures (à acheter à la sortie de la gare à droite à la station de métro, par exemple).

Arrivé sur le site de la foire, je suis passé rapidement dans le petit pavillon consacré aux photographies "pas chères"  qui ne sont hélàs que des modèles réduits des tirages originaux et j’ai zappé l’exposition JR (dont le marketing est excellent, c’est toujours ça) regrettant celle de Camera Work de l’an passé.

Je ne me suis pas attardé non plus à la foire aux livres où une foule compacte empêchait à peu près toute circulation (et c’est bien dommage de ne pas aérer cette sympathique manifestation avec un espace plus grand). En revanche j’ai complété ma collection de Foam Magazine dans la serre prévue à cet effet (qui n’accepte pas les cartes bancaires par une étrange bizarerie). Ces divers espaces étaient d’accès gratuit, contrairement au coeur de l’exposition qui repose sur deux lieux se faisant face et une multitude de galeries. Je faisais partie des early birds et j’avais donc un billet à prix réduit quand je l’ai échangé à l’entrée contre un bracelet qui permettait aux garde-chiourmes d’identifier ceux qui avaient payé leur dîme.

Pas de surprise dans la salle ronde (Gasouder), découpée en quartiers de fromage comme l’an passé. Des surprises en revanche dans le choix des auteurs, dont un grand nombre m’était inconnu ce qui m’a ravi (tant qu’à faire 7H de Thalys, autant voir du neuf) et en même temps un peu inquiété sur ma connaissance du marché. J’ai été agréablement surpris par la diversité des stands, des formats et des techniques et j’ai noté un retour à des formats (et prix) me semble-t-il plus réalistes.

WordPress ne permettant pas en ce moment d’insérer des liens clicables, ce qui suit est essentiellement le relevé des galeries (en gras) et des auteurs exposés, ce qui en l’état a un intérêt limité.

Je vais simplement, histoire d’alléger le tableau, citer tous les photographes exposés dont je me souvenais du travail, on verra qu’il y en a assez peu: Viviane Sassen (série pikin sleen) en petits formats et solo show chez Stevenson, Trine Sondergaard, Astrid kruse Jensen, Fabian Unternahrer et Schnabel et Benitah (petits portraits noir et blanc) rehaussés chez Esther Woerdehoff, Penelope Umbrico, James welling, Rauschenberg et Gadirian chez Aperture, Mona Kuhn, Jessica Backhaus, Noémie Goudal, Richard Mosse, Anders Petersen, Julie Cockburn, Tiane Doan na Champassak, Phillip Toledano, Hassink et Tod Hiddo chez Kaune Posnik Spohr, Pieter Hugo, Ruud van Empel. Erwin Olaf,  Rob Hornstra, Moryima? La Chapelle, Phyllis Galembo, Miles Alridge.

G/P gallery: Takashi Kawashima,Taisuke Koyama, Daisuke Yokota. A partir de 1200-2000 euros. Stigter van Doesburg: Alexandra Leykauf, Max Natkiel, Peggy Frank ( gouache sur papier brillant) et Elspeth Diederix. Martin van Zomeren: Katja mater, Scheltens et Abbenes. Michael Hoppen: Chloé Sells, Alberto Villar, Ashkan Honarvar, Jeff Bark (à partir de 1500-2200 €). Julie Saul Gallery: Arne svenson.sarah Anne johnson.Carolyn Janssen.pas mal de te travail sur photo.reinier gerritsen. Galerie vu: Maja Forsslund, JH Engstrom, José Ramon Bas, Esther Vonplon. A partir de 1200 €. Martin Asbaek: Ebbe Stub Wistrup, Nicolai Hovalt. Van zoetendaal collections: aucun nom ne figurait mais il représente entre autres Paul Kooiker. pas de noms.  Aperture: Jason Evans, Éva Fiore Kovacovsky, Barbieri, etc. Wim van Krimpen: Helena van der Kraan, Holger Niehaus, Tanja Deman. A partir de 690 €. Flowers London: Tom Lovelace, Esther Teichman, Lorenzo Vitturi. Sabrina Amrani: Larissa Sansour (palestinaute) et Amina Benbouchta (auto-portraits cachés). Kuckei + Kuckei: Guillermo Srodek-Hart, Guy Tillim et Miguel Rothschild. Boetzelaer Nispen: Anouk Kruithof. Wouter van Leeuwen: Michael Wolf, Pietro Mattioli, Grégory Halpern, à partir de 490 €. Edel Assanti: Nicolai Howalt. Next level galerie: Asako Shimizu, Céline Nieszawer, Ronan Guillou. Fons Welters: Paulien Oltheten, Berend Strik (photo brodée de tissus). Gun gallery: Julia Hetta, Mikael Janssen. Gallery Kant. Photographers’ gallery: David Robinson, Martin Lindqvist, Jessica Eaton et John Hinde. Gallery Taik: Joakim Eskildsen, Santeri Tuori, Tanja Koljonen et Maija Savolainen. lhGWR: Karianne Bueno, Krista van der Niet, Iana Mesic, Stephan Keppel, à partir de 850-1000 €. Kahmann gallery: Katrien Vermeire, Barry Kornbluh, Tiane doan na Champassak, Lonneke van der Palen, Schilte et Portielje, à partir de 1000 €. Tagomago. East wing: Philippe Dudouit et Mari Bastashevski. Mirko Mayer: Dan Dubowitz, Ralf Bauer et Harald f. Müller. Les filles du calvaire: Corinne Mercadier. Cokkie Snoei:  Abri de Swardt, Elza Jo et Jonas Lund. The wapping project bankside: Edgar Martins. Flatland gallery: Jaap Scheeren, Stanislaw Lewkowicz. Wagner et partner. Natascha stellmach (photo et dessins). Christophe Guye: Esther Mathis, Sascha Weidner,  Lina Scheynius (1500-1800 €), Rinko Kawauchi. Robert Morat: Marten Lange (à partir de 850 €), Peter Puklus (950-1500 €), Simon Roberts. Aando fine arts: Tilman Peschel, Kim Boske, Bien-u Bae. Juliette Jongma: Misha de Ridder, Lisa Openheim. Alex daniels reflex Amsterdam: Hisaji Hara. The empire project Istanbul: Ali Taptik, Jasper de Beijer, Gozde Turkkan, Esra Rotthoff.

Sur le pourtour du fromage, outre les stands gâteaux et boissons, on trouvait quelques partenaires ou galeries très modestes. J’ai retenus les "jeunes talents": Florian van Roekei, Anika Schwarzlose, Willem Popelier (que j’avais vu à Liège), Ola Lanko et Natascha Libbert.

Et puis aussi j’ai bien aimé Polly’s picture qui montrait de vraies découvertes avec Anna de Jong, Philipp Dorl, Suzanne Posthumus, Liam Tickner, Anne Huijnen, Lotte Reimann, Sara-Lena Maierhofer, Isabelle Wenzel. Le tout pour quelques centaines d’euros. Font partie de la plateforme aussi, mais je n’ai pas vu leur travail: Dana Slijboom, Gael Odilon Paccard, Nadine Watson et Linda Beumer.

En ressortant, on allait en face vers le transformator huis. J’ai retrouvé des noms connus: Onorato et Krebs, Indre Serpytyte chez Paradise row, Anna Skladmann, Christopher Bucklow et Michelle Sank (nouvelle série à 850 € encadrée) chez Vassie, Anders Petersen, Lara Gasparetto et Ren Hang chez Stieglitz 19.

Pour le reste, que des découvertes. Peter Lav gallery: Adam Jeppesen. Steven Kasher. Pobeda: Alexei Kiselev. Goshua Rubchinsky. Gallery Vassie: Matthew Murray. Conrads: Sascha Weidner et Anna Vogel. Galerie Bart: Femke Dekkers et Yvonne Lacet. Seelevel Gallery (qui est une galerie en ligne, ce qui permet donc d’écarter tous les auteurs qu’elle représente): Marrigje de Maar, Isabelle Wentzel (750 €, quel dommage qu’elle choisisse une galerie en ligne, j’étais à deux doigts de lui acheter quelquechose, mais tant pis), Marnix Goosens, Koen Hauser, Lieve Prins. La Noble: Deborah Baker, Robert D. Phillips et Anne Leigniel. M97: Liang Weizhou, Adou, Huang Xialang et Lui Dan.

Avant de quitter la foire, on trouvait un peu plus loin la Kallenbach gallery, en partenariat avec Gup, qui vendait des tirages à quelques centaines d’euros d’auteurs qu’elle ne représente pas (je me suis limité à ceux ayant un site web): Steven Brahms, Noortje Schmit, Bernhard Handick et Noël Loozen.

C’est une bonne "photo fair" et j’y retournerais si je le peux l’an prochain.

Autour d’Unseen 2012 – Amsterdam – Foam, Huis Marseille et GUP

C’est avec pas mal de retard que j’achève cet article "autour d’Unseen" qui se tenait en septembre dernier. Et tant qu’à être à Amsterdam pour Unseen, autant aller visiter quelques lieux incontournable chers à l’amateur de photographie (et puis aussi aller chez Haesje Claes).

Chez Huis Marseille, l’exposition est baptisée viewpoint et dure jusqu’au 9 décembre 2012. Elle est découpée en 6 sections qui sont autant de salles et que je n’ai a priori pas visitées dans le bon ordre mais ce n’est pas grave. La sélection est pointue mélangeant pays, générations et de gré de notoriété. La plupart des auteurs n’ont qu’une ou deux œuvres exposées. Au sous-sol près des vestiaires se trouve "An embarrassment of riches" qui se veut une revisite de l’âge d’or néerlandais avec:  Antoni + Alison, Beate Guetschow, Yasumasa Morimura, Valérie Belin, Yuki Onodera, Han Singels et Sylvie Zijlmans. Sur le site web ils ont oublié Belin. A part ça c’est très conceptuel tout de même comme expo, cet ensemble qui n’en est pas un, mélange de pièces disaparates (une vache, un portrait, etc). Au fond du jardin, on perçoit un peu mieux (quoi que), l’objectif poursuivi par "Utopia", évoquer des mondes qui n’existent pas. On été convoqués Popel Coumou, Bownik, Edwin Zwakman, Marin Kasimir et James Casebere. Cette fois, le site web a oublié deux auteurs. A l’étage, on trouve ensuite "Making and unmaking selves" qui compte surtout des portraits, mais pas seulement, par Valérie Belin, David Slijper, Sam Samore, Teresa Hubbard et Alexander Birchler ainsi que David Goldblatt. Avec "Saints and sinners" sont exposés Daido Moriyama, Sven Augustijnen, Luc Delahaye, Andreas Gursky, Ryan McGinley, Lieko Shiga et Cor Jaring. Dans le petit et dernier étage, c’est une vidéo de Rineke Dijkstra (Looking at Picasso) qui est montrée sur 3 écrans : des gamins expliquent ce qu’ils ressentent face à un Picasso. De retour au rez-de-chaussée, sous le thème "Distance and the intangible", ce sont Antoinette Nausikaa, Jochen Lempert et Jorg Sasse qui sont exposés.

Au FOAM, la place est surtout occupée par les alumni de la Rijksakademie avec une expo baptisée "re-search" où chacun est invité à répondre aussi à quelques questions et ce n’est pas inintéressant du tout de voir les motivations et méthodes de ces jeunes artistes. Comme à Huis Marseille et peut-être plus encore on est dans le conceptuel et à la marge de la photographie pour se frotter à la sculpture, l’installation et la vidéo. Étaient ainsi montrés: Fiona Tan, Gwenneth Boelens, Alexandra Leykauf, Sema Bekirovic et Lotte Geeven (un studio d’Ikebana reconstitué), Paulien Oltheten, Gert Jan Kocken (cartes géantes de Berlin avec le mouvement de troupes soviétiques, cartographie des dégâts et une  aquarelle d’Hitler) et enfin Zachary Formwalt.

Mais ce n’est pas tout, Erik Kessels occupait tout une pièce (deux en fait) avec des tirages géants d’albums photos dites vernaculaires (le terme "amateurs" serait moins pédant et plus juste, mais bon…) parfois à disposition dans des bacs. Et puis il y avait aussi Alex Prager avec sa série Compulsion, des photos d’œil et de catastrophes improbable s dans son style habituel tout droit tiré de l’Hollywood des années 50. A voir aussi son étonnant court-métrage (la petite mort), avec Judith Godrèche, poétique et singulier. Enfin, dans les étages élevés, il y avait une petite place pour Joss McKinley, avec une série intime et reposante (Gathering Wool), des gens au repos, des vues paisibles dans un soleil levant doré.

Chez GUP Galerie, fraichement inaugurée (en passant, je suis abonné au magazine et je le conseille vivement), c’est Isabella Rozendaal qui s’affichait avec pas mal de tirages de taille raisonnable consacrés à la chasse et aux chasseurs (de tout poil) sous un angle plutôt original qui nous change du Chasseur Français (illustration ci-dessous). Franchement pas mal. Son dernier livre à l’air gratiné aussi, titré "En masse", et consacré aux vacances, avec un œil (évidemment) décapant.

Unseen 2012 – Amsterdam

C’était la 1ère édition de Unseen, une foire de photographie qui se tenait pendant 4 jours du 19 au 23 septembre à Amsterdam. On se rend à Amsterdam en 3 heures environ depuis la gare du Nord et on rejoint le lieu d’exposition (WesterGasfabriek, inutile de traduire) à pieds en 20 minutes à peine depuis la gare centrale. J’avais pris mon billet sur internet avant, pour 20 euros, ce n’est pas donné.

Sur place, il y avait deux espaces dédiés à l’édition (accès libre), l’un plutôt orienté vers les magasines et fanzines créatifs, l’autre plutôt tourné vers l’édition classique (avec de belles pièces): je ne suis pas fan mais tout cela m’a semblé inventif et innovant. Le FOAM occupait une sorte de petite serre (en entrée libre) avec des piles de magazines mais j’ai préféré acheter dans leur boutique, dans le centre, pour des raisons pratiques (c’est lourd les magazines). Dans une autre serre, plus grande, on trouvait une sélection d’ouevres destinées aux collectionneurs sans le sou, à moins de 1000 euros, là-aussi en entrée libre. Blague à part, je ne suis pas sûr que ce soit une affaire d’acheter une "copie" de taille très réduite et en tirage de 25 (voire plus) à 1000 euros quand on voit dans les galeries certaines oeuvres de plus grand format et de moindre tirage au même prix (voire moins). Je suis toujours très sceptique quand je vois "affordable" et reste persuadé qu’on peut se faire plaisir en achetant un travail intéressant pas cher en s’adressant directement à un photographe "émergent" (ou même en passant par une galerie, parfois les prix ne sont pas abusifs, même chose lors d’enchères). Dehors encore, en plein air, des 4×3 recto verso, là-aussi c’était gratuit. Il y avait aussi des containers bleus où étaient projetées des vidéos.

Pour 20 euros on avait droit en revanche à une exposition et à la foire proprement dite. Cette dernière se tenait dans un batiment circulaire et un autre plus petit et plus habituel. Pas grand chose à dire puisqu’il s’agit de voir des galleries, en l’espèce une sélection internationale de bon niveau dont certaines galleries d’art contemporain pas forcément spécialisées en photographies et parfois des galeries venues de loin (Japon, Etats-Unis, Turquie). Le nombre limité (50 environ) est une bonne chose et évite l’effet "marathon" assez usant et finalement propice à rien. On a ainsi pu voir la nouvelle version de la galerie Noble (la galerie Diemar/noble venant de fermer ses portes) en attendant son site web (le blog reste actif).

Concernant l’exposition, il s’agissait d’une sorte d’histoire de la photographie de mode des origines à nos jours, une belle exposition avec tous les grands noms qu’on est en droit d’attendre, sobrement intitulée Fashion! et montée en s’appuyant sur la collection de Camera Work. C’est assez impressionnant par le volume et la qualité; les panneaux d’explication en anglais sont très clairs et didactiques, une vraie réusssite (des images en couleur lors du vernissage ici).

Pour avoir des images de l’événement, on peut aller ici.

Alors, finalement, fallait-il aller à Amsterdam ? De toute évidence non s’il s’agissait de voir Unseen (Paris photo se tient en novembre et on y retrouvera les mêmes galeries et bien d’autres – plus du double en fait – ainsi qu’une multitude d’expositions) mais s’il s’agit de prendre l’air pour la journée et d’aller visiter aussi le FOAM, Huis Marseille et la galerie toute neuve de GUP, oui, je n’ai pas de regrets !

Grid 2012 – Harbour Hall, Cruquiusweg

Cet article est le dernier article consacré à Grid 2012 à Amsterdam et c’est le plus long car il porte sur le site principal, Harbour Hall (sur Cruquiusweg 67), un hangar vilain au bord d’une route relativement passante (et bruyante). Assez curieusement, les auteurs sont présentés généralement par continent et par pays. Le volume exposé est considérable, comparable à deux ateliers à Arles, pour donner un ordre de grandeur, bien que le lieu ne soit pas gigantesque car tout est très serré. Du coup on a un peu de mal à suivre et à savoir ce qui est montré. En revanche, plus sur le fond, la sélection des auteurs est d’une grande qualité et couvre la création contemporaine du monde entier ce qui est proprement extraordinaire: parcourir ensuite, tranquilement, les sites web des auteurs présentés est une source inépuisable de satisfactions. On ne peut que regretter une fois encore les conditions précaires d’exposition: une telle sélection aurait gagné à être répartie sur 2 ou 3 sites plus "intimes" au centre d’Amsterdam au lieu d’être réunie en un tas dans un entrepôt excentré.

Cesar Lopez (Mexique) montrait des objets de décoration et aussi des silouettes d’animaux en carton installés dans des immeubles en démolition.  Code (magazine), un magazine de mode masculine présentait 3 photos de tout un tas d’auteurs: Iain McKell (son livre, The new gypsies, a retenu l’attention), Karen Rosetzsky, Robin de Puy, Francois Coquerel, Tribble&Mancenido, Jussi Puikonen, Ben Rayner, Marco Scozzaro et enfin Benni Valsson. Ce qui intéressant ici c’est moins les photos exposées finalement, que les travaux montrés sur les sites web de chacun, qui souvent savent s’écarter du "simple" travail de commande de mode pour créer des univers plus personnels, des séries comptant une histoire, des arrêts sur image sur des moments de vie. Autre entorse à la logique des "pavillons nationaux", quelques images dédiées à la lomographie avec, me semble-t-il, des photos d’amateurs que je mentionnerais pas ici.

On rejoint l’Europe de l’est avec Suzanna Darni (Russie) pour commencer et ses 8 étranges photos noir et blanc ou les humains semblent des fourmis suivant des traces sur un sol gelé. Une autre série montre une ville visible dans des reflets uniquement. Arnis Balcus (Lettonie), déjà vu à Liège (billet ici) mais avec ici une autre série, de grand formats en couleur de "revival" d’ex urss, un gamin seul devant un verre de lait, un soldat en uniforme, des adultes en tenue d’écolière jouant à l’élastique, etc. Une série un brin décalée voir étrange. Inese Baranovska (Lettonie) exposait des étudiantes à Ilgas manor, un lieu abandonné et jamais réhabilité, des lieux et des portraits dans ce manoir décrépi. Dimitar Solakov (Bulgarie) montrait un sous-bois, des détails de ville, etc. Nous revenons en europe de l’ouest par la Suisse avec les curieuses minuscules vidéos d’Augustin Rebetez. Nous arrivons ensuite en Espagne mais les auturs présentés, dans le cadre des "encubrimientos" de l’Institut Cervantes, nous les avions déjà vus à Madrid donc passons et allons directement au Royaume-Uni en compagnie de Matthew Murray qui fait du Parr, à la recherche du détail qui tue et c’est excellent !

Ensuite, on repart à l’est, au Monténégro, avec 5 "expériences" mais manque de chance on ne sait pas qui fait quoi entre Natalija Vujosevic, Igor Rakcevik, Irena Lagator, Lena Nikcevic et Jovan Mrvaljevic. On voit une vidéo en boucle de hullahoop, un costume transparent, des images au fond de boites, des diptyque pile de livres et texte reprenant les titres (ah si, ça c’est d’Irena Lagator, je l’ai vu sur son site web et ce n’est pas mal). On poursuit beaucoup plus loin vers l’est avec Israel dont les photographes ne sont pas très souvent exposés en France: le choix ici est de se concentrer sur la Naggar school of art. On voit ainsi Soli Fordi (portraits d’hommes en noir et blanc), Yael Brandt (tipe couche sur la rive, la met monte, video), Asaf Elboher (3 hommes posant devant des affaires en vrac). Une vidéo en panne nous privait de quelques noms comme ailleurs d’ailleurs sur le site mais on pouvait voir celle de Nevet Yitzhak. Micha Bar-am, Meir Vigodar et Eldad Rafaeli montraient des une de journaux, des manifs en format poster en noir et blanc. Or Tessema montrait une fille assise, genoux tachés. Micha Simhon misait sur des portaits de musiciens traditionnels en action, sur fond noir. Gaston Zvi Ickowicz fermait le ban avec des passants pressés en grand format traversant une sorte de friche.

Avec la Lithuanie on aborde le travail assez obscur de Darius Vaicekauskas (des photos noir et blanc en bandes horizontales déformées) et celui de Gytis Skudžinskas (multitude de petites photos sur fond de plan schématique). On arrive ainsi au fond du hangar vers le "stand" de Blurb et les travaux de Arno Roncada (des maisons) et Milcho Manchevski (assemblage de photos en strips dont l’intérêt m’a paru nul). Le "stand" Getty montrait le travail de Jason Andrew sur Katrina, un peu comme on le voit sur Tchernobyl, celui de Benjamin Lowy (billet ici) avec des afghans tout sourire photographiés en Iphone, celui de Charles Ommanney sur la présidentielle us de 2012 en noir et blanc et enfin celui de Jasper White avec de belles maisons dévastees à Tunis en grand format couleur.

Ensuite on revanait à une approche géographique avec l’Indonésie, pays totalement absent habituellement de la photographie contemporaine. Manque de chance, aucun des auteurs n’a de site web (on je n’ai pas toruvé), tant pis donc pour Suryo Wibowo, Andi Ari Setiadi, Adhi Wicaksono,Prasetyo Utomo, Fanny Fajarianti  et Abdul Aziz. Même chose pour les Philipines avec Steve Tiroma.

La Hongrie était rprésentée par Matyas Misetics (nuit en ville avec personnages figés peu éclairés) et l’Azerbaijan par Ilkin Huseynov et ces scènes de mariage tandis que la Tchéquie faisait honneur au travail de Evzen Sobek avec des photos de nuit de lieux désert vus comme en plein jour, une photo très "clean". Pour l’Irlande c’était les lieux brumeux en carré de Eoin o’Connail et pour le Royaume-Uni ceux de Roderick Buchanan (comméroration du massacre de Glencoe et réunion de loyalistes en Ecosse).

On s’approche de la fin avec le Maroc (Leila Alaoui, Houda Kabbaj, Saad Tazi, Khalil Nemmaoui, et Zinneb Andress Arraki) et bien sûr les Pays-Bas on on peine à distinguer qui fait quoi (Luuk Wilmering, Jaap Scheeren, Anouk Kruithof, Lotte Reinmann, Isabelle Wenzel, Pim Leunen, Laura van Rijs). La Colombie exposait de minuscules et très nombreux 3×3 par Alejandro Martinez.

Le Danemark se distingue avec une série superbe consacrée aux intérieurs rénovés du palais d’Amalienborg avec d’extraordinaires des peintures contemporaines partout, comme quoi on peut être roi et moderne, encore maintenant. Un travail de Torben Eskerod et Roberto Fortuna visible sur Vogue Allemagne (ici).

En résumé, une exposition trop longue dans un lieu inadapté qui gâche un peu le plaisir de regarder une sélection d’une très grande qualité, diverse, fraiche et contemporaine comme on aimerait en voir à Paris.

Grid 2012 – FOAM

La visite du Foam s’impose à Amsterdam même s’il n’est pas vraiment lié à Grid qui motivait ma petite visite à Amsterdam. L’entrée est à 8,5€ mais en général (enfin au moins la fois dernière – billet ici)  ça les vaut et c’était le cas cette année encore. Pour mémoire, hormis bien sûr les expos, il ne reste plus que quelques livres et le magazine éponyme sur ce site historique (Keizersgracht 609) de Foam: l’activité commerciale a été déplacée et accrue sur un site nouveau (ouvert début 2012) tout proche (Vijzelstraat 78). L’arrêt de tramway (16 et 24) est à 100 mètres: Keizersgracht.

L’exposition fait la part belle à Bertien van Manen avec des photos en nombre et aussi en mezzanine, quelques livres sous vitrine, chacun accompagné d’une video ou l’on voit les pages tourner. Les photos résultent d’un séjour en Europe de l’est (LET’S SIT DOWN BEFORE WE GO) et montrent le quotidien modeste de gens modestes, sans voyeurisme et sans grand souci de forme, la spontanéité prime sur le cadrage et l’éclairage aboutissant à une sorte d’album de famille. Pour une fois, rien de vraiment glauque dans ces photos alors que souvent les "reportages" sur l’europe de l’est se complaisent à en montrer les aspects les plus repoussants.

A l’étage, on trouve le duo suisse Tayio Onorato et Nico Krebs. The lights of other days et As long as it photographs it must be a camera font partie des séries exposées, toutes plus surprenantes, inventives et expérimentales les unes que les autres (objets en rotation avec perceuse, entre autres), un grand moment de photographie :) En prime, des appareils photos faits de livres de photos ou encore d’une carapace de tortue. Après, vient Ron Gallela, ce n’est pas ma tasse de thé et ce ne sont pas exactement  les mêmes images qu’à madrid (billet ici) même si on en retrouve quelques unes mais bon, les stars ce n’est pas ma passion. Nina Poppe clôt le parcours avec ama, les plongeuses japonaises bien connues. Toutefois, Nina fait le choix de petits formats clairs et lumineux, doux, pastels et de montrer non pas seulement les plongeuses mais plus encore les enfants et les lieux, maisons modestes, les jardinets, le linge qui sèche. Une très belle série, sensible. L’exposition était accompagnée de trois films (pas de l’auteur) dont un où ce sont les pages d’un livre qu’on tourne.

Une exposition sympa. Et en plus j’ai acheté tout plein de magazines FOAM (très lourds !) juste à côté comme chaque année histoire de compléter la collection.

Grid 2012 – De Gang (Haarlem)

Grid 2012 se déroulait à Amsterdam mais pas seulement ce qui complique un peu les choses, certaines villes étant franchement éloignées (pour un programme qui ne justifie pas vraiment d’y aller). D’autres en revanche sont toute proches, c’est le cas de Haarlem: il faut à peine plus de 15 minutes de gare à gare et 7,60 euros (plein tarif, aller-retour dans la journée). La ville est très petite et son centre fait penser à une carte postale avec de très vieilles maisons très typiques, à redents, comme on en voit aussi à Bruges (entre autres). Le lieu d’exposition De Gang est un large couloir menant à une église. L’exposition n’est pas grande et est gratuite (enfin bon, elle coûte le billet de train). Elle est consacrée à trois auteurs d’Europe de l’est et si ce n’était la petite visite de la ville, il n’était pas besoin de se déplacer pour si peu.  Zoë Cochia montrait quelques diptyques, personnes en noir et blanc de style ancien et lieux en couleur récents. András Bozsó (Hongrie) exposait des clodos dont seuls les jambes sont visibles dans des files d’attentes tandis que les visages sont au besoin floutés. Daniela Dostálková (Tchéquie) avait retenu 8 grands formats couleur sur pince, pour illustrer le vie et la vue d’usine européenne à la mode japonaise avec la gym et aussi ses bureau modernes.  Une expo sympa mais un peu courte.

Grid 2012 – Galeries Pien Rademakers et Morren

Les articles sur Grid 2012 se suivent et ne se ressemblent pas  avec cette fois deux galeries regroupées tant le programme était peu fourni. La Galerie Pien Rademakers montrait Carli Hermes (des portraits géants en diasec design, colorés, kitsch, à 6000 €) et Casper Faassen avec des paysages rehaussés de peintures qui se laissent voir (3500 €). Chez Morren Galleries, c’est surtout de la peinture, y compris pour Robert Fortgens (qui assemble photo et peinture, côte à côte).

Grid 2012 – Kahmann Gallery

Retour dans une galerie lors de Grid 2012 avec Kahmann Gallery qu’on connait pour l’avoir visitée l’an passé (billet ici). On trouvait Paul den Hollander (2600-3500 €) avec the luminous garden, des motifs végétaux peu identifiables éclairés par dessous si bien que la lumiere ne passe qu’a travers.

Katrien Franken (2500-5000 €) montraient aussi des plantes mais la botanique n’est pas sa spécialité ou un territoire exclusif d’expression comme le montre son site web. Elle donnait à voir en tout cas des images très étonnantes visuellement, comme réalisées en partie sous l’eau, ou derrière une vitre,  avec un fond très noir.  On restait dans la nature avec Anne Geene proposait un trvail non pas floral ou botanique mais naturaliste, minutieux et délicat avec de petits clichés ornés parfois de feuilles, de photos de feuilles encadrés comme s’il s’agissait d’un herbier, de vols d’oiseaux. Son site web montre une grande cohérence dans ses travaux d’exploration de la nature à petite ou moyenne échelle, presque scientifique et pourtant sensible.

Grid 2012 – Fotovakschool – De Spiegel

Lors de ce Grid 2012, l’école de photo du cru (Fotovakschool) exposait le travail de ses étudiants en visite à Istambul, sous le titre De Spiegel (le mirroir). Comme il y avait un grand nombre d’étudiants (une vingtaine) qui exposaient, je ne retiendrais ici que ceux qui disposent d’un site web en état de marche (Oksana KuklinaTom Meerman, Jan Scheerder) et ils sont étonnament peu nombreux alors même que les travaux présentés sont très professionnels et parfois originaux et plutôt inspirés, dommage. Et parmi ceux qui ont un site, seules deux étudiantes y expriment un début de projet créatif: Margreet Coolen qui montrait de belles vues maritimes et dont le site web en anglais vaut la visite et Annemarie Ruys avec un grand diasec montrant une fille en Vuitton avec boutique Gucci au fond et trois petits tirages de rues désertes de l’Istambul pauvre.

Grid 2012 – CEDLA

Lors de Grid 2012, le Cedla exposait des photographies consacrées au Nicaragua: rien de bien transcendant il faut bien le dire, quelques tirages dans les couloirs, en noir et blanc, consacrés au carnaval, à une course de taureaux ou à de la street photography par Duarte Oscar, Andrea Icaza et Alejandro Marin.