Arles 2014 – Mtkvari

Restons dans le OFF avec des panonceaux qui accompagnaient des photos sur des cordes à linge et qui portaient écrites en gros les lettres Mtkvari.

C’est ça aussi, et presque surtout, les Rencontres, c’est croiser encore, parfois, des initiatives qui sortent un peu des sentiers battus et des vieilles machines et des vieux machins. Je préfère 100 fois quelques inconnus qui placardent leurs photos, à des vieux cons, photographes, commentateurs, "experts", galéristes et toute la clique qui monopolise l’attention et les moyens et tournent en rond, à la parade (ah, tient, Parade, je crois que c’est justement un fil rouge de cette année). Bref.

Parmi les noms mentionnés, j’ai retenu, non pas parce que leur travail est meilleur que les autres mais parce qu’ils on un site web (!): Anna Ehrenstein, Julia Haack, Martin Lamberty, Marcel Graph, Slawa Smagin, Jan Weckelmann.

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Evidemment, Mtkvari c’est une rivière et une ville mais c’est aussi un magazine.

Arles 2014 – Chapelle de la Charité – Lacroix

La Chapelle de la Charité est un lieu nouveau pour les Rencontres d’Arles et si je faisais du mauvais esprit je dirais que la Charité c’est tout indiqué pour Lacroix dont on n’entend plus beaucoup parler. Dommage car il semblait être un des rares créateurs de mode à être sain d’esprit et à avoir les pieds sur terre.

Quoi qu’il en soit, si son talent créatif ne fait pas de doute, il donne ici à voir une exposition, certes honnête, mais sur un thème passablement étriqué (voir aussi les photos de groupes de Hunt, du même tonneau). On se souvient s’être déjà coltiné les photos vernaculaires de mariés à Arles (par Lacroix aussi) dans une précédente édition…

On peut voir les portraits des reines (de beauté) d’Arles, des cartes de visites anciennes et des photos locales anciennes qui sont, il faut le dire car c’est rare, objets de commentaires pertinents pour le visiteur, quant aux costumes.

Pour le reste c’est un peu du saupoudrage avec un travail de Grégoire Alexandre (vu ici), George Dudognon (†2001), Frédérique Jouval, Quentin de Briey, Olivier Sidet, Gabriele Basilico ((†2013) (vu ici), Claudia Huidobro, Vincent Stoker, Cartier Bresson, les frères Lumière, Cucchi White et Philippe Praliaud. On n’échappe pas non plus à Clergue, qu’on revoit et qu’on entend même (trop) aux Ateliers. Le seul auteur représenté de manière significative est Katerina Jebb (vu ici), avec 36 portraits sombres de jeunes arlésiennes "ordinaires" (mais aussi Tilda Swinton)  avec coup de flash sur une partie du visage, et surtout des 12 portraits debout de jeunes femmes formant comme une procession accueillant le visiteur à son entrée.

Arles 2014 – Salle Henri Comte – Talents SFR

Nous revoila en plein centre à deux pas des églises et autre archevêché mais pour rester dans la fraîcheur de la découverte avec Camille Szklorz et ses bornes improvisées dans le Sahel faites de pneu et plastique, un sujet original et dépouillé. Camille est la seule non professionnelle de l’exposition. Maud Bernos renoue avec les portraits de navigateurs en format carré noir et blanc. On passe sur Delphine Schacher dont on vient de parler récemment dans un billet tardif (ici) sur Circulation(s). Serena de Sanctis nous raconte la vie ordinaire de Dino le mécanicien (son père) dans un format rectangulaire unique et des tonalités sombres.

Ces 4 filles nous donnent à voir une exposition sympathique.

Arles 2014 – Abbaye Saint Césaire – ENSP

Juste à côté de Saint Blaise se tient une abbaye dévolue (provisoirement) aux étudiants de l’ENSP fraîchement diplômés. On rajeunit encore un peu après Denis Rouvre et ce n’est pas plus mal.

Adrien Pezennec présente une sorte de pot-pourri de Pologne, Auschwitz compris, en format carré et noir et blanc. On ne reviendra plus tard sur Jérôme Michel et Olivier Sola vus au WIP mais pas sur Sajede Sharifi qui bénéficiait sur ce site de pas mal de place avec une multitude de tirages sur poster sur tout un mur, de petites photos noires d’archive familiale iranienne avec des textes étranges (a priori, il s’agit de sa série mémoire aveugle).

C’est une exposition fort sympathique mais qui pêche par le manque de clarté des cartels: on ne sait pas trop à qui attribuer telle ou telle pièce. Je me demande bien à qui appartiennent ces stations de pompage par exemple avec la carte de leur implantation (Olivier Sola ?). Quant à Annabelle Amoros, je n’ai pas vu / reconnu son travail faute d’un "étiquetage" adapté mais on peut se rattraper avec son site web très bien réalisé et complet (à la réflexion je me demande s’il ne s’agissait pas d’une vidéo). En passant, 3 étudiants sur 5 n’ont pas de site web (sauf erreur), c’est n’importe quoi. Ah ben si, en fait, ils ont bien un site web comme le précise Jérôme Michel dans son commentaire  :)

Arles 2014 – Eglise des Trinitaires – Vic Muniz

Repartons de Saint Anne pour l’église des Trinitaires dont l’espace ne permet pas de faire des miracles en matière de photographie. L’idée ici était de retenir 7 ou 8 clichés de Vic Muniz, réalisés en collant de multiples photos vernaculaires pour reconstituer, de loin, soit une carte postale colorée, soit une scène de vie familiale des années 70 en noir et blanc. L’artiste est une célébrité vue à maintes reprises (la dernière fois à Londres, pour ce qui me concerne, ici) et les collages ce n’est pas ma passion. Passé le "wahoo effect" lié au gigantisme des oeuvres et à la masse de travail que l’on imagine pour les produire, que reste-t-il ?

Arles 2014 – Eglise Sainte-Anne

Après l’Archevêché, prenons l’air et traversons la placette pour visiter l’exposition David Bailey logée dans l’église Sainte Anne. Il m’ a semblé que c’était une version un peu raccourcie de l’expo en VO que j’avais vue à Londres à la National Portrait Gallery en mars dernier. Je n’attendais pas grand chose de cette délocalisation et je n’ai pas été démenti. J’ignore ce qu’un public qui n’aurait pas vu la VO en pense.

Arles 2013 – 3ème jour – Gobelins

L’expo des Gobelins titrée Blackboard entend montrer la diversité des pratiques à l’occasion des 50 ans du département photographie des Gobelins. Et comme c’est le dernier article d’Arles 2013 (et aussi parce que les Gobelins ce n’est pas rien), tout le monde sera cité même ceux qui n’ont pas de site web ou un pauvre Tumblr.

L’exposition commence dehors avec les grimaces de dames âgées (des religieuses en fait) de Fanny Viguier (promotion 2013), de réjouissantes photographies de petit format, très dynamiques.

Claire Payen (promo 2013) et Vincent Toussaint (promo 2013) illustraient deux proverbes beurrés et argentés. Leurs sites web sont remarquables. Marc da Cunha Lopes (promo 2004) montrait un tirage de sa série Made of myth mais j’avais déjà vu je ne sais où son travail ci-dessous.

Tout ça, c’était dehors. A l’intérérieur, où on cuisait littéralement, je passe rapidement sur la boite à LED de Mathilde Vendrin (promo 2014) pour voir les neufs petits astucieux détournements de photos de mode de Josselin Rocher (promo 2013) titrés "les couches". Je passe sur Marion Vercelot (promo 2013), Charlotte Evrard (promo 2013) et son dégradé coloré et la vidéo de Jean-Baptiste Maître (promo 2004) pour passer à Zhenhua Xiang (promo 2010) qui a semble-t-il réalisé la photo d’un emballage moulé de boite de chocolat vu de dessous (ou alors je me trompe mais le titre, Valérie, est assez explicite et j’adore le chocolat).

Mélissa Boucher et Sophia El Mir (promo 2013 toutes les deux) font partie des exceptions sans site web ni même Tumblr, on ne pourra donc pas revoir leur installation mêlant objets et photos d’objets, miroirs. Même chose pour Amélie Desson (promo 2014) dont les portraits cachés ne manquaient pourtant pas d’inspiration. Et même chose aussi pour Laura Dupuits (promo 2013) dont le site est toutefois en cours de construction et qui nous ramène au concret avec des portraits noir et blanc d’adultes suivant un cours d’alphabétisation. Julie Vallon (promo 2014) n’a pas de site web non plus et là aussi c’est dommage car son "Banquet" réalisé en style 1900 et tiré sur papier salé ne manque pas de piquant. François Ray (promo 2013) clot l’exposition avec comme une explosion de pastel.

Une section édition présentait quelques livres permettant de retrouver Sophia El Mir et de découvrir Caroline Bittner (promo 2013), Hélène Dres (promo 2013), Fiona Torre (promo 2014) et Maxime Verret (promo 2013).

Arles 2013 – 3ème jour – ENSP

L’ENSP exposait dans une église mais aussi en ses murs sous le titre «voyage dans les données du monde», un titre intellectualisant et imprégné de culture webesque.

Par exception pour les étudiants de l’ENSP tout le monde est cité même ceux sans site web et ils sont toujours trop nombreux dans ce cas. Je passe sur la vidéo de Sonia Yassa (je n’arrive pas à me faire à la vidéo) pour passer à sa voisine Camille Sonally qui exposait une imagerie de tipis de sources diverses à la suite d’un travail sur la chaîne de motel Wigwam (avec ses fameux tipis en béton). Chacun son truc. Tipiphile, pourquoi pas. Son travail sur Juzcar vaut le coup aussi. Clément Gérardin (vu au wip ici) devait en avoir assez de faire des photos donc il emprunte à d’autres sur Panoramio celles des verdoyants voisinages de Tchernobyl pour en faire des cartes postales bucoliques. Il pourrait s’associer à Stéphanie Rolland (billet ici), tous deux ayant un vrai talent de vendeur (agent immobilier et voyagiste).

Marianne Wasowska-Fauchon montrait des photos de mineurs prises à leur insu et floutées et des vues aériennes de mines tandis que Olivier Sola décidait de garder la chambre pour photographier l’écran de son PC au flash où figure un gitan (grâce a Street View si j’en crois la légende). Mathilde Warin (vue au wip déjà, ici) gardait la chambre elle aussi pour relater ses échanges Facebook avec une jeune mormonne de ses amies.Agathe Lacoste réalise le portraits de la même fille vêtue d’une couleur unie sur fond de la même couleur (j’ai l’impression que ça se passe encore en chambre).

Lauriane Pigot quant à elle nous emmène loin (enfin), sur mars, enfin presque, pour commencer ce sera le programme de simulation de la mars society mais c’est bien quand même. Edwin Fauthoux-Kresser (vu ici aussi) part loin aussi, sinon par la géographie, au moins par la pensée car il nous conte la perte du Danube. Et on reste loin avec Guillaume Lapeze et son tirage mural de ciel gris.

Arles 2013 – 3ème jour – Fêtart

J’avais gardé Fêtart pour le 3ème jour parce que d’abord car je croyais que ce n’était pas une expo et puis ensiuite car j’avais l’impression que l’accrochage n’était pas terminé… Quoi qu’il en soit la vitrine était déroutante et constituait une feinte: il ne s’agissait pas d’annonces immobilières mais d’un détrournement réalisé par Stéphanie Rolland. D’ailleurs, cette année Fêtart avait choisit de faire dans le rigolo.

Alberto Maserin montraient dans sa série et nunc des prêtres s’habillant (mais cela restait néanmoins décent) tandis que Mathieu Roquigny l’était beaucoup moins (décent) avec une avalanche de photos débiles du quotidien. Thomas Vanden Driessche prodiguait de bons conseils dans ses photos de cahiers illustrés de photographies.

Et pour finir dans la gaudriole, Agan Harahap insère des héros de Comics dans des images historiques en noir et blanc mais ce n’est pas tout et son flux Flickr vaut le déplacement (virtuel).

Arles 2013 – 3ème jour – Collectif vost

Avec un titre mème / VOST énigmatique et une adresse improbable (13 rue du pont), cette exposition n’était pas facile à trouver (sauf pour ceux qui se souvenaient de l’an passé) et après avoir trouvé le lieu une première fois en plein travaux d’accrochage il n’était pas inutile d’y repasser. Il n’est pas évident aussi de les trouver sur le web, à part ici, ce qui n’est pas terrible.

Le collectif comprend Loraine Drescher, Esteban Gonzalez, Jessica Hervo, Lilie Pinot, Matthieu Rosier et Olivier Sarrazin mais assez curieusement tous n’exposaient pas et, en prime, des non membres exposaient. C’est compliqué (ou alors j’ai raté quelque chose car il faut bien dire qu’on est pas embêté/aiguillé par l’interventionnisme des jeunes présents, absorbés à tapoter sur leur portable). Plus gênant, tous n’ont pas de site web digne de ce nom, c’est tout de même dommage.

Myrtille Visscher montrait trois écolos (ou dans le genre "retour à la nature") dans les bois; je suppute qu’il s’agit d’un extrait de la série Légers sur la Terre. Christoph Lehmann montrait des bras et têtes de dos dans la nuit.

Melchior Tersen avait retenu de s’intéresser à un génie immortels des Arts, Jauni Alidais, et plus particulièrement aux intellectuels qui portent des tatouages à la mémoire de Jauni, l’idole des anciens jeunes (son site vaut son pesant de cacahouètes, avec un défilé de cas gratinés très intéressants, voir notamment erotix Mons mais ce n’est pas le pire). Heureusement que Esteban Gonzalez est là pour remonter le niveau avec des photos truquées du classieux Kanye (malheureusement son site ne les montre pas).

Anna Kabissova nous ramène dans la vraie vie avec des scènes de vie en Ossétie et notamment quelques portraits.

Au fond il y avait une installation avec d’antiques rétroprojecteurs et de minuscules LCD mais j’ignore qui en est l’auteur.