Arles 2013 – 3ème jour – Gobelins

L’expo des Gobelins titrée Blackboard entend montrer la diversité des pratiques à l’occasion des 50 ans du département photographie des Gobelins. Et comme c’est le dernier article d’Arles 2013 (et aussi parce que les Gobelins ce n’est pas rien), tout le monde sera cité même ceux qui n’ont pas de site web ou un pauvre Tumblr.

L’exposition commence dehors avec les grimaces de dames âgées (des religieuses en fait) de Fanny Viguier (promotion 2013), de réjouissantes photographies de petit format, très dynamiques.

Claire Payen (promo 2013) et Vincent Toussaint (promo 2013) illustraient deux proverbes beurrés et argentés. Leurs sites web sont remarquables. Marc da Cunha Lopes (promo 2004) montrait un tirage de sa série Made of myth mais j’avais déjà vu je ne sais où son travail ci-dessous.

Tout ça, c’était dehors. A l’intérérieur, où on cuisait littéralement, je passe rapidement sur la boite à LED de Mathilde Vendrin (promo 2014) pour voir les neufs petits astucieux détournements de photos de mode de Josselin Rocher (promo 2013) titrés "les couches". Je passe sur Marion Vercelot (promo 2013), Charlotte Evrard (promo 2013) et son dégradé coloré et la vidéo de Jean-Baptiste Maître (promo 2004) pour passer à Zhenhua Xiang (promo 2010) qui a semble-t-il réalisé la photo d’un emballage moulé de boite de chocolat vu de dessous (ou alors je me trompe mais le titre, Valérie, est assez explicite et j’adore le chocolat).

Mélissa Boucher et Sophia El Mir (promo 2013 toutes les deux) font partie des exceptions sans site web ni même Tumblr, on ne pourra donc pas revoir leur installation mêlant objets et photos d’objets, miroirs. Même chose pour Amélie Desson (promo 2014) dont les portraits cachés ne manquaient pourtant pas d’inspiration. Et même chose aussi pour Laura Dupuits (promo 2013) dont le site est toutefois en cours de construction et qui nous ramène au concret avec des portraits noir et blanc d’adultes suivant un cours d’alphabétisation. Julie Vallon (promo 2014) n’a pas de site web non plus et là aussi c’est dommage car son "Banquet" réalisé en style 1900 et tiré sur papier salé ne manque pas de piquant. François Ray (promo 2013) clot l’exposition avec comme une explosion de pastel.

Une section édition présentait quelques livres permettant de retrouver Sophia El Mir et de découvrir Caroline Bittner (promo 2013), Hélène Dres (promo 2013), Fiona Torre (promo 2014) et Maxime Verret (promo 2013).

Arles 2013 – 3ème jour – ENSP

L’ENSP exposait dans une église mais aussi en ses murs sous le titre «voyage dans les données du monde», un titre intellectualisant et imprégné de culture webesque.

Par exception pour les étudiants de l’ENSP tout le monde est cité même ceux sans site web et ils sont toujours trop nombreux dans ce cas. Je passe sur la vidéo de Sonia Yassa (je n’arrive pas à me faire à la vidéo) pour passer à sa voisine Camille Sonally qui exposait une imagerie de tipis de sources diverses à la suite d’un travail sur la chaîne de motel Wigwam (avec ses fameux tipis en béton). Chacun son truc. Tipiphile, pourquoi pas. Son travail sur Juzcar vaut le coup aussi. Clément Gérardin (vu au wip ici) devait en avoir assez de faire des photos donc il emprunte à d’autres sur Panoramio celles des verdoyants voisinages de Tchernobyl pour en faire des cartes postales bucoliques. Il pourrait s’associer à Stéphanie Rolland (billet ici), tous deux ayant un vrai talent de vendeur (agent immobilier et voyagiste).

Marianne Wasowska-Fauchon montrait des photos de mineurs prises à leur insu et floutées et des vues aériennes de mines tandis que Olivier Sola décidait de garder la chambre pour photographier l’écran de son PC au flash où figure un gitan (grâce a Street View si j’en crois la légende). Mathilde Warin (vue au wip déjà, ici) gardait la chambre elle aussi pour relater ses échanges Facebook avec une jeune mormonne de ses amies.Agathe Lacoste réalise le portraits de la même fille vêtue d’une couleur unie sur fond de la même couleur (j’ai l’impression que ça se passe encore en chambre).

Lauriane Pigot quant à elle nous emmène loin (enfin), sur mars, enfin presque, pour commencer ce sera le programme de simulation de la mars society mais c’est bien quand même. Edwin Fauthoux-Kresser (vu ici aussi) part loin aussi, sinon par la géographie, au moins par la pensée car il nous conte la perte du Danube. Et on reste loin avec Guillaume Lapeze et son tirage mural de ciel gris.

Arles 2013 – 3ème jour – Fêtart

J’avais gardé Fêtart pour le 3ème jour parce que d’abord car je croyais que ce n’était pas une expo et puis ensiuite car j’avais l’impression que l’accrochage n’était pas terminé… Quoi qu’il en soit la vitrine était déroutante et constituait une feinte: il ne s’agissait pas d’annonces immobilières mais d’un détrournement réalisé par Stéphanie Rolland. D’ailleurs, cette année Fêtart avait choisit de faire dans le rigolo.

Alberto Maserin montraient dans sa série et nunc des prêtres s’habillant (mais cela restait néanmoins décent) tandis que Mathieu Roquigny l’était beaucoup moins (décent) avec une avalanche de photos débiles du quotidien. Thomas Vanden Driessche prodiguait de bons conseils dans ses photos de cahiers illustrés de photographies.

Et pour finir dans la gaudriole, Agan Harahap insère des héros de Comics dans des images historiques en noir et blanc mais ce n’est pas tout et son flux Flickr vaut le déplacement (virtuel).

Arles 2013 – 3ème jour – Collectif vost

Avec un titre mème / VOST énigmatique et une adresse improbable (13 rue du pont), cette exposition n’était pas facile à trouver (sauf pour ceux qui se souvenaient de l’an passé) et après avoir trouvé le lieu une première fois en plein travaux d’accrochage il n’était pas inutile d’y repasser. Il n’est pas évident aussi de les trouver sur le web, à part ici, ce qui n’est pas terrible.

Le collectif comprend Loraine Drescher, Esteban Gonzalez, Jessica Hervo, Lilie Pinot, Matthieu Rosier et Olivier Sarrazin mais assez curieusement tous n’exposaient pas et, en prime, des non membres exposaient. C’est compliqué (ou alors j’ai raté quelque chose car il faut bien dire qu’on est pas embêté/aiguillé par l’interventionnisme des jeunes présents, absorbés à tapoter sur leur portable). Plus gênant, tous n’ont pas de site web digne de ce nom, c’est tout de même dommage.

Myrtille Visscher montrait trois écolos (ou dans le genre "retour à la nature") dans les bois; je suppute qu’il s’agit d’un extrait de la série Légers sur la Terre. Christoph Lehmann montrait des bras et têtes de dos dans la nuit.

Melchior Tersen avait retenu de s’intéresser à un génie immortels des Arts, Jauni Alidais, et plus particulièrement aux intellectuels qui portent des tatouages à la mémoire de Jauni, l’idole des anciens jeunes (son site vaut son pesant de cacahouètes, avec un défilé de cas gratinés très intéressants, voir notamment erotix Mons mais ce n’est pas le pire). Heureusement que Esteban Gonzalez est là pour remonter le niveau avec des photos truquées du classieux Kanye (malheureusement son site ne les montre pas).

Anna Kabissova nous ramène dans la vraie vie avec des scènes de vie en Ossétie et notamment quelques portraits.

Au fond il y avait une installation avec d’antiques rétroprojecteurs et de minuscules LCD mais j’ignore qui en est l’auteur.

Arles 2013 – 3ème jour – Le magasin de jouets

Nous voici enfin arrivé au terme de notre séjour arlésien, en temps différé puisque cela se passait lors des trois premiers jours des Rencontres d’Arles 2013. Le dernier jour est habituellement consacré à compléter le programme, soit à revenir sur des lieux soit à en visiter qui sont périphériques. Le Magasin de Jouet n’est pas périphérique et c’était donc une seconde visite. C’est un travail remarquable de curateur accompli ici qui a conduit la galerie en divers lieux de l’Asie du Sud-Est pour une sélection éclectique alors que le plus facile eût été d’aller en Chine, destination unique et à la mode, pour y picorer de la photographie remployant des codes publicitaires faciles à vendre.

J’ai raté Maung Ni Oo qui n’a pas de site web apparemment et je passe rapidement sur Mad Paule et ses surimpressions de noir en blanc pour passer aux diptyques un peu tristes faits pour l’occasion par Minstrel Kuik. Cédric Arnold montrait quant à lui des hommes tatoués, en noir et blanc, mais on ne saisissait pas à quel point derrière cette pratique répandue se cachaient des croyances séculaires profondément enracinées (un peu comme pour les habitants des Marquises que l’on connaît mieux en Occident) avec force transes et prières.

Attardons nous un instant sur Kim Hak et sa série "on" (contraction de old et new) en référence à la jeunesse montante présentée dans ses images dans un cadre décrépi de vieilles bâtisses de l’époque coloniale.

Jamie Maxtone-Graham compose des portraits soignés en grand format couleur dans des cadres végétaux artificiels qui ne sont pas dénués de charme (et accessoirement d’exotisme). Compter 950€.

Enfin, Ren Hang (attention, site réservé à un public averti) propose d’intrigants portraits (450 à 1500€ selon la taille chacun en 6 ex.) aux corps emmêlés mais il s’agit là de la portion la plus sage de son travail qui tend vers la pornographie et peine du coup à être diffusé en Chine (et au-delà). Le récit de ses mésaventures figure sur un appel à financement participatif sur Indiegogo que j’évoquais hier ici.

Pour ceux qui n’ont pas peu d’avoir (un peu) peur, passez une tête au sous-sol (il y fait frais, de plus, ce qui est appréciable en ce moment) pour voir l’installation de Guillaume Chamahian intitulée Sombre mémoire, fruit d’un long séjour au Cambodge, avec vidéo et texte parlé accompagné de musique et de quelques photographies. C’est très personnel, à la fois poétique, sombre et inquiétant.

Il ne faut pas rater cette exposition qui se tient jusqu’au 15 septembre 2013 à Arles au 19 rue jouvène.

Arles 2013 – 2ème jour – ParisBerlin>fotogroup

Le lieu n’est pas très facile à trouver (sauf pour les habitués), un peu à l’écart (22 rue Porte de Laure). Pourtant, cette exposition valait (elle ne dure hélàs que le temps de la semaine d’ouverture) vraiment la peine. On pouvait y voir de très nombreuses oeuvres, à la fois du collectif caravane décidément très visible (Anne-Sophie Costenoble, Laure Geerts, Marie Ozanne, Stéphanie Pety de Thozée, Anne Ransquin) mais aussi de Neunplus (Fred Hüning, Klaus Muenzner, Christian Reister, Mirjam Siefert, Iris Wolf). Tous les deux invités par ParisBerlin>fotogroup (Holger Biermann, Manuela Böhme, Andreas B. Krueger, Amélie Losier, Prisca Martaguet, Albin Millot, Sebastian Rosenberg, Sandra Schmalz).

L’exposition est de très grande qualité mais gênée par le peu d’espace réparti sur plusieurs niveaux reliés par un frêle escalier. Elle souffre d’un manque complet de contextualisation que le web pallie mais en temps différé.

Du coup, après cet apéritif, le plus simple est de visiter les sites web de chacun. (quand ils ont en un, sinon le site du collectif est une bonne solution).

Arles 2013 – 2ème jour – Magasin électrique

Le magasin électrique clot la visite du parc des ateliers à Arles pour l’édition 2013 des Rencontres d’Arles. Dehors on passe vite (très vite même) dans l’exposition de Samer Mohdad titrée "Les arabes" et qui montre 25 ans de photojournalisme du monde arabe, sous un jour plutôt favorable.

L’essentiel est ailleurs, à l’intérieur évidemment, avec Gordon Parks (mort en 2006). Il fut le 1er photographe noir à travailler pour Life et réalisa Shaft. La rétrospective parcourt agréablement une longue carrière, à commencer par un retour dans les années 40 à Fort Scott où il naquit. Ensuite s’enchaînent Ella Watson, L’homme invisible, Chef de Gang à Harlem, Le pays du labeur, les Fontenelle, Flavio, Ingrid Bergman, Mohamed Ali, les black panthers, les black muslims et quelques tirages couleur dans le domaine de la mode par exemple. Shaft est diffusé en VO a l’étage.

Ensuite c’est beaucoup moins bien. Avec "keep jour eye on the wall" on a droit à une série de tirages sous forme d’affiches (collées sur une sorte de mur) sur le thème du mur (en Palestine): Taysir Batniji, Rula Halawani, Raeda Saadeh, Steve Sabella et Kai Wiedenhöfer.

Robin Hammond montrait le Zimbabwe de Mugabe, le pire de l’Afrique avec des images devenues hélàs banales. Thibaut Cuisset vu un peu plus tôt à l’atelier de mécanique (ici) montrait "le pays clair", la Camargue avec cabane étang et mer. Alessandro Imbriaco montrait "le jardin", un agréable sous bois avec une petite fille mignonne mais en fait c’est sous un viaduc pour un SDF et sa famille a Rome (la série plus explicite avait déjà été montrée ici).

On termine pour de bon avec Daido Moriyama pour une vraie avalanche de photos à la Moriyama accrochées jusque très haut, produite avec Polka, titrée labyrinth+monochrome. Le tout est accroché sur fond de bas résille avec de nombreuses fausses planches contact. J’avais vu l’exposition à la Tate Modern en octobre 2012 (encore un billet en retard…) donc bon, ça ne se compare pas vraiment.

Arles 2013 – 2ème jour – Atelier de chaudronnerie

Nous poursuivons la visite aux Ateliers avec celui de chaudronnerie qui s’avère moins dense en expositions et c’est tant mieux. On ouvre le bal avec Wolfgang Tillmans qu’on a déjà vu et sa série silver et d’autres tirages immenses divers parfois tirés sur une simple feuille sans cadre. Des tirages géants pour une expo géante et un vide géant….Je ne crois pas qu’on vienne à Arles pour voir ce qui se trouve dans une galerie d’art à New York ou Genève. Aucun intérêt, aucun effort de pédagogie. Une exposition qui tombe à plat.

A la suite de ce ratage prétentieux on trouve heureusement des travaux plus accessibles (et contextualisés).

Miguel Angel Rojas montre des clichés volés en caméra cachée dans un ancien cinéma, lieu de rendez vous gay. Heureusement qu’on a le contexte car pour le reste… Pieter Hugo (vu à l’Atelier de mécanique) montraits de petits portraits noir et blanc ou même les blancs sont noirs par truquage.

Anthony Cairns montrait des déambulations urbaines un peu crados et tirées sur alu. Passons. On arrivait ensuite sur Xavier Barral avec mars, pas le mois, la planète. Manque de chance on ne voit pas grand chose photos dans l’obscurité (et rien des cartels) mais par contre les 4 écrans géants sonorisés sont hypnotiques.

Et pour conclure sur ce site, Jean-Michel Fauquet, dans un éclairage orange faiblard, expose ses photos qui sont presque des fusains ainsi que les objets fantaisistes objets des photographies. Un vrai univers se dégagent de cette installation, un panneau donne des indications assez fumeuses. Le dernier mot revient à Gilbert Garcin qui lui aussi développe son petit univers, mais il s’agit de fantaisie rêveuse entre Tati et Magritte, un auteur déjà vu (ici par exemple) mais présenté là sous une forme extensive, presque abusive (on en vient à défiler rapidement devant un tel nombre).

Arles 2013 – 2ème jour – Atelier de mécanique

On enchaîne avec l’Atelier de mécanique et Arno Rafael Minkkinen qu’on a déjà vu plus d’une fois mais surtout sur le web et jamais d’une manière aussi extensive. Du coup, là, c’est immense et même excessif avec 7 salles (le meilleur reste les scènes aquatiques et forestières).

Avec Jean-Louis Courtinat on bascule dans le reportage social (en diapos) et on en vient assez rapidement à saturation et presque à en sourire tellement le propos est dramatique, entre orphelin de Roumanie, sans abris à Nanterre, urgences à l’Hôtel Dieu, ça en devient caricatural et presque ridicule, une sorte de chasse au drame tragi-comique.

Avec  "transition", et ses douze photographes, on quitte le noir et blanc pour rejoindre l’Afrique du Sud et là aussi on sature un peu. Beaucoup de photographes et beaucoup de photographies (souvent de format modeste et accrochées serrées) pour une sorte de safari africain, mais un safari "social" à la recherche de ce qui change en Afrique du Sud dans la société. C’est vraiment une accumulation exagérée d’images avec souvent des commentaires un peu longuets (dommage, c’est une bonne idée d’ajouter du texte et des cartes) qui conduit à errer sur les panneaux. On retrouvait pas mal de noms connus comme Thibaut Cuisset (billet ici) avec paysages arides et bicoques, Philippe Chancel (billet ici) avant et après les grèves de 2012, Raphael Dallaporta (billet ici) mines vues depuis des drones, l’incontournable Pieter Hugo (billet ici), Alain Willaume (billet ici) avec une ode à la poussière, Harry Gruyaert (billet ici) qui mêle riches blancs et pauvres noirs, loin des mines et du désert, Jo Ractliffe (billet ici) pour d’anciennes bases militaires dans le désert, et enfin Patrick Tourneboeuf (billet ici) avec des plans urbains de la ville de Kimberley. Peu donc de découvertes sauf Santu Mofokeng (dont le nom me parlkait mais sans plus),Thabiso Sekgala, Cédric Nunn (le seul en noir et blanc dans cette section) et enfin Zanele Muholi, la militante pro-lesbiennes avec 15000 vierges colorées pour une cérémonie (très impressionante).

La suite n’était pas moins copieuse avec les "découvertes" qui, comme d’habitude, réservent des surprises plus ou moins heureuses avec des expérimentations diverses.

Martin Becka exposait dans un curieux contraste des paysages urbains ultramodernes de Dubaï tirés sur papier albuminé viré à l’or. Jasmine Eid-Sabbagh et Rozenn Quéré optaient pour une sorte d’installation constituée de 4 plots diffusant du soin accompagné de photos sur cadres genre années 60. Il s’agit de 4 soeurs, ça se passe au proche-orient et c’est une bio romancée. Elles ont eu le Prix Découvertes. Passons. Marcela Paniak retient des pignons de maison, une petite frise aussi (fairy tales) et surtout des portraits anciens ovales avec une fleur posée dessus en noir et blanc (série Elizjum).

Halil montrait des photos retrouvées des événements de 68 en Turquie sous forme de diaporama  (a cloud of black smoke). Il faudra m’expliquer l’intérêt et la valeur de la démarche. Craig j. Barber réalise des portraits en ferrotype de tout petits fermiers américains qu’on croirait du siècle dernier et c’est pas mal. Lauren Bon réalise des paysages de 3,50 m a la caméra obscura, très joli mais bon, passé l’exploit technique que reste-t-il ? Alison Rossiter réalises ses tirages sur papier périmé(parfois de plusieurs décénnies) pour un résultat plus ou moins abstraits. On voit le concept mais bon… Du coup je préfère et de loin Nikolaï Bakharev et ses portraits de couples et de famille en maillot à la fin des années 80 en URSS et Alexandre Slussarev (même s’il est mort, c’est une découverte tardive) avec ses photos diverses plutôt formelles et sobres. On termine en beauté avec l’énigmatique Clare Strand (billet ici) 4 film, des solides en 3D et des photos de table.

Pour la suite, car décidémment le site est immense et bien rempli c’est au tour de SFR avec Cécile Decorniquet qu’on connaît bien (billet ici mais son site n’est plus en coloc avec Laurent et se trouve ). Vincent Fillon montee des lieux bientôt démolis traités par surimpression en format carré. Bruno Fontana montre un mur recouvert de motifs de fenêtres presque abstraits baptisé d’ailleurs "urban wallpaper". Je suis moins convaincu par Jean Noviel et ses très grands formats de "paysages fabriqués" (c’est le titre de la série) .

On croit que c’est fini mais non. C’est au tour des jeunes diplômés ENSP 2013 (pouyr ceux qui les auraient ratés en seamline d’ouverture mais on ne retrouve pas tout le monde). On revoit Jeannie Abert (vue au WIP – billet ici) avec des collages sur le soulèvement arabe de 2011, Claire Cocano (vue à la BNF il y a quelques années – billet ici) avec un paysage forestier détruit par l’incendie, Edwin Fauthoux-Kresser avec des textes et photos et illustrations sur un hydrologue verbeux, pour le moins et enfin Leslie Moquin avec une alternance de quasi monochromes figuratifs et de petits formats gris divers en fait il s’agit de deux séries (respectivement Agôn et Permadusk).

Et ça y est enfin, on arrive au bout avec un vaste panneau constitué des travaux de binômes (photographe confirmlé / étudiant) sponsoriés par un marchand d’appareils photos, qui ne sont pas extraordinaires à ce qu’il m’a semblé, et qui surtout arrivent au terme d’un parcours visuellement éprouvant (et musculairement un peu pénible aussi): Sarah Moon et Lise Dua, Jean Christophe Bourcart et Mathieu Rosier et enfin Stanley Greene et Jeannie Abert.

Arles 2013 – 2ème jour – Atelier de formation et Atelier des forges

L’atelier de formation ouvre le site des Ateliers, cette année encore très bien balisé, équipé de toilettes propres et d’une buvette bien pourvue en casse-croûte bien frais. La visite commençait avec un retour vers le passé voir l’histoire avec Pierre Jamet et ses auberges de jeunesse: des images super sympa pour des visages épanouis en 36 37 avec aussi Dina Vierny (modèle de Maillol notamment) sous toutes les coutures. Ces images en dépit de l’enthousiasme et de la fraîcheur qu’elles dégagent posent tout de même une double difficulté: la 1ère c’est qu’il s’agit là de jeunes issus de milieux privilégiés dans une France rurale qui s’abrutit dans les champs, à la mine ou à l’usine, la 2ème est évidemment que ces jeunes ne peuvent savoir ce qui va se passer deux ou trois ans plus tard, certains seront déportés.

L’exposition à l’Atelier des forges commence avec John Davies qu’on a déjà vu à de multiples reprises (billet ici, par exemple) avec de grands paysages noir et blanc superbes et déserts ainsi que quelques paysages urbains en Grande Bretagne puis on passe en France avec la Durance et l’A26, Fos sur mer, la Seine et pas mal de sites industriels puis plus près des gens à Belfort (notamment, avec un mémorial).

Michel Vanden Eeckhoudt prend le relai, toujours en noir et blanc comme il se doit, avec des images styléees mais tristes et mornes où même les vivants sont comme des natures mortes. Les animaux très présents sont enfermés ou nus et seuls, comme des hommes. C’est un peu déprimant.

En voyant les collages de vieux portraits de John Stezaker je me suis dit que j’avais déjà vu ça à Londres chez Saatchi (et en effet, même si je n’ai pas fait de billet vu le retard). Entre ça et les photos de reflets de châteaux ou encore les visages remplacés par des cartes postales, la répétition d’une procédure présente peu d’intérêt tout comme le film fait de photos de chevaux s’enchaînant à 24 images par seconde. Du côté de Raynal Pellicer (déjà cvu à Vienne – billet ici), la foule n’était pas non plus au rendez-vous avec les photos de presse de stars d’Hollywood avec mlarques de retouches (et parfois la photo réellement publiée).

On termine avec Antoine Gonin et ses paysages presque abstraits où ne sait plus si on a le nez collé sur un petit truc ou si au contraire on le voit depuis un satellite.